Archives pour la catégorie propagande de droite

Pas de mouvement anti-transport en commun, selon Labeaume

Depuis plusieurs semaines, l’élu municipal est agacé par la couverture des enjeux de mobilité faite par quelques radios privées. Il n’attaque pas les animateurs responsables de front, mais houspille les journalistes sur le terrain.

«Je sais que vous essayez de faire des grosses cotes d’écoute avec ceux qui veulent éliminer les autos, c’est bien payant pour vous autres, mais c’est marginal. Vous le savez que c’est marginal. Vous en parlez beaucoup, mais c’est marginal», a-t-il répondu lundi à un journaliste radio qui lui demandait s’il envisageait de fermer le Vieux-Québec aux automobiles ou de leur retirer des voies comme certains citoyens l’ont suggéré la semaine dernière. «On ne lui donnera de faire plus de cotes d’écoute là-dessus. C’est non la réponse», a-t-on fini par savoir.

Lapresse.ca

Le « troisième lien » déchire la capitale

« La radio, ça fait dix ans que je vis avec ça, lance-t-il. C’est assez simple : ils vont tout faire pour me battre. Ils ne veulent pas battre le SRB, ils veulent battre Labeaume. C’est payant pour eux, c’est des cotes d’écoute. C’est très payant d’alerter les automobilistes et de leur dire que quelqu’un a ourdi un plan maléfique pour leur faire perdre leur voiture. » -Régis Labeaume

Lapresse.ca

Crucifixgate: l’extrême-droite économique et identitaire rencontre l’extrême-droite catholique

Messe de la Fraternité Saint-Pie-X avec Atalante, extrait d’un de leur vidéo.

Le CrucifixGate a encore permis de lever le voile sur certains soupçons. Par exemple, les opposants à la Charte des valeurs de Bernard Drainville dénonçaient l’effet, volontaire ou non, de stigmatisation des musulmans. Ils affirmaient que, sous prétexte de promouvoir la laïcité, on risquait d’alimenter l’islamophobie.

Après le CrucifixGate, difficile d’affirmer le contraire.

L’épisode a en effet été l’occasion pour l’extrême-droite économique et identitaire de rencontrer l’extrême-droite catholique dans leur grande  »guerre des civilisations » contre l’extrême-droite islamiste.

Le mariage de l’extrême-droite unie pour se nourrir elle-même.

Deux petits extraits éloquents. Le premier est de Sylvain Bouchard, tout juste après les menaces contre la direction de l’hôpital Saint-Sacrement, mais avant la volte-face de l’institution. Il s’agit du seul commentaire entendu de toute la radio-poubelle sur les menaces proférées à l’endroit de la direction de l’hôpital Saint-Sacrement. Non, il ne s’agit pas d’excuses, ni d’empathie, encore moins d’appel au calme. Au contraire, vous entendrez Sylvain Bouchard laisser entendre que la direction  instrumentaliserait sa situation de victime. Elle serait contente de se faire menacer!

Et ça ne s’arrête pas là, puisque Sylvain Bouchard divulgue son plan pour continuer le combat: interpeller les libéraux, assister à la prochaine rencontre du CA de l’hôpital et… faire des manifestations!

Le deuxième extrait est de Richard Martineau qui, rien de moins,  offre une entrevue au porte-parole des intégristes catholiques du Mouvement Tradition Québec, Kenny Piché. Des gens ayant instrumentalisé la situation explosive en provoquant et en allant remettre un crucifix à l’endroit précis d’où il avait été retiré. Qu’est-ce que le MTQ ? Des gens flirtant avec les autres groupes d’extrême-droite violents de la capitale. Probablement des gens ayant menacé le CHU eux-mêmes.

Kenny Piché est aussi membre de la Fraternité Saint-Pie-X, un groupe extrémiste ayant des difficultés avec le Vatican et le pape.

L’extrême-droite catholique veut remettre le crucifix? Offrons-leur une belle tribune!

Bref, un bel exemple de la radio-poubelle instrumentalisant la haine sans vergogne, en période de sondage, pour gagner des cotes d’écoute. Et, à côté, l’extrême-droite se frayant un chemin de haine débroussaillé par les radios. Et nous ne pouvons que déplorer l’impunité totale de la radio-poubelle quand ils agissent ainsi.

Vous trouvez ces propos inacceptables? Vous pouvez porter plainte au CCNR, ou écrire une lettre aux annonceurs. Vous pouvez aussi signer la déclaration pour des ondes saines.

FM93: plan de match de la croisade pour le crucifix

1 mars 2017, Bouchard en parle, avec Sylvain Bouchard (00:02:27)

7h45 : SB- « Les menaces est-ce qu’il se servent de ça pour clore le débat? (…) Les libéraux. Faut s’adresser à eux. Le reste? Prochaine assemblée du CA. J’ai toutes les dates. Hey, on pourrait manifester, on va checker ça, mais ça va dépendre de vous (…)

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Bouchard poursuit en disant qu’on devrait s’inspirer de la Mauritanie islamiste.

Radio X: entrevue avec le Mouvement Tradition Québec

28 février 2017, Martineau-Trudeau, avec Richard Martineau, Jonathan Trudeau et Kenny Piché (00:12:16)

13h05 : KP- « Ca fait assez longtemps que les catholiques reculent au Québec (…) Les laïcistes ont une foi aussi (…) On peut pas empêcher les cultes païens de suivre leur religion (…) »

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Patrimoine pour les cathos et signes religieux pour les autres : Le crucifix de la concorde

Québec est décidément un petit monde. À peine un mois après un attentat haineux qui a tué six Québécois et qui a fait le tour du monde, au point de bouleverser le maire Labeaume (qu’est-ce que les touristes vont dire ?), plein de voix s’élèvent et s’unissent dans une concorde presque parfaite pour clamer : ouain, pis nous autres, nous, les vrais Québécois?

Et arrive, comme tendu sur un plateau, pour ne pas dire sur une patène, tel un miracle de la foi, l’événement du crucifix de l’hôpital Saint-Sacrement. Bref retour sur les faits.

L’affaire du crucifix

Au début février, un patient demande à ce que soit retiré un crucifix coincé entre deux ascenseurs. La direction de l’hôpital prend la décision de le retirer en se basant sur le principe de neutralité religieuse de l’État dicté par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

Puis, dans la troisième semaine de février, des patients dénoncent ce retrait. L’hôpital tient bon. Entretemps, une pétition anonyme est lancée le 25 février. Elle est relayée par les animateurs d’une radio-poubelle, le FM93, fustigeant un grave recul à notre identité dû aux «religions qui s’établissent au Québec ». À la même antenne, François Blais, ministre responsable de la capitale, dénonce le retrait du crucifix.

Par la suite, des menaces sont envoyées à la direction de l’hôpital qui doit faire intervenir la police dans le dossier.

Le Mouvement Tradition Québec (MTQ), un groupe catholique d’extrême-droite, va installer un autre crucifix le 26 février. L’événement est relayé sur Facebook et sur leur site web. Les groupes islamophobes, en pleine épiphanie, font circuler la nouvelle sur les réseaux sociaux.

L’hôpital retire le deuxième crucifix. Mais, pour finir, la direction recule et annonce le 1er mars qu’elle va remettre le crucifix en place. Le ministre et la direction de l’hôpital se renvoient la responsabilité de la décision finale.

La radio d’opinion

Bien des gens trouvent ça très drôle l’affaire du crucifix de Québec. La plupart des médias n’en parlent guère, ou seulement au sujet de la question de l’affichage de signes religieux dans l’espace public. D’autres – surtout à Montréal – tournent ça carrément à la rigolade, en ignorant complètement dans quel climat de haine tout cela se joue. Ils laissent ainsi tout le champ libre aux radios d’opinion de Québec. Et elles s’en donnent à cœur joie.

Prenons le FM93, où travaille Bernard Drainville, le père de la Charte zombie des Valeurs-et-pas-de-la-Laïcité. Sylvain Bouchard, Éric Duhaime et Bernard Drainville sonnent les clochettes et jouent du goupillon autour du scandale du crucifix, durant les heures de grande écoute. Il faut dire que ceux-là ont besoin de faire remonter leurs cotes d’écoute, car dès le lendemain, le sondage Numéris (ex-BBM) va commencer.

D’autres radios comme CHOI, avec Richard Martineau, donnent la parole au représentant du MTQ; même s’il semble lui-même être contre le crucifix, l’animateur tient pourtant à donner du temps d’antenne à l’extrême-droite, à des « soldats du Christ » qui font des messes avec les néo-nazis d’Atalante.

Pour les médias de Québec, laisser à des Mailloux ou des Martineau de radio-poubelles le soin de revêtir la chasuble de la critique de la droite religieuse, c’est vraiment risquer la dérive.

L’affaire du crucifix de l’hôpital est brandie comme une bannière de procession de la culture québécoise en péril sur les ondes de ces radios. Entre ça et : « c’est la faute aux musulmans », il n’y a qu’un pas que  plusieurs n’hésitent pas à franchir. Aussi, on est bien forcé de constater que les intérêts des intégristes catholiques et des identitaires pro-laïcité coïncident drôlement bien ici.

Tous unis pour le crucifix

Tout d’abord, on pensait que les premiers à défendre la position de l’hôpital, auraient été les défenseurs de la laïcité dans l’espace public, les vrais de vrais. Ils ont été très silencieux, les tenants du laïcisme pur et dur. C’est tout l’inverse chaque fois que ça parle du voile, pardon, des « signes religieux ostentatoires ».

L’opportunisme des politiciens en place à Québec est assez flagrant. Ils prétendent que l’État doit être neutre face aux pratiques des gens, ce qui serait le vrai sens de la laïcité. En même temps ils présentent un projet de loi insuffisant qui ne sera prêt qu’au moment de déclencher les élections provinciales. C’est une manière croche de faire d’une population ciblée et vulnérable un enjeu électoraliste. Les voilà qui nous sortent du tabernacle un argument au parfum d’encens : le patrimoine.

Le patrimoine

L’héritage de l’œuvre de l’hôpital fait partie du patrimoine de la ville de Québec. Il est important de le souligner. Un crucifix en particulier, non. Ça appartient plutôt aux congrégations religieuses.

Des Québécois se disant « de souche » et qui s’opposent aux religions, vu « qu’ils en ont trop souffert par le passé » sont maintenant prêts à s’agenouiller devant un crucifix si on le badigeonne de saint chrême patrimonial. Ils ne peuvent pas dire qu’ils revendiquent quelque chose de religieux, vu qu’ils refusent d’autres religions, ou plutôt les religions des autres.

Gravel se réjouit d’avoir imposé le troisième lien à l’ordre du jour de la mairie

Denis Gravel

Quand on dit que la radio-poubelle a de l’influence sur les politiciens, personne ne nous croit. Mais quand la radio-poubelle l’avoue elle-même, c’est bien mieux.

Dans l’extrait suivant, Denis Gravel se réjouit d’avoir imposé le débat sur un troisième lien aux politiciens. En effet, imprimer 20,000 autocollants, lancer une pétition, harceler le maire sur les réseaux sociaux, c’est le genre de choses qui peuvent avoir du poids sur les politiciens.

On est juste content que Gravel soit candide à ce sujet.

Vous trouvez ces propos inacceptables? Vous pouvez porter plainte au CCNR, ou écrire une lettre aux annonceurs. Vous pouvez aussi signer la déclaration pour des ondes saines.

CHOI : les radios ont imposé le débat sur le troisième lien

30 novembre 2016, Gravel dans le retour avec Denis Gravel (00:12:51)

15h17 : «La radio c’est pas important, c’est futile (…) On est les seuls qui sommes condamnés à prendre la parole pour la majorité. On n’est pas des politiciens, mais on est obligés de faire de la politique par la bande. Une fois de temps en temps, on est capable de réorienter le débat à l’hôtel de Ville. Je pense que la réussite du troisième lien, de voir qu’on a forcé ça à l’ordre du jour, est une réussite.»

Et de poursuivre en prenant comme exemple les food-trucks, une autre campagne politique de nos radios-poubelles.

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