Archives mensuelles : novembre 2016

Adrien Pouliot pense qu’on devrait empêcher Guy A. Lepage de parler

Jeff Fillion

Le politicien conservateur Maxime Bernier critique Radio-Canada, et Guy A. Lepage réplique en le traitant de zouf sur Twitter. Adrien Pouliot, chef du Parti conservateur du Québec, en parle avec Jean-François Fillion.

Il y a beaucoup de surprises dans l’extrait audio suivant. Pour résumer, il y a un libertarien, Adrien Pouliot, demandant l’aide du gouvernement pour brimer la liberté d’expression de quelqu’un. Il affirme aussi qu’on peut censurer les gens tant que c’est écrit dans un contrat. Finalement, il ajoute à Radio X, devant Jeff Fillion, qu’on peut émettre toutes sortes d’opinions, tant que c’est respectueux.

Notre détecteur de contradictions surchauffe.

Pouliot prétend ne plus vouloir de gouvernement dans ses pattes… sauf pour les infrastructures routières, pour les prisons et maintenant pour gérer le droit de parole à Radio-Canada. Ça commence à faire beaucoup de gouvernement.

Pouliot fait aussi référence à la loi sur la radiodiffusion qui, selon lui, oblige Radio-Canada à être neutre. Peut-être se base-t-il, entre autres, sur l’article 3 (1) (i) (iv) stipulant que la programmation du système canadien de radiodiffusion devrait :

dans la mesure du possible, offrir au public l’occasion de prendre connaissance d’opinions divergentes sur des sujets qui l’intéressent,

Sauf que cette loi s’applique à TOUS les médias canadiens. Pas seulement à Radio-Canada. En fait, il n’y a rien dans la loi sur la radiodiffusion obligeant Radio-Canada à être plus neutre que les autres.

Il y a d’autres aspects intéressants dans cette loi: L’obligation de représenter les communautés culturelles, d’être neutre en période d’élections, d’offrir une information de haute qualité, etc.

Donc, bien d’accord avec Adrien Pouliot, appliquons la loi sur la radiodiffusion. On verra qui, entre Radio-Canada et la radio-poubelle, enfreint le plus la loi.

Et avant de féliciter Jean-François Fillion qui aurait défendu son ennemi juré Guy A Lepage, attendons un peu. Fillion, c’est le gars qui souhaite une dictature comme à Singapour, qui couvre la Chine de louanges, qui souhaite empêcher la venue du militant José Bové, et qui applaudit les coups de fouets contre le héros de la liberté d’expression Raïf Badawi, entre autres.

C’est mal connaitre Fillion que de penser qu’il peut être fidèle à une règle éthique. Fillion ne s’intéresse qu’à son propre nombril. En défendant Guy A Lepage, Fillion défend son propre droit d’insulter les gens en tweetant. Vous croyez que l’affaire Taillefer ne lui a pas laissé de cicatrices?

CHOI: Interdire Guy A Lepage de parler

25 novembre 2016, Fillion, avec Jean-François Fillion et Adrien Pouliot (00:15:07)

12h20 : AP- « Il y a une relation contractuelle que toi tu as avec ton employeur qui limite jusqu’à un certain point ton droit à la liberté d’expression (…) Est-ce que Guy A Lepage a, ou devrait avoir, une obligation de ne pas faire de commentaires à l’extérieur de son émission qui puisse ternir l’image de Radio-Canada? (…) Radio-Canada, c’est supposé être neutre. C’est ça que ça dit la loi sur la radiodiffusion (…) Je trouve ça intéressant que tu aies émis cette opinion là ce matin (Jeff appuie le droit de Guy d’insulter Maxime Bernier), ça montre que tu es quelqu’un qui croit vraiment à une opinion différente. Moi, oui, j’y crois, mais il faut que ça se fasse dans un certain respect. »

Et Fillion continue avec du chialage sur la pauvre droite discriminée par les médias. Ça se poursuit avec une partie islamophobe en prime. Selon Fillion, « on » serait incompatible avec les musulmans.

Fillion_2016-11-25-EntrevueAvecAdrienPouliotGuyA.mp3

Les flics de Val d’Or ne peuvent pas avoir violé les Autochtones, elles sont laides et ils sont beaux, selon Fillion

Jeff Fillion

Les policiers n’auraient pas violé les Autochtones à Val d’Or, parce que les policiers sont trop beaux, selon Fillion, citant une  »source policière ». De leur côté, les femmes autochtones sont trop « déboitées » pour être des proies de choix pour des violeurs.

Dossier réglé. Aucun policier n’aurait ainsi pu agresser des femmes autochtones à Val d’Or, selon Fillion.

L’affirmation est bien entendu insultante et vise à dénigrer les Autochtones, des victimes de multiples actes de brutalité policière et d’agressions, dont des agressions sexuelles. Elle a aussi de forts relents racistes et sexistes. Le viol n’a rien à voir avec un acte de séduction sexuelle, mais a tout à voir avec un acte de pouvoir.

CHOI : les policiers pas des violeurs puisqu’ils sont beaux

15 novembre 2016, Fillion, avec Jean-François Fillion et Gerry (00:05:35)

11h38 : « J’ai déjà parlé à un policier (…) On est tous des jeunes, on arrive, on a tous des belles femmes, on commence (…) les femmes autochtones avec qui on a affaire, c’est des cas problématiques. Des filles qui sniffent de la colle (…) On sait que les Amérindiens acceptent pas, surtout quand ils sont intoxiqués, ils acceptent pas l’autorité. Ça prend un peu de discipline, ça prend des gens qui brassent un peu. Mais les policiers de là à avoir des agressions sexuelles… Ce que le gars me disait, il dit je regarde autour de moi, c’est tous des beaux gars (…) Il dit mettons que là-dedans, il y en a qui ont envie de tromper leur femme. Je veux pas être méchant, mais ils feront pas ça avec quelqu’un qui a sans doute des problèmes d’hépatite,  (…) des dents pourries (…) le terme qu’on va utiliser : déboitées. Vraiment maganées. »

2016-11-15-11h38-Fillion-autochtone-pas-belles.mp3

Martineau appuie Macleod: « les Chinois, la conduite, c’est pas leur fort »

martineau

Peter Macleod fait une joke raciste sur les Chinois, affirmant qu’ils ne savent pas conduire. Martineau se porte à sa défense.

Dans l’extrait suivant, est-ce que Martineau ne fait que citer Macleod ou bien donne-t-il son opinion personnelle? Ce n’est pas clair. Une chose est certaine, pour Martineau, dire que les Chinois conduisent mal et qu’ils sont bons dans un cirque, ce n’est pas raciste.

Nous avions déjà repéré Macleod en octobre 2012. Son discours macho et anti-syndical nous avait surpris.

CHOI : c’est vrai que les Chinois conduisent mal

18 novembre 2016, Martineau-Trudeau, avec Richard Martineau et Jonathan Trudeau (00:00:55)

12h50 : « Je suis allé voir le show de Peter Macleod. Il dit les Chinois conduisent mal. Il dit pas qu’ils sont pas intelligents, il dit pas qu’ils sont nonos. Tsé, les Chinois conduisent mal, tous ceux qui conduisent sur la route, tous ceux qui ont touché à une automobile, c’est vrai que les Chinois, c’est pas leur fort. Ils sont excellents pour être un par-dessus l’autre sur un vélo au cirque, n’importe quoi. Là, il se fait traiter de racisme. Come on. On peut-tu rien que rire un peu? »

2016-11-18-13h50-RadioX-martineau-trudeau.mp3

Le caporal Fillion recommande d’interdire les syndicats et de réduire le nombre d’élus

Jeff Fillion

Jeff Fillion prétend vouloir « redonner le pouvoir au monde ordinaire ». Alors, que propose-t-il concrètement? Améliorer la démocratie municipale? Augmenter le nombre de référendums?

Pas du tout! Pour résumer, il faut donner le pouvoir à un gars qui va interdire le syndicalisme dans le secteur public et réduire le nombre d’élus à l’Assemblée nationale.

Ça ressemble plutôt au bon vieil autoritarisme d’antan, rien là-dedans pour redonner le pouvoir au monde, au contraire!

Radio X : make Quebec great again

15 novembre 2016, Maurais live, avec Jean-Francois Fillion et Dominic Maurais (00:04:20)

8h20 : « Faut qu’il y ait une loi qui empêche le secteur public d’avoir un syndicat (…) Moi je pense qu’on va voir un combat énorme entre le monde ordinaire et l’establishment, ça inclut les syndicats. Avec l’élection de Trump, on a fait un pas de géant (…) J’ai fait mes 100 jours, mon premier point d’hier c’est on passe de 125 à 29 élus. »

2016-11-15-RadioX-fillion-maurais-moins-d-elus-moins-syndicats.mp3

Se défendre contre Richard Martineau

martineau

Par Graisseux Beurk Beauté

Ce texte est un détournement de celui de Mathieu Bock-Côté : À la défense de Richard Martineau

Dans le milieu des mononcs d’extrême-droite, il y a un manque d’éducation politique qui fait des dégâts. Ces mononcs apprécient Richard Martineau. Ils lui font des éloges quand celui-ci déverse ses préjugés à l’égard des victimes d’une société inégalitaire et, tant qu’à lui dresser un autel, on y ajoute le portrait de sa femme pour les prier et les remercier en paire de libérer la parole raciste et misogyne. La caricature est la suivante : Martineau serait le champion de la liberté d’expression du paysage québécois. Mais il fait fortune dans la rumeur. D’ailleurs, on notera que chez les gens de gauche, dénoncer la démagogie de Martineau est devenu une pénible corvée. Combien de fois a-t-on vu des écrivains, journalistes ou militants de gauche perdre de leur précieux temps à démentir une à une les innombrables contre-vérités que déverse Martineau sur ses multiples tribunes ? Écrire son nom est déjà une saloperie dont on se passerait. On n’est pas résistant à peu de frais. « Oh la ! Martineau a encore vomi une chronique démagogique », dira le premier antifasciste. « Tu m’étonnes », dira le second, écœuré et découragé de ce flot continu d’imbécilités.  Fuck Martineau !

Qu’on me permette pourtant de dire mon mépris de ce démagogue bien rémunéré, parce que la rumeur médiatique, qui aime se fabriquer des monstres, nous impose ce Martineau qui jouit des coups qu’il donne aux minorités et des crachats que l’on doit constamment essuyer, la chose étant objectivement pénible pour peu que l’on prenne la peine de l’imaginer. Car Martineau, qui se fait passer pour un tribun depuis des années, représente les intérêts des classes dirigeantes dans un paysage médiatique qui fonctionne au consensus bourgeois obligatoire. Alors que l’homme ordinaire est généralement méprisé et manipulé par Martineau (et ses amis populistes de droite), ce dernier le transforme en petit être frustré, raciste et sexiste (et ce petit homme, on est obligé de le corriger en permanence pour qu’il refoule ces pulsions phobiques, ce discours haineux, vulgaire et décomplexé par la lecture de ses chroniques), Martineau se porte ensuite à la défense de sa création : cet homme radicalisé à droite.

On veut nous faire croire à un conservatisme spontané des classes populaires. C’est qu’un mélange d’éducation à la servilité dans les écoles et de démagogie dans les journaux aux ordres des puissants leur est asséné depuis l’enfance jusqu’à la tombe. Bien intégrée, cette ignorance programmée est le pilier de la domination bourgeoise, elle permet aux propriétaires du capital de détourner les masses de leur intérêt général au profit de ceux qui les exploitent. Au vingtième siècle, l’Église fit place aux médias dans ce rôle de manipulation des foules. Évidemment, bien utilisé, ce conservatisme a mené les classes populaires au fascisme. Ça, les populistes de droite, tel Martineau, Durocher, Bock-Côté, Ravary, Duhaime et Jeff Fillion, le savent, mais le nient, en voulant nous faire croire, par exemple, que Marine Le Pen est de gauche.  Pour peu qu’on le lise sérieusement, Richard Martineau est celui qui tient le premier rôle, dans la vie publique, pour la dédiabolisation des idées d’extrême-droite et pour la décomplexion du racisme et de l’islamophobie. Ses sentiments sont sans noblesse aucune.

[Passons le paragraphe sur Les Franc-tireurs, je n’ai pas toute la journée pour parodier un texte aussi débile]

Selon une formule qui mériterait d’être « convenue », on ne peut pas aimer ce que Martineau veut faire passer pour des idées. Le mépris qu’il mérite et qu’on ne lui démontre pas assez souvent a quelque chose de libérateur. Il témoigne d’une pulsion vitale d’une certaine intelligentsia qui en a fait sa tête de turc dans un esprit satirique, inquiète qu’elle est de lire les commentaires haineux et racistes de ceux qui se reconnaissent en lui. Ceux qui s’amusent à s’essuyer les pieds sur lui s’honorent en le remettant à la place de paillasson qui lui revient. Si un plus grand nombre de personnes sensées prenaient la peine de le lire quotidiennement elles seraient plus révoltées que surprises : elles découvriraient un locuteur sans qualité qui accumule des textes toujours semblables, mal écrits, simplificateurs et démagogiques avec qui il serait inutile et même indigne de vouloir débattre. Ils entendraient aussi la voix de bien des gens qui répètent les idées de Martineau, mais sans la retenue hypocrite de ce dernier, cette prudence étant, depuis des années, la seule chose qui lui permette de développer ce discours criminel tout en évitant d’être traduit en justice pour appels à la haine.