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Laissez faire les « excuses » d’André Arthur, on va prendre les menottes

Il parait qu’André Arthur « s’excuse » pour avoir invité les automobilistes à frapper les cyclistes. Une excuse à la sauce radio-poubelle: « Je m’excuse, mais c’est pas de ma faute ».

« J’avais une crampe au cerveau », « J’ai un langage coloré », « Ça a été mal interprété », « C’est de la faute de la Coalition sortons les radio-poubelles »… Toutes des façons minables afin de se dédouaner lâchement tout en convaincant les naïfs de sa sincérité.

Jusqu’à ce jour, depuis 20 ans, personne n’a encore entendu ou lu une seule excuse sincère venant d’un animateur de radio-poubelle.

Jugez-en par vous-même.

C’est bien beau sauf que, comme dit le code criminel

Alors, à quand les menottes pour André Arthur?

Radio-poubelle dans les autobus: la liberté d’être islamophobe défendue à l’Assemblée Nationale malgré 6 morts

Spectaculaire volte-face de la Commission scolaire de la Capitale. Après avoir interdit à ses chauffeurs d’autobus d’écouter la radio-poubelle au travail, celle-ci revient sur sa décision quelques heures plus tard.

Et malgré tous les beaux discours suite à l’attentat, les élites politiques semblent déterminées à préserver le statu quo en ce qui concerne la radio-poubelle, islamophobie ou pas.

Récit d’une autre anecdote qui en dit long sur l’influence de la radio-poubelle.

Chronologie

29 janvier

Un tueur abat six personnes à la mosquée de Sainte-Foy. Suite à ce triste événement, plusieurs survivants de la communauté musulmane dénoncent l’islamophobie de la radio-poubelle.

1 février

Le maire de Québec dénonce les radios qui attisent la haine.

« Je pense qu’il y a des choses qui ne pourront plus être dites. Il y a des gens qui devront réfléchir. Le niveau de haine qui existe dans certains milieux ne pourra plus exister et il faut vraiment, à partir de maintenant, combattre ça », affirme-t-il.

Le député libéral fédéral de Sainte-Foy fait un discours émouvant. Il affirme qu’il est temps de mettre fin à l’islamophobie:

« Aujourd’hui, je veux aussi leur demander pardon. Pardon d’avoir observé, ces dernières années, leur ostracisation et leur stigmatisation, d’avoir vu prendre racine dans le cœur de mes semblables la peur, la méfiance et la haine, d’avoir fait de mon mieux pour y répondre, mais de ne pas en avoir fait assez. »

Plusieurs autres politiciens se rallient à cette position.

7 février, neuf jours après l’attentat

La Commission scolaire de la Capitale décide de prendre les choses en main. Elle agit concrètement contre l’islamophobie en interdisant la radio-poubelle dans ses autobus.

« Les messages qui y sont véhiculés ne sont pas appropriés pour des enfants et ne correspondent pas aux valeurs que nous voulons leur transmettre. L’autobus est le prolongement de l’école », indique la note.

Aussitôt, quelqu’un à la commission scolaire fait suivre la décision à Dominic Maurais, de Radio X, qui s’indigne sur Facebook. Il publie le courriel de la coordonnatrice au transport de la commission scolaire.

15h, Éric Caire, député de la CAQ et collaborateur régulier de Radio X, fustige la commission scolaire qui serait en train de « censurer » et de « priver de liberté d’expression » une pauvre radio. Les mêmes arguments bidons de l’épisode libârté en 2005.

La commission scolaire, surprise par la réaction et sans doute inondée de courriels haineux, retire la décision controversée.

Sébastien Proulx, ministre de l’Éducation et chroniqueur de Radio X avant d’être ministre, en rajoute lui aussi une couche sur la censure et la liberté d’expression, même si c’est superflu.

Radio X défend Radio X

16h30, l’Assemblée nationale rend hommage aux victimes de l’attentat.

Après ça, plus personne ne s’intéresse à l’avis de l’imam de la mosquée de la capitale, Mohamed El Hafid, appuyant la Commission scolaire.

« Si on veut discuter du sujet, on discute du sujet, mais dans un environnement encadré et balisé », a-t-il fait valoir.

Conclusion

La liberté d’émettre des propos islamophobes est préservée par les mêmes qui fustigeaient l’islamophobie quelques jours avant et qui pleuraient les morts quelques minutes après. Personne ne trouve ça contradictoire. Les journalistes publient les articles sans indiquer les affiliations de Caire et de Proulx avec Radio X.

La liberté des enfants d’entendre des propos islamophobes est ainsi protégée. Le droit du chauffeur de faire entendre sa radio à tout l’autobus, sans le consentement des passagers, est préservé.

Après avoir passé vingt ans à protéger la liberté d’expression des animateurs de radio haineux, on attend toujours que quelqu’un pense à la liberté d’expression des autres, les musulmans endeuillés dans ce cas-ci, qui se font encore dénigrer à tour de bras à la radio-poubelle. Mais ça, pour Caire et Proulx, entre autres, c’est pas important.

La liberté, dans le sens d’émancipation, est piétinée.

Six morts, et toujours pas l’ombre d’un changement dans la vieille capitale.

Radio-poubelles complices!

« C’est pas Québec !», voilà ce qu’on entend depuis l’attentat de la mosquée de Sainte-Foy, dimanche.

Pourtant, si c’est peut-être pas le Québec, cela ressemble terriblement à Québec, cette ville où il suffit d’ouvrir son poste de radio pour entendre ça :

« La gang qui est ouvertement en guerre contre les occidentaux et nos valeurs, c’est les musulmans (…) J’ai peur que dans cinq ans, dans dix ans, on ait des problèmes ici. »

-Jeff Fillion, Radio-Pirate, le 9 décembre 2015

Ou encore :

« Je l’ai déjà dit et je vais le dire encore: on n’est pas fait pour vivre ensemble. C’est-tu assez clair? (…) On n’a pas les mêmes valeurs, on n’a pas les mêmes buts, on voit pas les choses de la même manière, ça se peut-tu qu’on n’est pas fait pour aller ensemble? »

-Jeff Fillion, Radio X, le 19 septembre 2016

Ou bien :

« ils [les musulmans] ont en horreur les valeurs occidentales, la liberté, la démocratie, l’égalité homme-femme. Ils veulent détruire cette civilisation qui est la nôtre. »

-Jacques Brassard, Radio X, le 19 septembre 2016

Faut-il rappeler que lorsqu’une tête de porc ensanglantée avait été déposée, en juin dernier, devant la même mosquée que celle visée par l’attentat de dimanche, on avait pu entendre cela sur ces mêmes radios :

« Geste haineux, islamophobie… On se calme le pompon! (…) C’est écrit où dans le code criminel que j’ai pas le droit de donner une tête de cochon? C’est peut-être une joke niaiseuse (…) C’est un peu ridicule (…) En quoi c’est de la haine? »

-Eric Duhaime, FM93, le 20 juin 2016

Ces radio-poubelles ont leurs responsabilités dans les événements de dimanche. Oui, c’est sûr, ils n’ont pas appuyé sur la gâchette ou planifié l’attentat, par contre, ces radio-poubelles ont développé un climat de haine envers la communauté musulmane. Elles ont banalisé les propos racistes et contribué à créer un climat favorable à la xénophobie.

Ces radios sont coupables d’avoir banalisé l’islamophobie à tel point que quelqu’un s’est senti le droit de massacrer des habitants de notre ville sous prétexte de leur religion.

On assiste depuis dimanche au carnaval de l’hypocrisie de tous ces médias, comme, par exemple, Richard Martineau qui, dans sa chronique du Journal de Québec du 31 janvier, condamne l’extrême-droite au même titre que l’islamisme.

Faut-il rappeler à M. Martineau qu’il ne cesse d’encenser le Front National et Marine Le Pen dans ses chroniques ? Le même parti dont Alexandre Bissonnette, l’auteur de l’attentat, se disait partisan…

Les Duhaime, Fillion, Martineau et autres ont une responsabilité dans les meurtres d’Abdelkrim, Aboubaker, Khaled, Azzedine, Mamadou et Ibrahim.

Jusque là, vous étiez juste racistes, xénophobes et sexistes, vous êtes désormais complices d’un assassin.

L’affaire du golf érotique: Radio X, Jeff Fillion et la prostitution juvénile

C’est l’histoire de Jeff Fillion et de Patrice Demers participant à un bordel à ciel ouvert camouflé en tournoi de golf. Des logos de Radio X trônent sur des isoloirs pendant que des mononcles se font sucer par des filles du genre très jeunes. Ça se passe juste avant la rafle de l’Opération Scorpion. Et c’est une histoire vraie.

Dévoilée en 2003, l’histoire a tous les ingrédients pour faire jaser puisqu’elle implique la prostitution de mineures et Radio X. Pourtant, aujourd’hui, qui s’en souvient?

Tout le monde se rappelle, par contre, de la fameuse Opération Scorpion, l’opération policière ayant procédé au démantèlement d’un réseau de prostitution juvénile en 2002. À l’époque, la radio-poubelle fait des gorges chaudes de l’affaire, l’utilisant avec succès pour mousser leurs cotes d’écoute et pour se débarrasser d’un rival à la radio du matin.

Radio X a pourtant trempé indirectement dans l’affaire en commanditant un tournoi de golf érotique. Un véritable bordel à ciel ouvert.

Acte 1 – des logos de Radio X sur les isoloirs

En juillet 2001, un tournoi de golf à saveur érotique se tient au club de golf du Mont Tourbillon.

Sur les verts, il n’y a pas que les balles de golf qui se font aller. Dans les buissons, ça brasse solide. Une trentaine de « danseuses » sont sur les lieux.

 « Des exemples ? Au trou numéro trois, deux danseuses offraient un spectacle érotique pour 20 $.  Au six, les golfeurs payeurs avaient droit à un strip-tease s’ils gagnaient à la roulette.  Au huit, ils devaient aller chercher, avec la bouche, le billet de 20 $ inséré entre les seins de la danseuse.  Au 15, spectacle de «cunnilingus».  Les golfeurs devaient regarder le show des deux filles avant de jouer.  Toujours au 15, une roulotte.  Les prix: 40 $ pour une masturbation, 60 $ pour une fellation, 100 $ pour une fellation sans condom.  Au 16, partie de black jack pour 20 $.  Le golfeur gagnant avait là aussi droit à un strip-tease.  Voilà pour le parcours. »

  • Le Soleil, 22 février 2003

Deux témoins rapportent des cas de prostitution juvénile

L’homme poignait les seins de la jeune demoiselle.  Puis, assis-toi sur mon oncle.  Puis, ils sont allés dans le bois.  Ils sont revenus quelques instants plus tard.  Je ne sais pas ce qu’ils ont fait.  Puis, je trouvais ça vraiment aberrant.  Puis, je me disais «mon Dieu, ça pourrait être sa fille là».

  • Informatrice C, TVA, 20 février 2003

Le patron de Radio X, Patrice Demers, et l’animateur Jeff Fillion sont sur place. Demers est au fait de ce qui se passe, puisque c’est au moins la deuxième année qu’il participe au tournoi. En 2000, on y retrouvait aussi des «jeux érotiques».

Sur le terrain, différents commanditaires sont visibles, mais Radio X est partout:

Un camion aux couleurs de CHOI-FM avec gyrophare se trouve au départ. Des affiches de CHOI-FM sont placées partout, notamment à l’intérieur du chalet principal. En outre, CHOI-FM opérait la disco mobile et assurait l’animation. CHOI-FM était aussi commanditaire d’un trou sur le terrain où des prix étaient remis aux participants, dont le calendrier «Dream Team».

  • Demers c. Jobin, 2009

Patrice Demers lui-même avoue que les danseuses font de la sollicitation, ce qui est illégal. Il affirmera plus tard:

« Les filles qui étaient sur place, qui étaient probablement des danseuses, sollicitaient pour obtenir de l’argent.  Je pourrais même pas vous donner en détails ce qu’elles voulaient avoir puisqu’on n’a pas contribué ou on n’a pas décidé de débourser pour avoir quoique ce soit. »

  • Témoignage de Patrice Demers, TVA, 20 février 2003

Lors d’un procès ultérieur, le journaliste de TVA, Carl Langelier, ajoutera:

Dans la salle louée au club de golf, des isoloirs à l’intérieur desquels les clients peuvent s’offrir les services sexuels de jeunes filles. Au haut des isoloirs, des affiches promotionnelles de CHOI 98.1. Comme beaucoup d’autres tournois, la station commanditait l’événement.

  • Témoignage de Carl Langelier, Demers c. Jobin, 2009

Le tournoi est organisé par Claude Mailloux et Martin d’Anjou. Mailloux est ex-président du Carnaval de Québec, copropriétaire d’un bar de danseuses et agent pour divers événements folichons: Le concours des babydolls mouillés, Mlle mannequinjeunesse et le concours de strip-tease amateur, selon ce qu’on peut lire sur le Registre des entreprises.

Acte 2 – L’Opération Scorpion

En décembre 2002, la police fait une grande rafle dans un réseau de prostitution juvénile. Plusieurs proxénètes et clients sont arrêtés.

Parmi ces derniers, un ex-candidat du Parti Libéral, le pharmacien Jacques Racine, l’organisateur du golf érotique Claude Mailloux et l’animateur de radio du FM93, Robert Gillet.

Les rivaux de ce dernier à Radio X, André Arthur et Jeff Fillion, sont aux petits oiseaux.

Les deux animateurs lancent la chasse aux sorcières. André Arthur tente à plusieurs reprises de mêler le maire de l’époque, Jean-Paul L’Allier, à l’affaire.

En janvier 2003, L’Allier fait alors une sortie célèbre contre la radio-poubelle:

« On n’a pas à se battre contre les rumeurs, on n’a pas à combattre une odeur généralisée de purin ».

  • Le maire L’Allier se vide le coeur, Le Soleil, 31 janvier 2003

Le 3 novembre, 300 personnes se rassemblent devant l’hôtel de ville en demandant la poursuite de l’enquête sur le réseau de prostitution juvénile. «L’Allier, salaud ! Le peuple aura ta peau !», scandent-ils. Ils appuient leurs revendications avec une pétition contenant 25,000 signatures largement relayée par la radio-poubelle.

Et puisque plusieurs proxénètes du Wolf Pack sont noirs, cette communauté sera particulièrement stigmatisée. Des racistes participent aux manifestations contre le Wolf Pack. Le 20 mars 2003, une manifestation dénonce « l’immigration sauvage » comme cause de la prostitution juvénile. Ses participants y brandissent une croix celtique, symbole de l’extrême-droite.

L’opération Scorpion s’intéresse aussi au tournoi de golf érotique. La police tente de déterminer si certaines danseuses mineures peuvent avoir un lien avec le réseau de prostitution juvénile. Mais l’affaire n’ira pas plus loin.

Acte 3 – TVA sort un reportage

Le 20 février 2003, un reportage est diffusé à TVA Québec. Deux témoins racontent ce qu’ils ont constaté de visu sur le terrain de golf en 2001.

Ce sont les témoins « C » et « I ». Engagées pour servir de l’alcool pendant le tournoi, les deux jeunes femmes ont un statut d’emploi précaire comme enseignantes. Travaillant dans des écoles secondaires, elles sont bien placées pour reconnaitre une fille mineure. Ce sont les deux témoins, crédibles et indignées, qui donneront tous les détails sordides de l’affaire.

Interrogé sur la présence de présumées mineures, Martin D’Anjou donnera cette réponse à TVA:

« Définitivement, on a fait affaire avec une agence qui, eux autres, sont une agence légale qui sert à desservir, dans le fond, pour les danseuses. Ils font affaire avec Lady Mary Ann, avec le Carole, ces choses-là. Donc, nous, dans notre tête, c’est une organisation légale structurée eux autres, cette agence-là. Nous, on a fait affaire avec une agence justement pour être sûrs qu’il n’y ait pas d’ambiguïté au niveau des âges. »

  • TVA, 20 FÉVRIER 2003

Les journalistes de TVA, Carl Langelier et Denis Therriault, prennent soin de dissimuler les visages des deux jeunes femmes pour les protéger contre des représailles du crime organisé. Ils ne se doutaient pas que les pires attaques viendraient plutôt de Radio X.

Jeff Fillion répond au reportage par la peur et l’intimidation. Il lance sur les ondes de Radio X une campagne auprès des auditeurs afin d’identifier les deux femmes et de les retracer. Il dévoile ensuite le courriel, l’adresse et l’identité des deux témoins.

Les jeunes femmes furent inondées de courriels d’auditeurs et harcelées pendant des semaines en raison de leur participation aux reportages.

  • Demers c. Jobin, 2009

Fillion s’attaque aussi au présentateur de nouvelles de TVA, Pierre Jobin, qui n’a pourtant rien à voir avec le contenu du reportage.

Souffrant de victimite aiguë, un mal chronique dont il n’est toujours pas guéri, Jeff Fillion affirme être la cible d’une campagne de salissage de ses concurrents, CHIK-FM du réseau ÉNERGIE.

Acte 4 – procès de l’opération Scorpion

En 2004, Robert Gillet est reconnu coupable d’avoir obtenu des services sexuels d’une mineure.

Pendant son procès, Denis Gravel, de Radio X, actuel animateur de l’émission du retour, va révéler l’identité de deux des témoins, en contravention avec une ordonnance de la Cour. Le juge lui épargnera pourtant une accusation d’outrage au tribunal.

Après le procès, Gillet reviendra au FM93 mais pour 3 mois seulement. Son concurrent, Radio X, avec Jeff Fillion et André Arthur en tête, fait pression sur les annonceurs du FM93 avec une campagne de boycott. La direction préfère alors congédier Gillet. Celui-ci poursuivra et gagnera contre André Arthur et la station, pour diffamation, plusieurs années après.

Acte 5 – Pierre Jobin poursuit Jeff Fillion et Genex

Victime de propos « diffamatoires, malicieux, blessants et attentatoires » depuis le reportage de 2003, Pierre Jobin poursuit Genex et Fillion devant un tribunal, en 2007.

Les preuves sont accablantes. Le 21 février 2003, dès le lendemain de la diffusion du reportage de TVA, Fillion traite Pierre Jobin de « mange marde« , de « vendeur d’assurances », manquant de « professionnalisme », incapable de faire de la radio parce qu’il ne peut « gérer le petit mulot qui tournait dans sa roue ».

L’intimidation se poursuit au moins jusqu’en 2007. Donc, pendant au moins 4 ans, à l’antenne de la radio la plus écoutée de la région, Pierre Jobin est traité, entre autres, de « minable », « cheap », « chien », « cerveau léger » et « télé-souffleur ». Pendant la même période, Jobin reçoit aussi des messages d’intimidation anonymes et même des menaces de s’en prendre à son intégrité physique.

Fillion adressait déjà des insultes à Jobin avant le reportage de 2003. Mais la situation s’envenime très vite par la suite.

Pierre Jobin se fait même interpeller par des inconnus. Par exemple, alors qu’il visite sa famille au Saguenay…

Il s’est fait dire qu’il est un vendeur d’assurances lors de son séjour au Manoir Richelieu alors qu’il passait à proximité d’un individu pour aller chercher des serviettes pour un membre de sa famille qui est à la piscine. Cet individu lui a répété la même chose lorsqu’il est passé à proximité en retournant vers la piscine.

  • Jobin c. Fillion, 2007 QCCS 6575 (CanLII)

Ces attaques répétées vont progressivement plonger Pierre Jobin dans des phases d’angoisse et de panique. Crainte de ne pas être à la hauteur face à sa famille et à ses collègues de travail. Peur d’être agressé physiquement dans la rue. Il aura aussi des pensées suicidaires.

Il faut lire le verbatim du témoignage de Pierre Jobin dans les documents du procès pour constater à quel point il a été affecté (il emploiera le terme « démoli ») par cette période.

Pour ces longues années à être le punching bag de Fillion, Jobin réclame 450,000$. Il gagnera son procès et obtiendra 150,000$ réparti moitié-moitié entre Fillion et Genex.

Acte 6 – Genex et Fillion poursuivent Pierre Jobin

Malgré tout, Patrice Demers et Fillion croient être les victimes de Pierre Jobin. Ils lancent donc une poursuite en 2009. Ils laissent entendre que Pierre Jobin a préparé divers reportages à TVA dans le but de leur nuire, pointant cinq reportages dont le plus important est celui sur le tournoi de golf érotique.

Demers et Fillion ne nient pas leur implication dans le tournoi. Par contre, ils allèguent que le reportage lie malicieusement Radio X à la prostitution juvénile.

Le procès sera un échec pour Genex. Après avoir analysé la situation et entendu les témoins, le juge constate que les reportages sont réalisés de bonne foi et servent l’intérêt public. Il démontre aussi que la poursuite est en réalité une forme de représailles après le procès gagné par Pierre Jobin en 2007. Patrice Demers l’avoue lui-même lors d’un interrogatoire.

La poursuite est menée en amateur depuis le début (salutations à René Dion, toujours avocat de Radio X). Dans la mise en demeure envoyée par Genex, TVA est blâmé parce que les journalistes n’auraient parlé que de CHOI dans leur reportage. Au procès, Genex change sa version, prétendant que le problème est plutôt que TVA associe CHOI à la prostitution juvénile.

Réclamant 950,000$ en dommages, Genex et Fillion obtiendront 0$.

Conclusion

Si vous vous demandiez au début pourquoi vous n’aviez jamais entendu parler de ce tournoi de golf, et que vous avez pourtant lu ce texte jusqu’ici, surement que vous comprenez que ceux qui en ont parlé ont été victimes d’une campagne d’intimidation d’une violence inouïe.

Depuis, les gens en sont bien conscients si bien qu’en 2015, un rapport dénonce encore le «régime de peur» des radios de Québec.

Cette histoire met en relief un phénomène jamais abordé: La proximité de la radio-poubelle avec un univers très louche, flirtant avec le crime organisé. Collaboration se poursuivant encore en 2017 dans des partenariats avec des bars de danseuses comme le Lady Mary Ann et le Bar La Brousaille, et des sites de proxénétisme comme Gentlemen Paradise ou Pourtesfesses.

Le reportage de TVA en 2003 devait normalement se mériter un prix de journalisme. Les journalistes ont fait un travail exceptionnel pour vérifier et contrevérifier l’info. C’était une histoire en or.

Pourtant, qui s’en souvient? Et pour ce bon travail, qu’ont mérité les journalistes? Des menaces de mort, du stress, de l’intimidation et des procès. Il faut rendre hommage à ces champions de l’information. Ils méritent tout notre respect.

Vous pouvez avoir encore des doutes sur la véracité du reportage de 2003. Mais rappelons qu’un juge à statué que le reportage avait été fait de bonne foi, dans son jugement rendu en 2009.

Et ceux qui seront encore portés à défendre Jean-François Fillion, posez-vous cette question: s’il n’avait rien à se reprocher, pourquoi s’est-il attaqué aussi férocement aux témoins et à Pierre Jobin?

Bibliographie

Poursuite de Genex et Fillion contre TVA, 2009, CanLii.

Poursuite de Pierre Jobin contre Genex et Fillion, 2007, CanLii.

Tournoi de golf érotique: Demers savait pour le reportage, dit TVA, Publié le 20 février 2009, la Presse.

Tournoi de golf érotique: pas de prostitution, jure l’organisateur, publié le 19 février 2009, la Presse.

Affrontement CHOI/TVA: Jeff Fillion se retire, publié le 17 février 2009, la Presse.

Poursuite de Genex contre TVA: il n’y a pas eu d’enquête sur le tournoi de golf, selon un policier, Publié le 18 février 2009, la Presse.

Du golf, mais pas seulement, Publié le 04 septembre 2010, la Presse.

Échec de Demers et de Genex, Publié le 23 avril 2009, la Presse.

« Rage, honte et peur », publié le 13 juin 2007, Canoe.

Fillion était « incapable » de se contrôler, publié le 15 juin 2007, Canoe.

Prostitution juvénile: la police de Québec enquête sur un tournoi de golf, publié le 20 février 2003, LCN.

Prostitution juvénile: le réseau s’étend à Montréal, mai 2003.

Le registre des entreprises (Claude Mailloux).

Prostitution juvénile: des citoyens en colère, publié le 4 novembre 2003, Radio-Canada.

Le projet Scorpion, la période noire de L’Allier, publié le 1 mai 2016, Journal de Montréal.

Québec- Groupuscule d’extrême droite, racisme et violence…, CMAQ, 25 avril 2003.

La loi C-36 interdisant la publicité de services sexuels.

L’article 286.4 du code criminel sur la publicité offrant des services sexuels.

Radio X proxénète?

Radio X fait-elle du proxénétisme? La question se pose, puisque Radio X entretient des liens avec un univers très louche, flirtant avec le crime organisé.

Un proxénète est quelqu’un tirant profit ou favorisant la prostitution.

Radio X collabore avec des bars de danseuses comme le Lady Mary Ann, le Bar La Brousaille, et des sites web pour escortes comme Gentlemen Paradise ou Pourtesfesses. Ces entreprises sont des clients de Radio X, c’est-à-dire qu’elles y achètent des espaces publicitaires.

Pourtesfesses.com est un réseau social permettant entre autre aux escortes de trouver un client et vice versa. Capture d’écran du 24 novembre 2016.

Gentlemen Paradise propose des corps à louer. Capture d’écran du 25 décembre 2016.

En publicisant des entreprises faisant le commerce du sexe, Radio X se trouve à faire du proxénétisme. Chose interdite depuis que la loi C-36 a reçu la sanction royale en novembre 2014.

This enactment amends the Criminal Code to, among other things, (…) (c) create an offence that prohibits the advertisement of sexual services offered for sale.

L’article 286.4 du code criminel est clair à ce sujet. Faire de la publicité pour offrir des services sexuels est passible de 5 ans de prison.

286.4 Quiconque fait sciemment de la publicité pour offrir des services sexuels moyennant rétribution est coupable :

a) soit d’un acte criminel passible d’un emprisonnement maximal de cinq ans;

b) soit d’une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire passible d’un emprisonnement maximal de dix-huit mois.

Est-ce Radio X fait quelque chose d’illégal ou pas? C’est à un juriste de voir. On pose la question.

La tendance à Radio X est plutôt à la banalisation de la prostitution. Au sujet d’un salon de massage érotique, Jeff Fillion affirmait le 13 décembre 2016 que « La prostitution sous toutes ses formes, c’est pas si grave que ça ».

L’affaire du golf érotique est aussi très révélatrice. Radio X n’avait pas éprouvé de problème de conscience à y commanditer un bordel à ciel ouvert en 2001.

Pour en savoir plus sur les liens présumés entre Radio X et le crime organisé, nous avons classé les annonceurs louches dans la catégorie « criminel » dans notre Super liste.