Archives mensuelles : décembre 2019

La pétition anti-tramway fait patate

Comme tout le monde avec un peu de jugeote l’avait prévu, la pétition anti-tramway du bon docteur Lacroix est presque stallée en cette période des fêtes.

L’objectif de 50,000 signatures est loin d’être atteint et ça fait une semaine qu’on est autour de 32,000 signatures.

Pour vous donner une idée, les sondages Numéris attribuent 25 700 auditeurs chaque 15 minutes à Jeff Fillion, le midi. Maurais fait 21 400 et Bouchard en parle au FM93, 22 000 le matin.

Ils parviennent à peine à faire signer leurs propres auditeurs.

La ville de Québec compte 540 000 habitants et la communauté métropolitaine, 810 000 environ.

Il n’y a donc que 4% de la population de la communauté métropolitaine qui aurait signé la pétition, si bien sûr on croit que ce sont tous des humains qui ont voté. Notez qu’on peut signer cette pétition peu importe où on se trouve dans le monde.

Jeff Fillion lui-même a affirmé que les signataires faisaient signer leurs chiens alors ça vous donne une idée du niveau de crédibilité.

Tant de bruit et de tapage pour ça.

On peut classer ça tout de suite dans la section échec, pour eux, et victoire, pour nous.

C’est légèrement plus que la pétition que Québec 21 avait lancé il y a quelques mois (22,000).

C’est maintenant clair que les anti-tramway vivent dans un dôme s’entretenant lui-même et que, même s’ils parviennent à crier très fort, ils sont incapables de mobiliser des personnes en dehors de leur petit cercle.

C’est aussi maintenant clair que la population de Québec est massivement derrière son projet de tramway.

Rétrospective 2019 : Dorion-Nolin-Payette sonnent la charge

L’écoute de la Chevauchée des Walkyries est suggérée pour cette lecture

C’est désormais une tradition du temps des fêtes, aussi prévisible que la droite criant qu’on-peut-plus-dire-joyeux-noël, voici le grand retour de la rétrospective annuelle: le meilleur du pire de la radio-poubelle.

Cette année met en vedette les femmes, trois femmes en particulier, brisant l’omerta et attaquant de front la radio-poubelle. Merci à Catherine Dorion, Safia Nolin et à Dominique Payette de charger visière levée.

Prenez note des hyperliens conduisant vers les fichiers audios originaux, validant ce qu’on affirme.

Janvier

Manif #StopCultureDuViol, 25 octobre 2016

Alors que les survivantes de viol dénoncent la difficulté de se faire entendre par le système de justice traditionnel, des élues proposent la création d’un tribunal spécialisé dans les crimes sexuels et la violence conjugale.

Dominic Maurais y voit un complot féministe anti-homme, ajoutant que celles qui croient à la culture du viol sont… des droguées.

« Ça ressemble à une chasse à l’homme (…) Une chasse aux hommes (…) La culture du viol au Québec, ça n’existe pas (…) Le matriarcat, ça existe pas pire, par contre. C’est pas mal les femmes qui mènent »

Le même mois, Éric Duhaime ridiculise les survivantes de la tuerie de Polytechnique.

Les progrès du mouvement féministe terrorisent les machos et c’est une très bonne nouvelle.

Février

Pierre Mailloux

Le psychiatre eugéniste Pierre « Doc » Mailloux clame que les femmes sont naturellement plus paresseuses que les hommes.

Et, insistons là-dessus, selon lui, ce n’est pas une construction sociale. Mailloux affirme que c’est quelque chose d’acquis dès la naissance.

« L’attrait au risque et l’ambition, c’est une différence de genre, pas une question d’éducation (…) C’est mon expérience empirique! »

Et Mailloux de déplorer qu’il y ait trop de femmes dans les universités, concluant qu’il n’a jamais vu une femme avec 3 emplois.

Il ne doit pas sortir souvent de son trou pour dire des bêtises pareilles. Toutes les études démontrent que les femmes ont des emplois plus précaires et donc qu’elles doivent cumuler plus d’emplois que les hommes.

Mars

Une bombe atomique éclate: la députée Catherine Dorion et l’artiste Safia Nolin brisent l’omerta en critiquant la radio-poubelle dans une vidéo sur l’intimidation.

Safia Nolin est une cible régulière de la radio-poubelle, vu qu’elle s’habille, pense et agit différemment, ce qui a le don de déranger les masculinistes. Lesbienne et à moitié arabe par-dessus le marché, elle cumule plusieurs motifs soulevant la haine des racistes homophobes.

Les deux femmes disent, en gros, ce que tout le monde pense:

« C’est juste de la haine. Je ne comprends pas que les gens font ça (…) C’est quasiment épeurant ce qu’il (Jeff Fillion) dit (…) Ça me fait penser à Alex Jones. »

Safia Nolin

« En fait, ça enlève de la liberté. Ça atteint psychologiquement du monde qui, après, n’osent plus s’exprimer (…) C’est l’occupation médiatique par du monde méchant qui encourage la division, la haine et tout ça, qui nous fait dire que le Québec c’est de la marde. Ça fait que, oui, ils vont radicaliser du monde. Comme du monde qui font des actes haineux et qui font des meurtres. Ils vont faire ça. Et c’est pour ça que je pense que c’est dangereux (…) »

Catherine Dorion

Comme de raison, une grosse crise du bacon s’ensuit.

Dominic Maurais réplique: « ils font la démonstration que ce sont des faibles » et il qualifiera les propos d' »âneries », « faux », « bête », « minable », « ça fait pitié », « pathétique », etc.

Jeff Fillion, père de deux ados, ne trouvera rien de mieux à dire que Nolin et Dorion parle… comme deux ados, ce qui semble être le summum de l’insulte pour lui.

Au bout du compte, Radio X et Éric Duhaime feront parvenir une mise en demeure à Catherine Dorion pour la faire taire. C’est le pattern habituel de l’intimidation telle que dénoncée notamment par la prof de communication Dominique Payette.

Et bien entendu les déchireux de chemise de la liberté d’expression habituels, aux barricades quand ça fait leur affaire (SLAV, Mike Ward), restent cois.

#OnPeutPlusRienDire

Cet événement marque un tournant dans la relation de Catherine Dorion avec la radio-poubelle. Mme Dorion s’enlignait plutôt, après son élection, à faire copain-copain.

C’est à la fin du mois qu’Éric Duhaime lancera une pétition contre les musulmans pour maintenir le crucifix à l’Assemblée Nationale mais l’initiative, bénéficiant de peu d’appuis, n’ira pas très loin.

Avril

La prof de communication Dominique Payette sort son livre « Les brutes et la punaise ». Il s’agit d’un ouvrage essentiel pour bien comprendre la radio-poubelle.

Si l’entrevue Nolin-Dorion était Hiroshima, le livre de Payette, c’est Nagasaki.

Le lancement sera aussitôt suivi d’une explosion de crises du bacon, de menaces et d’insultes.

« Dominique Payette a écrit un livre « très mauvais » (…) C’est de l’acharnement, auprès de la cour civile c’est un terme très important (…) Ça va dégénérer cette affaire-là (…) Je veux pas de chicane. Je veux régler ça une fois pour toute »

Jeff Fillion

L’ouvrage révèle que la Loi sur la radiodiffusion, qui codifie la radio canadienne, avait été créé pour empêcher la propagande comme il en existait pendant la Deuxième Guerre mondiale. La Loi devait entre autres garantir une grande diversité de points de vue.

Mais depuis, la vocation s’est perdue en chemin.

Le livre donne aussi une voix à ceux qu’on n’entend jamais et dont la liberté d’expression ne semble jamais compter: les victimes.

C’est aussi pendant ce mois d’avril que Maurais propose aux concessionnaires automobiles de boycotter le Journal de Québec parce que ce média donnerait de la place à des idées différentes sur le 3e lien.

#OnPeutPlusRienDire

D’ailleurs le plan de la radio-poubelle pour avoir un 3e lien ne cesse d’avoir du plomb dans l’aile depuis que le Journal de Québec a publié un dossier sur « nos routes en déroute ». #win

Mai

C’est le début d’une vague de blocages de compte reliés à l’extrême-droite sur Facebook et Twitter. Le compte d’Alex Jones est suspendu.

Fillion fait alors son coming out, avouant suivre avec intérêt un proche collaborateur d’Alex Jones, le raciste Joseph Watson. Jones et Watson étaient aussi des sources références du tueur de la mosquée.

C’est pendant ce mois que l’État de l’Alabama, aux États-Unis, légifère pour interdire l’avortement. Et malgré que ce soit une attaque en règle d’hommes blancs conservateurs contre les femmes, Pierre « Doc » Mailloux parvient quand même à rationaliser ça d’une façon à blâmer les femmes.

Pour l’occasion, il ajoute qu’en cas d’esclavage, le maitre ne peut pas violer l’esclave « parce que c’est sa propriété ».

Rappelons qu’un viol est une relation sexuelle non consentie, point final. La notion vaseuse de « propriété » (pour une esclave? really?) n’a rien à voir là-dedans.

Juin

Jeff Fillion

La droite et l’extrême-droite canadienne parviennent à imposer le sujet de l’avortement dans l’espace public.

Fillion se met alors à en parler comme d’un meurtre. Il concèdera le droit aux femmes d’avoir une interruption de grossesse, mais pendant le premier trimestre seulement.

C’est ironique, compte tenu que Maurais clamera, quelques jours plus tard, qu’il n’y a pas de débat sur l’avortement au Québec. Du même souffle, il qualifiera les féministes de « féminazies », de « folles », d' »anti-hommes » et de personnes « détestant le genre humain ».

Dire que pendant toutes ces années Fillion faisait croire aux naïfs qu’il n’appartenait pas à la droite morale mais seulement à la droite économique.

Juillet

Un chauffeur de taxi se fait poignarder, dans la basse-ville, par deux personnes qui lui crient des injures racistes. La victime réplique par une vidéo blâmant le gouvernement de la CAQ, la radio et les journaux en leur reprochant d’alimenter un climat toxique raciste.

Mais l’événement sera vite balayé sous le tapis.

C’est le même mois où le président des États-Unis, Donald Trump, écrit des tweets racistes contre quelques élues démocrates non-blanches au congrès. Bien entendu la radio-poubelle, dont Yannick Marceau, se portera à sa défense.

Août

Dominic Maurais et Richard Martineau s’en prennent lâchement au Centre multiethnique de Québec.

Le CMQ héberge et soutient des réfugiés et des immigrants. Mais le centre aurait refusé une demande de jumelage déposée par Maurais.

Alors plutôt que de prendre sur soi et de réfléchir aux raisons du rejet, Maurais s’en va pleurnicher chez son ami Martineau qui lui pond une belle chronique complaisante pointant du doigt le fantasme d’un complot ourdi par Québec Solidaire pour priver le droit d’un animateur de Radio X d’être jumelé à une famille d’immigrant.

Sauf que tout ça, c’est bidon. À notre avis, les raisons du rejet de la demande de jumelage sont légitimes et justifiées.

Et non content d’avoir piétiné la réputation du CMQ, Dominic Maurais, (qui a pourtant le « cœur sur la main » selon Martineau), révèle l’identité et les coordonnées de membres du CMQ qu’il juge responsables du prétendu complot, les jetant en pâture à ses fans violents.

Comme d’habitude, aucune sanction ni conséquence n’a suivi ce déferlement de haine. La chronique odieuse et mensongère de Martineau est toujours en ligne.

Septembre

Éric Duhaime est engagé par le magazine « de gauche » Urbania. Mais pour une rare fois, des gens se lèvent pour s’en indigner.

L’humoriste et chroniqueur Mathieu c’est-qui-lui Charlebois fait remarquer les faussetés dans les nobles prétentions d’Urbania et rappelle l’absence d’intérêt de Duhaime pour la rigueur.

Il souligne qu’en 2015, lorsque le monde entier s’émeut de la mort de l’enfant réfugié syrien Aylan Kurdi, Duhaime fait circuler une fausse nouvelle affirmant qu’il s’agit d’une mise en scène.

De son côté, la super-journaliste Isabelle Hachey pose une question soulevée rarement: est-ce que toutes les idées se valent? Le racisme est-il aussi « bon » que l’antiracisme?

À la Coalition, un article est publié faisant un condensé des idées politiques de Duhaime, rappelant qu’il est plutôt contre la liberté d’expression, contre la démocratie, contre les pauvres, et ainsi de suite.

Duhaime est un habile communicateur. Il ne faut pas tomber sous son charme.

C’est aussi le mois de la grande marche pour le climat. Elle sera contestée par une contre-action de droite orchestrée par le FM93.

Octobre

Une bourse d’étude au nom de Reynald Du Berger est résiliée par l’Université Laval.

Le plus extraordinaire est que ce ne serait pas à cause des positions négationnistes du climat de Reynald DuBerger, mais bien pour ses propos islamophobes répertoriés sur le site de la Coalition, en 2017! #win

Le même mois, Reynald affirme qu’il n’y a pas de hausse du niveau de la mer, ce qui est spectaculairement faux.

Novembre

Après avoir dit que l’augmentation de la syphilis est causée par les femmes forniquant avec des « indigènes » pendant leurs vacances dans le sud, Pierre « Doc » Mailloux blâme encore les femmes pour le temps supplémentaire obligatoire (TSO) des infirmières dans les hôpitaux.

Du même souffle, il affirme que

  • Les femmes ne règlent jamais de problèmes
  • La gestion par les femmes cause de l’abus de pouvoir et de l’intimidation
  • La nouvelle vice première-ministre n’a jamais rien dit d’intelligent

Ouf! On sent toute la fragilité dans la masculinité de Mailloux, vacillante face à des femmes se tenant debout.

Décembre

Le complotiste Ken Pereira, qui a été forcé de se retirer des élections fédérales pour s’occuper de son fils accusé de meurtre, revient à Radio X en force.

Après avoir affirmé que les écolos souhaitaient « l’extinction de l’humain », le voici renchérissant: les écolos seraient aussi « contre l’homme », des eugénistes, des malades mentaux et des nazis « qui poussent la mort ».

Pourtant s’il y a bien une seule chose que veulent les environnementalistes, c’est précisément l’inverse.

Et pour finir l’année en beauté, bonne nouvelle, Myriam Ségal prend sa retraite de la radio.

Nous vous invitons à lire la rétrospective 2018. Et, pourquoi pas toutes les autres (2017, 2016, 2015)?

La Coalition est apparue en 2012 et poursuit son observation de la haine ordinaire, du sexisme, du racisme, de l’islamophobie, de l’homophobie et de la transphobie.

Ségal prend sa retraite

L’année se termine sur une bonne note dans l’univers de la radio-poubelle: Myriam Ségal prend sa retraite après 40 ans de radio.

Notons que c’est une rare femme ayant connu du succès dans le monde très majoritairement masculin de la radio.

Sans être la plus sulfureuse, elle a attiré notre attention à plusieurs reprises.

Entre l’antifascisme et le fascisme, son coeur balance. En 2017, alors que le groupe néo-nazi Atalante fait flotter des bannières « Remigration », revendiquant ainsi la déportation de tous les non-blancs du territoire, Ségal, accompagné de Duhaime, réserve ses pires critiques… aux antifascistes, tout en défendant les nazis.

Pourtant, en 2019, elle semble rejoindre l’antifascisme. Alors que son coanimateur Luc Lavoie suggère de « mettre mon poing sur la gueule » à un raciste, Ségal renchérit, affirmant qu’elle paierait son avocat pour le défendre.

C’est aussi une féroce antiféministe. En 2016, elle prétend que les femmes gagneraient un salaire plus bas par choix, qu’elles auraient des prédispositions génétiques à la faiblesse, qu’elles sont plus « prudentes » et plus « protectrices » par nature. Et son préchi-préchat se termine pas un réquisitoire réclamant la suppression de toutes les institutions féministes existantes.

Un autre grand moment. Lorsque le groupe néo-nazi Atalante va intimider les journalistes de Vice à Montréal envers qui réserve-t-elle les pires critiques?

L’extrême-gauche et… les journalistes.

L’auteur de l’attaque est en procès en ce moment.

L’histoire ne dit pas si elle va continuer d’enseigner au Cégep de Jonquière.

Bye bye Myriam et surtout ne nous fait pas le coup de revenir par une autre station de radio.

Les radios de Québec se liguent contre le tramway

Questionné par les journalistes à ce sujet, Régis Labeaume a répondu lundi soir « qu’on vit en démocratie » et que « tout le monde peut créer des pétitions ». Quant à savoir si ça « fragilisait l’acceptabilité sociale » du projet, il a répondu : « On est à Québec. Il y a un environnement spécial avec du monde spécial. […] Ils font ce qu’ils veulent. »

ledevoir.com

Offrir la charité aux pauvres qu’on méprise

Savez-vous comment un populiste fait pour dénigrer les pauvres à l’année longue tout en s’assurant de pouvoir se regarder dans le miroir sans vomir?

Il fait preuve de générosité à Noël.

La radio-poubelle participe a toutes les guignolées, les encans, les récoltes de dons. Cette année plus que les autres.

Tant que ça reste de la charité. Tant qu’on laisse intactes les causes de cette pauvreté. Tant qu’on s’assure qu’il reste assez de pauvres pour pouvoir encore donner l’année prochaine.

Mais pas n’importe comment. De façon ostentatoire, bien entendu.

C’est tellement hypocrite. La radio-poubelle est en guerre permanente contre les pauvres à l’année longue.

Les animateurs méprisent les pauvres et, comme par miracle, l’amour surgirait comme une étincelle magique à Noël?

Ils continuent à les haïr, plutôt.

Regardez comment Vincent Cauchon, chroniqueur sportif à Radio X, a commenté son expérience à l’Archidon hier:

« Quelqu’un a dit: ‘le jambon est sec’. Bien là, c’est un repas servi sur le bras… Tu peux pas répliquer à un client, encore moins une personne dans le besoin (…) Il met son cellulaire sur la table. C’est un IPhone 10. Moi c’est un 6 (…) Ça sent la clope à grandeur. Même s’ils fument des indiennes. C’est cher des clopes »

Tant de mépris mal dissimulé envers des gens à qui il faisait de beaux sourires…

Remarquez que ce n’est pas parce que vous faites la charité quelques fois dans l’année que ça vous donne le droit de dénigrer les pauvres, les gais, les femmes et les musulmans le reste du temps.

La toune d’Achigan résume bien le tout