Archives mensuelles : janvier 2019

Attentat à la mosquée: une invitation à agir

Il y a deux ans une tragédie frappait la paisible communauté musulmane de la ville de Québec.

Les médias, particulièrement les radios-poubelles, sont pointées du doigt. Un discours islamophobe décomplexé revient au galop quelques heures après l’attentat. La haine reprend sa place.

Nous n’avons pas à tolérer la victoire des haineux. Reprenons l’initiative et passons à l’action.

Voici une lettre qu’on vous invite à transmettre aux élus indiqués plus bas:

Bonjour,

Il y a deux ans, l’attentat à la mosquée de Québec allait bouleverser nos vies à jamais. Cette attaque raciste traumatisante nous a fait prendre conscience de la précarité de certaines valeurs fondamentales inscrites dans nos Chartes des droits, notamment le droit à la vie, à la sûreté et l’intégrité des personnes, et la liberté de religion.

Ces droits que nous chérissons sont mis à mal par la montée du populisme et de l’extrême-droite, dont le tueur de la mosquée n’est qu’une de ses nombreuses incarnations.

Réagissant à l’attentat, la population s’est mobilisée massivement, démontrant un rejet sans équivoque de cette haine et cette intolérance.

La présente est pour vous inviter à faire suite à cette volonté exprimée par la population, au lendemain de l’attentat, et de faire barrage à la haine d’extrême-droite. Plusieurs élus ont aussi pris des engagements auxquels nous vous prions de donner suite.

Par exemple, le député Joël Lightbound est allé jusqu’à demander pardon pour avoir observé sans dénoncer « l’ostracisation et la stigmatisation » de la communauté musulmane tout en concluant par cette promesse : « plus jamais ».

Aussi, le maire Régis Labeaume est cité ainsi dans la Presse, le 1 février 2017: « Il y aura un moment donné où il faudra interpeller les dirigeants, les propriétaires, les familles propriétaires et surtout les actionnaires des entreprises qui créent et vendent des produits haineux. (…) Espérons peut-être qu’une des conséquences, ce sera de rejeter ceux et celles qui s’enrichissent avec la haine. » Il avait aussi ajouté qu’il y a des choses qui ne pourront plus être dites”.

Les actes du tueur ne sont pas sortis de nulle part. D’ailleurs, plusieurs intervenants n’ont pas tardé à désigner des responsables qui, sans avoir appuyé sur la gâchette, ont contribué à pourrir le climat social. La Coalition sortons les radios-poubelles en a fait le long inventaire: une soixantaine de personnes ont désigné publiquement, entre autres, les radios de Québec pour une forme de responsabilité dans l’attentat.

Nous déplorons

  • La faiblesse des institutions censées défendre nos droits (CRTC, CCNR, CPQ, médias).
  • Le silence, voire la complicité, des élus face aux manifestations les plus déplorables de racisme.
  • Le travail bâclé de certains médias francophones mettant le l’huile sur le feu pour des gains personnels et leur traitement inadmissible des questions relatives au racisme.

Il faut agir

  • Donner des dents au CPQ: l’adhésion à ce tribunal devrait être obligatoire, l’adhésion à la déontologie journalistique aussi. Le Conseil de presse du Québec devrait pouvoir appliquer des sanctions, financières ou autres, aux entreprises de presse blâmées.
  • Redynamiser le CRTC: corriger le processus visant à noyer les plaintes dans la bureaucratie et nommer au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes des gens capables de faire respecter la loi sur la radiodiffusion.
  • Dénoncer le racisme: les personnes élues ne devraient pas tarder à dénoncer le racisme lorsqu’il se manifeste dans des médias. Elles devraient aussi refuser d’encourager les médias qui font leur fonds de commerce de l’intolérance, et inviter tout le monde à le faire.
  • Retirer la pub: tous les gouvernements contribuent au financement des radios de Québec via des campagnes de publicité. Cet appui devrait être conditionnel au strict respect des principes déontologiques de base du journalisme.
  • Mettre sur pied une commission sur le racisme systémique.

La bonne façon de respecter les victimes est d’agir avec force pour éviter qu’une autre tuerie ne se reproduise.

Soyons solidaires avec les victimes et leurs familles. Faisons en sorte que leur sacrifice n’ait pas été vain. Des actes pas des mots. Agissons.

#DeuxAnsEtToujoursRien

Élus à contacter

Sébastien Proulx <Sebastien.Proulx.JETA@assnat.qc.ca>,

Catherine Dorion <Catherine.Dorion.TASC@assnat.qc.ca>,

Sol Zanetti <Sol.Zanetti.JELE@assnat.qc.ca>,

Justin Trudeau <justin.trudeau@parl.gc.ca>,

Régis Labeaume <info@ville.quebec.qc.ca>,

François Paradis <Francois.Paradis.LEVI@assnat.qc.ca>,

Joël Lightbound <Joel.Lightbound@parl.gc.ca>,

Jean-Yves Duclos <Jean-Yves.Duclos.C1B@parl.gc.ca>,

Valérie Plante <valerie.plante@ville.montreal.qc.ca>,

Omar Alghabra <Omar.Alghabra@parl.gc.ca>,

Gérard Deltell <Gerard.Deltell@parl.gc.ca>,

Jean-François Gosselin <jean-francois.gosselin@ville.quebec.qc.ca>,

Jean Rousseau <jean.rousseau@ville.quebec.qc.ca>,

Iqra Khalid <Iqra.Khalid@parl.gc.ca>,

Ralph Goodale <ralph.goodale@parl.gc.ca>,

Le singe

Il était une fois un petit singe. Un animal très mignon, faisant de belles pirouettes, fort attachant et arborant les plus beaux yeux du monde.

Le maître de cérémonie était content de son acquisition. Il n’avait pas fait grand effort pour trouver le singe: celui-ci l’avait même supplié de l’adopter. Ça tombait bien, il avait besoin d’un tout nouveau numéro, au cirque.

Le public est toujours avide de nouvelles sensations.

Le maître était un bonhomme qui en imposait. Arborant une large moustache, il exigeait une discipline de fer dans la ménagerie. Les humains le tenaient en très haute estime.

Il avait toujours détesté les animaux. Il les méprisait et les brutalisait fréquemment. Mais les affaires sont les affaires: “si le public veut des animaux, des animaux ils auront!”, disait-il.

Le singe adorait la scène. C’était là qu’il brillait. Ses cabrioles épataient tout le monde. Il était si content de montrer les trucs qu’il avait pratiqué toute la semaine. Il était fier de ses capacités à faire rire. Le maître lui laissait toute la latitude pour le faire.

Le maître faisait claquer son fouet: “Va là!”, “Saute là!”, “Entre dans le cercle de feu!”. Le singe obtempérait sans broncher.

Le singe était certain de dominer la scène: “Je suis un grand artiste. Le public le reconnaît, car les estrades sont toujours pleines. Je suis fier d’être ici, c’est le cirque le plus populaire en ville!”

Son but? Aider le public à comprendre son art: “Je vais leur montrer c’est quoi une vraie pirouette!”, disait-il, une pointe de fierté dans la voix.

Après le spectacle, la plupart des autres bêtes le félicitaient. “Tu as bien embobiné le maître, cette fois”, disait l’un. “Tu as sauté plus haut que la dernière fois, tu es le champion!”, disait l’autre.

Dans un coin, un petit groupe de singes hirsutes ruminaient d’autres idées.“L’an dernier, six des nôtres ont été abattus par des habitués du cirque”, disait l’un. “N’as-tu pas honte de faire ça? As-tu perdu toute dignité?”, grommelait un autre.

Ces vieux singes trop futés tiraient la sonnette d’alarme depuis des années: “C’est un guet-apens! Ce cirque est un véritable abattoir. Il y a des dizaines de cas répertoriés de cruauté animale. Il faut faire quelque chose!” D’autres affirmaient: “La bouffe est dégueulasse, les lits sont infestés de punaises, la structure de bois est pourrie. Jusqu’à quand devrons nous vivre cet enfer? »

Le petit singe balayait toutes ces critiques du revers de la main, et encore, quand il prenait la peine de les écouter! Tout ce qui l’intéressait, c’était la lumière du cirque. Parfois il affirmait “Ne vous inquiétez pas, je l’ai bien en main, le maître. C’est une personne responsable, un jour il va comprendre”.

Pendant le spectacle, le public se tordait de rire. “Regarde le singe comme il est drôle maman”, dit la petite fille du premier banc, pendant que sa mère vérifiait ses courriels sur sa tablette, complètement indifférente. Pendant ce temps, le père fulminait: “quel mauvais spectacle! J’ai perdu ma job la semaine passée, je veux voir quelque chose de vraiment comique”.

Dans le public, ça riait, ça hurlait, ça lançait des cacahuètes. On en redemandait. “Allez petit singe! Saute plus haut!” disait l’un. “Allez le maître, fait claquer ton fouet plus fort! Fait lui des marques dans le dos!”, disait l’autre. “Fait lui pisser le sang!!!”, scandaient des aficionados, assis dans les sièges VIP.

Le public était fort homogène. Ça faisait des années que les familles avaient déserté le cirque, il n’y venait plus guère de femmes ou d’enfants. à moins de s’y être égarés, d’être entrés par erreur. Mais beaucoup d’hommes grisonnants, des adeptes de la chasse, entre autres, que les lois contraignantes frustraient un peu, et tous ceux qui venaient ici chercher un défoulement, un exutoire, une récompense, enfin, à leur vie ordinaire et monotone.

Cette assemblée adorait la brutalité contre les animaux. C’était pour ça que les gens venaient. C’était la marque de commerce du cirque.

Ils étaient tellement en pâmoison devant le maître qu’ils en oubliaient presque le petit singe.

Pendant ce temps, loin de la scène, le tintement du tiroir caisse se faisait entendre. Grâce au singe, le maître s’en mettait plein les poches. “Et tout ça pour quelques cacahuètes”, pouffait-il, en comptant ses billets dans sa loge, le soir.

Un jour, quelqu’un dans l’assistance déplora le sort du pauvre singe:

– “Ce corps à corps est inégal!”, s’écria-t-il.

– “Tu tu tut”, fit le vendeur de pop-corn. “Vous n’avez rien compris. Le singe est heureux, le maître aussi. C’est une danse. Chacun y trouve son compte. Le maître gagne les sous, le singe, la présence d’un public. Prendrez-vous encore un peu de pop-corn? »

– “Et les animaux brutalisés?”

– “Sous les applaudissements, on n’entend pas leurs gémissements. Il suffit de faire comme tout le monde: concentrez-vous sur le spectacle.”

Le joli petit singe se croyait la vedette du cirque, le temps d’une pirouette. Il ne savait pas que ce qu’espérait voir le public en retenant son souffle, c’est sa chute fracassante.

Tribunal spécialisé dans les crimes sexuels: c’est une « chasse aux hommes », selon Maurais

#StopCultureDuViol
Manif #StopCultureDuViol, Québec, 25 octobre 2016

Quatre élues de différents partis politiques provinciaux s’unissent pour discuter de l’opportunité de lancer un tribunal spécialisé dans les crimes sexuels et la violence conjugale. La ministre de la justice Sonia LeBel affirme que, pour l’instant, l’objectif est d’avoir « une meilleure compréhension de la réalité des victimes et de mieux les accompagner lorsqu’elles doivent traverser le processus judiciaire ».

Il n’en faut pas plus pour que Dominic Maurais pète les plombs et y voit un complot féministe anti-homme, ajoutant que celles qui croient à la culture du viol sont… des droguées. L’extrait est ci-joint.

Rappelons que Maurais a déjà été victime d’un curé pédophile. Il le raconte d’ailleurs dans l’extrait. Il s’en sert pour se donner de la crédibilité.

Maurais se plaint aussi d’avoir fait 3 tentatives de suicide. Ça ne fait que rendre encore plus incompréhensible sa haine des survivantes et son mépris des femmes victimes de viol.

Un article très intéressant sur les agressions sexuelles dont sont victimes des hommes explique la chose ainsi: « la plupart d’entre eux semble minimiser les expériences vécues… ou en rient — ce que l’on pourrait percevoir comme deux stratégies d’adaptation au stress. D’autres encore expliquent qu’une petite voix intérieure leur dit qu’en tant qu’hommes, ils devraient toujours saisir une occasion d’avoir un rapport sexuel. »

Ces propos visent à dénigrer les féministes, vous pouvez donc porter plainte au CCNR, au CPQ ou écrire une lettre aux annonceurs.

Radio X: Tribunal spécialisé dans les crimes sexuels: c’est une « chasse aux hommes »

15 janvier 2019, Maurais live, avec Dominic Maurais et Dany Gravel (00:13:36)

6h25 : DM- « La première perception que j’ai, c’est que les hommes sont des agresseurs. Euh… il y a des garçons victimes d’agressions sexuelles. Quel faux pas de la part des féministes (…) Ça ressemble à une chasse à l’homme (…) Une chasse aux hommes (…) »

DM: « Le système actuel est imparfait mais fonctionne (…) Sonia Lebel c’est aussi la ministre de la condition féminine, come on. On parle de condition humaine lorsqu’on parle d’agression sexuelle. C’est pas un phénomène uniquement féminin [Personne n’a affirmé ça] (…) Elle ne doit pas être à la solde d’un lobby féministe débridé et enragé qui crie à la culture du viol à tous les coins de rue (…) La culture du viol au Québec, ça n’existe pas. Peut-être qu’au Zimbabwe, ça existe. Le matriarcat, ça existe pas pire, par contre. C’est pas mal les femmes qui mènent (…) Les femmes ont quand même beaucoup de pouvoir (…)

DM- « Mais arrêtez, merde, le patriarcat partout. La culture du viol et le patriarcat. On dirait que ce sont des gens sur la drogue,les gens qui disent ça. On parle pas du Québec. C’est comme les environnementalistes, quand ils parlent d’un Québec pollueur épouvantable. On dirait que ce sont des gens qui sont sur la drogue (…) »

DG- « #metoo fait que le sujet est trendy! »

agressions-sexuelles-rdi-et-les-partis-politiques-dans-un-delire-anti-hommes_2019-01-15.mp3