Archives mensuelles : août 2019

Ceux par qui la vérité triomphe

En fait, plus j’y pense et plus c’est fou de se dire que des animateurs qui se font un plaisir de donner l’impression à leur auditoire de les informer ne semblent même pas savoir d’où provient l’information. J’ignore dans quel monde féérique ils peuvent bien vivre, mais une information n’apparaît pas soudainement, dans l’air, comme ça.

leSoleil.com

Le décrochage scolaire, le suicide et la drogue chez les garçons sont causés par la « féminisation des écoles », selon Doc Mailloux

Discussion fort édifiante dont le point central est le pipi assis.

Dans cette logorrhée, Mailloux dit que:

  • les gars urinant assis c’est le résultat d’un complot des femmes qui veulent, inconsciemment, les castrer
  • les juifs ont déjà le pénis à moitié amputé
  • Le décrochage scolaire, le suicide et la drogue chez les jeunes garçons sont causés par la « féminisation des écoles »
  • le matriarcat « produit une société inférieure »

Une chose est certaine: Mailloux n’a jamais essuyé l’urine de ses enfants. Sa femme était là pour ça.

Vous pouvez donc porter plainte au CCNR, au CPQ pour fakenews, et/ou écrire un courriel aux annonceurs.

FM93: uriner assis est une castration psychologique

15 août 2019, Doc Mailloux et Josey, avec Pierre Mailloux et Josey Arsenault (00:10:43)

10h34: « Écoute. Les juifs coupent le prépuce. Pourquoi on couperait pas un petit peu plus, puis on coupe le pénis? A ras le pubis? Pourquoi pas? Tant qu’à couper le prépuce? Écoute. C’est un pouce de plus. Poup poup on leur choppe ça à la naissance. Ça va tout uriner assis. »

(…)

10h39: PM: « Le danger dans notre culture, c’est qu’on a relégué tous les travers, les défauts aux hommes et toutes les vertus aux femmes (…) »

JA: « C’est rendu que même les petits garçons ne peuvent plus faire pipi debout! (…) »

PM: « Mesdames, il n’y a aucun problème de couper le prépuce et vous coupez un pouce de plus et il va uriner assis il n’y aura pas de problème. »

JA: « C’est une castration psychologique (…) »

PM: « Ils vont arrêter de pisser après les murs! (…) »

JA: « Il y a un auditeur qui nous amène un fait. Les garçons ont un record de décrochage scolaire, et de suicide… »

PM: « Et de drogue! »

JA: « Il dit, là je le cite: je pense que la grande partie de la faute est la féminisation des écoles. »

PM: « Merci monsieur! Mais oui, c’est évident. Vous avez voulu, la tribu, entretenir le matriarcat et le pousser à des limites avancées. Payez la note! (…) »

PM: « Le patriarcat, c’est pas chic… dans les pays du Moyen-orient! Mais le matriarcat produit une société inférieure. Ça fait longtemps que je vous le dit! »

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Le CMQ ne peut pas refuser une demande de parrainage mais il aurait de bonnes raisons de le faire

Dans sa chronique d’aujourd’hui, Richard Martineau prétend que la famille de Dominic Maurais, animateur à Radio X, s’est fait refuser une demande de parrainage d’une famille d’immigrants par le Centre multiethnique de Québec.

« Mais j’ai vu les larmes dans leurs yeux et je me suis rendu compte que c’était bel et bien vrai », raconte Martineau.

Martineau veut démontrer que Maurais aurait été injustement traité par les méchants « protecteurs du bien-être des immigrants » à cause de ses opinions. « Dom, lui, ne peut pas parrainer d’immigrants, car il chiale trop contre Greta Thunberg », raconte le larmoyant Martineau. « Parce qu’il travaille à Radio X », lui aurait-on dit.

Snif snif.

Sauf que c’est tout faux.

D’abord, si Maurais veut parrainer une famille pour vrai, il n’a qu’à remplir un formulaire du ministère de l’Immigration. C’est eux qui gèrent ça et le Centre Multiethnique de Québec n’a strictement rien à voir là-dedans.

Donc, l’histoire de Martineau est fausse. Le CMQ ne peut pas refuser une demande de parrainage à quiconque.

Ensuite, si Maurais veut être JUMELÉ à une famille, bénévolement, pour accueillir et accompagner une famille d’immigrants, c’est autre chose. Ce n’est pas ce qu’on appelle du « parrainage ».

Il y a une différence énorme entre parrainer et être jumelé. D’habitude, les vrais journalistes prennent soin d’utiliser les bons mots. Mais on est face à deux drôles d’oiseaux.

Donc, admettons que Martineau voulait bien parler de JUMELAGE.

Le CMQ accepte les demandes de bénévolat. Mais ce n’est pas tout le monde qui est accepté. Le CMQ vérifie les antécédents criminels des demandeurs par exemple.

Les CMQ a déjà refusé des offres de bénévolat. Une fois, il avait réalisé qu’une candidate avait déjà tenu des propos racistes dans les médias. C’est déjà arrivé.

Les accompagnants bénévoles ont un rôle de pouvoir sur les immigrants. Ces derniers sont vulnérables et peuvent être la cible de toutes sortes d’individus cherchant à les exploiter d’une façon ou d’une autre.

Étant donné ce rapport de force biaisé, et puisque les accompagnants ont un rapport d’autorité sur les immigrants, un minimum de critères doivent être remplis pour s’assurer que les immigrants ne tombent pas dans un guet-apens.

Maurais raciste?

Maintenant, le CMQ serait-il justifié de rejeter une demande de jumelage venant de Maurais? Est-ce que Maurais aurait, par hasard, déjà proféré des propos racistes?

Mets-en.

En mai, quand un individu s’approche de la mosquée, où il y a eu la tuerie en 2017, pour proférer des propos islamophobes, Maurais insiste pour dire que ce n’est pas du racisme et il insulte les journalistes osant poser des questions au premier ministre à ce sujet.

Lorsqu’en avril, des gens critiquent le projet de loi 21 dans une manifestation, Maurais leur réplique: « Si vous détestez le Québec à ce point-là, allez-vous en! ». Tant pis pour la liberté d’expression.

Encore en avril, Maurais et Ken Pereira déclarent que les « immigrants illégaux » sont en train d’envahir le Canada. Le jour précédent, Maurais tente de terroriser ses auditeurs avec un parti municipal belge nommé ISLAM qui serait en train « d’utiliser notre démocratie » pour, à terme, transformer la Belgique en « république islamiste ».

C’est quand même pas mal pour une « personne sensible » comme Maurais.

Maurais misogyne et homophobe?

Dans son article, Martineau souligne que Maurais « pourfend la misogynie et l’homophobie des fondamentalistes religieux ». Mais qu’en est-il de la misogynie et l’homophobie de la radio-poubelle?

Lorsque la présidente de la Fédération des Femmes, Gabrielle Bouchard, ironise en juin sur la « vasectomie obligatoire », Maurais dénonce les « féministes radicales », « féminazies », « folles », « anti-hommes » qui « détestent les hommes » et le « genre humain ».

Lorsqu’en mars, un article mentionne qu’il y a une augmentation des demandes de changement de sexe chez les mineurs, Maurais dit que les hommes qui se maquillent « ça n’existe pas », ça peut « fucker les enfants » et que c’est une « guerre culturelle » de la gauche.

Dom ne verse pas de larmes pour les survivantes de viol.

En janvier, lorsqu’elles prennent la rue avec une bannière Stop culture du viol, Maurais ne trouve rien de mieux à faire que de fustiger un « lobby féministe débridé et enragé qui crie » ajoutant que « La culture du viol au Québec, ça n’existe pas », mais que le matriarcat existe et que « c’est pas mal les femmes qui mènent »…

Tout en suggérant que les féministes sont sans aucun doute… droguées.

On pourrait continuer encore longtemps. Et tout ça a été dit en 2019. Si vous souhaitez en entendre encore plus, consultez notre section dédiée à Dominic Maurais.

En quoi cette misogynie et cette homophobie est-elle très différente de celle des « fondamentalistes religieux »? Adil Charkaoui serait parfaitement d’accord avec tout ce que dit Maurais sur les femmes et les personnes gaies et trans.

Tout cela est dommage parce que, comme d’habitude, tout ce qu’on a ici dans cette chronique partagée à ce nombreuses reprises par Richard Martineau est la version de Martineau et de Maurais. Version biaisée de deux vieux complices. Celle de la CMQ serait sans doute très intéressante mais c’est fort possible qu’on ne l’ait jamais.

D’autant plus dommage que Martineau démolit gratuitement la réputation d’un organisme qui travaille sans relâche à aider pour de vrai les immigrants de la capitale.

Pour finir, si Maurais et sa femme « trouvent qu’ils sont choyés par la vie et ils veulent donner au suivant » et qu’ils ont toujours le « cœur sur la main », qu’ils fassent une demande de parrainage en bonne et due forme au gouvernement fédéral.

Mais que Maurais ne vienne pas jouer à la brave victime persécutée pour ses opinions si la demande est refusée.

Le Conseil de presse rejete une plainte de racisme contre Richard Martineau

Cette décision mérite d’être lue attentivement. Un membre de la Ligue des noirs, une organisation défendant les droits de la personne, accuse Martineau de racisme. Le CPQ préfère utiliser le terme prude de « discrimination » mais on a tous compris.

Ça fait référence à une chronique de Martineau affirmant que la Fédération des femmes du Québec, la Ligue des noirs et tous « les « associations formées sur la base du sexe ou de l’ethnie » forme « l’un des plus grands rackets de notre époque ».

L’un des plus grands rackets. Parle-t-il de l’entreprise Bombardier, renflouée à coups de milliards à même le trésor public? Parle-t-il des PDGs gagnants plus de 100 fois le salaire moyen de leurs employés?

Mais non. Ce sont des groupes de défenses de droits, représentant des minorités, disons le, pauvres et minorisées, qui seraient le plus gros rackets.

Le CPQ ne voit pas de discrimination la dedans. Même si tous les groupes mentionnés représentent, comme par hasard, des groupes dicriminées.

Mais ce n’est pas ça le pire.

Le plaignant affirme avoir été ciblé suite à cette chronique. Il aurait reçu des oeufs sur la porte de son domicile À CAUSE du texte de Martineau. Il va même jusqu’à craindre « le début d’une vague de violence ».

Mais c’est la réponse du CPQ qui est la plus incroyable.

« le Conseil considère que les réactions subséquentes à la parution d’un article, même si la preuve était faite qu’elles résultaient de la chronique, ne sont pas constitutives d’un manque d’équité et sont hors du contrôle du journaliste. »

Autrement dit, selon le CPQ, peu importe si une personne cause un crime suite à ce qu’il a lu dans un article, ce n’est pas la faute de l’auteur de l’article!

C’est tu assez irresponsable à votre gout? Les journalistes, pas responsables des conséquences de ce qu’ils écrivent, vraiment?

Si on prend un cas extrême aux États-Unis. Il y a quelques semaines le terroriste Cesar Sayoc envoyait des bombes par courrier aux boucs-émissaires quotidiens de Donald Trump. Fox News aurait contribué à sa radicalisation. Peut-on vraiment dissocier Fox News du crime?

Prenons un cas plus proche de nous: lorsque Fillion s’en prend à Pierre Jobin et le harcèle pendant 4 ans, entre 2003 et 2007, et que des quidams se mettent à lui téléphoner pour lui faire des menaces de mort, le juge va considèrer qu’il s’agit d’un facteur aggravant. Il condamnera Fillion en conséquence.

Bref le CPQ erre encore et doit se réveiller.