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Les minables prétentions historiques de Sylvain Bouchard

Saviez-vous que Sylvain Bouchard a des prétentions de connaitre « l’Histoire »?

Ce matin Bouchard a parlé d’une reconstitution du débarquement de Normandie qui aura lieu en fin de semaine à Lévis. En introduction il a affirmé qu' »Il faut connaître la Deuxième Guerre mondiale pour ne pas répéter les erreurs du passé »

C’est assez curieux parce que s’il y en a un qui démontre le plus souvent son ignorance des horreurs du nazisme, c’est bien lui.

En juin 2019, Bouchard défend le propriétaire d’un bar ayant permis à un groupe d’extrême-droite, Légitime Violence, de jouer. Il rejette les racistes et les antiracistes dans un même sac.

« Les gens s’en prennent au propriétaire de la salle… est-ce que lorsqu’un client vient prendre une bière il doit lui faire passer un test des valeurs? (…) Moi, j’ai rien contre ces groupes-là qui contestent et qui font la lutte, que ce soit extrême-gauche ou extrême-droite, tout ça, ok, mais là, vous en êtes rendus à condamner un bar (…) »

sortonslespoubelles.com/bouchard-defend-le-bar-accueillant-des-nazis/

En 2014, le leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois lance un livre. En réaction, Sylvain Bouchard propose, le plus sérieusement du monde, de faire un autodafe, une crémation collective du livre de GND.

Les autodafés étaient une spécialité des nazis des années 30.

En 2012, Bouchard défend le même groupe, Légitime Violence, ayant subi des pressions pour ne pas jouer à Envol & Macadam.

Même si le groupe fait hommage au gaz des chambres d’extermination nazies et qu’une chanson parle de « poignarder les gauchistes efféminés », Bouchard assure que c’est de la bonne liberté d’expression.

Par contre le groupe d’extrême-gauche Mise en demeure ça non par exemple, ça doit être interdit.

Élément fondateur de la Coalition sortons les radios-poubelles, en 2012, Bernard Guay, fasciste autoproclamé, propose aux carrés verts de confronter les carrés rouges « comme dans les années 30 ».

Bouchard trouve que ça fait beaucoup de sens et soutien M. Guay.

Dans son texte haineux, Bernard Guay prend pour modèle « certaines radios populaires de la région de Québec ».

On a trouvé plusieurs autres événements démontrant que Sylvain Bouchard préfère l’extrême-droite à l’extrême-gauche.

Les fascistes des années 30 sont arrivés au pouvoir en luttant contre les communistes. Ce sont des politiciens de droite qui, épeurés par le communisme, ont donné des pouvoirs de dictateur à Hitler.

Dans son livre, Dominique Payette rappelle que la loi sur la radiodiffusion (celle qui est censée assurer une grande pluralité d’opinion et de la diversité à la radio) a été adopté pour lutter contre le genre de propagande que les nazis employaient pendant la Deuxième Guerre.

Respecter les leçons de la Deuxième Guerre s’est soutenir les acquis qui y ont été chèrement conquis. La déclaration des droits de la personne par exemple. Le droit de vote des femmes au Québec aussi.

C’est tout sauf soutenir les rejetons bâtards du nazisme.

Le CMQ ne peut pas refuser une demande de parrainage mais il aurait de bonnes raisons de le faire

Dans sa chronique d’aujourd’hui, Richard Martineau prétend que la famille de Dominic Maurais, animateur à Radio X, s’est fait refuser une demande de parrainage d’une famille d’immigrants par le Centre multiethnique de Québec.

« Mais j’ai vu les larmes dans leurs yeux et je me suis rendu compte que c’était bel et bien vrai », raconte Martineau.

Martineau veut démontrer que Maurais aurait été injustement traité par les méchants « protecteurs du bien-être des immigrants » à cause de ses opinions. « Dom, lui, ne peut pas parrainer d’immigrants, car il chiale trop contre Greta Thunberg », raconte le larmoyant Martineau. « Parce qu’il travaille à Radio X », lui aurait-on dit.

Snif snif.

Sauf que c’est tout faux.

D’abord, si Maurais veut parrainer une famille pour vrai, il n’a qu’à remplir un formulaire du ministère de l’Immigration. C’est eux qui gèrent ça et le Centre Multiethnique de Québec n’a strictement rien à voir là-dedans.

Donc, l’histoire de Martineau est fausse. Le CMQ ne peut pas refuser une demande de parrainage à quiconque.

Ensuite, si Maurais veut être JUMELÉ à une famille, bénévolement, pour accueillir et accompagner une famille d’immigrants, c’est autre chose. Ce n’est pas ce qu’on appelle du « parrainage ».

Il y a une différence énorme entre parrainer et être jumelé. D’habitude, les vrais journalistes prennent soin d’utiliser les bons mots. Mais on est face à deux drôles d’oiseaux.

Donc, admettons que Martineau voulait bien parler de JUMELAGE.

Le CMQ accepte les demandes de bénévolat. Mais ce n’est pas tout le monde qui est accepté. Le CMQ vérifie les antécédents criminels des demandeurs par exemple.

Les CMQ a déjà refusé des offres de bénévolat. Une fois, il avait réalisé qu’une candidate avait déjà tenu des propos racistes dans les médias. C’est déjà arrivé.

Les accompagnants bénévoles ont un rôle de pouvoir sur les immigrants. Ces derniers sont vulnérables et peuvent être la cible de toutes sortes d’individus cherchant à les exploiter d’une façon ou d’une autre.

Étant donné ce rapport de force biaisé, et puisque les accompagnants ont un rapport d’autorité sur les immigrants, un minimum de critères doivent être remplis pour s’assurer que les immigrants ne tombent pas dans un guet-apens.

Maurais raciste?

Maintenant, le CMQ serait-il justifié de rejeter une demande de jumelage venant de Maurais? Est-ce que Maurais aurait, par hasard, déjà proféré des propos racistes?

Mets-en.

En mai, quand un individu s’approche de la mosquée, où il y a eu la tuerie en 2017, pour proférer des propos islamophobes, Maurais insiste pour dire que ce n’est pas du racisme et il insulte les journalistes osant poser des questions au premier ministre à ce sujet.

Lorsqu’en avril, des gens critiquent le projet de loi 21 dans une manifestation, Maurais leur réplique: « Si vous détestez le Québec à ce point-là, allez-vous en! ». Tant pis pour la liberté d’expression.

Encore en avril, Maurais et Ken Pereira déclarent que les « immigrants illégaux » sont en train d’envahir le Canada. Le jour précédent, Maurais tente de terroriser ses auditeurs avec un parti municipal belge nommé ISLAM qui serait en train « d’utiliser notre démocratie » pour, à terme, transformer la Belgique en « république islamiste ».

C’est quand même pas mal pour une « personne sensible » comme Maurais.

Maurais misogyne et homophobe?

Dans son article, Martineau souligne que Maurais « pourfend la misogynie et l’homophobie des fondamentalistes religieux ». Mais qu’en est-il de la misogynie et l’homophobie de la radio-poubelle?

Lorsque la présidente de la Fédération des Femmes, Gabrielle Bouchard, ironise en juin sur la « vasectomie obligatoire », Maurais dénonce les « féministes radicales », « féminazies », « folles », « anti-hommes » qui « détestent les hommes » et le « genre humain ».

Lorsqu’en mars, un article mentionne qu’il y a une augmentation des demandes de changement de sexe chez les mineurs, Maurais dit que les hommes qui se maquillent « ça n’existe pas », ça peut « fucker les enfants » et que c’est une « guerre culturelle » de la gauche.

Dom ne verse pas de larmes pour les survivantes de viol.

En janvier, lorsqu’elles prennent la rue avec une bannière Stop culture du viol, Maurais ne trouve rien de mieux à faire que de fustiger un « lobby féministe débridé et enragé qui crie » ajoutant que « La culture du viol au Québec, ça n’existe pas », mais que le matriarcat existe et que « c’est pas mal les femmes qui mènent »…

Tout en suggérant que les féministes sont sans aucun doute… droguées.

On pourrait continuer encore longtemps. Et tout ça a été dit en 2019. Si vous souhaitez en entendre encore plus, consultez notre section dédiée à Dominic Maurais.

En quoi cette misogynie et cette homophobie est-elle très différente de celle des « fondamentalistes religieux »? Adil Charkaoui serait parfaitement d’accord avec tout ce que dit Maurais sur les femmes et les personnes gaies et trans.

Tout cela est dommage parce que, comme d’habitude, tout ce qu’on a ici dans cette chronique partagée à ce nombreuses reprises par Richard Martineau est la version de Martineau et de Maurais. Version biaisée de deux vieux complices. Celle de la CMQ serait sans doute très intéressante mais c’est fort possible qu’on ne l’ait jamais.

D’autant plus dommage que Martineau démolit gratuitement la réputation d’un organisme qui travaille sans relâche à aider pour de vrai les immigrants de la capitale.

Pour finir, si Maurais et sa femme « trouvent qu’ils sont choyés par la vie et ils veulent donner au suivant » et qu’ils ont toujours le « cœur sur la main », qu’ils fassent une demande de parrainage en bonne et due forme au gouvernement fédéral.

Mais que Maurais ne vienne pas jouer à la brave victime persécutée pour ses opinions si la demande est refusée.

La chicane est pognée dans la clique des faux comptes à Fillion

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Saviez-vous que Fillion dispose d’une clique de faux compte sur Twitter géré par de fidèles disciples servant, entre autre, à harceler des gens?

La semaine dernière plusieurs de ces comptes ont disparu après que leur vraie identité se soit mise à circuler.

Selon Le Troupeau, il semblerait que les faux comptes se soient mis à se dénoncer les uns les autres peu après que Fillion ait annoncé, sur Radio-pirate, qu’un d’entre eux pourrait devenir chroniqueur.

Radio-pirate c’est la web radio de Fillion. Il faut être abonné pour pouvoir écouter les audios. Aussi bien dire que les abonnés sont les plus fanatiques des disciples de la secte à Fillion.

Peut-être avez-vous déjà croisé Sacocheman, Alain Bécile ou Garey Price sur Twitter? Il y en a des dizaines d’autres, facilement reconnaissable à leur mauvais jeux de mots et à leur adoration de Fillion et de Trump.

La clique des faux comptes à Fillion démontre une chose. Contrairement à ce que plusieurs pensent, la radio-poubelle n’a jamais cessé d’harceler des individus. Ils s’y prennent différemment c’est sûr. Avec plus d’habileté.

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Il y a plusieurs personnes qui se font harceler ces dernières années: GND, Amir Khadir, Safia Nolin, Katsuya, Peter Simons, Alex Taillefer entre autre. Les animateurs parlent d’eux avec mépris. Ça peut durer des semaines et des mois.

Mais, ce n’est peut être pas avec autant d’intensité que la période pré Sophie Chiasson.

C’est la que la clique des faux compte intervient. Pour créer une distance avec l’animateur et pour poursuivre le harcèlement hors d’onde, à toute heure du jour et de la nuit.

Ce que @LetroupeauQC révèle, c’est une sorte de club privé, un boys club d’adorateurs de Jeff Fillion, qui se côtoient dans la vraie vie et qui se font une fierté de pourrir la vie des gens. Réalisant ainsi l’oeuvre grandiose de leur gourou, mais sans le mouiller.

Est ce que Fillion est au courant?
Oui

Call-t-il les shots?
Oui

Est-ce qu’il tente de les empêcher?
Non

Fillion s’en tire encore à bon compte.

Fillion est et restera pour toujours un harceleur récidiviste violent.

Le tramway et le cancer de Québec

La radio-poubelle a commencé à faire spinner des soupçons de corruption autour du tramway.

Soyons clairs: si la radio-poubelle souhaite chercher des poux à la construction du #tramway, c’est leur droit le plus strict.

S’ils questionnent des politiciens et demandent des comptes, pour une fois, bravo.

Sauf que… Ce n’est probablement jamais arrivé, en 20 ans, que la radio-poubelle déniche de vraies histoires de fraude ou de corruption.

Par contre, l’inverse s’est souvent produit.

L’amphithéâtre, l’agora du vieux-port, la Nordique Nation, la collection de voitures anciennes de la famille Demers, sont tous des projets ayant bénéficié de l’appui aveugle de la radio-poubelle.

Tous des éléphants blancs.

Tous financés par le gouvernemaman #mestaxes

Même chose pour le #3eLien: c’est juste qu’ils ne s’en sont pas encore rendu compte.

Et le traitement que réserve la radio-poubelle au tramway, c’est comme le reste: malhonnête et biaisé.

Le projet n’est pas scruté à la loupe parce qu’il y a anguille sous roche. Le projet de tramway est scruté parce que les animateurs de radio-poubelle sont contre!

Quitte à inventer des histoires.

À force de répéter et répéter qu’il y a de quoi de louche avec le tramway, qui sera le premier mouton de politicien qui lancera une enquête?

À surveiller!

Autre affaire.

Si on observe la trajectoire de l’idée d’implanter un transport en commun structurant depuis 10 ans, c’est cahin-caha.

Le projet a été adopté, rejeté, transformé des dizaines de fois.

Peut-être en partie à cause de la radio-poubelle, toujours là pour mettre des bâtons dans les roues d’un projet qui pourrait, selon les « pro autos », ôter des voies et des routes aux automobiles.

On peut déplorer la courte vision des politiciens, incapables de bien ficeler un projet d’envergure.

Mais il y a lieu de se demander si la présence de la radio-poubelle ne rend pas le débat impossible?

Serait-il possible que, dans un contexte aussi toxique et hostile au transport en commun, on soit incapable d’avoir un débat serein sur un sujet aussi crucial ?

Serait-il possible qu’à chaque étape où des politiciens ont eu l’intention de lancer une consultation publique, ils y aient pensé deux fois en se disant « si on fait ça, Fillion va mobiliser sa secte et ça va être tout un freak show. Une vraie catastrophe! » ?

Serait-il possible que de lancer un projet d’envergure dans la région de Québec soit rendu impossible à cause de la radio-poubelle?

Rappelons que Québec est la seule ville canadienne d’envergure sans système de transport en commun structurant.

Rappelons que des automobilistes avaient bloqué et insulté des chauffeurs du RTC à l’époque où la radio-poubelle faisait campagne contre des voies réservées sur une autoroute.

Il est grand temps qu’on commence à allumer et qu’on sorte de l’angélisme.

La radio-poubelle se développe comme un lent cancer des idées.

Le virage identitaire de la droite économique

Cette semaine Éric Duhaime a fait cette surprenante déclaration: les deux points les plus importants en politique seraient

  1. l’économie
  2. l’identité

Pourtant, en 2010, Duhaime co-fondait le Réseau liberté Québec, un mouvement soi-disant « grassroots » (un buzzword à l’époque du Tea party) tentant de mobiliser la droite économique.

Le RLQ mobilisait les mêmes personnes que vous voyez toujours autant dans les médias aujourd’hui:

  • Éric Duhaime
  • Maxime Bernier
  • Ezra Levant
  • Gérard Deltell
  • Jacques Brassard
  • L’institut Fraser
  • Le Journal de Québec

…et ainsi de suite

Sur l’image en en-tête vous pouvez voir les thèmes chers au RLQ. Leur obsession, c’était la dette, la dette et encore la dette. À les entendre, le Québec était à un cheveux de tomber dans un atroce gouffre financier.

Aujourd’hui, chez ces mêmes personnes, le discours a changé. Depuis combien de temps n’avons-nous pas entendu les cris perçants du péril de LA DETTE?

Ces personnes (on n’utilise plus le terme « libertariens » mais plutôt « populistes ») ont réalisé un virage identitaire. Désormais, la priorité c’est de taper sur les minorités tout en se flattant l’orgeuil national.

De froids calculs de comptable, ils ont préféré la chaleur des bonnes vieilles recettes d’antan de la droite traditionnelle, raciste, sexiste et réactionnaire.

Un virage opportuniste vers le populisme, une recette éprouvée pour gagner le pouvoir.