Archives pour la catégorie analyse

Logique policière: Menacer de mort des manifestants, c’est oui, menacer de mort des policiers, c’est non

Le chef du SPVQ Robert Pigeon affirme n’avoir aucun problème avec les propos de Fillion parce que « C’était juste une image ».

En 2002, un rappeur est arrêté pour avoir chanté « Je suis un soldat qui a comme mission de faire sauter le poste Victoria » à l’antenne de Radio X.

La police ne rigole pas avec les « images » lorsque c’est elle qui est la cible.

Un bel exemple de deux poids deux mesures.

Voir.ca

Radio X modifie ses enregistrements

Le texte du directeur d’une école qui forme la relève de la radio-poubelle, Alain Dufresne du CRTQ, serait insignifiant s’il ne contenait pas une information bien intéressante:

Radio X modifie les audios disponibles sur son site internet. Les extraits jugés compromettants sont tout simplement remplacés par d’autres extraits.

Ça signifie que Radio X trafique les audios qu’elle rend disponible sur son site web.

C’est quand même se donner beaucoup de mal pour tromper ses auditeurs.

Pour lire le texte: Journaldequebec.com

Menacer de tuer des protestataires est conforme à la déontologie, selon le CPQ

Le Conseil de presse juge que menacer de tuer des protestataires est parfaitement correct et conforme au code de déontologie. L’origine de la discussion est une manifestation opposée à la brutalité policière à Montréal.

Dans l’extrait du 16 mars 2017, Fillion prend comme exemple les conducteurs de train chinois qui « n’arrêtent pas » lorsque des protestataires tibétains s’assoient sur la voie ferrée. Il déplore qu’au Québec, « on est trop molasse ». Vous pouvez écouter l’extrait ici.

Selon l’administration centrale tibétaine, la Chine a causé la mort de 1.2 million de tibétains depuis 1950.

Dans la même émission, Dominic Maurais prend comme exemple l’époque où les policiers frappaient les détenus avec un annuaire. Et Fillion d’ajouter que, s’il était policier, « [il] leur montrerai[t] c’est quoi pour une fois de la brutalité policière. [il] le ferai[t] rien qu’une fois ».

En un mot, Fillion, Maurais et Ouellet font l’apologie de la violence policière. Il déplore que les méthodes violentes de jadis ne sont plus employées et invite les corps policiers à s’inspirer de dictatures violentes comme celle de la Chine.

Et le Conseil de presse n’y voit aucun problème.

Lire la décision sur Conseildepresse.qc.ca.

Justifier le viol c’est correct, selon le CCNR

Il n’y a pas de problème à justifier le viol, mais il faut condamner le langage vulgaire. C’est ainsi qu’il faut interpréter une nouvelle décision révoltante du Conseil canadien des normes de la radiotélévision, le CCNR.

La décision concerne un segment de l’émission de Pierre « Doc » Mailloux, alors en compagnie de Josey Arsenault, datant d’octobre 2016. Il y a plus d’un an et demi!

On peut résumer ces paroles, dont nous vous invitons à écouter l’audio, en ces termes:

  • Une fois bandé, un homme perd le contrôle de lui-même, comme un animal. Il peut même être violent. C’est à la femme de prendre les moyens pour ne pas être violée.
  • Depuis 35 ans, les féministes tentent en vain d’expliquer que « sans oui c’est non ».  Il ne sert à rien de conscientiser les hommes.

Après longue analyse, le CCNR n’y voit aucune infraction à son « Code sur la représentation équitable » ni à son « Code de déontologie ».

La décision a été rendue par un comité composé à majorité de femmes (3/5).

Il est fascinant de constater les tactiques dilatoires employées par le CCNR dans le traitement de la plainte

  • Les énormes délais et le processus compliqué.
  • Les citations de Mailloux absentes de la décision, ce qui est inhabituel.
  • L’amalgame de 3 plaintes différentes pour rédiger une seule décision, ça aussi c’est inhabituel.
  • L’affirmation que les féministes ça « n’équivaut pas à un groupe identifiable ».

Rappelons qu’à l’origine d’une relation sexuelle saine, il y a un consentement libre et éclairé. Une relation sexuelle sans consentement, selon la loi canadienne, c’est une agression sexuelle. Ça fait plus de 20 ans que c’est ce qui est communément admis. Nous vous invitons à consulter le site web de la campagne « Sans oui, c’est non ».

Pierre Mailloux a souvent justifié les viols par le passé. En mai 2017, il avait proposé que les problèmes conjugaux d’une auditrice c’était sa responsabilité puisqu’elle ne se laisserait pas suffisamment violer. En janvier 2017, il avait aussi affirmé que des femmes violentées au sein dune relation conjugale pouvaient en tirer profit. Mailloux a toujours pu dire ces horreurs sans aucune conséquence.

Avec de telles décisions, il n’est pas étonnant que la radio-poubelle s’en permette autant dans les propos haineux à l’endroit des femmes. Faut-il rappeler encore que la violence sexuelle et la violence conjugale font des victimes tous les jours? De plus, la haine sexiste en ligne fait de plus en plus d’adeptes dangereux, comme l’ont révélé les recherches autour des groupes INCELs après l’attentat de Toronto ayant fait de nombreuses victimes, dont une majorité de femmes. Banaliser ainsi les propos haineux à l’endroit des femmes et des féministes n’est plus du tout acceptable. Il est grand temps que la présidente du CCNR, Andrée Noël, laisse sa place à quelqu’un d’autre.

La décision du CCNR.

Une Journée nationale contre l’islamisme? Ça existe déjà!

Éric Duhaime est contre la proposition de faire une Journée nationale contre l’islamophobie. C’est sans surprise puisque nous avons souvent démontré que Duhaime est un islamophobe de haut vol.

Ainsi, Duhaime ne peut pas être plus heureux de pouvoir brandir l’appui d’une victime du terrorisme islamiste, Camille Carrier, dont des membres de la famille sont morts suite à un attentat à Ouagadougou.

Madame Carrier conclue en revendiquant plutôt une « journée pour commémorer l’ensemble des victimes de l’islamisme ».

Le hic c’est que ça existe déjà…

Le 20 octobre 2016, l’Assemblée nationale désignait officiellement le 15 janvier en tant que Journée nationale du vivre-ensemble afin notamment de commémorer les victimes d’attentats, comme ceux qui avaient eu lieu à Saint-Jean-sur-Richelieu, à Ottawa, à Jakarta et à Ouagadougou, et de souligner l’importance de travailler ensemble à lutter contre la radicalisation menant à la violence. Cette journée vise donc à susciter la création de conditions propices à une plus grande acceptation de la différence et de la diversité, au Québec comme à l’étranger, dans un esprit d’ouverture à l’autre.

newswire.ca, 15 janvier 2017.

En résumé, il s’agit encore d’une fake news visant à attiser l’islamophobie ambiante. Duhaime instrumentalise plus ou moins habilement une vraie victime du terrorisme islamiste pour justifier son agenda islamophobe.

C’est encore plus odieux sachant que Duhaime sort cette histoire bidon lors d’une entrevue particulièrement hargneuse avec le porte-parole de la grande mosquée, Boufeldja Benabdallah.

Dans le contexte de la commémoration de l’attentat contre la communauté musulmane le 29 janvier, c’est encore plus dégueulasse.

Ce sont des propos erronnés, des fake news. Ne restons pas indifférent. Portons plainte au CCNR ou au CPQ, et écrivons une lettre aux annonceurs.