Un animateur est blâmé pour avoir avoué un conflit d’intérêts

Des fois, le Conseil de presse est sur la coche. D’autres fois, non.

Prenez cette décision publiée récemment concernant le lock-out des concessionnaires automobiles au Saguenay. Le 15 janvier 2015, un animateur de KYK Radio X, Richard Courchesne, prononce les mots suivants:

« sachez que 40 % de notre salaire […] est défrayé par les différents concessionnaires automobiles de la région qui achètent de la publicité ici-même. […] Je vous le dis en toute transparence, en toute franchise… Moi j’ai appris une chose dans la vie, on ne mord pas la main qui nous nourrit. »

Bravo! Et que récolte cet animateur? Un trophée? Des félicitations? Non! Il est odieusement blâmé par le Conseil de presse!

Qu’est-ce qui est mieux, le journaliste qui cache ses conflits d’intérêts ou celui qui les étale franchement? Je préfère le second!

Pendant ce temps, la radio-poubelle offre des entrevues arrangées, complaisantes à souhait, avec ses propres annonceurs. Et fait du lobbying illégal avec des ministres en entrevue. Tout en cachant son intérêt personnel, ou sans le mentionner clairement.

Les conflits d’intérêts sont nombreux et systématiques à la radio-poubelle. C’est l’éléphant dans la pièce. Mais pour ça, le Conseil de presse ferme les yeux.

En blâmant un pauvre animateur exprimant l’évidence, le CPQ fait quoi sinon encourager la plus abjecte hypocrisie?

Bien sûr qu’il faut dénoncer les conflits d’intérêt. Mais tirer sur le messager, là, franchement, le CPQ fait fausse route.

Et si le CPQ cessait de juger sur des événements isolés, et se concentrait plutôt sur l’ensemble de l’œuvre?