Archives mensuelles : juin 2013

Radio-poubelles: l’imputabilité? Connais pas

Sauf qu’il existe un véritable devoir moral de bannir et d’endiguer au possible, dans les médias, la culture de la haine et de l’exclusion. Pour le bien-être général, mais aussi parce que la vomissure verbale, lorsque relayée par les médias, fragilise la légitimité de la liberté d’expression.
Radio-poubelles: l’imputabilité? Connais pas par Aurélie Lanctôt sur Urbania

Mme Lanctôt fait aussi cette intéressante remarque: pour éviter l’ingérence de l’état dans le contenu éditorial d’un média, il faut que les médias respectent les règles d’un « tribunal d’honneur » non-coercitif comme le Conseil de presse. Ce qui n’est pas le cas de la radio-poubelle.

CHOI blamé pour « propos méprisants et expression de préjugés »

La radio-poubelle fait la guerre aux pauvres. Le 21 et 22 août 2012, les animateurs du show du matin à CHOI mitraillent les propos suivants:

« Probablement que la personne que tu vas couper son chèque de BS, après 5 ans, ou que tu vas l’empêcher de s’acheter de la loterie pis de la boisson, au début il ne sera pas content. Il va peut-être même se lever pour aller à une manif un moment donné, imagine-toé l’effort. Mais dans deux ans, dans cinq ans, dans dix ans, cette personne-là pourrait très bien revenir pis dire : “merci”. C’est le meilleur service qu’on m’a rendu en tant qu’être humain, de me rappeler que la vie c’était de se lever pis d’aller travailler. » selon Denis Gravel
Décision D2012-09-033 sur le Conseil de presse

Suite à une plainte, le Conseil de presse a pris la décision de blamer CHOI le 14 juin 2013 pour « propos méprisants et expression de préjugés ». Fidèle à son habitude, la radio-poubelle a refusé de répondre.

Le Conseil de presse a blamé CHOI pour des motifs similaires en mars 2010 et en octobre 2012. En tout, elle a subi 6 jugements défavorables depuis mars 2010 pour divers motifs: propos haineux, racisme et incitation à la violence.

Les pauvres constituent des boucs émissaires de choix pour la radio-poubelle. Nous disposons d’une section dédiée à ce sujet.

Ces plaintes ont définitivement un effet dissuasif. Les animateurs n’osent même plus prononcer le mot « BS » depuis plusieurs mois.

Pour réécouter les extraits:

Vous souhaitez aussi porter plainte? Pour savoir comment faire, c’est par ici.

Congédiement de Jean-François Jacob: règlement à l’amiable avec Desjardins

(Québec) Jean-François Jacob peut enfin tourner la page sur son différend avec Desjardins, qui l’avait congédié le 14 juin dernier, en lien avec la poursuite civile qui l’oppose à RNC Média et CHOI Radio X. Maintenant qu’il s’est entendu à l’amiable avec son ex-employeur, M. Jacob espère pouvoir se «concentrer sur le vrai problème», souhaitant convaincre la station de radio de retirer sa plainte au tribunal, qu’il juge abusive.

(…)

Comme tout règlement à l’amiable, les conditions de l’entente demeurent «strictement confidentielles». Selon Me Bouchard, «ça ne se résume pas à un montant d’argent». «L’esprit de tout ça, c’est que Desjardins va faire en sorte de donner le coup de main qu’il a besoin le temps de se trouver un nouvel emploi.» L’institution financière coopérera également lorsque viendra le temps de recommander M. Jacob à de futurs employeurs.
Congédiement de Jean-François Jacob: règlement à l’amiable avec Desjardins sur lapresse.ca

L’indignation collective à fait son effet. Nous souhaitons bonne chance à Jean-François Jacob pour la suite.

Liberté : le mot qu’on s’est fait voler

Mais depuis quelques années, les ultralibertariens et autres animateurs de radio-poubelle semblent s’être approprié le mot «liberté». Dire des niaiseries à la radio au nom de la liberté d’expression. S’installer aux îles Caïmans pour ne pas payer d’impôts parce qu’on est libre de le faire. Revendiquer la liberté de pouvoir payer pour se faire soigner plus vite. Au fil du temps, la liberté, ou «libarté» pour les intimes, s’est érigée au-dessus des autres valeurs, comme la justice et l’équité, et s’est vue, du même coup, teintée d’une connotation pas aussi unanime qu’avant. Dans mon esprit, du moins.
Liberté : le mot qu’on s’est fait voler par Judith Lussier sur Journal Métro