Ces « journalistes » piétinant le journalisme

arthur

Celle-là devrait intéresser les journalistes au premier plan.

Admettons qu’un homme, affirmant être journaliste, se met à critiquer le métier de journaliste. Dans son discours, il commet plusieurs fautes déontologiques graves. Puis, il conclut en critiquant l’organisme chargé de faire appliquer la déontologie journalistique.

Étant vous-même journaliste, vous partiriez à rire, non?

C’est ce que vient de faire André Arthur. Et tout ça, en 10 minutes.

André Arthur dit qu’il est journaliste et que Roby Moreault l’est aussi. Puis, il fait une pub de JD Chrysler entre deux nouvelles, sans transition. Et il conclut par une critique du Conseil de presse (contenant par ailleurs le meilleur argument pour faire des plaintes au CPQ).

Il existe plusieurs codes de déontologie. Celui du CPQ, de la FPJQ et du CCNR. Mais tous s’accordent pour dire qu’il faut délimiter clairement une nouvelle d’une publicité.

b) Les radiotélédiffuseurs doivent s’assurer que toute publicité insérée dans un bulletin de nouvelles se distingue clairement des informations qui y sont adjacentes. À cette fin, aucun message publicitaire inséré dans un bulletin de nouvelles ne doit être présenté par le lecteur de nouvelles.

L’article 14 du CCNR

L’article 5 d) du FPJQ dit à peu près la même chose.

On ne peut juste pas insérer une pub entre deux éléments de nouvelles, sans transition. C’est contre un principe déontologie de base!

La question devrait interpeller les journalistes au plus haut point. Comment tolérer que quelqu’un, se réclamant du journalisme, piétine les principes de base de la profession en toute impunité? Qui plus est, une personne de la notoriété d’André Arthur?

Rappelons deux recommandations du rapport de Dominique Payette.

2. Entre-temps, il est essentiel que toutes les entreprises de presse soient obligatoirement tenues de faire partie du Conseil de presse du Québec, y compris les entreprises qui préfèrent en ce moment être régies par le CCNR.

3. Que le Conseil de presse soit autorisé à imposer des amendes aux entreprises de presse contrevenant aux règles; que ces amendes soient suffisantes pour modifier les attitudes et les propos en ondes.

Mme Payette croit que les animateurs doivent être considérés comme des journalistes et être traités comme tel. C’est-à-dire, qu’il y ait des conséquences à avoir un comportement anti-journalistique.

Les journalistes ayant à cœur leur métier auraient intérêt à s’intéresser aux recommandations de Mme Payette.

Ceci étant dit, voici les extraits:

Dans chaque décision du CPQ, la liste de ceux qui ont pris la décision est indiquée. Alors quand Arthur dit que le CPQ prend des décisions « derrière un rideau », on n’a aucune idée de quoi il parle.

98,1 : Arthur et l’anti-journalisme (00:10:51)

24 mars 2016, Moreault en jase, avec les journalistes André Arthur et Roby Moreault

12h05 : « Je suis un journaliste, tu es un journaliste, nous sommes des journalistes. » Arthur dit que Le Soleil et La Presse vont fermer. C’est suivi d’une pub, sans transition, de JD Chrysler Fiat de Boischatel. Et Arthur conclut avec une critique du Conseil de presse du Québec.

arthur-le-midi_2016-03-24-arthur-journaliste.mp3

 

Après le publi-reportage, voici la publi-entrevue: une publicité en forme d’entrevue neutre avec Marc Lacroix, des cliniques Lacroix, qui est en même temps annonceur à Radio X.

« 6.3 Publicité déguisée

Les journalistes et les médias d’information évitent de faire de la publicité déguisée ou indirecte dans leur traitement de l’information.

Code déontologique du Conseil de presse »

98,1 : Publi-entrevue avec Roby Moreault (00:10:44)

24 mars 2016, Moreault en jase, avec le journaliste Roby Moreault et Marc Lacroix

10h15 : « entrevue » avec le docteur Marc Lacroix

moreault-en-jase_2016-03-24-publi-entrevue-marc-lacroix.mp3