FAQ: Questions fréquemment posées

Qu’est-ce que signifie l’expression : radio-poubelle ?

Il s’agit d’une façon de faire de la radio.

Elle est systématiquement raciste, sexiste et homophobe. Elle fustige des boucs-émissaires comme les pauvres, les cyclistes, les gauchistes, les féministes et les étudiants.

Elle est aussi anti-journalistique. Tout en bradant les attributs du journalisme, elle en piétine tous les principes. C’est-à-dire qu’elle désinforme au lieu d’informer. Elle fournit du prêt-à-penser plutôt que de faire réfléchir. Elle fustige les idées divergentes plutôt que de débattre.

Quoi qu’en disent de nombreux commentateurs, la vulgarité, les insultes, les accrochages au bon parler français et la diffamation sont ici des caractéristiques secondaires.

Cherchez-vous à faire perdre des jobs et à fermer des stations de radio ?

Non. Nous voulons la fin de la radio-poubelle.

Pourquoi vous ne changez pas de poste ?

Parce que la radio-poubelle n’est pas qu’un problème individuel. Il affecte toute la ville. Des milliers de petites agressions quotidiennes sont causées ou inspirées par la radio-poubelle.

L’air de la ville de Québec ne s’assainira pas en « changeant de poste ».

Un animateur de radio-poubelle est-il un journaliste ?

Question complexe.

La FPJQ décrit la fonction de journaliste ainsi:

Exerce une FONCTION DE JOURNALISTE la personne qui travaille à la diffusion d’informations ou d’opinions sur des questions d’actualité, dans une optique d’intérêt public, au service des citoyens et non pas intérêts particuliers.

La FPJQ considère aussi que les photographes, caricaturistes, recherchistes, chroniqueurs et animateurs sont des journalistes.

Le Conseil de presse, pour sa part, en fait cette description :

« journaliste » : toute personne qui, exerçant des fonctions journalistiques et ayant pour objectif de servir le public, recherche, collecte, vérifie, traite, commente ou diffuse de l’information destinée à un large public, sur des questions d’intérêt général;

Ces deux définitions sont claires. Elles font des animateurs de radio populiste des journalistes. Personne ne parle plus de politique, d’affaires publiques et d’actualité qu’eux.

De plus, le Conseil de presse, tribunal d’honneur de la presse québécoise, accepte les plaintes concernant les animateurs.

La plupart des animateurs de radio-poubelle, à part André Arthur, refusent toutefois le titre de journaliste. Mais on sent une ambiguïté sur la question.

Plusieurs journalistes se sont prononcés individuellement contre l’octroi du titre de journaliste à Jean-René Dufort, ou à Jeff Fillion, pour diverses raisons.

De toute façon, il n’existe pas de statut de journaliste professionnel et encore moins d’ordre professionnel. N’importe qui peut se déclarer journaliste.

Qu’est-ce que la liberté d’expression ?

C’est la liberté d’exprimer librement son point de vue. C’est l’une des plus hautes valeurs de nos sociétés démocratiques, et il faut la protéger. C’est un ingrédient nécessaire à une saine démocratie.

Une erreur courante est de définir la liberté par l’absence d’entraves : « je peux dire ce que je veux quand je veux, je suis donc libre ».

Il y a un problème avec cette approche libérale lorsque la liberté d’untel nuit à la liberté d’une autre personne.

La liberté de proférer des propos misogynes et sexistes entrave la liberté des femmes. Et la liberté de la moitié de la population est aussi importante que celle des animateurs, non? La liberté de proférer des propos islamophobes entrave la liberté des musulmans. C’est le moins qu’on puisse dire. Et la liberté des musulmans est aussi importante que celle des animateurs, en théorie, du moins.

Il faut donc une sorte d’équilibre pour que tous et chacun puissent exprimer leur liberté d’expression dans l’équité et l’égalité. Libéré de racisme, de sexisme et d’homophobie qui sont des entraves à la liberté.

Il y a un déséquilibre à la radio de Québec. Les animateurs sont tous blancs, ce sont des hommes en grande majorité et ils ont a peu près tous les mêmes opinions. Les rares alternatives ne font pas le poid. Ou sont les immigrants, les féministes et les gais à la radio privée?

La liberté d’expression ne se résume pas à protéger le privilège d’un animateur de s’exprimer avec des propos controversés. C’est aussi de s’assurer que toutes les opinions peuvent être exprimées sans contrainte dans un environnement propice, sain et varié.

La liberté d’expression c’est aussi de s’assurer qu’il y a une place pour toutes les idées.

Quelle est votre solution ?

Il y a des idées intéressantes dans le rapport L’information au Québec un intérêt public, de Dominique Payette, publié en 2010. Ce rapport sera suivi par des consultations publiques en 2011 dont le document de consultation est également intéressant. Il y est question d’un statut de journaliste professionnel. Ces recommandations sont reprises, en gros, dans le récent rapport L’information à Québec, un enjeu capital, publié en 2015.

Pour résumer à gros traits, le principe est de considérer les animateurs comme ils sont, des journalistes. Puis, de forcer leur adhésion à un organisme chargé de veiller au respect des principes déontologiques de base. Et donner des dents à cet organisme pour qu’il puisse appliquer des sanctions, notamment financières, en cas de faute professionnelle.

Il faut qu’il y ait des conséquences à émettre systématiquement des propos sexistes, islamophobes ou homophobes.

Parce que pour l’instant, c’est l’impunité quasi-complète.

Quel est le rôle d’un média ?

Son rôle est triple: décrire, informer, divertir.

Un média n’est pas forcé d’être objectif. Il peut utiliser le ton de l’opinion et prendre position sur des enjeux afin de remplir son rôle.

L’information que l’on obtient via les médias en vient à définir le monde qui nous entoure. Notre réalité est forgée par la façon dont les médias l’expriment.

C’est d’autant plus vrai, quand cette information est exprimée à un aussi grand nombre de gens, sur des ondes publiques largement accessibles.

C’est pourquoi une information publique de qualité est de la plus haute importance. Nous devons la chérir comme un bien précieux, vital pour la démocratie et nécessaire pour contribuer lucidement au débat public.

Un média doit éclairer plutôt qu’obscurcir.

Quelle est l’idéologie de la radio-poubelle ?

Les propos des animateurs sont souvent cohérents avec une idéologie qu’on peut qualifier de néolibérale ou de libertarienne.

Contre l’État (mais pas contre l’armée, ni la police, ni les autoroutes, ni un amphithéâtre), fétichisant l’individu (soi-même) et niant la société (votre voisin sur l’aide sociale est un parasite).

Leur discours est adapté à leur public cible: les hommes blancs de la génération X ayant les moyens de s’acheter une voiture.

Ils sont pour la peine de mort. Contre l’Islam « radical » (terme flou que Bouchard a déjà résumé par « manger halal »). Pour des entraves à l’avortement.

Leur discours est très collé sur celui de la droite républicaine aux États-Unis.

Ils fétichisent une vision fantasmée de « l’économie », dont l’unique objectif semble être de réduire la dette.

Leurs positions pro-tourisme, pro-petite entreprise et pro-automobile sont mieux comprises lorsqu’on les met en parallèle avec leurs commanditaires. Les animateurs sont souvent porte-parole de concessionnaires automobiles ou de restaurateurs, ce qui fait d’eux des « communicateurs intégrés (embedded) ». C’est-à-dire que, non seulement ils sont la voix du commerce, mais ils peuvent aussi prendre sa défense en cas de problèmes, ou leur offrir du temps d’antenne gratuit sous la forme d’une entrevue.

Plusieurs animateurs sont propriétaires de commerces eux-mêmes. Jean-Christophe Ouellet est propriétaire d’une boutique de vapotage. Jeff Fillion est co-propriétaire d’un golf. Donc, on les entend beaucoup parler de vapotage et de golf. En flagrant conflit d’intérêts.

Malgré le nombre d’animateurs, il est spectaculaire de constater l’harmonie dans leurs idées. Ils ne se démarquent que très peu les uns des autres.

Pourquoi est-ce que vous ne dénoncez pas tel animateur à Radio-Canada ?

Ce n’est pas de la radio-poubelle. Voir la définition plus haut.

Pourquoi ne pas dénoncer telle émission à Montréal ?

Nous vivons à Québec, donc nous nous intéressons à la radio d’ici. Il existe une Coalition sortons les radios-poubelles, au Saguenay. Fondez votre propre Coalition à Montréal. On en a plein les bras avec nos talents locaux.