Les animateurs avouent leur influence

Concept of controlled businessman

La radio-poubelle a-t-elle une influence politique? Parvient-elle à modifier la conduite des politiciens et des auditeurs? Ce sont des questions que la Coalition n’est pas la seule à se poser.

Si on n’a pas la réponse à cette question, on a tout de même le devoir de s’interroger en tant que peuple: Sommes-nous à l’aise avec un média de combat politique, au service d’une cause? Un média servant à convaincre plutôt qu’à informer? Un média peut-il être au service d’un parti politique? Autrement dit, un média peut-il faire de la propagande politique à volonté?

Il va de soi que la situation actuelle, où trois radios de droite dominent le paysage radiophonique de la capitale depuis des décennies, cause des dommages importants à la liberté d’expression et à la démocratie. Ces radios réduisent la diversité d’opinion, intimident leurs adversaires et se foutent de la qualité de l’information.

Les animateurs n’osent pas toujours avouer leur influence. Si un journaliste d’un autre média le leur demande, ils diront « non non non ». Mais quand on les laisse parler… on à un autre son de cloche.

Voici deux extraits où l’importance de l’influence est avouée et soulignée.

Vous trouvez ça inacceptable? Contactez les annonceurs et signez la Déclaration pour des ondes radios saines.

Dans l’extrait suivant, Éric Duhaime suggère que Normandeau a plus de pouvoir au micro du 93.3 qu’en tant que vice-première-ministre, Et Duhaime suggère que les auditeurs fassent pression sur le Parti conservateur pour faire de Denis Lebel le chef intérimaire.

93.3 : Normandeau-Duhaime (00:04:44)

21 octobre 2015, Normandeau-Duhaime, avec Nathalie Normandeau et Éric Duhaime

11h39 : « ÉD: Il y a des gens qui pensent que le pouvoir est à l’Assemblée nationale. Mais c’est pas vrai là. Il y a du pouvoir aussi dans les médias (…) L’Assemblée nationale n’a pas le monopole du pouvoir. Le pouvoir avant tout, c’est vous. Vous l’avez exercé lundi soir. Mais c’est aussi de vous exprimer et de faire bouger les choses. On sert de ça. Un média, veut, veut pas, c’est ça aussi son rôle. Surtout un média engagé comme le nôtre. Ça fait partie de nos missions. C’est sûr que tu n’es pas vice-première-ministre aujourd’hui Nathalie, tu interviens sur tous les dossiers, et tu as peut-être autant de pouvoir aussi, des fois, sur des décisions, et tu ne le sais pas.

NN: C’est pas nous qui prend les décisions mais on a une capacité d’influencer (…) En mettant de la pression ça peut convaincre certains ministres de bouger. »

Et Éric continuant en disant influencer le PCC pour faire de Denis Lebel le chef intérimaire. Rien de moins.

22-10-2015-11h39-933-Normandeau-duhaime-influence-election.mp3

Bouchard interroge Deltell pour comprendre pourquoi les conservateurs ne percent pas à Montréal. Gérard parle alors de l’influence des médias à Québec. Gérard va jusqu’à dire que Bouchard serait une épine dans son pied si un jour il voulait instaurer un péage sur le pont de Québec.

93.3: Deltell et l’influence de la radiopou (00:03:50)

20 octobre 2015, Bouchard en parle, avec Sylvain Bouchard et Gérard Deltell

7h52 :  Bouchard demande des explications. Gérard répond: « le micro-climat de Québec, avec toutes les radios, les journaux, l’actualité les stations de télé ». Puis Bouchard lui demande pourquoi ça ne marche pas à Montréal: « Peut-être que nous autres aussi, si ici on avait un péage sur un pont, il me semble qu’il y aurait un monsieur que je connais bien qui est fort en bouche lorsqu’il est le temps de parler des cols rouges qui pourrait peut-être taper du pied de façon vigoureuse. »

2015.10.20-07.45-933-deltellEtElections.mp3

On se souvient qu’en avril 2014, Deltell avait affirmé que la campagne anti-Pauline Marois du 93.3 avait été le facteur le plus important dans la campagne électorale de la région de Québec.