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Le « troisième lien » déchire la capitale

« La radio, ça fait dix ans que je vis avec ça, lance-t-il. C’est assez simple : ils vont tout faire pour me battre. Ils ne veulent pas battre le SRB, ils veulent battre Labeaume. C’est payant pour eux, c’est des cotes d’écoute. C’est très payant d’alerter les automobilistes et de leur dire que quelqu’un a ourdi un plan maléfique pour leur faire perdre leur voiture. » -Régis Labeaume

Lapresse.ca

3e lien: le maire cède devant les radios-poubelles

Concept of controlled businessman

Régis Labeaume change de position sur le 3e lien. Il était contre la semaine dernière et hier il s’est dit ouvert à l’idée. Selon Le Soleil, il aurait été « très affecté » par deux sondages publiés cette semaine. Ce projet de pont ou de tunnel entre Québec et Lévis devient ainsi un nouvel épisode dans la longue liste des démonstrations d’influence politique de la radio-poubelle.

Voici un petit historique de comment la radio-poubelle s’y prend pour faire changer un politicien d’idée.

  • Dès 2010, la radio-poubelle exige qu’il n’y ait pas de voie réservée sur l’autoroute Robert-Bourassa.
  • Le 28 novembre 2013, le ministre des Transports Sylvain Gaudreault du gouvernement  PQ accuse Éric Caire de la CAQ et Sam Hamad du PLQ de « jouer aux chroniqueurs de Radio X ».
  • Le 29 novembre 2013, Sylvain Bouchard propose de bloquer les autobus du RTC sur la voie réservée de Robert-Bourassa. Des auditeurs appellent pour se vanter d’avoir fait des fingers aux chauffeurs d’autobus.
  • Le 4 décembre 2013, Éric Caire parraine une pétition contre les voies réservées sur Henri IV. Caire est aussi chroniqueur à Radio X. Il récolte plus de 23,000 signatures.
  • La CAQ et le PLQ tentent de se faire du capital politique avec l’affaire. Sam Hamad et Éric Caire vont souvent à la radio-poubelle pour dénoncer le ministre Gaudreault.
  • Mars-avril 2014: Élections provinciales. Le PLQ promet des études sur le 3e lien et propose d’autres solutions que les voies réservées au transport en commun.
  • Mars 2014, Sylvain Bouchard réclame un 3e lien. Il se dit déçu que son enjeu de tunnel ne soit pas appuyé par le maire Labeaume.
  • Avril 2014, le parti libéral est élu. La voie réservée sur Robert-Bourassa est désormais ouverte aux automobilistes.
  • Mai 2016, selon le chroniqueur Michel Hébert, la radio de Québec aurait une « grande influence » sur les élus libéraux de la région de Québec. Le caucus est notamment composé de Sam Hamad, Dominique Vien et François Blais.
  • Du 5 septembre au 30 octobre 2016, c’est une période de sondages Numéris.
  • Le 7 septembre, Labeaume lance une « consultation citoyenne ». Il « invite les citoyens de Québec à lui faire part des projets « fous », « dingues » ou « pratiques » qu’ils aimeraient voir se réaliser au cours des prochaines années ». Les radios-poubelles invitent leurs auditeurs à demander un 3e lien. En un rien de temps, le mur Facebook du maire se remplit de revendications en ce sens.
  • Le 13 septembre, la sortie du rapport sur le tunnel de 4 milliards. La ministre Dominique Vien affirme le jour même à Radio X qu’il faut tout de suite lancer de nouvelles études sur d’autres options. Elle ajoute « Votre agenda et le mien est le même », en entrevue avec Dominic Maurais.
  • Le 20 septembre, le président de la chambre de commerce dénonce le 3e lien comme un projet des radios de Québec.
  • Le 21 septembre, Radio X commence à distribuer ses autocollants revendiquant un 3e lien. Le 23 septembre, Jeff Fillion affirme que 4000 autocollants ont été distribués. Radio X dispose de 20,000 de ces stickers.
  • Le 22 septembre, la CAQ lance une pétition pour un 3e lien. Elle est parrainée par François Paradis. Le 93,3 appuie l’initiative.
  • Le 26 septembre, le 93,3 et le Journal de Québec dévoilent chacun un sondage révélant, ô surprise, qu’un 3e lien est réclamé par la population.
  • Le 27 septembre, Labeaume affirme avoir été affecté par les sondages. Il appuie l’idée d’un troisième lien. Il est accompagné de François Blais et de Sam Hamad.
  • Le 28 septembre, le premier ministre Philippe Couillard rejoint la chorale.

La radio-poubelle doit tout à la voiture. Les salaires de ses employés sont payés en grande partie par le lobby de la voiture: les concessionnaires, les assureurs, les garages, les chaines de restauration rapide, etc. Les animateurs sont même porte-paroles de marques de voiture. Les auditeurs écoutent la radio dans leur voiture. La radio-poubelle est donc complètement intégrée au lobby automobile. Sur la question du 3e lien, il y a vraisemblablement conflit d’intérêt.

Il n’est donc pas étonnant que la radio-poubelle soit partisane d’un 3e lien. Il est par contre surprenant que des élus se laissent ainsi berner.

La partie sur les voies réservées a déjà été le sujet d’une vidéo sur l’influence de la radio-poubelle.

Rapport Payette: la crise du bacon de la droite en dit long

Le rapport de Dominique Payette est éclairant. Pas juste pour ce qu’il y a dedans. Le psychodrame de son dévoilement est aussi très instructif. Il témoigne de la lucidité de Mme Payette, éclaire les responsables du problème et dévoile l’aveuglement de la classe politique et de plusieurs journalistes.

Le rapport était à peine dévoilé mercredi que, déjà, les politiciens faisaient la file pour se porter à la rescousse de la radio-poubelle.

  • Éric Caire, député de la CAQ et chroniqueur régulier de Radio X, qualifiait le rapport de « tragique farce ».
  • Sam Hamad, ministre du Parti Libéral, pourfendeur des voies réservées sur Henri IV et récemment sur Robert-Bourassa, se pose en grand allié de la radio-poubelle.
  • Francois Legault, chef de la CAQ, éclatant de malhonnêteté, déclarait « Qui peut être dans une démocratie contre le fait que des animateurs émettent des opinions ».
  • Pierre Karl-Péladeau, approuvait quelques propositions du rapport tout en disant, à propos des radios, « Moi, j’aime ça. C’est mon style ! »
  • Régis Labeaume, d’habitude si loquace, préférait se taire. Pourtant, il boycotte le 93.3 depuis des mois. Il avait même publiquement invité la population à boycotter les médias homophobes. C’est aussi un ancien chroniqueur de Radio X.
  • Agnès Maltais, députée péquiste, faisait copain-copain avec la radio-poubelle.

Et aussi des journalistes et chroniqueurs…

  • Sophie Durocher, chroniqueuse de Maurais live, faisait une chronique douteuse démolissant le rapport.
  • Le Journal de Québec remplissait ses pages des commentaires des animateurs… animateurs dont la moitié travaillent chez Québecor.
  • Martineau, chroniqueur à Radio X, incendiait le rapport et Madame Marois
  • Michel Hébert

Première constatation, aucun journaliste n’a jugé bon de faire état des conflits d’intérêts que nous venons d’étayer. Selon leur code de déontologie, Durocher et Martineau doivent mentionner qu’ils sont aussi payés par Radio X dans leur chronique du Journal de Québec. C’est utile à la compréhension des enjeux. Et pourquoi le journaliste du Devoir, Marco Bélair-Cirino, cite Éric Caire sans mentionner sa collaboration régulière à Radio X?

Ensuite, aucun politicien n’a eu le temps de lire le rapport. Ils se sont, littéralement, bousculés pour défendre la radio-poubelle et pour attaquer la crédibilité d’un document dont ils ignoraient le contenu.

La radio-poubelle impose un climat de peur dans la Vieille Capitale. C’est l’idée centrale du rapport. Terreur niée par la radio-poubelle. Pourtant, l’agressivité de cette meute ne fait que prouver la pertinence de cette affirmation.

Cette crise du bacon met en lumière l’influence de la radio-poubelle à l’Assemblée nationale. Elle dévoile tous ceux qui profitent du climat toxique dans la capitale.

Pas de débat sur le fond

Les reproches envers Mme Payette sont tellement nombreux qu’ils seraient trop long à énumérer. Ces critiques ont l’utile avantage d’éviter de débattre sur le fond de la question: la radio-poubelle intimide-t-elle les gens dans la région de Québec? Le Conseil de presse est-il une organisation efficace pour défendre la déontologie journalistique? Est-ce le rôle d’un média d’asséner un discours anti-féministe? Doit-on laisser les radios s’entendre sur le prix de la publicité?

Vous n’entendrez pas ici même le début de l’amorce d’un atome de débat.

Et pendant qu’on fait une overdose d’opinionite de nos pauvres animateurs martyrisés, on attend toujours qu’un journaliste s’intéresse aux propos des victimes de la radio-poubelle.

Le silence de la gauche

Puisque la droite poubelle dénonce Payette comme étant une infâme communiste, qu’en dit la gauche? Après tout, ne sont-ils pas parmi les victimes de la violence quotidienne de la radio-poubelle?

Qu’en dit Amir Khadir, que Dominic Maurais avait comparé à Staline après que Khadir ait proposé « une réflexion collective, une audience publique » sur la radio-poubelle? Rien. Et Françoise David? C’est une féministe, entre femmes on s’appuie. Et elle à déjà déposé une plainte au CCNR contre Sylvain Bouchard. Mais non, il semble qu’elle n’ait rien dit non plus.

Même la gauche a peur de critiquer la radio-poubelle. Mais un jour il faudra bien qu’elle prenne le taureau par les cornes.

Il faut entendre les animateurs se relayer depuis mercredi pour enchainer des propos plein de haine contre Dominique Payette. Des propos frénétiques. Sentant la peur.

Vous savez ce qu’est un vampire? Dans le noir, il est très fort. Mais dès que vous approchez une lanterne, il s’évanouit. Le rapport de Mme Payette est une petite lanterne.

Conclusion, lisez le.

Régis boycotte la radio-poubelle

On peut l’aimer ou le détester. Mais il faut bien donner ça au maire Régis Labeaume: il tient sa promesse. Le 26 juin 2013, lors du dévoilement de la programmation de la Fête arc-en-ciel, M. Labeaume invite la population à boycotter les entreprises qui s’allient, endossent ou participent à propager tout propos haineux. «Ça inclut toutes plateformes médiatiques», avait-il ajouté.

6 mois plus tard, force est de constater: Régis tient sa promesse. Il n’a pas accordé, ou presque pas, d’entrevue à Radio X, NRJ ni le matin au 93,3. Les animateurs ne cessent de s’en plaindre: « il refuse de venir me voir » se lamente fréquemment Sylvain Bouchard. « Le maire me boude », pleurniche Jeff Fillion. Gravel et Landry se montrent aussi irrités par l’absence du maire dans leur studio.

Disons le franchement, félicitations M. Labeaume. Vous avez fait preuve de cohérence. Vous n’allez pas ramper devant la radio-poubelle comme tant d’autres politiciens. Vous refusez d’encourager des médias homophobes, islamophobes et machistes. Pour cela, vous méritez tout notre respect.

Nous relayons donc l’appel de juin de Labeaume aux annonceurs sans changer une seule virgule: ensemble, boycottons la radio-poubelle!

Allez! Le Cégep Ste-foy, le Collège Bart, la Commission scolaire des Découvreurs, Hydro-Québec, Loto-Québec, l’Université Laval, la Ville de Québec (!), Dormez-vous, Qualinet, IGA, Bell, Télus, Rogers, Zolé, le 47e Parallèle, Resto plaisir, Le monde des bières. Faites preuve de responsabilité corporative.

Et vous aussi vous pouvez aider: Aidez-nous à sensibiliser les annonceurs!

(L’article de la Presse.ca est ici).

Le Festibière compte sur de solides alliés

Un petit festival de Québec, le Festibière, a de petits problèmes avec la Ville de Québec. Alors que les précédentes années les festivités ont pu avoir lieu jusqu’à 23h, les règles ont changées lors de cette édition. Chaque jour du Festibière devant plutôt se terminer à 22h15.

Les organisateurs se plaignent des problèmes, des frustrations et des pertes financières occasionnées par le changement tardif. Jusqu’ici rien d’anormal.

Et voilà que le maire de Québec, Régis Labeaume, débarque

M. Labeaume s’est donc présenté en personne dimanche après-midi sur le site du Festibière pour mieux comprendre. Il y a rencontré les organisateurs pour leur dire qu’il n’était pas au fait du changement et qu’il souhaitait faire la lumière dans ce dossier. «C’est une initiative du Bureau des grands événements [et] on ne comprend pas ça. On va essayer d’éclaircir tout ça. À notre connaissance, il n’y a eu aucun incident dans le passé qui peut justifier un tel changement», a souligné M. Nolin. «On veut une ville festive. On n’interdit pas comme ça de finir l’événement à 23h.»

Le premier magistrat de Québec a assuré à l’organisation du Festibière qu’il allait revoir leur cas et qu’il allait poser des questions à qui de droit au Bureau des grands événements. «On ne blâme personne», nuance M. Nolin. «On aurait souhaité que les responsables nous avisent plus clairement qu’il y avait un changement.»
Couvre-feu du Festibière: «On ne comprend pas ça», assure le maire Labeaume

Le maire se déplaçant en personne pour rejeter les directions de sa propre ville?

Ha oui, j’oubliais de mentionner que le Festibière est commandité par CHOI Radio X. Que le chanteur Bob Bissonnette, bien connu pour sa chanson « Toutes des folles », était invité sur scène. Et que les organisateurs sont les mêmes qui s’occupent du BBQ Fest, dans lequel devait avoir lieu la « Journée internationale du gars« , parrainée par Sylvain Bouchard.

Compter la radio-poubelle dans ses amis permet d’avoir toutes sortes d’avantages.