Archives du mot-clé annonceur

Mise à jour des annonceurs: Voici d’où vient l’argent du salaire des animateurs

La super liste des annonceurs ainsi que la liste de sensibilisation viennent d’être mises à jour.

La Super liste contient un index des annonceurs qui ont acheté de la pub à Radio X depuis l’existence de la Coalition, en 2012. Alors que la liste de sensibilisation est utilisée pour la campagne dédiée aux annonceurs actifs depuis janvier 2016.

Pour l’occasion nous avons fait une petite expérience. Chaque annonceur est classé dans une catégorie. Nous pouvons donc estimer laquelle est la plus impliquée dans le financement de la radio-poubelle.

Il s’agit de calculs effectués sur le nombre d’annonceurs depuis 2012. L’importance d’un annonceur par rapport à un autre n’est pas pris en compte. Il s’agit d’observations sans prétentions scientifiques basés sur la Super liste.

Tout d’abord il est étonnant de constater que l’industrie automobile n’est pas la première source de financement. C’est néanmoins une source importante (3e position). La source primaire est l’industrie du divertissement et du tourisme, une industrie ultra-subventionnée.

Ça nous fait prendre conscience que si la radio-poubelle critique beaucoup les quelques sous de subventions à des petites organisations culturelles et envers certains artistes, elle ne critique jamais les millions de subventions aux grands festivals comme le Festival d’été de Québec. Les restaurateurs de la Grande-Allée sont de très gros clients de la radio-poubelle.

La deuxième source de financement principale vient de tout ce qui touche le petit propriétaire et son bungalow. Et puisque toutes les publicités ciblent les gens de la banlieue, ça reste un milieu très proche de l’industrie automobile. Ajoutons qu’il existe plein de programmes de subventions pour les rénos.

Vous serez rassurés de savoir que les institutions scolaires ne comptent pas pour beaucoup dans la part de financement de la radio-poubelle.

Et vous sourirez en constatant qu’environ 6% du salaire de Jeff Fillion provient de gouvernements et de syndicats.

Annonceurs et radio-poubelle, une histoire d’amour consanguine, ou pourquoi les subventions au Festival d’été de Québec ne sont jamais dénoncées

Ponce Pilate se lavait les mains aussi

S’il y a bien un sujet dont on ne parle jamais, c’est bien des clients de la radio-poubelle: les annonceurs. Ceux qui paient les salaires faramineux des animateurs. Ceux qui se lavent les mains pendant les scandales racistes, homophobes et sexistes.

Pourtant le cœur du problème est là. Tous les scandales, les envolées belliqueuses, l’intimidation, les menaces, les campagnes politiques, le racisme, les crises du bacon, tout ça s’explique par la volonté des animateurs d’attirer leurs auditeurs vers les annonceurs.

Un journaliste honnête rejette les conflits d’intérêts. Il combat tous les liens entre son travail et une entreprise privée.

L’animateur de radio-poubelle, au contraire, fusionne avec son client jusqu’à s’effacer lui-même.

Un animateur de radio-poubelle est un anti-journaliste. Il singe tous les attributs du journaliste (d’opinion ou pas) pour mieux les piétiner. Il prend le code de déontologie de la profession et fait méthodiquement tout de travers.

Le journaliste doit être neutre? La radio-poubelle lance des campagnes politiques en faveur de certains partis. Le journaliste doit être honnête? La radio-poubelle ment et se fiche de vérifier ses sources. Le journaliste évite toute forme de discrimination? La radio-poubelle passe des heures à dénigrer les pauvres, les immigrants et les femmes.

La relation fusionnelle entre l’animateur et son client relève de l’anti-journalisme. Elle n’a aucun équivalent dans les autres médias. Et c’est ce que la radio-poubelle fait de mieux.

À la radio-poubelle, un grand soin est consacré à satisfaire les clients. On y lèche les bottes des annonceurs de plusieurs façons:

  • Elle est porte-parole de marques de commerce
  • Elle fait des entrevues bidons, de complaisance
    • pour se tirer d’embarras
    • pour l’argent
  • Elle offre une sorte de service de lobbyisme-à-découvert et promeut le capitalisme

Elle est porte-parole de marques

Les animateurs sont porte-paroles pour diverses entreprises. Martineau est porte-parole du restaurant le Graffiti, rue Cartier. Éric Duhaime est porte-parole du restaurant Savini, sur Grande-Allée. Et ainsi de suite.

En gros un restaurateur paie l’animateur pour lui faire dire qu’il vient manger chez lui régulièrement (lol). Ces segments peuvent être pré-enregistrés ou faits en direct, mais toujours pendant une pause publicitaire.

Un annonceur qui engage un animateur le choisit car il le considère crédible. Il croit que la notoriété de l’animateur va rejaillir sur sa propre entreprise.

Croyez-le ou non, mais le Cosmos considère qu’il est dans son intérêt de faire de Jeff Fillion, un intimidateur récidiviste, son porte-parole.

Ce ne sont pas de grosses entreprises multinationales comme McDonald’s qui utilisent cette méthode. Ce sont des entreprises locales, qui choisissent, en parfaite connaissance de cause, ce type d’animateurs. Il y a fort à parier qu’ils le font aussi parce qu’ils partagent leurs opinions.

Une entreprise utilisant cette méthode augmente les chances d’être cité en dehors des espaces publicitaires prévus.

– « Le prix du steak au IGA a augmenté de 25 sous… »

– « À ce prix-là, aussi bien aller en manger à La Bête! »

Vous voyez le genre.

Ce qui est aussi fascinant c’est de tenter de comprendre comment ces animateurs, qui vendent leurs opinions au plus offrant, conservent leur crédibilité auprès de leurs auditeurs.

N’y a-t-il pas une contradiction quand, d’une part, Sylvain Bouchard fustige la moindre dépense publique et, d’autre part, vante les subventions pour des travaux de rénovation lors d’une pub de compagnie de portes et fenêtres?

Elle fait des entrevues bidons, de complaisance

La radio-poubelle fait trois types d’entrevues: de vraies entrevues, de fausses entrevues de complaisance d’affaires et de fausses entrevues payées.

Une fausse entrevue payée est une entrevue commanditée par un client. Par exemple, les chroniques avec Planet X le vendredi, la chronique de Chalou et celle avec la Maison Adam. Il s’agit d’une sorte de pub sous forme d’entrevue. À la Coalition, on appelle ça une « publi-entrevue ».

La radio-poubelle ajoute un petit bonus. En effet, Radio X particulièrement, excelle dans l’art de camoufler le motif de ces entrevues. À moins d’être vigilant, on peut facilement les confondre avec de vraies entrevues. Radio X met un grand soin à tromper son public.

Un média traditionnel va souvent avertir, d’une façon ou d’une autre, des motifs de l’entrevue. Dans les pages d’un quotidien, on retrouvera l’indication « publi-reportage » dans l’en-tête. On s’attend d’un média normal de faire preuve d’honnêteté. Pas à la radio-poubelle.

Mais le stratagème le plus intéressant est l’entrevue de complaisance d’affaires. Là, on ne parle pas tant de malhonnêteté que de manipulation.

Il s’agit d’une entrevue que la radio offre à un client pour que celui-ci ait l’opportunité de s’exprimer sur un sujet. C’est souvent une façon qu’utilise l’entreprise pour laver sa réputation à l’antenne d’une des stations les plus écoutées en ville. L’objectif est de faire copain-copain, d’améliorer la relation entre la radio et l’entreprise, et avec la communauté d’affaires en général.

L’idée est de lancer le message suivant : « à Québec, la radio est votre alliée ». Ces segments ne sont probablement pas payés par le client.

Ainsi, en février 2014, quand le groupe Resto-plaisir est condamné par Revenu Québec, Maurais de Radio X invite son porte-parole à une entrevue. Sa première question est: « On veut les écœurer pas à peu près les restaurateurs, hein? ». En mars 2016, Roby Moreault de Radio X offre une belle entrevue au docteur Marc Lacroix, pionnier des cliniques de santé privées dans la région et-client-et-collaborateur-de-Radio-X, sans que rien dans l’actualité ne le justifie. En novembre 2015, Maurais se lance dans un grand discours passionné en faveur des cliniques privées du docteur Lacroix, après que le ministre de la santé ait émis des doutes sur son intégrité professionnelle.

Ces entrevues bidons sont douteuses au plan éthique et déontologique mais, puisque les organismes chargés de surveiller les journalistes n’ont jamais blâmé quelqu’un de le faire, pourquoi s’en priver?

Ces entrevues expliquent sans doute beaucoup pourquoi certains gens d’affaires défendent vigoureusement la radio-poubelle.

Elle offre une sorte de service de lobbyisme-à-découvert

Le discours de la radio-poubelle est fait sur mesure pour la communauté d’affaires.

Une grève se déclenche? La radio-poubelle fustige les grévistes. Le gouvernement veut des voies réservées? La radio-poubelle défend le tout-à-l’auto. Le gouvernement veut appliquer les mêmes lois sur le vapotage que sur les cigarettes? La radio-poubelle s’attaque à la ministre en entrevue.

La radio-poubelle fait donc du lobbyisme pour ses clients mais à visage découvert. Ce détail leur permet de se soustraire aux règles auxquelles les autres lobbyistes doivent se soumettre, notamment l’inscription à un registre public.

Plusieurs animateurs sont propriétaires de commerces eux-mêmes. Jean-François Fillion est associé au Club de golf La Tempête (qui reçoit de belles subventions). Jean-Christophe Ouellet est propriétaire d’une boutique de vapotage, le Vapoclub à Lévis. Jérôme Landry est aussi inscrit au registre des entreprises.

Si vous vous demandez pourquoi il n’y a pas de radio privée « de gauche », vous n’avez qu’à analyser le récent conflit entre Guillaume Wagner et Martin Matte sur la publicité au supermarché Maxi. Vous allez vite comprendre qu’un gauchiste ne peut pas vanter les mérites de n’importe quel commerce. Il respecte des contraintes en fonction de ses principes.

Alors que la radio-poubelle met sa voix en location. Du moment que vous y mettez le prix, vous devenez copropriétaire de la voix et de l’opinion des petits mercenaires de l’info de la radio-poubelle.

Plus largement, la radio-poubelle défend et vante constamment les mérites du système économique qui nous gouverne: le capitalisme. Ils fustigent les taxes et les dépenses en éducation et en santé.

Quant aux autoroutes, c’est au diable la dépense.

Tout cela explique pourquoi la radio-poubelle dénonce toujours les quelques misérables subventions accordées aux artistes et aux petits organismes d’art mais jamais les millions aux gros festivals. Le Festival d’Été de Québec peut dormir tranquille.

Pub raciste: Saint-Hubert prend « les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise plus »

Passons à l’action: sensibilisons les annonceurs

Vous souhaitez faire une action concrète de sensibilisation contre l’islamophobie? Envoyez un courriel aux annonceurs de la radio-poubelle en vous inspirant de celle-ci:

Objet: Au sujet de votre publicité

Madame, Monsieur,

Suite à l’attentat terroriste de Québec qui a causé six morts et a laissé dix-sept enfants orphelins, je suis préoccupé par vos choix de diffuseurs pour la publicité de votre entreprise.  CHOI Radio X et le FM93 permettent la diffusion de propos tels que :

« Je l’ai déjà dit et je vais le dire encore: on n’est pas fait pour vivre ensemble. C’est-tu assez clair? (…) On n’a pas les mêmes valeurs, on n’a pas les mêmes buts, on voit pas les choses de la même manière, ça se peut-tu qu’on n’est pas fait pour aller ensemble? » (Jeff Fillion, CHOI Radio X, le 19 septembre 2016)

« Ils [les musulmans] ont en horreur les valeurs occidentales, la liberté, la démocratie, l’égalité homme-femme. Ils veulent détruire cette civilisation qui est la nôtre. » (Jacques Brassard, CHOI Radio X, le 19 septembre 2016)

« Geste haineux, islamophobie… On se calme le pompon! (…) C’est écrit où dans le code criminel que j’ai pas le droit de donner une tête de cochon? C’est peut-être une joke niaiseuse (…) C’est un peu ridicule (…) En quoi c’est de la haine? » (Eric Duhaime, FM93, le 20 juin 2016)

Ce genre de discours haineux a pour conséquences d’installer un climat de peur dans notre société et de nous diviser. Il contribue à propager l’intolérance et la xénophobie et cultive la culture de la haine. En achetant de la publicité à ces diffuseurs, vous offrez un appui à ce type de propos. Nous avons l’impression que votre entreprise cautionne ce discours. Ma perception de votre entreprise en est ainsi affectée très négativement.

Au nom des victimes, Khaled Belkacemi (professeur d’université de 60 ans, père de trois enfants), Azzedine Soufiane (boucher de 57 ans, père de trois enfants), Abdelkrim Hassane (informaticien de 41 ans, père de 3 enfants), Aboubaker Thabti (pharmacien de 44 ans, père de deux enfants), Mamadou Tanou Barry (comptable de 42 ans, père de deux enfants) et Ibrahima Barry (informaticien de 39, père de quatre enfants) je vous demande de reconsidérer votre choix de diffuseur pour la publicité de votre entreprise afin de sensibiliser les stations de radio concernées à adopter un discours d’inclusion, de tolérance et d’ouverture. Il est de notre responsabilité sociale de prôner ces valeurs qui sont compatibles avec celles de votre entreprise.

Je réitère ma désapprobation de votre choix de diffuseur. Je vous prie de cesser d’acheter de la publicité à ces antennes. J’espère que vous prendrez des mesures en conséquence.

Cette plainte est confidentielle.

Merci de votre attention,

_______________Votre nom_______________