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En cas de viol, la victime « doit assumer les risques », selon Josée Morissette

Josée Morissette

Une femme va en procès pour se plaindre d’une « fraude sexuelle ». Pour résumer rapidement: 2 gars, une fille. En pleine action, le gars quitte la pièce et un autre vient le remplacer. La relation sexuelle se poursuit sans que la fille n’ait été avisée du changement de partenaire.

Jérôme Landry et Josée Morissette en parlent. Mais c’est Josée qui a les propos, de loin, les plus étonnants.

Ce qui n’est jamais dit dans cet épisode radio c’est qu’il s’agit d’un viol. Ce n’est peut-être pas la définition du dictionnaire, mais selon l’Institut national de santé publique et les féministes, la définition du viol est une « relation sexuelle sans consentement ».

La fille de l’histoire n’a jamais consenti à sa relation sexuelle: on ne lui a jamais demandé!

Pour Josée Morissette, c’est assez clair: C’est la faute de la fille. Elle devait être plus prudente. Point.

Toute l’histoire est ici.

Vous trouvez ça inacceptable? Vous pouvez porter plainte au CCNR, ou écrire une lettre aux annonceurs. Vous pouvez aussi signer la déclaration pour des ondes saines.

NRJ: les femmes violées sont responsables (00:14:19)

12 mai 2016, Landry dans le retour, avec Jérôme Landry et Josée Morissette

15h40 : Jérôme Landry soulève des questions sur la notion de consentement. Josée Morissette réplique: « Je suis pas d’accord (…) Une fille doit assumer ce qu’elle fait. Elle doit assumer les risques des situations ou des choses qu’elle fait, si elle s’en va avec deux gars. Comprends-tu? (…) Faut être clair (…)

JL- Est-ce que c’était sa responsabilité à elle de se rendre compte à la noirceur que c’est un nouveau partenaire qui était rendu derrière elle? (…)

JM- Sauf si une fille est agace, puis toute la soirée elle écrit  »ah ouais, moi deux, puis trois ». Tsé, il y en a des filles des agaces? (…) Mais les filles ne soyez pas agaces. Un moment donné, faut que tu te respectes, il faut que tu respectes les personnes avec qui que t’es, et il faut que tu te respectes comme femme (…) T’arrives là, et y a un gars habillé en robe de chambre, puis en boxer en-dessous. Puis, c’est pas avec lui que tu veux coucher, c’est l’ami. Tsé, ding ding là! Y a une petite lumière qui devrait allumer là (…)

JL- Les mœurs sont un peu plus légères depuis quelques années (…)

JM- Ayez donc des sexualités plates et dull. Vous en aurez pas des problèmes de même! »

12-05-2016-nrj-landry-josee-viol-consentement.mp3

Donc, selon eux, la fille n’a pas été assez claire. Elle aurait dû faire signer des formulaires de consentement en trois copies et revalider pendant la soirée.

Cher Bell, pensez-y à deux fois avant d’échanger Fillion pour Jérôme Landry

jerome

Cher Bell,

La décision que vous venez de prendre concernant le congédiement de Jeff Fillion est compréhensible. Nous savons que la réputation de votre entreprise est une valeur importante à vos yeux et que vous souhaitez la préserver.

Par contre, nous comprenons moins votre désir de remplacer Jeff Fillion par Jérôme Landry.

Nous espérons que cette histoire de tweet sur Alexandre Taillefer n’était que la goutte qui a fait déborder le vase. Car s’il est douteux d’être congédié pour un simple tweet, aussi insultant soit-il, il en est autrement si on met dans la balance tout ce que Fillion a dit d’homophobe et de raciste depuis son retour à la radio.

On se souvient bien du tonitruant Badawigate, mais plusieurs déclarations de Fillion n’ont pas fait les manchettes. Celles contre les transsexuels, les gais, l’avortement, des anti-racistes, les itinérants, les musulmans, les Gaspésiens, les Mexicains etc. Ces déclarations auraient toutes mérité au moins une sanction.

On se demande aussi pourquoi vous avez engagé Fillion, en premier lieu, parce que c’était loin d’être mieux sur Radio-pirate.

Néanmoins, nous vous félicitons, car l’intimidation n’est pas acceptable sur des ondes publiques. Alexandre Taillefer a en effet admis, lors d’une entrevue avec Paul Arcand, avoir été ciblé par des trolls de Jeff Fillion les deux mois précédents le tweet fatal.

Compte tenu de tout ça, nous comprenons votre décision de mettre fin au contrat de Jeff Fillion. Selon notre interprétation, quoiqu’en disent les journalistes, ce n’est pas juste l’histoire d’un tweet.

Vous auriez du examiner plus attentivement les antécédents de Fillion avant de l’engager. Et vous vous apprêtez peut-être à faire la même erreur avec Jérôme Landry. Laissez-nous vous éclairer à ce sujet. Tout ce que nous affirmons est appuyé par des extraits audio disponibles dans nos archives.

Saviez-vous que Landry a déjà été condamné, en février 2016, avec Denis Gravel, par le Conseil de Presse pour « pour mépris, discrimination et préjugés » à l’endroit de gens sur l’aide sociale? Selon le duo, ces personnes démunies seraient sales, voleurs et alcooliques.

Landry a aussi été condamné par le CCNR en 2015 quand, toujours accompagné par Gravel, il a proféré des grossièretés contre des cyclistes. Dans ce long discours, le duo est allé jusqu’à menacer les cyclistes:

Gros colon ! Gros cave ! Reste chez-vous. Tu mérites qu’un char te passe dessus.

Au sujet de l’égalité homme-femme, valeur de base de la société québécoise selon un consensus assez bien répandu, Jérôme Landry affirme que « les enfants en n’ont rien à foutre de ces questions-là », le 1 juin 2015 à Radio X.

Le mois précédent, le 5 mai 2015, Jérôme affirme sur les ondes que c’est une « belle perte de temps à l’école de parler d’homosexualité à des 3e année ».

Le 9 avril 2015, Landry qualifie des étudiants de « bums », et il rajoute : « Vous êtes des crottés, des ratés, des crétins, des loosers (…) vous êtes des vidanges. C’est difficile d’être plus raté que ça. ».

Au sujet de toilettes pour transgenres aménagées au Collège Dawson, Landry qualifie, le 26 février 2015, cette idée de « dictature des minorités », ajoutant : « On est rendu malade dans tête ».

Saviez-vous que la conjointe de M. Landry est Josée Morissette, celle qui a comparé deux gais qui s’embrassent à deux chiens? Le Conseil de presse avait jugé ces propos injurieux et remplis de préjugés.

Le 12 décembre 2014, Jérôme Landry appuie les techniques de torture de la CIA, les simulations de noyade, privation de sommeil, plonger la tête dans un bassin d’eau glacé, etc.

Nous avons plusieurs autres extraits de M. Landry dans la section conçue à cet effet.

Tout ça pour dire que si vous tenez à votre réputation au point de briser votre contrat avec Jeff Fillion, vous pourriez y penser à deux fois avant d’engager Jérôme Landry.

En souhaitant que vous preniez la bonne décision.

Agréez, Monsieur, l’expression de nos sentiments distingués.

Le Conseil de presse blâme Radio X pour conflit d’intérêts, préjugés, discrimination et propos méprisants

Le Conseil de presse a rendu publiques deux décisions concernant Radio X.

L’une concerne une plainte déposée le 6 mai 2015. On y rapporte que Jean-Christophe Ouellet, le co-animateur de Dominic Maurais à Radio X, parle de vapotage à l’antenne tout en étant propriétaire d’une boutique de cigarettes électroniques. Ce qui le met en conflit d’intérêts.

La chose est tellement banalisée à Radio X que Maurais avait même fabriqué un thème musical spécial chaque fois que Ouellet parlait de vapotage: « les vapo news ».

« Pour le Conseil, le conflit d’intérêts de M. Ouellet est évident. Étant donné son statut de propriétaire d’une boutique de cigarettes électroniques, il aurait dû s’interdire d’aborder tout sujet touchant au vapotage. »

Un blâme est également porté à l’encontre de Dominic Maurais « pour avoir omis de veiller à ce que M. Ouellet ne se retrouve pas en situation de conflit d’intérêts. »

Cette décision va dans le sens de ce que la Coalition affirme depuis maintenant 4 ans: la radio-poubelle fait de l’anti-journalisme. Elle utilise le journalisme tout en en piétinant les principes déontologiques de base.

Ça fait plusieurs semaines qu’il n’y a pas eu de « vaponews » à Radio X, ce qui confirme une autre affaire: si la radio-poubelle n’est pas membre du CPQ et ne répond pas aux plaintes, elle garde une oreille attentive et peut modifier ses comportements dans le bon sens.

Lire toute la décision du Conseil de presse d2015-05-137.

L’autre décision concerne une grande séance de défoulement contre les plus démunis de la société: les gens vivant de l’aide sociale.

La plainte est déposée le 17 avril 2015 par le Regroupement des femmes sans emploi du Nord de Québec. Elle concerne Denis Gravel et Jérôme Landry à l’époque où ils faisaient croire qu’ils étaient les meilleurs amis du monde.

Le conseil atteste que Gravel et Landry ont fait preuve de mépris et de discrimination, et ont propagé des préjugés envers les gens vivant de l’aide sociale mais aussi contre ceux qui les défendent.

Les gens vivant de l’aide sociale y sont qualifiés de voleurs, sales et alcooliques.

Extraits:

« Les gens aptes au travail, met ton cadran, peigne-toi et va travailler […]. Lave-toi […]. »

« On tolère des gens, dix, onze ans sur le B.S, alors qu’ils sont aptes au travail […] ces gens-là sont des voleurs! […] qui tu voles? Ceux qui ont des limitations à l’emploi, ils enlèvent de l’argent à ceux qui en ont vraiment besoin […]. »

Le CPQ déplore aussi l’utilisation péjorative à répétition du mot « B.S ».

En répétant continuellement le terme “B.S.”, l’animateur contribue à renforcer une image négative à l’égard des personnes assistées sociales.

La Coalition sortons les radios-poubelles déplore l’acharnement des animateurs à s’attaquer aux plus faibles et à en faire des boucs-émissaires. En plus de s’attaquer aux pauvres, la radio-poubelle s’attaque aussi aux musulmans, aux femmes, aux gays, etc.

Nous déplorons l’impunité dont jouit la radio-poubelle. Une organisation avec des dents doit être en mesure de faire appliquer des sanctions contre ceux qui piétinent la déontologie journalistique et qui répandent la haine.

Lire la plainte d2015-05-140.

Rapport Payette: la liberté et les journalistes, le grand malentendu

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Les réactions des journalistes au rapport Payette sont fort instructives. On en apprend beaucoup sur les journalistes eux-mêmes et sur leur relation à leur métier.

On doit saluer Madame Payette. Son rapport, aussi imparfait soit-il, a suscité l’intérêt nécessaire pour nous approcher le plus près possible, après un déni de plusieurs années, d’un vrai débat sur la radio-poubelle. Tout ça, avec les risques que l’on sait.

Nous avons retrouvé 12 textes d’opinion sur le rapport Payette. Ils sont répertoriés plus bas. Il en manque peut-être. Si on ajoute la radio et la télé, ça fait beaucoup. Un gros pavé dans la mare.

Plusieurs ne font que critiquer le rapport ou attaquent Dominique Payette personnellement. C’est le cas de Michel Hébert, Gilles Proulx, Yves Boisvert, Mario Asselin et Jérôme Landry.

Quelques journalistes sont malhonnêtes, écrivant leur chronique tout en empochant un chèque de la radio-poubelle. C’est le cas de Richard Martineau et de Sophie Durocher. Ces gens-là piétinent leur code de déontologie sans scrupule. Ils s’en foutent! Félicitons Mario Asselin et Stéphane Baillargeon qui, eux, ont au moins admis leur conflit d’intérêt.

D’autres sont à côté de la plaque. Ils n’ont rien compris. Ceux-là démontrent leur ignorance du sujet qu’ils prétendent éclairer. Je pense à Stéphane Baillargeon, Jean-François Vallée (il n’est pas journaliste) et Mario Asselin. Ce texte leur est dédié.

Baillargeon déplore une radio diffusant de la « démagogie populiste qui vomit sur tout et rien dans une langue dégradée et avilie (…) des béotiens incultes, perclus de ressentiments ». M. Asselin déplore des « traces d’incivilité » dans le discours d’Arthur. Jean-François Vallée, un des rares à défendre le rapport, déplore l’uniformité du discours de droite de la radio-poubelle et sa vulgarité.

C’est peut-être vrai, mais si ce n’était que ça, la Coalition sortons les radio-poubelles n’existerait pas, et 83 organismes ne feraient pas circuler une pétition pour des ondes saines.

Le problème c’est que cette radio désinforme, matraque de la propagande et piétine la déontologie. Elle cible des boucs-émissaires pour tous les problèmes de la terre: les cyclistes, les gauchistes, les femmes, les musulmans, les étudiants, les gens sur l’aide sociale et j’en passe. Le problème, et c’est la seule chose qui importe, c’est que cette radio est sexiste, homophobe, raciste, anti-pauvre et anti-journalistique.

Les journalistes respectables refusent d’utiliser ces gros mots. C’est trop cru? Trop vrai?

À moins qu’ils ne voient tout simplement pas le problème?

Et là, on touche à quelque chose. Qu’est-ce qu’ont en commun presque tous ces journalistes? Ils sont des hommes blancs. Et ils ont une position privilégiée de chroniqueur. Que savent-ils de la réalité d’une femme musulmane par exemple? Quand on est un homme, on ignore toutes ces petites vexations quotidiennes dont sont victimes les femmes.

Ce qui semble prouver ce point, c’est qu’une des rares à avoir fait des commentaires pertinents sur le rapport Payette, c’est Judith Lussier, une femme, qui critique le rapport tout en soulignant que le machisme omniprésent à la radio (privée ou publique) est un problème grave.

Autre chose. En dénonçant le rapport, n’est-ce pas avant tout à leurs propres privilèges que s’accrochent les journalistes? Est-ce que l’idée d’être forcés de respecter le code de déontologie de leur métier les répugne? Est-ce que l’impunité dans laquelle ils opèrent les satisfait pleinement?

Cette même impunité qui permet à Arthur de rire et de traiter de « couillonne » Caroline Simard, la victime d’un attouchement sexuel? Cette impunité qui permet aux islamophobes et aux climato-sceptiques de parler avec l’aura de respectabilité qui baigne naturellement les scientifiques? Cette impunité qui leur permet d’attiser la haine des automobilistes sur Henri IV envers les chauffeurs d’autobus, ainsi que celle des policiers envers les manifestants?

Si c’est cette liberté que les journalistes défendent, la situation est à la fois dramatique et triste. Car elle va à l’encontre de la liberté d’expression. Elle appuie l’arbitraire, la violence et les privilèges des puissants contre les plus faibles. Et tout ça, en travestissant le beau mot de « liberté ». L’incompréhension, l’ignorance et la bêtise auraient vraiment grugé la profession de journaliste jusqu’à l’os.

Les journalistes peuvent-ils encore se ressaisir? Peuvent-ils enfin se faire à l’idée que défendre la liberté d’expression, c’est aussi s’assurer que le maximum de gens, de toutes origines et de diverses classes sociales, puissent s’exprimer et débattre dans un climat sain, dépourvu de violence et d’intimidation?

Remarquez que les seules autres interventions pertinentes dans le débat proviennent des humoristes Olivier Niquet et Christian Vanasse. Au moins, eux, ont fait l’effort d’écouter ces radios.

Références

Stéphane Baillargeon, Je suis Radio X
Michel Hébert, Petite vengeance
Simon Jodoin, Un exercice raté
Judith Lussier, Faut qu’on se parle de radio
Gilles Proulx, Liberté galvaudée
Yves Boisvert, Rapport-poubelle
Mario Asselin, La critique des radios est pourtant nécessaire
Sophie Durocher, Du grand n’importe quoi
Richard Martineau, Le régime de peur
Raymond Corriveau, Les intouchables
Jean-Francois Vallée, Dominique Payette vise dans le mille
Jérôme Landry, La vraie histoire du rapport Payette

Selon le CCNR, les menaces de violence, ok, tant que c’est dans un langage correct

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Décision très bizarre du CCNR du 15 juillet. Le CCNR est un organisme gérant la déontologie journalistique des animateurs de radio. Et contrairement au Conseil de presse, les radios-poubelles en sont membres.

Ce qui est très bizarre c’est que le CCNR reconnait que les animateurs font un acte illégal, soit de dire que les cyclistes méritent de se faire renverser. C’est illégal, allo, intimider est passible de 5 ans de prison. Cependant, ils ajoutent qu’ils ne considèrent pas ça comme de l’incitation à la violence.

Le seul problème selon le CCNR dans cette affaire sujette de 145 plaintes, c’est le niveau de vulgarité exprimée.

Les animateurs du matin (Denis Gravel et Jérôme Landry, dont les noms ne sont même pas mentionnés dans le communiqué) ont employé des mots méchants méchants, par exemple « idiots », pour qualifier les cyclistes. Et ça, c’est très grave.

C’est fort. Très très fort. Bravo.

En bref, exprimez publiquement le souhait que les cyclistes se fassent frapper, mais surtout, ne les traitez pas d’idiots.