Un critique de Martineau serait un malade mental, selon Maurais

maurais

Il y a des gens qui disent que la radio-poubelle n’existe plus. Selon leur vision étroite, puisque la radio-poubelle ne s’attaque plus à des individus, mais à des groupes, il n’y a plus de problèmes.

Ces gens-là se fient à ce qui est écrit sur la radio-poubelle dans le journal. Ainsi, ils ignorent que des gens comme Amir Khadir, Gabriel Nadeau-Dubois ou Naomie Tremblay-Trudeau sont souvent insultés et diffamés.

Maurais a déjà comparé Khadir à Staline sans que ça ne sorte dans les journaux, par exemple. Et sans qu’il y ait de conséquences ni d’excuses.

Ça explique qu’il y ait des idiots utiles, obsédés par la diffamation, ignorant le racisme, le sexisme et l’islamophobie, pensant que la radio-poubelle n’existe plus.

Voici maintenant un nouveau beau cas. Il s’agit de Maurais insultant Marc-André Cyr. M. Cyr est l’auteur d’un article critiquant Richard Martineau. L’article satirique s’intitule « Notice nécrologique » et a paru sur un blogue que personne ne connait, Ricochet.

Martineau, traumatisé, en a parlé pendant 2 semaines dans ses 23 tribunes. Parlé, c’est vite dit. Il a surtout commenté la caricature accompagnant le texte.

CHOI : Marc-André Cyr est un malade mental (00:01:05)

20 mai 2016, Maurais live, avec Dominic Maurais et Richard Martineau

8h30 : DM- « Cyr, il en veut à Martineau. Il est carrément obsédé. C’est un cas d’obsession. C’est une maladie. Je pense qu’il a besoin d’aide. En psychiatrie, il y a eu une belle évolution ces dernières années. Je pense qu’on devrait mettre un spécialiste à contribution. »

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Les femmes sont inférieures à l’homme pour des raisons biologiques, selon Myriam Ségal

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Le Conseil du statut de la femme rend publique une étude sur l’égalité salariale entre hommes et femmes. Le duo Duhaime-Ségal en parle… Pour ressortir les vieux préjugés masculinistes habituels.

Les femmes gagneraient un salaire plus bas par choix (oui oui, elles choisissent d’être pauvres!). Elles auraient des prédispositions génétiques à la faiblesse. Elles sont plus « prudentes » et plus « protectrices » par nature. Et ça se termine pas un réquisitoire réclamant la suppression de toutes les institutions féministes existantes.

Myriam Ségal est la remplaçante de Nathalie Normandeau à l’émission d’Éric Duhaime. Ségal est chroniqueuse à Québecor, enseignante à l’école ATM de Jonquière et chroniqueuse à KYK (CHOI Saguenay). Elle a déjà travaillé avec André Arthur, et ça parait.

Vous trouvez ça inacceptable? Vous pouvez porter plainte au CCNR, ou écrire une lettre aux annonceurs. Vous pouvez aussi signer la déclaration pour des ondes saines.

93,3: Les femmes sont inférieures à l’homme pour des raisons biologiques (00:12:30)

18 mai 2016, Duhaime le midi, avec Éric Duhaime, Myriam Ségal et des auditeurs

13h18 : MS – « D’instinct la mère est plus protectrice que l’homme (…) Dans les cas idéaux ça prend un homme et une femme (…) (Les femmes) Peut-être que leur choix c’est de ne pas avoir de poste de pouvoir (…) Peut-être que si les femmes gagnent moins, c’est qu’elles font d’autres choix (…) La nature des femmes c’est d’être plus prudentes (…)

ED- Les femmes peuvent devenir enceintes « ça détruit une carrière quand tu décides d’en avoir 4-5 (…) »

ED – « Il y a une discrimination, mais en faveur des femmes (…) »

Et Myriam de revenir sur l’époque préhistorique qui expliquerait des conditions génétiques actuelles.

Et Éric Duhaime conclut en disant souhaiter abolir le Conseil du statut de la femme, la Fédération des femmes et le Ministère de la condition féminine « Moi je t’abolirais tout ça ».

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Les CPE, ce complot communiste

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Voila le genre de ligne ouverte qu’on aurait pu entendre en 1950 lors de l’âge sombre de l’anticommunisme durant la guerre froide. Le problème, c’est qu’on est en 2016 au Québec et que presque plus personne ne se réclame du communisme depuis des décennies.

L’ex-première-ministre Pauline Marois fait une sortie publique pour défendre les CPE. Il n’en faut pas plus pour qu’Éric-libarté-à-deux-vitesses-Duhaime la somme de se taire. Puis, les participants de sa ligne ouverte évoquent que l’existence des CPE est un complot communiste.

93.3: les CPE, ce complot communiste (00:26:21)

13 mai 2016, Duhaime le midi, avec Éric Duhaime et Myriam Ségal et des auditeurs anonymes (AA)

12h05: « AA- Ça veut dire que c’est plus facile vu que les garderies sont toutes syndiquées, pour avancer les futures générations la séparation du Québec du Canada, voilà.

ED- Alors vous, vous pensez que c’est pour endoctriner les jeunes le plus rapidement possible que le PQ souhaite ça? (…) C’est un point de vue très intéressant de quelqu’un qui s’y connait en la matière, qui a vécu le communisme à une époque sombre. Est-ce que c’est possible que ce soit ça? Je pense pas que ce soit planifié, mais ça peut être le résultat par exemple (…)

AA- L’élevage intensif de nos enfants par l’État, ça n’a aucun bon sens. (…)

AA (Robert)- Alors moi, quand j’ai lu ça ce matin, là, j’étais comme écœuré. Écœuré de quoi? Bien écœuré du social. Le socialisme québécois. Asti que j’suis tanné! (…)

MS- Ils ont nationalisé les enfants! (…)

AA – C’est ça notre république communiste socialiste, calisse (…) Quand est-ce qu’il y en a un qui va se lever, il va dire :  »c’est assez on coupe là-dedans, puis les syndicats on te les mate » (…) C’est tout’ des maudites guenilles (…)

AA- Au détriment de ce que les gens veulent, on est encore en train d’engraisser la machine syndicale. »

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Mater: « Venir à bout d’une difficulté, par exemple d’une révolte, abattre une résistance, dompter » –Wiktionary.org

Quelqu’un qui « se lève » pour « mater » les syndicats et qui n’est « pas une guenille », ça vous évoque quoi?

En cas de viol, la victime « doit assumer les risques », selon Josée Morissette

Josée Morissette

Une femme va en procès pour se plaindre d’une « fraude sexuelle ». Pour résumer rapidement: 2 gars, une fille. En pleine action, le gars quitte la pièce et un autre vient le remplacer. La relation sexuelle se poursuit sans que la fille n’ait été avisée du changement de partenaire.

Jérôme Landry et Josée Morissette en parlent. Mais c’est Josée qui a les propos, de loin, les plus étonnants.

Ce qui n’est jamais dit dans cet épisode radio c’est qu’il s’agit d’un viol. Ce n’est peut-être pas la définition du dictionnaire, mais selon l’Institut national de santé publique et les féministes, la définition du viol est une « relation sexuelle sans consentement ».

La fille de l’histoire n’a jamais consenti à sa relation sexuelle: on ne lui a jamais demandé!

Pour Josée Morissette, c’est assez clair: C’est la faute de la fille. Elle devait être plus prudente. Point.

Toute l’histoire est ici.

Vous trouvez ça inacceptable? Vous pouvez porter plainte au CCNR, ou écrire une lettre aux annonceurs. Vous pouvez aussi signer la déclaration pour des ondes saines.

NRJ: les femmes violées sont responsables (00:14:19)

12 mai 2016, Landry dans le retour, avec Jérôme Landry et Josée Morissette

15h40 : Jérôme Landry soulève des questions sur la notion de consentement. Josée Morissette réplique: « Je suis pas d’accord (…) Une fille doit assumer ce qu’elle fait. Elle doit assumer les risques des situations ou des choses qu’elle fait, si elle s’en va avec deux gars. Comprends-tu? (…) Faut être clair (…)

JL- Est-ce que c’était sa responsabilité à elle de se rendre compte à la noirceur que c’est un nouveau partenaire qui était rendu derrière elle? (…)

JM- Sauf si une fille est agace, puis toute la soirée elle écrit  »ah ouais, moi deux, puis trois ». Tsé, il y en a des filles des agaces? (…) Mais les filles ne soyez pas agaces. Un moment donné, faut que tu te respectes, il faut que tu respectes les personnes avec qui que t’es, et il faut que tu te respectes comme femme (…) T’arrives là, et y a un gars habillé en robe de chambre, puis en boxer en-dessous. Puis, c’est pas avec lui que tu veux coucher, c’est l’ami. Tsé, ding ding là! Y a une petite lumière qui devrait allumer là (…)

JL- Les mœurs sont un peu plus légères depuis quelques années (…)

JM- Ayez donc des sexualités plates et dull. Vous en aurez pas des problèmes de même! »

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Donc, selon eux, la fille n’a pas été assez claire. Elle aurait dû faire signer des formulaires de consentement en trois copies et revalider pendant la soirée.

Radio-poubelle: un vent de changement?

Coup dur pour les racistes, les sexistes, les brutes et les homophobes: après Carl Monette, Nathalie Normandeau, Jeff Fillion et Johanne Marcotte, voici le tour d’André Arthur d’être éjecté du monde des médias.

Et ce, avant même les résultats des sondages. Leurs boss avaient vraiment le feu au cul.

Imperméables à toute modernité, ces dinosaures nostalgiques de l’époque duplessiste laissent dans le deuil des concessionnaires automobiles et des dizaines de restaurateurs de la Grande-Allée.

Dire n’importe quoi à la radio

Pour expliquer leur déconfiture, les médias traditionnels évoquent des raisons simplistes. Fillion aurait fait un tweet méchant, un gazouillis destiné au millionnaire Alexandre Taillefer. Quant à Arthur, la raison évoquée serait sa sortie à propos de Jean Lapierre, peu de temps après son décès, alors que les deux hommes ont été collègues à Radio X.

La réalité est que ce n’est plus possible de faire de la radio comme dans le bon vieux temps. Les extraits audio circulent. Les réseaux sociaux s’enflamment. Le public s’indigne. Les plaintes s’accumulent. Et les boss fulminent.

Quelques jours avant son congédiement « d’un commun accord » (ce qui est en soi un oxymore), André Arthur affirmait qu’Haïti est un pays « bizarre », « lieu d’origine du sida, peuplé de voleurs où la sexualité est anormale ». La communauté haïtienne, mise au courant par nos extraits publiés sur Internet, a fait connaitre sa légitime indignation.

De son côté, Jeff Fillion, narcissique, se prenant pour une sorte de pharaon omniscient, mesquin, démagogue, haineux, jurant s’être assagi, assurait le mois dernier que tout le monde se foutait du sort de Raïf Badawi. Une façon douteuse de soutenir qu’il était correct d’affirmer, en juin 2015, que le blogueur saoudien méritait ses coups de fouets.

Notez cette lancinante impression: Ces deux brutes de Fillion et Arthur sont incapables de changer leur façon néandertalienne de faire de la radio. Même face à une indignation publique monstre.

En 2016, les propos haineux ne passent plus aussi aisément, particulièrement chez les plus jeunes.

La droite rate le coche.Elle est incapable de se faire à l’idée : le monde a changé. Denis Gravel ne cesse de s’en plaindre : « On ne peut plus dire n’importe quoi à la radio ».

Les journalistes ont beau dire qu’un animateur a perdu son job à cause d’un tweet, entre nous, on le sait qu’il n’y a pas que ça. La réputation de Bell dépend de la perception de l’entreprise par la population. Bell a jugé que le public était suffisamment indigné pour pouvoir se passer de Jeff Fillion, un animateur fracassant les sondages. Pareil pour Monette et Arthur à Radio X.

Et quelle sera la suite ?

Ceux qui sont tombés étaient les pommes les plus mures de l’arbre. Aucun d’entre eux n’avait son job depuis très longtemps. Les vétérans sont toujours là : Maurais, Gravel, Bouchard, Landry… Même Martineau et Duhaime, les petits nouveaux, se maintiennent.

Malgré les récents bouleversements, le portrait radio n’est pas très différent d’il y a deux ans. Il faudra donc que la Coalition sortons les radio-poubelles continue à lutter. C’est lorsque la radio-poubelle parvient à banaliser la haine qu’elle gagne. Par exemple, le 12 avril dernier, Bouchard affirmait que les féministes sont en colère parce qu’elles sont laides et jalouses. Qui s’en est indigné ?

Des choses comme ça se passent chaque semaine dans l’indifférence des journalistes, parfois même avec leur complicité. Ceux-ci ont pourtant les meilleurs moyens de faire connaitre et d’expliquer des propos controversés et inacceptables.

Ce sont des valeurs progressistes qui chasseront les derniers dinosaures. Aussi vrai que la flamme écarte le vampire, c’est le féminisme, l’antiracisme et l’opposition à l’homophobie qui mettront fin à la noirceur de la radio-poubelle.

L’article a été publié en premier dans le journal Droit de parole.