Gravel se réjouit d’avoir imposé le troisième lien à l’ordre du jour de la mairie

Denis Gravel

Quand on dit que la radio-poubelle a de l’influence sur les politiciens, personne ne nous croit. Mais quand la radio-poubelle l’avoue elle-même, c’est bien mieux.

Dans l’extrait suivant, Denis Gravel se réjouit d’avoir imposé le débat sur un troisième lien aux politiciens. En effet, imprimer 20,000 autocollants, lancer une pétition, harceler le maire sur les réseaux sociaux, c’est le genre de choses qui peuvent avoir du poids sur les politiciens.

On est juste content que Gravel soit candide à ce sujet.

Vous trouvez ces propos inacceptables? Vous pouvez porter plainte au CCNR, ou écrire une lettre aux annonceurs. Vous pouvez aussi signer la déclaration pour des ondes saines.

CHOI : les radios ont imposé le débat sur le troisième lien

30 novembre 2016, Gravel dans le retour avec Denis Gravel (00:12:51)

15h17 : «La radio c’est pas important, c’est futile (…) On est les seuls qui sommes condamnés à prendre la parole pour la majorité. On n’est pas des politiciens, mais on est obligés de faire de la politique par la bande. Une fois de temps en temps, on est capable de réorienter le débat à l’hôtel de Ville. Je pense que la réussite du troisième lien, de voir qu’on a forcé ça à l’ordre du jour, est une réussite.»

Et de poursuivre en prenant comme exemple les food-trucks, une autre campagne politique de nos radios-poubelles.

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L’esclavage, « n’est pas un phénomène 100% raciste », selon Sylvain Bouchard

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L’esclavagisme ne serait pas une pratique si raciste que ça, et les Noirs seraient biologiquement mieux adaptés que les blancs pour résister aux bactéries et aux virus.

Cette affirmation n’est pas tirée d’un manuel obscurantiste du 19e siècle, mais sort de la bouche d’un animateur de radio en 2016. Rien de moins que du Sylvain je-ne-suis-pas-raciste Bouchard.

Quand on est rendu à identifier des composantes biologiques entre «différentes races», c’est qu’on est rendu loin, très loin, dans le racisme.

Selon un consensus scientifique, les humains possèdent 99,9 % de gènes en communs. Les Noirs n’ont pas de gênes spéciaux pour lutter contre les maladies que les blancs n’auraient pas. Si des personnes résistent mieux à la fièvre jaune, par exemple, c’est parce qu’elles sont plus en contact avec cette maladie dans leur région de provenance. Des raisons culturelles ou géographiques plutôt que biologiques sont à explorer. L’article de Wikipédia sur la race est très éclairant à ce sujet.

Dire que le racisme n’a rien à voir avec l’esclavage et que les esclavagistes auraient pu prendre des blancs, est vraiment empreint d’ignorance. Le racisme justifie les châtiments inhumains que les Noirs ont subis. Il dégrade l’humain pour en faire un objet, jetable, vendable et maltraitable à souhait.

Le racisme est au cœur du système d’esclavage et le nier revient à faire du négationnisme.

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93.3: L’esclavagisme n’est pas raciste et il y a des différences biologiques entre les personnes noires et blanches

30 novembre 2016, Bouchard en parle, avec Sylvain Bouchard et Jean-Simon Bui (00:05:19)

8h53 : SB-«Les riches avaient des esclaves au Québec (…) Quand on parle de l’esclavage, c’est l’occident, les Américains, qui sont au banc des accusés (…) Les Américains n’étaient pas plus racistes que les autres. Ils avaient besoin des esclaves africains pour travailler dans les champs de coton. Parce que ces gens-là résistaient aux maladies… S’ils avaient pu prendre des esclaves blancs, c’est des esclaves pareil, ils auraient pris des blancs pour faire la job dans les champs de coton. Mais ils ont découvert que les Africains résistaient mieux aux bactéries, les virus, les germes qui se propageaient dans les champs de coton. Donc, ils ont pris des esclaves africains. »

JS- «(…) C’est un phénomène humain, l’esclavage. C’est pas un phénomène occidental et blanc. »

SB- «Non, et c’est pas un phénomène 100% raciste. Ça a pas rapport avec: une race domine l’autre. T’sais, le racisme comme un race domine l’autre, comme on a vu en Europe dans les années 30, 40, quand une race se croit supérieure. (…) Si ça avait été les Européens de l’est qui avaient résisté aux maladies dans les champs de coton, je pense qu’ils auraient été utilisés comme esclaves à ce moment-là, aux États-Unis.»

JS- «Les gens étaient convaincus que les Noirs étaient inférieurs quand même, mais dans un certain sens, tu as raison.»

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« On exagère la menace de l’extrême-droite au Québec », selon Sylvain Bouchard

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Sylvain Bouchard trouve qu’il y a un biais dans les médias. Parle-t-il de l’écrasant consensus des opinons des radios de Québec? Bien sûr que non. Il souligne les médias qui, selon lui, dénoncent l’extrême-droite avec vigueur et l’extrême-gauche avec douceur. Les médias favoriseraient la gauche, d’après Bouchard, parce qu’ils seraient eux-mêmes des sympathisants de la gauche.

Que Sylvain dénonce un biais perçu dans les médias, il n’y a pas de problème. Mais de faire de douteuses comparaisons pour en venir à d’aussi douteuses conclusions, c’est douteux au cube.

En fait, Bouchard ne fait que reprendre une vieille habitude (à l’origine de la création de la Coalition en 2012, d’ailleurs): celle de défendre l’extrême-droite contre la gauche (1) (2).

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93.3: Les médias, l’extrême-gauche et l’extrême-droite

28 novembre 2016, Bouchard en parle, avec Sylvain Bouchard (00:09:42)

8h05: SB- « C’est correct dénoncer l’extrême-droite, je ne suis pas contre. Mais on voit tout le biais qu’on voit dans les médias (…) il y en a plein des violents dans l’extrême-gauche québécoise. Pourquoi on n’en parle pas? (…) J’ai l’impression qu’il y a 100 fois plus d’extrême-gauche que d’extrême-droite au Québec (…) On exagère la menace de l’extrême-droite au Québec (…) et on minimise à l’extrême les gauchistes radicaux, comme si ça n’existait pas (…) Comme se fait-il que Marine Le Pen, qui est une démocrate, est diabolisée au Québec, alors que Castro, qui est dictateur, c’est un ange? »

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Adrien Pouliot pense qu’on devrait empêcher Guy A. Lepage de parler

Jeff Fillion

Le politicien conservateur Maxime Bernier critique Radio-Canada, et Guy A. Lepage réplique en le traitant de zouf sur Twitter. Adrien Pouliot, chef du Parti conservateur du Québec, en parle avec Jean-François Fillion.

Il y a beaucoup de surprises dans l’extrait audio suivant. Pour résumer, il y a un libertarien, Adrien Pouliot, demandant l’aide du gouvernement pour brimer la liberté d’expression de quelqu’un. Il affirme aussi qu’on peut censurer les gens tant que c’est écrit dans un contrat. Finalement, il ajoute à Radio X, devant Jeff Fillion, qu’on peut émettre toutes sortes d’opinions, tant que c’est respectueux.

Notre détecteur de contradictions surchauffe.

Pouliot prétend ne plus vouloir de gouvernement dans ses pattes… sauf pour les infrastructures routières, pour les prisons et maintenant pour gérer le droit de parole à Radio-Canada. Ça commence à faire beaucoup de gouvernement.

Pouliot fait aussi référence à la loi sur la radiodiffusion qui, selon lui, oblige Radio-Canada à être neutre. Peut-être se base-t-il, entre autres, sur l’article 3 (1) (i) (iv) stipulant que la programmation du système canadien de radiodiffusion devrait :

dans la mesure du possible, offrir au public l’occasion de prendre connaissance d’opinions divergentes sur des sujets qui l’intéressent,

Sauf que cette loi s’applique à TOUS les médias canadiens. Pas seulement à Radio-Canada. En fait, il n’y a rien dans la loi sur la radiodiffusion obligeant Radio-Canada à être plus neutre que les autres.

Il y a d’autres aspects intéressants dans cette loi: L’obligation de représenter les communautés culturelles, d’être neutre en période d’élections, d’offrir une information de haute qualité, etc.

Donc, bien d’accord avec Adrien Pouliot, appliquons la loi sur la radiodiffusion. On verra qui, entre Radio-Canada et la radio-poubelle, enfreint le plus la loi.

Et avant de féliciter Jean-François Fillion qui aurait défendu son ennemi juré Guy A Lepage, attendons un peu. Fillion, c’est le gars qui souhaite une dictature comme à Singapour, qui couvre la Chine de louanges, qui souhaite empêcher la venue du militant José Bové, et qui applaudit les coups de fouets contre le héros de la liberté d’expression Raïf Badawi, entre autres.

C’est mal connaitre Fillion que de penser qu’il peut être fidèle à une règle éthique. Fillion ne s’intéresse qu’à son propre nombril. En défendant Guy A Lepage, Fillion défend son propre droit d’insulter les gens en tweetant. Vous croyez que l’affaire Taillefer ne lui a pas laissé de cicatrices?

CHOI: Interdire Guy A Lepage de parler

25 novembre 2016, Fillion, avec Jean-François Fillion et Adrien Pouliot (00:15:07)

12h20 : AP- « Il y a une relation contractuelle que toi tu as avec ton employeur qui limite jusqu’à un certain point ton droit à la liberté d’expression (…) Est-ce que Guy A Lepage a, ou devrait avoir, une obligation de ne pas faire de commentaires à l’extérieur de son émission qui puisse ternir l’image de Radio-Canada? (…) Radio-Canada, c’est supposé être neutre. C’est ça que ça dit la loi sur la radiodiffusion (…) Je trouve ça intéressant que tu aies émis cette opinion là ce matin (Jeff appuie le droit de Guy d’insulter Maxime Bernier), ça montre que tu es quelqu’un qui croit vraiment à une opinion différente. Moi, oui, j’y crois, mais il faut que ça se fasse dans un certain respect. »

Et Fillion continue avec du chialage sur la pauvre droite discriminée par les médias. Ça se poursuit avec une partie islamophobe en prime. Selon Fillion, « on » serait incompatible avec les musulmans.

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Les flics de Val d’Or ne peuvent pas avoir violé les Autochtones, elles sont laides et ils sont beaux, selon Fillion

Jeff Fillion

Les policiers n’auraient pas violé les Autochtones à Val d’Or, parce que les policiers sont trop beaux, selon Fillion, citant une  »source policière ». De leur côté, les femmes autochtones sont trop « déboitées » pour être des proies de choix pour des violeurs.

Dossier réglé. Aucun policier n’aurait ainsi pu agresser des femmes autochtones à Val d’Or, selon Fillion.

L’affirmation est bien entendu insultante et vise à dénigrer les Autochtones, des victimes de multiples actes de brutalité policière et d’agressions, dont des agressions sexuelles. Elle a aussi de forts relents racistes et sexistes. Le viol n’a rien à voir avec un acte de séduction sexuelle, mais a tout à voir avec un acte de pouvoir.

CHOI : les policiers pas des violeurs puisqu’ils sont beaux

15 novembre 2016, Fillion, avec Jean-François Fillion et Gerry (00:05:35)

11h38 : « J’ai déjà parlé à un policier (…) On est tous des jeunes, on arrive, on a tous des belles femmes, on commence (…) les femmes autochtones avec qui on a affaire, c’est des cas problématiques. Des filles qui sniffent de la colle (…) On sait que les Amérindiens acceptent pas, surtout quand ils sont intoxiqués, ils acceptent pas l’autorité. Ça prend un peu de discipline, ça prend des gens qui brassent un peu. Mais les policiers de là à avoir des agressions sexuelles… Ce que le gars me disait, il dit je regarde autour de moi, c’est tous des beaux gars (…) Il dit mettons que là-dedans, il y en a qui ont envie de tromper leur femme. Je veux pas être méchant, mais ils feront pas ça avec quelqu’un qui a sans doute des problèmes d’hépatite,  (…) des dents pourries (…) le terme qu’on va utiliser : déboitées. Vraiment maganées. »

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