Archives pour la catégorie liberté d’expression

Radio X fait du journalisme et le Devoir c’est de la merde, selon Denis Gravel

Denis Gravel

La radio-poubelle est ambivalente face au journalisme. Plusieurs animateurs refusent le titre de journaliste, alors que d’autres la revendiquent.

Dans l’extrait suivant, Denis Gravel affirme que le Devoir ne fait pas de journalisme. Il fait de la merde. Par contre, Radio X fait du bon journalisme.

À la Coalition, nous croyons que ce n’est pas aux animateurs de décider s’ils sont journalistes ou non. Ce sont les journalistes eux-mêmes, ou plus largement au public, de décider.

Et contrairement à ce qu’affirme Denis Gravel, le Devoir ne reçoit pas un sou en subvention. D’un autre côté, le gouvernement (provincial et fédéral) et les sociétés d’États (Hydro, SAQ, Loto-Québec, le RTC etc) achètent beaucoup de pub à Radio X.

Il s’agit donc de propos erronés. Vous pouvez donc porter plainte au CCNR ou au CPQ, et écrire une lettre aux annonceurs.

Radio X : Radio X fait du journalisme, pas le Devoir

19 juin 2017, Gravel dans le retour avec Denis Gravel (00:22:04)

15h: DG- « Le Devoir (…) des journaux qui ont pas été capable de se mettre à jour. Autant au niveau idéologique qu’au niveau technologique ont pas été capable de suivre des tournants importants (…) Le clown du devoir (…) Brian Myles du Devoir qui demande pas moins de 400 millions $, ça c’est un centre Vidéotron (…) Faut que ça ferme le Devoir s’il n’y a personne qui le lit. Déja qu’on les aides en passant, on a déja quelques dizaines de millions de $ de donné pour les garder à flot (…) Le gars du Devoir trouve ça bien important parce que c’est du journalisme. Moi je trouve que le Devoir c’est de la merde. Je trouve qu’on fait du journalisme. C’est des opinions, ça se débats, ça discute. Je trouve pas qu’on fait plus ou moins de journalisme que le Devoir (…) Je vais tu commencer à payer pour que 120 lecteurs gardent leur journal prétentieux de gauche? Non non (…) Virez ça en journal humoristique, relancez le Croc… dites le pas aux journalistes. Faites juste dire continuez à vous prendre au sérieux (…)  »

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Martineau propose d’arrêter « avec les chartes des droits et libertés »

Suite aux attentats de Londres, Martineau s’interroge: Puisque nous sommes en guerre, devrions-nous appliquer les mesures de guerre? Suspendre les droits et libertés? Arrêter qui on veut arbitrairement, sans procès? Comme lors de la Crise d’octobre 1970?

Voilà qui a le mérite d’être clair. Martineau veut faire résonner le bruit des bottes dans nos rues. Et où est-ce que les militaires patrouilleraient selon vous? À Outremont? lol.

Ainsi, l’extrême-droite morale ou économique, et l’extrême-droite religieuse se rencontrent dans une sainte alliance: celle de terroriser la population pour piétiner ses libertés. C’est l’objectif des islamistes, partagé par notre extrême-droite-de-souche.

L’entente est éclatante. Brillante comme le soleil. Tellement qu’elle crève les yeux si on la regarde en face. Daesh, Hamas, Le Pen, Hollande, Obama, Finkielkraut : tous s’entendent à merveille. S’il y a la terreur, c’est pour défendre l’Islam. S’il y a la guerre, c’est pour défendre l’Occident.

Ricochet.media.fr, Chaos, terreur et bonne entente

Denise Bombardier, Gilles Proulx, Sylvain Bouchard et Jeff Fillion ont déjà tenu des propos similaires.

Martineau ne va pas aussi loin dans la version écrite.

Radio X : peut-on suspendre les chartes des droits?

6 juin 2017, Martineau-Trudeau avec Richard Martineau et Jonathan Trudeau (00:04:50)

RM: « Un pays en guerre peut utiliser des dispositions légales qu’un pays en paix ne peut pas utiliser. Par exemple, tu peux emprisonner des gens qui te paraissent suspects [sans procès]. En temps de paix, tu peux pas faire ça. »

JT: « Crise d’octobre, je pense qu’au Québec la référence qu’on a, c’est la crise d’octobre. »

RM: « En temps de guerre, tu peux mettre des droits et libertés en veilleuse (…) On est en guerre. Pourquoi on utilise pas les dispositions légales que la guerre nous permet d’utiliser? (…) En tant qu’occidentaux (…) Arrêtons avec les chartes des droits et libertés, et les libertés individuelles, un moment donné (…)  »

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L’affaire du golf érotique: Radio X, Jeff Fillion et la prostitution juvénile

C’est l’histoire de Jeff Fillion et de Patrice Demers participant à un bordel à ciel ouvert camouflé en tournoi de golf. Des logos de Radio X trônent sur des isoloirs pendant que des mononcles se font sucer par des filles du genre très jeunes. Ça se passe juste avant la rafle de l’Opération Scorpion. Et c’est une histoire vraie.

Dévoilée en 2003, l’histoire a tous les ingrédients pour faire jaser puisqu’elle implique la prostitution de mineures et Radio X. Pourtant, aujourd’hui, qui s’en souvient?

Tout le monde se rappelle, par contre, de la fameuse Opération Scorpion, l’opération policière ayant procédé au démantèlement d’un réseau de prostitution juvénile en 2002. À l’époque, la radio-poubelle fait des gorges chaudes de l’affaire, l’utilisant avec succès pour mousser leurs cotes d’écoute et pour se débarrasser d’un rival à la radio du matin.

Radio X a pourtant trempé indirectement dans l’affaire en commanditant un tournoi de golf érotique. Un véritable bordel à ciel ouvert.

Acte 1 – des logos de Radio X sur les isoloirs

En juillet 2001, un tournoi de golf à saveur érotique se tient au club de golf du Mont Tourbillon.

Sur les verts, il n’y a pas que les balles de golf qui se font aller. Dans les buissons, ça brasse solide. Une trentaine de « danseuses » sont sur les lieux.

 « Des exemples ? Au trou numéro trois, deux danseuses offraient un spectacle érotique pour 20 $.  Au six, les golfeurs payeurs avaient droit à un strip-tease s’ils gagnaient à la roulette.  Au huit, ils devaient aller chercher, avec la bouche, le billet de 20 $ inséré entre les seins de la danseuse.  Au 15, spectacle de «cunnilingus».  Les golfeurs devaient regarder le show des deux filles avant de jouer.  Toujours au 15, une roulotte.  Les prix: 40 $ pour une masturbation, 60 $ pour une fellation, 100 $ pour une fellation sans condom.  Au 16, partie de black jack pour 20 $.  Le golfeur gagnant avait là aussi droit à un strip-tease.  Voilà pour le parcours. »

  • Le Soleil, 22 février 2003

Deux témoins rapportent des cas de prostitution juvénile

L’homme poignait les seins de la jeune demoiselle.  Puis, assis-toi sur mon oncle.  Puis, ils sont allés dans le bois.  Ils sont revenus quelques instants plus tard.  Je ne sais pas ce qu’ils ont fait.  Puis, je trouvais ça vraiment aberrant.  Puis, je me disais «mon Dieu, ça pourrait être sa fille là».

  • Informatrice C, TVA, 20 février 2003

Le patron de Radio X, Patrice Demers, et l’animateur Jeff Fillion sont sur place. Demers est au fait de ce qui se passe, puisque c’est au moins la deuxième année qu’il participe au tournoi. En 2000, on y retrouvait aussi des «jeux érotiques».

Sur le terrain, différents commanditaires sont visibles, mais Radio X est partout:

Un camion aux couleurs de CHOI-FM avec gyrophare se trouve au départ. Des affiches de CHOI-FM sont placées partout, notamment à l’intérieur du chalet principal. En outre, CHOI-FM opérait la disco mobile et assurait l’animation. CHOI-FM était aussi commanditaire d’un trou sur le terrain où des prix étaient remis aux participants, dont le calendrier «Dream Team».

  • Demers c. Jobin, 2009

Patrice Demers lui-même avoue que les danseuses font de la sollicitation, ce qui est illégal. Il affirmera plus tard:

« Les filles qui étaient sur place, qui étaient probablement des danseuses, sollicitaient pour obtenir de l’argent.  Je pourrais même pas vous donner en détails ce qu’elles voulaient avoir puisqu’on n’a pas contribué ou on n’a pas décidé de débourser pour avoir quoique ce soit. »

  • Témoignage de Patrice Demers, TVA, 20 février 2003

Lors d’un procès ultérieur, le journaliste de TVA, Carl Langelier, ajoutera:

Dans la salle louée au club de golf, des isoloirs à l’intérieur desquels les clients peuvent s’offrir les services sexuels de jeunes filles. Au haut des isoloirs, des affiches promotionnelles de CHOI 98.1. Comme beaucoup d’autres tournois, la station commanditait l’événement.

  • Témoignage de Carl Langelier, Demers c. Jobin, 2009

Le tournoi est organisé par Claude Mailloux et Martin d’Anjou. Mailloux est ex-président du Carnaval de Québec, copropriétaire d’un bar de danseuses et agent pour divers événements folichons: Le concours des babydolls mouillés, Mlle mannequinjeunesse et le concours de strip-tease amateur, selon ce qu’on peut lire sur le Registre des entreprises.

Acte 2 – L’Opération Scorpion

En décembre 2002, la police fait une grande rafle dans un réseau de prostitution juvénile. Plusieurs proxénètes et clients sont arrêtés.

Parmi ces derniers, un ex-candidat du Parti Libéral, le pharmacien Jacques Racine, l’organisateur du golf érotique Claude Mailloux et l’animateur de radio du FM93, Robert Gillet.

Les rivaux de ce dernier à Radio X, André Arthur et Jeff Fillion, sont aux petits oiseaux.

Les deux animateurs lancent la chasse aux sorcières. André Arthur tente à plusieurs reprises de mêler le maire de l’époque, Jean-Paul L’Allier, à l’affaire.

En janvier 2003, L’Allier fait alors une sortie célèbre contre la radio-poubelle:

« On n’a pas à se battre contre les rumeurs, on n’a pas à combattre une odeur généralisée de purin ».

  • Le maire L’Allier se vide le coeur, Le Soleil, 31 janvier 2003

Le 3 novembre, 300 personnes se rassemblent devant l’hôtel de ville en demandant la poursuite de l’enquête sur le réseau de prostitution juvénile. «L’Allier, salaud ! Le peuple aura ta peau !», scandent-ils. Ils appuient leurs revendications avec une pétition contenant 25,000 signatures largement relayée par la radio-poubelle.

Et puisque plusieurs proxénètes du Wolf Pack sont noirs, cette communauté sera particulièrement stigmatisée. Des racistes participent aux manifestations contre le Wolf Pack. Le 20 mars 2003, une manifestation dénonce « l’immigration sauvage » comme cause de la prostitution juvénile. Ses participants y brandissent une croix celtique, symbole de l’extrême-droite.

L’opération Scorpion s’intéresse aussi au tournoi de golf érotique. La police tente de déterminer si certaines danseuses mineures peuvent avoir un lien avec le réseau de prostitution juvénile. Mais l’affaire n’ira pas plus loin.

Acte 3 – TVA sort un reportage

Le 20 février 2003, un reportage est diffusé à TVA Québec. Deux témoins racontent ce qu’ils ont constaté de visu sur le terrain de golf en 2001.

Ce sont les témoins « C » et « I ». Engagées pour servir de l’alcool pendant le tournoi, les deux jeunes femmes ont un statut d’emploi précaire comme enseignantes. Travaillant dans des écoles secondaires, elles sont bien placées pour reconnaitre une fille mineure. Ce sont les deux témoins, crédibles et indignées, qui donneront tous les détails sordides de l’affaire.

Interrogé sur la présence de présumées mineures, Martin D’Anjou donnera cette réponse à TVA:

« Définitivement, on a fait affaire avec une agence qui, eux autres, sont une agence légale qui sert à desservir, dans le fond, pour les danseuses. Ils font affaire avec Lady Mary Ann, avec le Carole, ces choses-là. Donc, nous, dans notre tête, c’est une organisation légale structurée eux autres, cette agence-là. Nous, on a fait affaire avec une agence justement pour être sûrs qu’il n’y ait pas d’ambiguïté au niveau des âges. »

  • TVA, 20 FÉVRIER 2003

Les journalistes de TVA, Carl Langelier et Denis Therriault, prennent soin de dissimuler les visages des deux jeunes femmes pour les protéger contre des représailles du crime organisé. Ils ne se doutaient pas que les pires attaques viendraient plutôt de Radio X.

Jeff Fillion répond au reportage par la peur et l’intimidation. Il lance sur les ondes de Radio X une campagne auprès des auditeurs afin d’identifier les deux femmes et de les retracer. Il dévoile ensuite le courriel, l’adresse et l’identité des deux témoins.

Les jeunes femmes furent inondées de courriels d’auditeurs et harcelées pendant des semaines en raison de leur participation aux reportages.

  • Demers c. Jobin, 2009

Fillion s’attaque aussi au présentateur de nouvelles de TVA, Pierre Jobin, qui n’a pourtant rien à voir avec le contenu du reportage.

Souffrant de victimite aiguë, un mal chronique dont il n’est toujours pas guéri, Jeff Fillion affirme être la cible d’une campagne de salissage de ses concurrents, CHIK-FM du réseau ÉNERGIE.

Acte 4 – procès de l’opération Scorpion

En 2004, Robert Gillet est reconnu coupable d’avoir obtenu des services sexuels d’une mineure.

Pendant son procès, Denis Gravel, de Radio X, actuel animateur de l’émission du retour, va révéler l’identité de deux des témoins, en contravention avec une ordonnance de la Cour. Le juge lui épargnera pourtant une accusation d’outrage au tribunal.

Après le procès, Gillet reviendra au FM93 mais pour 3 mois seulement. Son concurrent, Radio X, avec Jeff Fillion et André Arthur en tête, fait pression sur les annonceurs du FM93 avec une campagne de boycott. La direction préfère alors congédier Gillet. Celui-ci poursuivra et gagnera contre André Arthur et la station, pour diffamation, plusieurs années après.

Acte 5 – Pierre Jobin poursuit Jeff Fillion et Genex

Victime de propos « diffamatoires, malicieux, blessants et attentatoires » depuis le reportage de 2003, Pierre Jobin poursuit Genex et Fillion devant un tribunal, en 2007.

Les preuves sont accablantes. Le 21 février 2003, dès le lendemain de la diffusion du reportage de TVA, Fillion traite Pierre Jobin de « mange marde« , de « vendeur d’assurances », manquant de « professionnalisme », incapable de faire de la radio parce qu’il ne peut « gérer le petit mulot qui tournait dans sa roue ».

L’intimidation se poursuit au moins jusqu’en 2007. Donc, pendant au moins 4 ans, à l’antenne de la radio la plus écoutée de la région, Pierre Jobin est traité, entre autres, de « minable », « cheap », « chien », « cerveau léger » et « télé-souffleur ». Pendant la même période, Jobin reçoit aussi des messages d’intimidation anonymes et même des menaces de s’en prendre à son intégrité physique.

Fillion adressait déjà des insultes à Jobin avant le reportage de 2003. Mais la situation s’envenime très vite par la suite.

Pierre Jobin se fait même interpeller par des inconnus. Par exemple, alors qu’il visite sa famille au Saguenay…

Il s’est fait dire qu’il est un vendeur d’assurances lors de son séjour au Manoir Richelieu alors qu’il passait à proximité d’un individu pour aller chercher des serviettes pour un membre de sa famille qui est à la piscine. Cet individu lui a répété la même chose lorsqu’il est passé à proximité en retournant vers la piscine.

  • Jobin c. Fillion, 2007 QCCS 6575 (CanLII)

Ces attaques répétées vont progressivement plonger Pierre Jobin dans des phases d’angoisse et de panique. Crainte de ne pas être à la hauteur face à sa famille et à ses collègues de travail. Peur d’être agressé physiquement dans la rue. Il aura aussi des pensées suicidaires.

Il faut lire le verbatim du témoignage de Pierre Jobin dans les documents du procès pour constater à quel point il a été affecté (il emploiera le terme « démoli ») par cette période.

Pour ces longues années à être le punching bag de Fillion, Jobin réclame 450,000$. Il gagnera son procès et obtiendra 150,000$ réparti moitié-moitié entre Fillion et Genex.

Acte 6 – Genex et Fillion poursuivent Pierre Jobin

Malgré tout, Patrice Demers et Fillion croient être les victimes de Pierre Jobin. Ils lancent donc une poursuite en 2009. Ils laissent entendre que Pierre Jobin a préparé divers reportages à TVA dans le but de leur nuire, pointant cinq reportages dont le plus important est celui sur le tournoi de golf érotique.

Demers et Fillion ne nient pas leur implication dans le tournoi. Par contre, ils allèguent que le reportage lie malicieusement Radio X à la prostitution juvénile.

Le procès sera un échec pour Genex. Après avoir analysé la situation et entendu les témoins, le juge constate que les reportages sont réalisés de bonne foi et servent l’intérêt public. Il démontre aussi que la poursuite est en réalité une forme de représailles après le procès gagné par Pierre Jobin en 2007. Patrice Demers l’avoue lui-même lors d’un interrogatoire.

La poursuite est menée en amateur depuis le début (salutations à René Dion, toujours avocat de Radio X). Dans la mise en demeure envoyée par Genex, TVA est blâmé parce que les journalistes n’auraient parlé que de CHOI dans leur reportage. Au procès, Genex change sa version, prétendant que le problème est plutôt que TVA associe CHOI à la prostitution juvénile.

Réclamant 950,000$ en dommages, Genex et Fillion obtiendront 0$.

Conclusion

Si vous vous demandiez au début pourquoi vous n’aviez jamais entendu parler de ce tournoi de golf, et que vous avez pourtant lu ce texte jusqu’ici, surement que vous comprenez que ceux qui en ont parlé ont été victimes d’une campagne d’intimidation d’une violence inouïe.

Depuis, les gens en sont bien conscients si bien qu’en 2015, un rapport dénonce encore le «régime de peur» des radios de Québec.

Cette histoire met en relief un phénomène jamais abordé: La proximité de la radio-poubelle avec un univers très louche, flirtant avec le crime organisé. Collaboration se poursuivant encore en 2017 dans des partenariats avec des bars de danseuses comme le Lady Mary Ann et le Bar La Brousaille, et des sites de proxénétisme comme Gentlemen Paradise ou Pourtesfesses.

Le reportage de TVA en 2003 devait normalement se mériter un prix de journalisme. Les journalistes ont fait un travail exceptionnel pour vérifier et contrevérifier l’info. C’était une histoire en or.

Pourtant, qui s’en souvient? Et pour ce bon travail, qu’ont mérité les journalistes? Des menaces de mort, du stress, de l’intimidation et des procès. Il faut rendre hommage à ces champions de l’information. Ils méritent tout notre respect.

Vous pouvez avoir encore des doutes sur la véracité du reportage de 2003. Mais rappelons qu’un juge à statué que le reportage avait été fait de bonne foi, dans son jugement rendu en 2009.

Et ceux qui seront encore portés à défendre Jean-François Fillion, posez-vous cette question: s’il n’avait rien à se reprocher, pourquoi s’est-il attaqué aussi férocement aux témoins et à Pierre Jobin?

Bibliographie

Poursuite de Genex et Fillion contre TVA, 2009, CanLii.

Poursuite de Pierre Jobin contre Genex et Fillion, 2007, CanLii.

Tournoi de golf érotique: Demers savait pour le reportage, dit TVA, Publié le 20 février 2009, la Presse.

Tournoi de golf érotique: pas de prostitution, jure l’organisateur, publié le 19 février 2009, la Presse.

Affrontement CHOI/TVA: Jeff Fillion se retire, publié le 17 février 2009, la Presse.

Poursuite de Genex contre TVA: il n’y a pas eu d’enquête sur le tournoi de golf, selon un policier, Publié le 18 février 2009, la Presse.

Du golf, mais pas seulement, Publié le 04 septembre 2010, la Presse.

Échec de Demers et de Genex, Publié le 23 avril 2009, la Presse.

« Rage, honte et peur », publié le 13 juin 2007, Canoe.

Fillion était « incapable » de se contrôler, publié le 15 juin 2007, Canoe.

Prostitution juvénile: la police de Québec enquête sur un tournoi de golf, publié le 20 février 2003, LCN.

Prostitution juvénile: le réseau s’étend à Montréal, mai 2003.

Le registre des entreprises (Claude Mailloux).

Prostitution juvénile: des citoyens en colère, publié le 4 novembre 2003, Radio-Canada.

Le projet Scorpion, la période noire de L’Allier, publié le 1 mai 2016, Journal de Montréal.

Québec- Groupuscule d’extrême droite, racisme et violence…, CMAQ, 25 avril 2003.

La loi C-36 interdisant la publicité de services sexuels.

L’article 286.4 du code criminel sur la publicité offrant des services sexuels.

Adrien Pouliot pense qu’on devrait empêcher Guy A. Lepage de parler

Jeff Fillion

Le politicien conservateur Maxime Bernier critique Radio-Canada, et Guy A. Lepage réplique en le traitant de zouf sur Twitter. Adrien Pouliot, chef du Parti conservateur du Québec, en parle avec Jean-François Fillion.

Il y a beaucoup de surprises dans l’extrait audio suivant. Pour résumer, il y a un libertarien, Adrien Pouliot, demandant l’aide du gouvernement pour brimer la liberté d’expression de quelqu’un. Il affirme aussi qu’on peut censurer les gens tant que c’est écrit dans un contrat. Finalement, il ajoute à Radio X, devant Jeff Fillion, qu’on peut émettre toutes sortes d’opinions, tant que c’est respectueux.

Notre détecteur de contradictions surchauffe.

Pouliot prétend ne plus vouloir de gouvernement dans ses pattes… sauf pour les infrastructures routières, pour les prisons et maintenant pour gérer le droit de parole à Radio-Canada. Ça commence à faire beaucoup de gouvernement.

Pouliot fait aussi référence à la loi sur la radiodiffusion qui, selon lui, oblige Radio-Canada à être neutre. Peut-être se base-t-il, entre autres, sur l’article 3 (1) (i) (iv) stipulant que la programmation du système canadien de radiodiffusion devrait :

dans la mesure du possible, offrir au public l’occasion de prendre connaissance d’opinions divergentes sur des sujets qui l’intéressent,

Sauf que cette loi s’applique à TOUS les médias canadiens. Pas seulement à Radio-Canada. En fait, il n’y a rien dans la loi sur la radiodiffusion obligeant Radio-Canada à être plus neutre que les autres.

Il y a d’autres aspects intéressants dans cette loi: L’obligation de représenter les communautés culturelles, d’être neutre en période d’élections, d’offrir une information de haute qualité, etc.

Donc, bien d’accord avec Adrien Pouliot, appliquons la loi sur la radiodiffusion. On verra qui, entre Radio-Canada et la radio-poubelle, enfreint le plus la loi.

Et avant de féliciter Jean-François Fillion qui aurait défendu son ennemi juré Guy A Lepage, attendons un peu. Fillion, c’est le gars qui souhaite une dictature comme à Singapour, qui couvre la Chine de louanges, qui souhaite empêcher la venue du militant José Bové, et qui applaudit les coups de fouets contre le héros de la liberté d’expression Raïf Badawi, entre autres.

C’est mal connaitre Fillion que de penser qu’il peut être fidèle à une règle éthique. Fillion ne s’intéresse qu’à son propre nombril. En défendant Guy A Lepage, Fillion défend son propre droit d’insulter les gens en tweetant. Vous croyez que l’affaire Taillefer ne lui a pas laissé de cicatrices?

CHOI: Interdire Guy A Lepage de parler

25 novembre 2016, Fillion, avec Jean-François Fillion et Adrien Pouliot (00:15:07)

12h20 : AP- « Il y a une relation contractuelle que toi tu as avec ton employeur qui limite jusqu’à un certain point ton droit à la liberté d’expression (…) Est-ce que Guy A Lepage a, ou devrait avoir, une obligation de ne pas faire de commentaires à l’extérieur de son émission qui puisse ternir l’image de Radio-Canada? (…) Radio-Canada, c’est supposé être neutre. C’est ça que ça dit la loi sur la radiodiffusion (…) Je trouve ça intéressant que tu aies émis cette opinion là ce matin (Jeff appuie le droit de Guy d’insulter Maxime Bernier), ça montre que tu es quelqu’un qui croit vraiment à une opinion différente. Moi, oui, j’y crois, mais il faut que ça se fasse dans un certain respect. »

Et Fillion continue avec du chialage sur la pauvre droite discriminée par les médias. Ça se poursuit avec une partie islamophobe en prime. Selon Fillion, « on » serait incompatible avec les musulmans.

Fillion_2016-11-25-EntrevueAvecAdrienPouliotGuyA.mp3

Le caporal Fillion recommande d’interdire les syndicats et de réduire le nombre d’élus

Jeff Fillion

Jeff Fillion prétend vouloir « redonner le pouvoir au monde ordinaire ». Alors, que propose-t-il concrètement? Améliorer la démocratie municipale? Augmenter le nombre de référendums?

Pas du tout! Pour résumer, il faut donner le pouvoir à un gars qui va interdire le syndicalisme dans le secteur public et réduire le nombre d’élus à l’Assemblée nationale.

Ça ressemble plutôt au bon vieil autoritarisme d’antan, rien là-dedans pour redonner le pouvoir au monde, au contraire!

Radio X : make Quebec great again

15 novembre 2016, Maurais live, avec Jean-Francois Fillion et Dominic Maurais (00:04:20)

8h20 : « Faut qu’il y ait une loi qui empêche le secteur public d’avoir un syndicat (…) Moi je pense qu’on va voir un combat énorme entre le monde ordinaire et l’establishment, ça inclut les syndicats. Avec l’élection de Trump, on a fait un pas de géant (…) J’ai fait mes 100 jours, mon premier point d’hier c’est on passe de 125 à 29 élus. »

2016-11-15-RadioX-fillion-maurais-moins-d-elus-moins-syndicats.mp3