Archives mensuelles : septembre 2012

Le CCNR blâme CHOI

Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rend public une décision blâmant CHOI pour des propos racistes.

L’épisode remonte à avril 2012 et met en vedette le docteur Mailloux, lors du Show Tard.

Quand un auditeur a demandé des conseils sur sa vie sexuelle, en expliquant qu’il couchait avec sa petite amie depuis qu’ils ont 13 ans, le médecin a répliqué: «Ah! Pathétique! De quel coin de la tribu vous d’venez? Sacrement! Mais c’est des animaux! C’est aussi pire qu’Haïti!».

Le Conseil conclut que «l’ensemble des propos tenus par le Doc Mailloux dans cette séquence constitue un contenu dégradant fondé sur la race et l’origine ethnique des Haïtiens».

Radio X et Canal D dans la mire du CCNR sur Le Devoir

Mise à jour 23 septembre 2012: L’animateur du soir revient sur ce blâme du CCNR sur RadioEGO.

La radio-poubelle dans la poche arrière de Quebecor

Quebecor met la radio-poubelle dans sa petite poche dans arrière. C’est la judicieuse hypothèse auquelle est arrivée la Clique du plateau. Deux animateurs de CHOI, Jérôme Landry et Dominic Maurais, et deux animateurs du 93.3, Gilles Parent et Josey Arsenault, sont chroniqueurs au Journal de Québec.

Conflit d’intérêt? L’évènement « J’ai ma pelle », lancé par CHOI, visait à encourager la construction de l’amphithéatre qui sera géré par Quebecor.

Pas convaincu? Lire l’article Une sorte de convergence? sur la Clique du plateau.

Nouveaux extraits: masculinisme et dénigrement de la parole citoyenne

93.3: Discours mascu (00:14:17)
7 septembre 2012, Bouchard en parle avec Sylvain Bouchard et et Josey Arsenault
« Nous ne sommes plus dans l’égalité homme-femme, on est dans la suprémacie » « C’est les filles désormais qui sont de l’avant partout ». Bouchard gomme ainsi toutes les inégalités de genre et affirme en somme que l’égalité homme-femme est atteinte.
2012.09.07-07.30.00-933-bouchard-DiscoursMascu.mp3

CHOI: Applaudir aux restrictions aux tours de parole à la mairie (00:06:13)
11 septembre 2012
, Le show du matin avec Jérôme Landry et Denis Gravel
Les petits zélottes en bois de la liberté d’expression applaudissent aux restrictions à la prise de parole des citoyens à la mairie. Eux qui prétendent avoir la liberté d’expression à coeur ont ceci à dire à ce sujet: « ça sert à quoi? » et « on perd notre temps avec des stupidités comme ça ».
Le_show_du_matin_11_09_2012-ApplaudirAuxRestrictionsCitoyensMairie.mp3

Bouchard attise la peur du rouge et cite Rumilly

Rumilly, historien d’extrême-droite louangé par Bouchard

Il fut une époque en Amérique ou ceux qui étaient soupçonnés de sympathies gauchistes étaient persécutés pour leurs opinions. C’était dans les années 1950 à 1990. L’Union Soviétique règnait en maitre sur la moitié du monde et menaçait les États-Unis d’armes nucléaires.

Cette situation plongea l’Amérique dans un climat de paranoïa générale. La méfiance régnait: votre voisin, collègue ou ami pouvait être un potentiel espion de Moscou. La délation était pratique courante.

Aujourd’hui en 2012, Sylvain Bouchard poursuit la croisade anti-communiste du sénateur McCarthy. Comme au bon vieux temps.

93.3: Les profs communistes (00:08:16)
12 septembre 2012, Bouchard en parle avec Sylvain Bouchard
« Y’en a plus aujourd’hui là. C’est sûr que nos profs d’universités actuels c’pas des taupes. Mais y’on peut-être eu une taupe comme prof. »
À écouter ici: 2012.09.12-08.30.00-bouchard-933-ProfsCommunistes.mp3

« C’est un fait que si t’a eu des sympathies nazies dans le passé, t’es faite. (…) Or, Gilles Duceppe a été un membre du parti communiste avoué (…) Je fais juste vous montrer un deux poids deux mesures. (…) On ne pardonne pas une sympathie nazie, or des gens qui ont milité dans le parti communiste (…) ça on pardonne. » affirme Bouchard.

Il poursuit : « En France et en Angleterre sachez qu’il y a des gens qui pensent que l’infiltration communiste dans les Universités a pu avoir une influence sur la pensée, sur l’élite. (…) Moi je me suis souvent demandé pourquoi tout le monde à Montréal tout le monde semble être à gauche« . (…) ça se peux-tu on est installé dans les années 60-70 une petit bible socialiste (…) ça se peux-tu qu’il y ait eu de l’infiltration pis qu’un moment donné ça parait dans le débat public ».

Bouchard continue en lisant un texte de Robert Rumilly qui commente la gauche, disant qu’elle « noyaute la pensée » surtout à Radio-Canada.

Robert Rumilly n’est pas n’importe quel historien. Il s’agit d’un monarchiste d’extrême-droite, ami de Duplessis, qui a aidé plusieurs fascistes allemands à fuir la justice après la Deuxième Guerre mondiale.

Il est vrai que Robert Rumilly a écrit une large part de l’histoire du Québec. Mais aujourd’hui, les historiens ne se tournent vers ses écrits qu’avec reluctance.

Bouchard le savait-il? Était-il conscient de citer un ultra-nationaliste pour dénoncer la gauche? Simple provocation ou authentique sympathie avec les idées de Rumilly?

Que Bouchard rappelle une réalité historique, véridique et bien connue, est une chose. Qu’il s’en serve pour faire le lien entre le passé et aujourd’hui en laissant entendre que tous les professeurs sont encore influencés par l’URSS… c’est infâme.

Mais Bouchard a raison pour une chose. En période de crise, la recherche de boucs émissaires devient un sport national. Au 20e siècle, Duplessis dénonçait, avec une verve similaire à celle de la radio-poubelle, les communistes dans l’objectif d’imposer son obscurantisme. À défaut d’en trouver de véritables, en chair et en os, on en inventait. Comme dit Bouchard en conclusion, « plus ça change, plus c’est pareil ».

Mise à jour 17 septembre 2012: Franco Nuevo fait un petit clin d’oeil aux déclarations de Bouchard. L’extrait est sur radioego.com. À partir de 4 minutes 34.

Bouchard fait des comparaisons entre les militaires fascistes et la lutte étudiante

Nous avons souvent relevé un procédé systématiquement employé par la radio-poubelle qui est celui de minimiser des propos indéfendables.

Aujourd’hui, Sylvain banalise les menaces de mort lancées par des militaires néo-nazis contre des étudiants sur Facebook.

93.3: banalisation du fascisme (00:06:36)

12 septembre 2012 8:37 a 8:43, Bouchard en parle avec Sylvain Bouchard

Bouchard compare les sanctions des soldats avec celles des manifestants du printemps érable. Ce faisant, il exclut l’enjeu du nazisme en comparant simplement les montants des sanctions. À aucun moment il ne prononce les mots « haineux », « extrême-droite » ou « nazi », alors qu’il s’agit d’une notion importante pour comprendre la situation.

2012.09.12-08.30.00-bouchard-933-militairesNazisEtEtudiants.mp3

À 4 minutes 50 : « Alors 496 pour les casseurs gauchistes dans les rues alors que nos militaires à Valcartier qui ont tenu des propos déplacés, indéfendables mais c’est verbal, c’est pas physique, vont avoir des amendes plus sévères »

déclare Sylvain qui ajoute aussitôt

« Rappelez-vous Victoriaville, rappelez vous Montréal, bien oui c’est toujours plus grave que ce qui s’est passé sur la toile avec ça! »

Dominic Maurais à CHOI avait également banalisé en mai les graves propos des militaires. « C’est juste quelqu’un qui a pêté un cable » avait-il affirmé. Sylvain Bouchard avait aussi minimisé la gravité de la lettre du fonctionnaire fasciste Bernard Guay en avril.

Remarquez la méthode odieuse. Sylvain prend les menaces de mort des néo-nazis et les compare avec les manifestations étudiantes. Faire ça c’est déjà les mettre au même niveau, comme si c’était équivalent. De plus, il contourne complètement la question de l’affiliation nazie des soldats, comme si c’était secondaire.

Bouchard fait aussi de la désinformation en affirmant que les menaces ont été proférées après que des étudiants ont mis des carrés rouges sur un monument qui rend hommage à des soldats morts au combat. C’est faux. Les premières menaces sont des commentaires Facebook sur une photo d’une étudiante gravement blessée. Voir le dossier de Fachowatch.

Notez qu’à chaque fois qu’il est question de fascisme, la radio-poubelle minimise les propos tenus tout en excluant les questions de fond. Ce faisant, elle rend son discours acceptable à une droite plus radicale.