Les meilleurs moments de Nathalie Normandeau

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La carrière en radio de Nathalie Normandeau est mise en suspens depuis hier, avec son arrestation par l’UPAC. Dans ce métier, elle a fait office de météore. En 15 mois, elle a fracassé ses compétiteurs en s’imposant comme celle dont l’émission est la plus populaire le midi.

Nous avons décidé de faire un petit résumé chronologique du parcours de cette fulgurante carrière. Voici les meilleurs moments. Tout ce que nous affirmons est confirmé par les extraits audio en hyperliens.

Manipulation

Le 13 mars 2015, par une technique de manipulation éprouvée, le duo Normandeau-Duhaime invite une étudiante à dénoncer le mouvement de grève à l’Université Laval.

Le hic, c’est qu’il s’agit d’une ancienne candidate du Parti Conservateur du Québec. Information que le duo prend soin de camoufler aux auditeurs.

Une démocrate, la Normandeau? Au cours de l’entrevue, elle affirme:  « Tu es étudiant, ta job c’est d’étudier. Si un jour tu veux contester les politiques du gouvernement, tu le feras quand tu seras sur le marché du travail ». Étudiant, étudie et ferme ta gueule.

Incitation à la violence

Le 11 mars 2015, Duhaime dénonce la mollesse des politiciens envers Greenpeace. Il invite ceux-ci à faire usage de violence en affirmant: « Les gants blancs, ça fera. Ça va prendre des claques sur la gueule aussi, là ».

Que fait Normandeau? Elle complète les propos violents de son collègue en fustigeant les « méthodes terroristes » du groupe écolo.

La discussion fait suite à la déclaration du maire de Saguenay, Jean Tremblay, invitant la droite à s’unir contre les « intellos de ce monde ». Normandeau a choisi son camp.

La loi et l’ordre

Lors du mouvement de grève du printemps 2015, la ligne ouverte de Normandeau-Duhaime est le rendez-vous des tenants de l’autorité. Le 17 mars 2015, un auditeur y réclame l’intervention de l’armée. C’est Duhaime qui tempère, tout en laissant l’auditeur s’exprimer jusqu’au bout. « C’est un peu prématuré », conclura Duhaime.

Le tapis rouge est déroulé pour les carrés verts. Les deux animateurs font la promotion d’un cocktail de financement au bénéfice de Jean-François Morasse, pour financer une poursuite contre Gabriel Nadeau-Dubois.

Grâce au 93.3, la petite clique d’opposants à la grève n’a jamais eu autant de visibilité et de crédibilité.

Le 23 mars 2015, Normandeau affirme que si elle était étudiante, elle forcerait les lignes de piquetage. Un auditeur de la ligne ouverte invite à faire usage de violence: « Est-ce qu’on sort nos barres à clous pour leur casser la gueule? » Normandeau, feignant l’indignation, laissera quand même l’auditeur s’exprimer jusqu’au bout.

Contre les chaines humaines

Le 3 septembre 2015, des chaines humaines se forment autour des écoles en soutien à l’éducation publique.

Normandeau et Duhaime fustigent les parents, laissant entendre que tout est organisé par les syndicats et que c’est immoral que des enfants participent. Normandeau admet quand même qu’elle a déjà utilisé des enfants pour ses propres campagnes électorales.

Instrumentalisation

Le 21 octobre 2015, Normandeau l’ingénue révèle que son objectif n’est pas d’informer, mais bien d’influencer. « C’est pas nous qui prend les décisions mais on a une capacité d’influencer (…) En mettant de la pression, ça peut convaincre certains ministres de bouger. », dit-elle.

Duhaime affirme aussi qu’à l’antenne du 93.3, Normandeau a « peut-être autant de pouvoir » qu’en tant que vice-première-ministre.

Elle remet ça le 7 janvier 2016. « On influence aussi, d’une certaine façon, on continue d’influencer. », dit-elle.

« Pour bien informer nos auditeurs », clame pourtant la pub du 93,3.

Anti-communiste, comme en 1950

Le 4 mars 2016, le duo compare un camp de formation féministe tenu au Cégep Limoilou à la Chine communiste des années 50.

« Camp de formation, ça fait communiste hein? », dira Nathalie Normandeau. Duhaime ajoute: « C’est très près de Mao Tsé Toung » (le dictateur responsable de dizaines de millions de morts).

Dans la même conversation, Duhaime affirme que les féministes sont en fait des suprémacistes (prônant la domination des femmes sur les hommes). Normandeau se dit tout à fait d’accord avec cette affirmation.

Puisque le duo ne s’embarrasse pas de comparaisons boiteuses, personne ne nous reprochera sans doute de les comparer à Pinochet pour leur autoritarisme, leur rejet de la démocratie étudiante et leur anti-communisme.

Les incorruptibles

Le 8 octobre 2015, Normandeau est en colère. Elle s’insurge violemment contre une distribution de sandwichs dans un collège de Lévis.

La plus citée à la commission Charbonneau dénonce que des étudiants se font « acheter ». Elle parle d' »opération charme » et conclut qu’elle « fait une petite montée d’hormones, car on dénonce l’hypocrisie et la manipulation. »

Rien de moins. On aurait souhaité autant d’indignation quand elle s’est fait offrir des billets de Céline Dion par Lino Zambito.

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Corruption

Tout en dénonçant la « corruption » des étudiants par des sandwichs, Normandeau démontre qu’elle n’a rien retenu des leçons d’intégrité de la commission Charbonneau.

En appuyant Jean-François Morasse dans sa croisade contre GND, Normandeau omet de révéler ses conflits d’intérêts. En effet, son propre avocat, Maxime Roy, est le même que celui de Morasse.

Dans n’importe quel média, au pire tu annonces ton conflit d’intérêt. Tu joues franc jeu. Au mieux, tu évites le sujet. Tu n’en parles pas puisque tu es partie prenante.

Le 9 février 2016, elle fait même une entrevue complète avec son propre avocat sans jamais révéler leurs relations.

« On s’est attaqué gratuitement à mon intégrité », affirme Nathalie Normandeau suite à son témoignage à la commission Charbonneau.

Visiblement, c’est comme Lise Thériault et le féminisme. Normandeau ignore la définition du mot  »intégrité ».

Des commentateurs ont cru que Nathalie avait le rôle de modérer les propos du libertarien Éric Duhaime. Pourtant, vous remarquerez que Normandeau était d’accord avec Duhaime sur la plupart des questions, même les plus controversées.

À la commission Charbonneau, on reprochait à Mme Normandeau d’avoir fermé les yeux sur ce qui se passait dans son entourage. On peut aussi constater que cette habitude s’est poursuivie à la radio.

En réécoutant ces extraits, une conclusion nous saute aux yeux. Ses mots les plus durs, Normandeau les réservait aux écolos, aux syndicalistes, aux étudiants. Ses mots pleins de miel, aux chambres de commerce, aux entreprises forestières, aux avocats.

L’émission désormais pilotée par Éric Duhaime, seul à la barre, sera-t-elle moins malhonnête? Moins mensongère, moins haineuse? Probablement pas. Il n’y a pas grand chose qui devrait changer avec le départ de Nathalie Normandeau.

On a juste une chose à dire: bon débarras!