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Toilettes transgenres: Drainville et Duhaime font les boss des bécosses

Le duo Duhaime-Drainville embarque dans un débat dont ils ignorent tout: les toilettes transgenres.

Cette discussion vaseuse est propice à augmenter la stigmatisation des personnes transgenres.

Vaseuse, parce qu’elle brandit des préjugés comme des arguments. Parce qu’elle est tenue par deux blancs privilégiés machos qui n’ont aucune empathie. Et parce que les arguments des gens  concernés, les personnes transgenres, sont ignorés, celles-ci étant absentes.

Vous trouvez ces propos inacceptables? Vous pouvez porter plainte au CCNR, ou écrire une lettre aux annonceurs. Vous pouvez aussi signer la déclaration pour des ondes saines.

FM93: débat excité sur les personnes transgenres

23 février 2017, Drainville-Duhaime, avec Bernard Drainville et Éric Duhaime (00:17:03)

11h25 : BD- « Trump a relancé la guerre des toilettes (…)

ED- Il y a plusieurs débats. Il y en a qui disent qu’on devrait avoir une troisième toilette

BD- Ça, ça me fait capoter (…)

ED- Dans une couple d’années, on ne pourra plus demander sur un formulaire si tu es un homme ou une femme, ça va être de la discrimination (…)

BD- Hey, l’Ontario! L’Ontario ont voté une motion en 2015 pour retirer les termes  »mère » et  »père » de 10,000 formulaires différents dans la province. D’ailleurs, c’est un cout débile, tout réimprimer ça c’est bien évident mais là tu pourras plus t’appeler père et mère? Tu vas t’appeler quoi, parent? Un parent, une parente? Éric, dis-moi que je rêve?  C’est quoi, on est dans le Twighlight zone, et on va se réveiller? (…) Tu peux te déclarer transgenre (…) Même si tu as pas changé de sexe!

[Imprimer 10,000 formulaires en noir et blanc, en 2017, c’est épouvantable en effet. Ceci dit, il y a un spécial à 18 sous la feuille chez Bureau en gros]

ED- Donc, tu es un homme pas de pénis ou une femme avec un pénis. Ça marche pas! Pour moi, une femme ça n’a pas de pénis. (…)

BD- Moi je te le dis, Éric, si ces batailles là ne sont pas menées correctement, puis s’ils ne sont pas menées en tenant compte d’une certaine majorité qui est ouverte, mais qui, un moment donné, est un peu tannée là de se faire imposer des accommodements de toutes sortes, un moment donné, ça va leur péter dans la face, à ces groupes là.

ED- Il va y avoir un backlash [définition de backlash: voir CrucifixGate], c’est sûr qu’il y a un effet boomerang (…) Là, on est rendu qu’on prend la marge de la marge et on voudrait que l’ensemble des citoyens paient pour ça. Y en a combien au Québec (…) Y a bien des écoles, y en a zéro (…)

BD- Justin nous écrit: il faut être ouvert à ce qui est marginal, mais la gauche diversitaire là, qui veut une société sans genres, et qui veut redéfinir la norme pour tout le monde, elle risque de subir un backlash si elle continue de pousser trop loin, assez c’est assez (…)

[Bernard aime bien lire un auditeur faisant juste répéter ce qu’il vient de dire]

ED- Là, quand y a des batailles comme celle-là, ça fait monter la transphobie. C’est tellement rendu ridicule comme débat, je décroche (…)

ED- Tu peux pas te dire femme si tu as un pénis (…)

BD- Ça prend-tu une troisième toilette pour les transgenres? On dit non, joualvert, non! (…) Les transgenres c’est rendu la cause « in » (…)

BD- Est-ce que le droit des minorités d’imposer l’allure et la direction du débat public est infini ?

ED- On va-tu changer les lois pour une personne?

BD- La tyrannie de la minorité! (…) Si tu oses poser cette question-là, tu es dans le trouble, là (…)

[Bernard se posant préventivement en victime à la fin. Courageux.]

2017.02.23-11.15.00-933-hysterie-transgenre.mp3

Patrimoine pour les cathos et signes religieux pour les autres : Le crucifix de la concorde

Québec est décidément un petit monde. À peine un mois après un attentat haineux qui a tué six Québécois et qui a fait le tour du monde, au point de bouleverser le maire Labeaume (qu’est-ce que les touristes vont dire ?), plein de voix s’élèvent et s’unissent dans une concorde presque parfaite pour clamer : ouain, pis nous autres, nous, les vrais Québécois?

Et arrive, comme tendu sur un plateau, pour ne pas dire sur une patène, tel un miracle de la foi, l’événement du crucifix de l’hôpital Saint-Sacrement. Bref retour sur les faits.

L’affaire du crucifix

Au début février, un patient demande à ce que soit retiré un crucifix coincé entre deux ascenseurs. La direction de l’hôpital prend la décision de le retirer en se basant sur le principe de neutralité religieuse de l’État dicté par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

Puis, dans la troisième semaine de février, des patients dénoncent ce retrait. L’hôpital tient bon. Entretemps, une pétition anonyme est lancée le 25 février. Elle est relayée par les animateurs d’une radio-poubelle, le FM93, fustigeant un grave recul à notre identité dû aux «religions qui s’établissent au Québec ». À la même antenne, François Blais, ministre responsable de la capitale, dénonce le retrait du crucifix.

Par la suite, des menaces sont envoyées à la direction de l’hôpital qui doit faire intervenir la police dans le dossier.

Le Mouvement Tradition Québec (MTQ), un groupe catholique d’extrême-droite, va installer un autre crucifix le 26 février. L’événement est relayé sur Facebook et sur leur site web. Les groupes islamophobes, en pleine épiphanie, font circuler la nouvelle sur les réseaux sociaux.

L’hôpital retire le deuxième crucifix. Mais, pour finir, la direction recule et annonce le 1er mars qu’elle va remettre le crucifix en place. Le ministre et la direction de l’hôpital se renvoient la responsabilité de la décision finale.

La radio d’opinion

Bien des gens trouvent ça très drôle l’affaire du crucifix de Québec. La plupart des médias n’en parlent guère, ou seulement au sujet de la question de l’affichage de signes religieux dans l’espace public. D’autres – surtout à Montréal – tournent ça carrément à la rigolade, en ignorant complètement dans quel climat de haine tout cela se joue. Ils laissent ainsi tout le champ libre aux radios d’opinion de Québec. Et elles s’en donnent à cœur joie.

Prenons le FM93, où travaille Bernard Drainville, le père de la Charte zombie des Valeurs-et-pas-de-la-Laïcité. Sylvain Bouchard, Éric Duhaime et Bernard Drainville sonnent les clochettes et jouent du goupillon autour du scandale du crucifix, durant les heures de grande écoute. Il faut dire que ceux-là ont besoin de faire remonter leurs cotes d’écoute, car dès le lendemain, le sondage Numéris (ex-BBM) va commencer.

D’autres radios comme CHOI, avec Richard Martineau, donnent la parole au représentant du MTQ; même s’il semble lui-même être contre le crucifix, l’animateur tient pourtant à donner du temps d’antenne à l’extrême-droite, à des « soldats du Christ » qui font des messes avec les néo-nazis d’Atalante.

Pour les médias de Québec, laisser à des Mailloux ou des Martineau de radio-poubelles le soin de revêtir la chasuble de la critique de la droite religieuse, c’est vraiment risquer la dérive.

L’affaire du crucifix de l’hôpital est brandie comme une bannière de procession de la culture québécoise en péril sur les ondes de ces radios. Entre ça et : « c’est la faute aux musulmans », il n’y a qu’un pas que  plusieurs n’hésitent pas à franchir. Aussi, on est bien forcé de constater que les intérêts des intégristes catholiques et des identitaires pro-laïcité coïncident drôlement bien ici.

Tous unis pour le crucifix

Tout d’abord, on pensait que les premiers à défendre la position de l’hôpital, auraient été les défenseurs de la laïcité dans l’espace public, les vrais de vrais. Ils ont été très silencieux, les tenants du laïcisme pur et dur. C’est tout l’inverse chaque fois que ça parle du voile, pardon, des « signes religieux ostentatoires ».

L’opportunisme des politiciens en place à Québec est assez flagrant. Ils prétendent que l’État doit être neutre face aux pratiques des gens, ce qui serait le vrai sens de la laïcité. En même temps ils présentent un projet de loi insuffisant qui ne sera prêt qu’au moment de déclencher les élections provinciales. C’est une manière croche de faire d’une population ciblée et vulnérable un enjeu électoraliste. Les voilà qui nous sortent du tabernacle un argument au parfum d’encens : le patrimoine.

Le patrimoine

L’héritage de l’œuvre de l’hôpital fait partie du patrimoine de la ville de Québec. Il est important de le souligner. Un crucifix en particulier, non. Ça appartient plutôt aux congrégations religieuses.

Des Québécois se disant « de souche » et qui s’opposent aux religions, vu « qu’ils en ont trop souffert par le passé » sont maintenant prêts à s’agenouiller devant un crucifix si on le badigeonne de saint chrême patrimonial. Ils ne peuvent pas dire qu’ils revendiquent quelque chose de religieux, vu qu’ils refusent d’autres religions, ou plutôt les religions des autres.