La radio ou la droite parle trop

En réaction à l’article de la Presse « La radio où tout le monde parle ».

Il était nécessaire de faire un état de la situation alors que la radio-poubelle n’a jamais été aussi étendue. Les articles proposées par M. Provencher ont le mérite de rappeler l’existence de ces radios à ceux qui, trop nombreux, les ignorent.

Pour dépasser le simple constat, voici des questions que nous aimerions modestement suggérer pour qu’un journaliste, ou un expert, s’intéresse à creuser dans l’avenir:

  • De la télé à l’engagement: portrait des auditeurs mobilisés par la radio-poubelle. Qu’est-ce qui pousse des gens n’ayant jamais milités de leur vie à s’engager dans une nouvelle campagne de la radio-poubelle? Ne se sentent-ils pas un peu manipulés par des animateurs avant tout intéressés par les sondages?
  • Est-ce que ce ne sont que des mots? L’impact des discours de la radio-poubelle sur les groupes discriminés: les pauvres, les arabes, les femmes, etc.
  • Quelle est la relation entre les politiciens et la radio-poubelle? Les chouchous (Deltell, Caire)? Les parias (Khadir)? Deltell a déjà affirmé que l’effet « radio-poubelle » avait été décisif dans la dernière campagne provinciale.
  • Quelle est la différence entre un média propagandiste de type Pravda et la radio-poubelle?

Les commentaires sur l’article

«La radio parlée a toujours été vivante à Québec, ça fait partie de notre ADN. C’est un peu notre mémérage de perron d’église», lance le coanimateur du matin à CHOI Radio X Jérôme Landry.

Landry comparant la radio-poubelle à un perron d’église. Quelle blague! Pour être réaliste, il faudrait que chacun puisse prendre la parole. Hors, la radio-poubelle, c’est un constant monologue à sens unique que personne ne peut interrompre.

La métaphore du perron d’église en révèle davantage sur la façon, fantasmée voire délirante, dont Landry perçoit son propre métier. Toujours à s’imaginer être la voix du « vraie monde » alors qu’ils ne font que trier les courriels de leurs propres auditeurs acquis d’avance à leurs idées tout en vendant les produits de leurs annonceurs.

«Sincèrement, on a atteint la limite. Je ne sais pas si ce sera viable pour certaines stations. Il y a un joueur qui va devoir abandonner à long terme», lance l’ex-controversé animateur de CHOI Radio X, Jean-François «Jeff» Fillion.

Jeff Fillion à raison lorsqu’il affirme qu’il n’y a pas de place pour 3 radios proposant le même discours à Québec. La maison Chrysler Charlesbourg a atteint ses limites de dépenses publicitaires. Une radio-poubelle devra changer ou disparaitre. Laquelle sera la perdante selon vous? NRJ, propriété de Bell, semble être la radio la plus solide.

Animatrice du retour à ICI Radio-Canada Première, Catherine Lachaussée estime que la diversité des voix est bénéfique. «Il n’y aura jamais trop de radios parlées. Ça permet à un maximum de joueurs de s’exprimer. C’est bon pour la vie à Québec et pour la démocratie.»

Ce serait vrai si chaque radio abordait l’actualité sous une opinion différente. Hors, c’est le règne de la pensée unique. C’est Yves Laramée et Alain Dufresne, du CRTQ qui le disent. Loin d’améliorer la démocratie, on assiste plutôt à un matraquage propagandiste navrant, toxique et nuisible pour la démocratie et la liberté d’opinion.

Face à des sondages défavorables, Sylvain Bouchard ne fait que multiplier les provocations et les campagnes politiques foireuses. Après avoir proposé de déchirer un livre d’école comprenant une page sur Françoise David en 2009, Bouchard remet ça en proposant d’organiser un autodafe, une crémation collective, du livre de Gabriel Nadeau-Dubois en janvier 2014. En quoi est-ce que la multiplication des radios-poubelles, et la concurrence exacerbée qu’elle entraine, a-t-elle améliorée la démocratie?

Les auditeurs qui en ont ras le bol des envolées agressives sur l’actualité seraient plus nombreux qu’on le croit, estime Jeff Fillion. «On oublie beaucoup cette clientèle. Des gens qui veulent se divertir sans se casser la tête, qui ne lisent pas les journaux, qui ne veulent pas entendre parler qu’on se fait avoir avec la dette.»

Voyez le narcissisme de Jeff Fillion, incapable d’imaginer que des gens peuvent penser différemment de lui.

«Les auditeurs sont capables de faire la part des choses. Ce ne sont pas des cruches vides qu’on remplit tous les matins. Ils sont capables d’avoir leurs propres opinions.» Sylvain Bouchard, FM93

Parole d’arrosoir.

«La radio est moins outrancière qu’à l’époque de Jeff Fillion à CHOI, sauf qu’on ne s’attaque pas à des individus, mais à des groupes. On propage un sentiment d’exclusion avec un discours de droite teinté de sexisme et de racisme.»
Diane Vincent

C’est vrai, sauf pour Gabriel Nadeau-Dubois qui « ment et lave les cerveaux » et Amir Khadir, un « dangereux immature » selon Maurais en février 2014. On jurerait qu’il parle de lui-même.

«C’est toujours plus facile de dénigrer l’autre sans apporter d’arguments.» selon Éric Duhaime.

Nous l’invitons à consulter notre site plus souvent.

Jérôme Landry déplore qu’une «guerre nucléaire» soit déclarée chaque fois qu’une déclaration est sortie de son contexte.

Une guerre nucléaire? Mais quelles ont donc été les facheuses conséquences d’avoir provoqué la haine contre des chauffeurs d’autobus du RTC sur les voies réservées de Robert-Bourassa? Rien? C’est bien ce que je pensais. La radio-poubelle agit dans un climat d’Impunité totale.

«On a eu la réponse où se trouve maintenant la ligne avec Carl Monette [animateur du midi à CHOI Radio X, suspendu une journée en novembre pour avoir tenu des propos sexistes en ondes]», mentionne Alain Dufresne, directeur du Collège Radio Télévision de Québec. «Il y a 10 ans, ce genre de propos serait passé sous le radar. Là, le flag s’est levé pas mal plus vite.»

La ligne c’est de ne pas froisser une chroniqueuse de droite. Car comme nous nous époumonons à le dire, Monette a pu proposer de « tirer une balle dans la tête » et de « gazer » tous les prisonniers quelques jours avant sans que personne ne s’en émeuve. Il n’a jamais été blâmé pour ça et il ne s’est pas excusé non plus.

«On nous impute un poids politique qu’on n’a pas. Ça ne fait pas un pli sur la différence, lance Denis Gravel. Moi, la politique m’emmerde profondément, mais je crois qu’il faut s’y intéresser. »

C’est un sujet qui nous interpelle beaucoup à la Coalition, l’influence politique de la radio-poubelle. Mais à part nous, plusieurs en ont souligné le poids: Gérard Deltell, Sylvain Bouchard, J. Jacques Samson, Richard Martineau, Dominic Maurais, Paul Larocque, Agnès Maltais, Isabelle Porter, Denis Lessard, François Bourque, Éric Duhaime (qui va très loin dans ses propos) et Johanne Marcotte. Tous ont souligné l’influence de la radio-poubelle sur l’opinion publique.

Même Denis Gravel a déjà affirmé qu’il représentait la population, comme les politiciens:

« On est obligé, même les jours ou ça nous tente pas, de représenter l’électeur. (…) Est-ce qu’on pense représenter la population et les payeurs de taxes? La réponse est fuck yeah!»
Denis Gravel, Radio X, 21 février 2014

Pas mal pour quelqu’un qui dit que la politique l’emmerde.

Les animateurs sont des agitateurs politiques. S’ils ne changent pas les opinions de leurs auditeurs, ils mobilisent des gens dans des campagnes très politiques. La radio-poubelle est à mis-chemin entre un lobby et un parti politique. En fait, elle se met au service de certains politiciens selon ses intérêts du moment. Ou bien elle fait des campagnes autonomes, visant à influencer l’opinion publique.