Archives de l’auteur : sortonslespoubelles

Le CMQ ne peut pas refuser une demande de parrainage mais il aurait de bonnes raisons de le faire

Dans sa chronique d’aujourd’hui, Richard Martineau prétend que la famille de Dominic Maurais, animateur à Radio X, s’est fait refuser une demande de parrainage d’une famille d’immigrants par le Centre multiethnique de Québec.

« Mais j’ai vu les larmes dans leurs yeux et je me suis rendu compte que c’était bel et bien vrai », raconte Martineau.

Martineau veut démontrer que Maurais aurait été injustement traité par les méchants « protecteurs du bien-être des immigrants » à cause de ses opinions. « Dom, lui, ne peut pas parrainer d’immigrants, car il chiale trop contre Greta Thunberg », raconte le larmoyant Martineau. « Parce qu’il travaille à Radio X », lui aurait-on dit.

Snif snif.

Sauf que c’est tout faux.

D’abord, si Maurais veut parrainer une famille pour vrai, il n’a qu’à remplir un formulaire du ministère de l’Immigration. C’est eux qui gèrent ça et le Centre Multiethnique de Québec n’a strictement rien à voir là-dedans.

Donc, l’histoire de Martineau est fausse. Le CMQ ne peut pas refuser une demande de parrainage à quiconque.

Ensuite, si Maurais veut être JUMELÉ à une famille, bénévolement, pour accueillir et accompagner une famille d’immigrants, c’est autre chose. Ce n’est pas ce qu’on appelle du « parrainage ».

Il y a une différence énorme entre parrainer et être jumelé. D’habitude, les vrais journalistes prennent soin d’utiliser les bons mots. Mais on est face à deux drôles d’oiseaux.

Donc, admettons que Martineau voulait bien parler de JUMELAGE.

Le CMQ accepte les demandes de bénévolat. Mais ce n’est pas tout le monde qui est accepté. Le CMQ vérifie les antécédents criminels des demandeurs par exemple.

Les CMQ a déjà refusé des offres de bénévolat. Une fois, il avait réalisé qu’une candidate avait déjà tenu des propos racistes dans les médias. C’est déjà arrivé.

Les accompagnants bénévoles ont un rôle de pouvoir sur les immigrants. Ces derniers sont vulnérables et peuvent être la cible de toutes sortes d’individus cherchant à les exploiter d’une façon ou d’une autre.

Étant donné ce rapport de force biaisé, et puisque les accompagnants ont un rapport d’autorité sur les immigrants, un minimum de critères doivent être remplis pour s’assurer que les immigrants ne tombent pas dans un guet-apens.

Maurais raciste?

Maintenant, le CMQ serait-il justifié de rejeter une demande de jumelage venant de Maurais? Est-ce que Maurais aurait, par hasard, déjà proféré des propos racistes?

Mets-en.

En mai, quand un individu s’approche de la mosquée, où il y a eu la tuerie en 2017, pour proférer des propos islamophobes, Maurais insiste pour dire que ce n’est pas du racisme et il insulte les journalistes osant poser des questions au premier ministre à ce sujet.

Lorsqu’en avril, des gens critiquent le projet de loi 21 dans une manifestation, Maurais leur réplique: « Si vous détestez le Québec à ce point-là, allez-vous en! ». Tant pis pour la liberté d’expression.

Encore en avril, Maurais et Ken Pereira déclarent que les « immigrants illégaux » sont en train d’envahir le Canada. Le jour précédent, Maurais tente de terroriser ses auditeurs avec un parti municipal belge nommé ISLAM qui serait en train « d’utiliser notre démocratie » pour, à terme, transformer la Belgique en « république islamiste ».

C’est quand même pas mal pour une « personne sensible » comme Maurais.

Maurais misogyne et homophobe?

Dans son article, Martineau souligne que Maurais « pourfend la misogynie et l’homophobie des fondamentalistes religieux ». Mais qu’en est-il de la misogynie et l’homophobie de la radio-poubelle?

Lorsque la présidente de la Fédération des Femmes, Gabrielle Bouchard, ironise en juin sur la « vasectomie obligatoire », Maurais dénonce les « féministes radicales », « féminazies », « folles », « anti-hommes » qui « détestent les hommes » et le « genre humain ».

Lorsqu’en mars, un article mentionne qu’il y a une augmentation des demandes de changement de sexe chez les mineurs, Maurais dit que les hommes qui se maquillent « ça n’existe pas », ça peut « fucker les enfants » et que c’est une « guerre culturelle » de la gauche.

Dom ne verse pas de larmes pour les survivantes de viol.

En janvier, lorsqu’elles prennent la rue avec une bannière Stop culture du viol, Maurais ne trouve rien de mieux à faire que de fustiger un « lobby féministe débridé et enragé qui crie » ajoutant que « La culture du viol au Québec, ça n’existe pas », mais que le matriarcat existe et que « c’est pas mal les femmes qui mènent »…

Tout en suggérant que les féministes sont sans aucun doute… droguées.

On pourrait continuer encore longtemps. Et tout ça a été dit en 2019. Si vous souhaitez en entendre encore plus, consultez notre section dédiée à Dominic Maurais.

En quoi cette misogynie et cette homophobie est-elle très différente de celle des « fondamentalistes religieux »? Adil Charkaoui serait parfaitement d’accord avec tout ce que dit Maurais sur les femmes et les personnes gaies et trans.

Tout cela est dommage parce que, comme d’habitude, tout ce qu’on a ici dans cette chronique partagée à ce nombreuses reprises par Richard Martineau est la version de Martineau et de Maurais. Version biaisée de deux vieux complices. Celle de la CMQ serait sans doute très intéressante mais c’est fort possible qu’on ne l’ait jamais.

D’autant plus dommage que Martineau démolit gratuitement la réputation d’un organisme qui travaille sans relâche à aider pour de vrai les immigrants de la capitale.

Pour finir, si Maurais et sa femme « trouvent qu’ils sont choyés par la vie et ils veulent donner au suivant » et qu’ils ont toujours le « cœur sur la main », qu’ils fassent une demande de parrainage en bonne et due forme au gouvernement fédéral.

Mais que Maurais ne vienne pas jouer à la brave victime persécutée pour ses opinions si la demande est refusée.

Le Conseil de presse rejete une plainte de racisme contre Richard Martineau

Cette décision mérite d’être lue attentivement. Un membre de la Ligue des noirs, une organisation défendant les droits de la personne, accuse Martineau de racisme. Le CPQ préfère utiliser le terme prude de « discrimination » mais on a tous compris.

Ça fait référence à une chronique de Martineau affirmant que la Fédération des femmes du Québec, la Ligue des noirs et tous « les « associations formées sur la base du sexe ou de l’ethnie » forme « l’un des plus grands rackets de notre époque ».

L’un des plus grands rackets. Parle-t-il de l’entreprise Bombardier, renflouée à coups de milliards à même le trésor public? Parle-t-il des PDGs gagnants plus de 100 fois le salaire moyen de leurs employés?

Mais non. Ce sont des groupes de défenses de droits, représentant des minorités, disons le, pauvres et minorisées, qui seraient le plus gros rackets.

Le CPQ ne voit pas de discrimination la dedans. Même si tous les groupes mentionnés représentent, comme par hasard, des groupes dicriminées.

Mais ce n’est pas ça le pire.

Le plaignant affirme avoir été ciblé suite à cette chronique. Il aurait reçu des oeufs sur la porte de son domicile À CAUSE du texte de Martineau. Il va même jusqu’à craindre « le début d’une vague de violence ».

Mais c’est la réponse du CPQ qui est la plus incroyable.

« le Conseil considère que les réactions subséquentes à la parution d’un article, même si la preuve était faite qu’elles résultaient de la chronique, ne sont pas constitutives d’un manque d’équité et sont hors du contrôle du journaliste. »

Autrement dit, selon le CPQ, peu importe si une personne cause un crime suite à ce qu’il a lu dans un article, ce n’est pas la faute de l’auteur de l’article!

C’est tu assez irresponsable à votre gout? Les journalistes, pas responsables des conséquences de ce qu’ils écrivent, vraiment?

Si on prend un cas extrême aux États-Unis. Il y a quelques semaines le terroriste Cesar Sayoc envoyait des bombes par courrier aux boucs-émissaires quotidiens de Donald Trump. Fox News aurait contribué à sa radicalisation. Peut-on vraiment dissocier Fox News du crime?

Prenons un cas plus proche de nous: lorsque Fillion s’en prend à Pierre Jobin et le harcèle pendant 4 ans, entre 2003 et 2007, et que des quidams se mettent à lui téléphoner pour lui faire des menaces de mort, le juge va considèrer qu’il s’agit d’un facteur aggravant. Il condamnera Fillion en conséquence.

Bref le CPQ erre encore et doit se réveiller.

Le Conseil de presse blame Jeff Fillion pour des propos racistes envers des mexicains

Jeff Fillion

Le 24 mai 2019, Fillion tient des propos discriminatoires à l’endroit des mexicains.

« Le Conseil est d’avis qu’en suggérant d’aller chercher des Mexicains, des « gars […] de l’Amérique centrale » parce qu’ils ont « pas peur de l’ouvrage », que « ça va prendre un maudit bout avant qu’ils parlent français » et qu’ils « vous écoeureront pas avec des histoires de syndicat pis des patentes de même », l’animateur fait preuve de discrimination en véhiculant des préjugés selon lesquels les Mexicains et les latino-américains représentent une main-d’oeuvre qui n’apprendra jamais le français, qui est docile et peu revendicatrice en matière de droit du travail. »

conseildepresse.qc.ca, d2018-05-066

Ce qui est bizarre c’est qu’on ne retrouve par les paroles de Fillion sur les « mexicains rapaces » « proches de la mafia » dans la décision du CPQ. C’est pourtant dans le même segment.

Heureusement c’est sur notre site internet.
Vous pouvez réécouter l’audio intégral ici

Boilard et Duhaime à la défense des tweets racistes de Trump

Le 14 juillet, Trump écrit sur Twitter que quatre élues démocrates racisées devraient retourner dans leur pays « complètement brisé et infesté par le crime ». Trois d’entre elles sont nées aux États-Unis.

Ça fait plus de deux semaines que c’est arrivé mais, malgré tout, Marc Boilard décide de faire sa chronique là-dessus.

Pour résumer cette chronique bâclée et grossière: il y a de la discrimination partout et nulle part en même temps. Mais une chose est certaine: Trump n’est pas raciste.

Pourquoi? Parce qu’il n’a pas employé le mot « inférieur »!

Trump présume que les quatre élues ne sont pas nées aux États-Unis parce qu’elles ne sont pas blanches. Il présume aussi que le lieu de naissance qu’il leur prête est infesté de crimes. Pourquoi en serait-il autrement puisque tous les pays hors États-Unis seraient aussi, selon lui, infestés de crimes?

Mais dire ça n’est pas raciste, selon Boilard.

Dire à quelqu’un que le pays où il est né est un pays de merde serait ainsi complètement différent que de dire qu’il est inférieur.

Pourtant ça signifie forcément que « notre » pays serait meilleur, et donc supérieur à l’autre. Il y a une relation de pouvoir inéquitable avantageant la personne croyant vivre dans un « pays supérieur ».

En réalité, le racisme c’est beaucoup plus large que la définition très étroite de Duhaime et Boilard.

Le Grand dictionnaire définit le racisme ainsi

« Théorie d’une hiérarchisation des groupes ethniques exprimée par un rapport de domination et d’oppression d’un groupe social caractérisé par une supposée origine biologique commune.

granddictionnaire.com

Et Boilard de s’enfoncer en disant que Trump a gagné à cause des critiques méchantes de ses adversaires et qu’en communication ça ne marche pas.

Pauvre Boilard, c’est Donald champion-de-l’insulte Trump qui est devenu le président.

On note que Yannick Marceau de Radio X avait aussi défendu les tweets racistes le 17 juillet.

Boilard fait plusieurs erreurs factuelles dans sa chronique, vous pouvez donc porter plainte au CCNR, au CPQ pour fakenews et/ou écrire un courriel aux annonceurs.

93.3: Trump pas raciste

30 juillet 2019, Le retour d’Éric Duhaime, avec Éric Duhaime et Marc Boilard

16h50- ED: « Donald Trump, moi je le crois quand il dit qu’il est pas raciste (…) »

MB: « Techniquement ce qu’il a dit ce n’est pas raciste. Il a dit: il y a 4 élues qui sont d’origines… il y en a 3 qui sont nées aux États-Unis, donc qui sont totale américaines selon le sens d’être un Américain (lol), il y en a 4 qui sont d’origine euh hors sol États-Unis (faux, 3 femmes sur 4 sont nées aux États-Unis). Il a dit: moi je trouve que ces 4 femmes (…) ont une façon de voir les États-Unis qui est anti-américaine selon la définition (?) et à cause de ça pourquoi ils retourneraient pas dans leur pays faire cette job là ailleurs. »

ED: « …Pourquoi ils vont pas dans leur pays d’origine ou le pays d’origine de leurs parents (Trump n’a jamais dit ça) s’ils sont si critiques de l’Amérique. »

MB:  » Où est-ce que, dans ce discours-là, il dit: parce que vous venez de là-bas je trouve que vous êtes inférieures. »

ED: « Bien non, il a jamais dit ça. »

MB: « Bon, voilà. »

ED: « Le racisme, c’est ça, ce n’est pas de dire à quelqu’un: va vivre dans un pays X plutôt que Y. »

MB: « Je suis bien d’accord. Sauf qu’essaye de défendre ça, c’est carrément impossible (LOL) (…) »

ED: « Et il a pas dit que les Noirs étaient inférieurs. Jamais, jamais qu’il a dit ça. »

MB: « On a dit encore que ce qu’il a dit sur le maire de Baltimore, c’était raciste. Parce qu’il a fait une critique de sa ville… »

ED: « … c’était un trou à rats »

MB: « Il vient du fait que le gars est noir. Il vient du fait que eux autres… et qu’automatiquement, une critique, en englobe tout de ça (?!?) »

(long pleurnichage de Duhaime sur les pailles en papier on s’épargne le verbatim)

MB: « Si les démocrates veulent gagner, un moment donné il va falloir qu’ils soient un peu moins puristes que d’habitude (…) »

MB: « Ce qui a fait élire Donald Trump, c’est tous ceux qui l’haïssaient en disant: c’est un clown ridicule (Contredisant ce qu’il vient juste de dire) c’est pour un principe en communication en plus c’est une banalité Éric! C’est que si je fais juste te crier des noms, c’est impossible que tu changes d’idée (Donald Trump est le champion de l’insulte) (…) »

ED: « C’est facile de faire… Moi-même je le fais. Tu trouves un qualificatif très péjoratif, très négatif, et tu vas l’accoler à celui avec qui tu n’es pas d’accord. On fait tous ça dans des débats. »

MB: « Bien, non, je trouve pas… quand est-ce que tu fais ça (LOL) »

chef_boilard_dit_30_juillet_2019-racisme.mp3

Tentative de meurtre islamophobe: la victime blame la radio

Tentative de meurtre raciste à Saint-Roch le 19 juillet: la victime, ex-urgentiste aujourd’hui chauffeur de taxi, se vide le coeur et raconte les insultes racistes qu’il subit chaque jour.

« Moi j’ai 38 ans, je suis capable de faire la part des choses (…) Mais un petit jeune de 15, 18 ans (…) qui ouvre la radio et qui entend tout le temps les mêmes rageux les mêmes haineux. En train de parler Islam Islam Islam. Les arabes, Islam. Tous les journaux. Pareil. »