Adrien Pouliot pense qu’on devrait empêcher Guy A. Lepage de parler

Jeff Fillion

Le politicien conservateur Maxime Bernier critique Radio-Canada, et Guy A. Lepage réplique en le traitant de zouf sur Twitter. Adrien Pouliot, chef du Parti conservateur du Québec, en parle avec Jean-François Fillion.

Il y a beaucoup de surprises dans l’extrait audio suivant. Pour résumer, il y a un libertarien, Adrien Pouliot, demandant l’aide du gouvernement pour brimer la liberté d’expression de quelqu’un. Il affirme aussi qu’on peut censurer les gens tant que c’est écrit dans un contrat. Finalement, il ajoute à Radio X, devant Jeff Fillion, qu’on peut émettre toutes sortes d’opinions, tant que c’est respectueux.

Notre détecteur de contradictions surchauffe.

Pouliot prétend ne plus vouloir de gouvernement dans ses pattes… sauf pour les infrastructures routières, pour les prisons et maintenant pour gérer le droit de parole à Radio-Canada. Ça commence à faire beaucoup de gouvernement.

Pouliot fait aussi référence à la loi sur la radiodiffusion qui, selon lui, oblige Radio-Canada à être neutre. Peut-être se base-t-il, entre autres, sur l’article 3 (1) (i) (iv) stipulant que la programmation du système canadien de radiodiffusion devrait :

dans la mesure du possible, offrir au public l’occasion de prendre connaissance d’opinions divergentes sur des sujets qui l’intéressent,

Sauf que cette loi s’applique à TOUS les médias canadiens. Pas seulement à Radio-Canada. En fait, il n’y a rien dans la loi sur la radiodiffusion obligeant Radio-Canada à être plus neutre que les autres.

Il y a d’autres aspects intéressants dans cette loi: L’obligation de représenter les communautés culturelles, d’être neutre en période d’élections, d’offrir une information de haute qualité, etc.

Donc, bien d’accord avec Adrien Pouliot, appliquons la loi sur la radiodiffusion. On verra qui, entre Radio-Canada et la radio-poubelle, enfreint le plus la loi.

Et avant de féliciter Jean-François Fillion qui aurait défendu son ennemi juré Guy A Lepage, attendons un peu. Fillion, c’est le gars qui souhaite une dictature comme à Singapour, qui couvre la Chine de louanges, qui souhaite empêcher la venue du militant José Bové, et qui applaudit les coups de fouets contre le héros de la liberté d’expression Raïf Badawi, entre autres.

C’est mal connaitre Fillion que de penser qu’il peut être fidèle à une règle éthique. Fillion ne s’intéresse qu’à son propre nombril. En défendant Guy A Lepage, Fillion défend son propre droit d’insulter les gens en tweetant. Vous croyez que l’affaire Taillefer ne lui a pas laissé de cicatrices?

CHOI: Interdire Guy A Lepage de parler

25 novembre 2016, Fillion, avec Jean-François Fillion et Adrien Pouliot (00:15:07)

12h20 : AP- « Il y a une relation contractuelle que toi tu as avec ton employeur qui limite jusqu’à un certain point ton droit à la liberté d’expression (…) Est-ce que Guy A Lepage a, ou devrait avoir, une obligation de ne pas faire de commentaires à l’extérieur de son émission qui puisse ternir l’image de Radio-Canada? (…) Radio-Canada, c’est supposé être neutre. C’est ça que ça dit la loi sur la radiodiffusion (…) Je trouve ça intéressant que tu aies émis cette opinion là ce matin (Jeff appuie le droit de Guy d’insulter Maxime Bernier), ça montre que tu es quelqu’un qui croit vraiment à une opinion différente. Moi, oui, j’y crois, mais il faut que ça se fasse dans un certain respect. »

Et Fillion continue avec du chialage sur la pauvre droite discriminée par les médias. Ça se poursuit avec une partie islamophobe en prime. Selon Fillion, « on » serait incompatible avec les musulmans.

Fillion_2016-11-25-EntrevueAvecAdrienPouliotGuyA.mp3