Archives du mot-clé Richard Martineau

Une baise, deux opinions

Non mais, y a-t-il moyen de faire barrage à ce genre de déversement d’accélérateur de haine ? Durocher et Martineau en produisent souvent, mais ce ne sont pas les seuls. En plus de nos spécialistes de la controverse, collectivement, nous contribuons à ce genre de climat.

Je clique, tu cliques, je commente, tu commentes, ça dégénère, alouette. Que faisons-nous pour arrêter ce cycle malsain qui gangrène notre société et donne la voie libre à des meutes qui ne savent même plus pourquoi elles s’indignent ?

Droit-inc

Les personnes transgenres et les gais sont anormaux, selon Bombardier, Trudeau et Martineau

La nouvelle présidente de la Fédération des Femmes du Québec est une personne transgenre. C’est tout ce que ça prend pour faire choquer Denise Bombardier qui réagit avec une chronique pleine de fiel. Elle est aussitôt invitée par Martineau-Trudeau à Radio X pour être félicitée.

Et Bombardier déverse librement sa haine transphobe sous les hourras de Martineau et Trudeau qui ne peuvent s’empêcher de renchérir sur les gais vers la fin.

Bombardier parle comme si la présidente de la Fédération des Femmes du Québec (FFQ) était la première à parler du genre comme d’une création sociale. Pourtant, Simone de Beauvoir décrit le phénomène dans « Le Deuxième sexe » en 1949. C’est une position répandue dans le mouvement féministe depuis des décennies.

Bombardier fait comme si c’était la première fois qu’elle en entendait parler.

On peut aussi s’opposer à ce qu’une personne transsexuelle prenne la tête de la FFQ avec des arguments valides. Mais ce que dit Bombardier transpire le dégout et la transphobie.

Remarquez qu’en 2004, Bombardier a été blâmée pour propos homophobes.

Radio X : les personnes transgenres et les homosexuels sont anormaux

1 décembre 2017, Richard Martineau, Jonathan Trudeau et Denise Bombardier (00:21:00)

10h: DB- « Elle a été interviewée de façon complaisante [comme dans la présente entrevue] et elle disait qu’elle s’intéresserait aux extrêmes marginaux et que les acquis qu’elle gagnerait retomberaient sur toutes les femmes. Intellectuellement, c’est de la bêtise (…)

DB- « Il faut cesser d’évaluer les gens en regard de la loi. Il y a aussi la décence! (…) »

DB- « Depuis le début de l’humanité il y a des hommes, il y a des femmes, et une femme ce n’est pas un homme, et un homme ce n’est pas une femme, à côté de ça il y a… je ne sais pas comment on peut appeler ça, il y a des gens qui sont dans une situation psychologique et physique catastrophique (…) »

Puis Bombardier se vante d’être intelligente et bonne.

RM- « Est-ce que vous trouvez les transgenres anormaux? »

DB- « Les transgenres, c’est des gens envers qui on doit avoir de la compassion (…) »

DB- « Il y a un gars de 45 ans qui dit: moi je suis une fille de 6 ans. Alors il porte une petite capuche sur la tête et une robe à frisons (…) »

RM- « Non, mais on peut-tu le dire que c’est un malade? »

DB- « Non, on peut pas [#not], à une autre époque, ces gens-là on les protégeait [lire enfermait] et on les mettait en hôpitaux psychiatriques (…) »

DB- « On les laisse demander tout. Demain, ils demanderont d’être premier ministre! »

RM- « Bravo, merci de votre courage [de répéter ce que tous les homophobes disent depuis un siècle].(…) »

JT- « On devrait avoir le droit de dire qu’une relation normale, c’est homme-femme mais qu’il n’y a absolument rien de mal à avoir une relation homme-homme »

RM- « Mais c’est pas la norme! (…) Comment ça se fait que c’est la marge qui dit c’est quoi la norme? La démocratie, c’est quoi que la majorité l’emporte. Là, c’est la minorité qui l’emporte (…) C’est ça quelqu’un qui est normal, normal c’est la norme, c’est la force du nombre. Le plus grand nombre de gens agissent comme ça, c’est normal. C’est la marge qui nous dit comment faire. »

RM- « Anormal, les gens pensent qu’on dit malade mental. Non, ça veut dire « pas la norme » (…) Tu ne fais pas partie de la majorité. Les transgenres sont anormaux. Les gais sont anormaux. Ils ne font pas partie de la norme. Ils sont une exception (…) C’est pas la marge qui devrait leader, diriger un groupe. C’est fou, complètement débile (…)  »

transgenre-presidente-de-la-federation-des-femmes-du-qc-de-la-betise-intellectuelle_2017-12-01.mp3

Annonceurs et radio-poubelle, une histoire d’amour consanguine, ou pourquoi les subventions au Festival d’été de Québec ne sont jamais dénoncées

Ponce Pilate se lavait les mains aussi

S’il y a bien un sujet dont on ne parle jamais, c’est bien des clients de la radio-poubelle: les annonceurs. Ceux qui paient les salaires faramineux des animateurs. Ceux qui se lavent les mains pendant les scandales racistes, homophobes et sexistes.

Pourtant le cœur du problème est là. Tous les scandales, les envolées belliqueuses, l’intimidation, les menaces, les campagnes politiques, le racisme, les crises du bacon, tout ça s’explique par la volonté des animateurs d’attirer leurs auditeurs vers les annonceurs.

Un journaliste honnête rejette les conflits d’intérêts. Il combat tous les liens entre son travail et une entreprise privée.

L’animateur de radio-poubelle, au contraire, fusionne avec son client jusqu’à s’effacer lui-même.

Un animateur de radio-poubelle est un anti-journaliste. Il singe tous les attributs du journaliste (d’opinion ou pas) pour mieux les piétiner. Il prend le code de déontologie de la profession et fait méthodiquement tout de travers.

Le journaliste doit être neutre? La radio-poubelle lance des campagnes politiques en faveur de certains partis. Le journaliste doit être honnête? La radio-poubelle ment et se fiche de vérifier ses sources. Le journaliste évite toute forme de discrimination? La radio-poubelle passe des heures à dénigrer les pauvres, les immigrants et les femmes.

La relation fusionnelle entre l’animateur et son client relève de l’anti-journalisme. Elle n’a aucun équivalent dans les autres médias. Et c’est ce que la radio-poubelle fait de mieux.

À la radio-poubelle, un grand soin est consacré à satisfaire les clients. On y lèche les bottes des annonceurs de plusieurs façons:

  • Elle est porte-parole de marques de commerce
  • Elle fait des entrevues bidons, de complaisance
    • pour se tirer d’embarras
    • pour l’argent
  • Elle offre une sorte de service de lobbyisme-à-découvert et promeut le capitalisme

Elle est porte-parole de marques

Les animateurs sont porte-paroles pour diverses entreprises. Martineau est porte-parole du restaurant le Graffiti, rue Cartier. Éric Duhaime est porte-parole du restaurant Savini, sur Grande-Allée. Et ainsi de suite.

En gros un restaurateur paie l’animateur pour lui faire dire qu’il vient manger chez lui régulièrement (lol). Ces segments peuvent être pré-enregistrés ou faits en direct, mais toujours pendant une pause publicitaire.

Un annonceur qui engage un animateur le choisit car il le considère crédible. Il croit que la notoriété de l’animateur va rejaillir sur sa propre entreprise.

Croyez-le ou non, mais le Cosmos considère qu’il est dans son intérêt de faire de Jeff Fillion, un intimidateur récidiviste, son porte-parole.

Ce ne sont pas de grosses entreprises multinationales comme McDonald’s qui utilisent cette méthode. Ce sont des entreprises locales, qui choisissent, en parfaite connaissance de cause, ce type d’animateurs. Il y a fort à parier qu’ils le font aussi parce qu’ils partagent leurs opinions.

Une entreprise utilisant cette méthode augmente les chances d’être cité en dehors des espaces publicitaires prévus.

– « Le prix du steak au IGA a augmenté de 25 sous… »

– « À ce prix-là, aussi bien aller en manger à La Bête! »

Vous voyez le genre.

Ce qui est aussi fascinant c’est de tenter de comprendre comment ces animateurs, qui vendent leurs opinions au plus offrant, conservent leur crédibilité auprès de leurs auditeurs.

N’y a-t-il pas une contradiction quand, d’une part, Sylvain Bouchard fustige la moindre dépense publique et, d’autre part, vante les subventions pour des travaux de rénovation lors d’une pub de compagnie de portes et fenêtres?

Elle fait des entrevues bidons, de complaisance

La radio-poubelle fait trois types d’entrevues: de vraies entrevues, de fausses entrevues de complaisance d’affaires et de fausses entrevues payées.

Une fausse entrevue payée est une entrevue commanditée par un client. Par exemple, les chroniques avec Planet X le vendredi, la chronique de Chalou et celle avec la Maison Adam. Il s’agit d’une sorte de pub sous forme d’entrevue. À la Coalition, on appelle ça une « publi-entrevue ».

La radio-poubelle ajoute un petit bonus. En effet, Radio X particulièrement, excelle dans l’art de camoufler le motif de ces entrevues. À moins d’être vigilant, on peut facilement les confondre avec de vraies entrevues. Radio X met un grand soin à tromper son public.

Un média traditionnel va souvent avertir, d’une façon ou d’une autre, des motifs de l’entrevue. Dans les pages d’un quotidien, on retrouvera l’indication « publi-reportage » dans l’en-tête. On s’attend d’un média normal de faire preuve d’honnêteté. Pas à la radio-poubelle.

Mais le stratagème le plus intéressant est l’entrevue de complaisance d’affaires. Là, on ne parle pas tant de malhonnêteté que de manipulation.

Il s’agit d’une entrevue que la radio offre à un client pour que celui-ci ait l’opportunité de s’exprimer sur un sujet. C’est souvent une façon qu’utilise l’entreprise pour laver sa réputation à l’antenne d’une des stations les plus écoutées en ville. L’objectif est de faire copain-copain, d’améliorer la relation entre la radio et l’entreprise, et avec la communauté d’affaires en général.

L’idée est de lancer le message suivant : « à Québec, la radio est votre alliée ». Ces segments ne sont probablement pas payés par le client.

Ainsi, en février 2014, quand le groupe Resto-plaisir est condamné par Revenu Québec, Maurais de Radio X invite son porte-parole à une entrevue. Sa première question est: « On veut les écœurer pas à peu près les restaurateurs, hein? ». En mars 2016, Roby Moreault de Radio X offre une belle entrevue au docteur Marc Lacroix, pionnier des cliniques de santé privées dans la région et-client-et-collaborateur-de-Radio-X, sans que rien dans l’actualité ne le justifie. En novembre 2015, Maurais se lance dans un grand discours passionné en faveur des cliniques privées du docteur Lacroix, après que le ministre de la santé ait émis des doutes sur son intégrité professionnelle.

Ces entrevues bidons sont douteuses au plan éthique et déontologique mais, puisque les organismes chargés de surveiller les journalistes n’ont jamais blâmé quelqu’un de le faire, pourquoi s’en priver?

Ces entrevues expliquent sans doute beaucoup pourquoi certains gens d’affaires défendent vigoureusement la radio-poubelle.

Elle offre une sorte de service de lobbyisme-à-découvert

Le discours de la radio-poubelle est fait sur mesure pour la communauté d’affaires.

Une grève se déclenche? La radio-poubelle fustige les grévistes. Le gouvernement veut des voies réservées? La radio-poubelle défend le tout-à-l’auto. Le gouvernement veut appliquer les mêmes lois sur le vapotage que sur les cigarettes? La radio-poubelle s’attaque à la ministre en entrevue.

La radio-poubelle fait donc du lobbyisme pour ses clients mais à visage découvert. Ce détail leur permet de se soustraire aux règles auxquelles les autres lobbyistes doivent se soumettre, notamment l’inscription à un registre public.

Plusieurs animateurs sont propriétaires de commerces eux-mêmes. Jean-François Fillion est associé au Club de golf La Tempête (qui reçoit de belles subventions). Jean-Christophe Ouellet est propriétaire d’une boutique de vapotage, le Vapoclub à Lévis. Jérôme Landry est aussi inscrit au registre des entreprises.

Si vous vous demandez pourquoi il n’y a pas de radio privée « de gauche », vous n’avez qu’à analyser le récent conflit entre Guillaume Wagner et Martin Matte sur la publicité au supermarché Maxi. Vous allez vite comprendre qu’un gauchiste ne peut pas vanter les mérites de n’importe quel commerce. Il respecte des contraintes en fonction de ses principes.

Alors que la radio-poubelle met sa voix en location. Du moment que vous y mettez le prix, vous devenez copropriétaire de la voix et de l’opinion des petits mercenaires de l’info de la radio-poubelle.

Plus largement, la radio-poubelle défend et vante constamment les mérites du système économique qui nous gouverne: le capitalisme. Ils fustigent les taxes et les dépenses en éducation et en santé.

Quant aux autoroutes, c’est au diable la dépense.

Tout cela explique pourquoi la radio-poubelle dénonce toujours les quelques misérables subventions accordées aux artistes et aux petits organismes d’art mais jamais les millions aux gros festivals. Le Festival d’Été de Québec peut dormir tranquille.

Martineau propose d’arrêter « avec les chartes des droits et libertés »

Suite aux attentats de Londres, Martineau s’interroge: Puisque nous sommes en guerre, devrions-nous appliquer les mesures de guerre? Suspendre les droits et libertés? Arrêter qui on veut arbitrairement, sans procès? Comme lors de la Crise d’octobre 1970?

Voilà qui a le mérite d’être clair. Martineau veut faire résonner le bruit des bottes dans nos rues. Et où est-ce que les militaires patrouilleraient selon vous? À Outremont? lol.

Ainsi, l’extrême-droite morale ou économique, et l’extrême-droite religieuse se rencontrent dans une sainte alliance: celle de terroriser la population pour piétiner ses libertés. C’est l’objectif des islamistes, partagé par notre extrême-droite-de-souche.

L’entente est éclatante. Brillante comme le soleil. Tellement qu’elle crève les yeux si on la regarde en face. Daesh, Hamas, Le Pen, Hollande, Obama, Finkielkraut : tous s’entendent à merveille. S’il y a la terreur, c’est pour défendre l’Islam. S’il y a la guerre, c’est pour défendre l’Occident.

Ricochet.media.fr, Chaos, terreur et bonne entente

Denise Bombardier, Gilles Proulx, Sylvain Bouchard et Jeff Fillion ont déjà tenu des propos similaires.

Martineau ne va pas aussi loin dans la version écrite.

Radio X : peut-on suspendre les chartes des droits?

6 juin 2017, Martineau-Trudeau avec Richard Martineau et Jonathan Trudeau (00:04:50)

RM: « Un pays en guerre peut utiliser des dispositions légales qu’un pays en paix ne peut pas utiliser. Par exemple, tu peux emprisonner des gens qui te paraissent suspects [sans procès]. En temps de paix, tu peux pas faire ça. »

JT: « Crise d’octobre, je pense qu’au Québec la référence qu’on a, c’est la crise d’octobre. »

RM: « En temps de guerre, tu peux mettre des droits et libertés en veilleuse (…) On est en guerre. Pourquoi on utilise pas les dispositions légales que la guerre nous permet d’utiliser? (…) En tant qu’occidentaux (…) Arrêtons avec les chartes des droits et libertés, et les libertés individuelles, un moment donné (…)  »

martineau-trudeau_2017-06-06-13h16-suspendre-les-droits-et-libertes.mp3