Archives pour la catégorie cpq et ccnr

Carrés jaunes « guidounes » : Martin Everell blamé par le Conseil de presse

En mars 2018, des élèves d’une école secondaire de la région de Québec dénoncent le code vestimentaire strict de leur institution d’enseignement. Elles portent le carré jaune. Le mouvement fait parler dans toute la province.

C’est à l’antenne de BLVD que ça dégénère. Le journaliste déchu de TVA, Martin Everell, qui coanime avec l’ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau, qualifie une porte-parole du mouvement de « guidoune ».

Et il vient d’être blamé par le Conseil de presse pour avoir dit ça:

« Elle a rien qu’à s’habiller comme une guidoune après l’école, c’est tout. À l’école, qu’elle respecte le code vestimentaire. En dehors de l’école qu’elle s’habille en guidoune, c’est son problème […] Guidoune. Moi, j’appelle ça comme ça une petite fille avec une camisole pas de brassière pis de shorts très très courtes (sic), c’est une guidoune. »

En rétrospective les propos d’Everell frisent carrément la pédophilie. Particulièrement ceux-ci:

Nathalie Normandeau : Elle, ça y tente pas de porter de brassière. Elle déteste le fait que son école la force, l’oblige à porter sa brassière.

Martin Everell : Parce qu’elle a pas des gros seins.

[…]

Martin Everell : Quand t’as des gros seins… tu veux porter une brassière, je pense.

Selon le Conseil, « l’utilisation à répétition du terme « guidoune », un québécisme synonyme de prostituée, constitue un manque d’équité envers la jeune fille. »

Il juge aussi que « les commentaires du coanimateur sur la morphologie de la jeune fille sont insultants et dégradants d’autant plus qu’ils visent une mineure clairement identifiée par son nom. »

Pour réécouter ce moment dégradant de radio, c’est ici.

https://conseildepresse.qc.ca/decisions/d2018-04-035/

Québecor poursuit le Conseil de presse

Si le CPQ est si inutile que ça, comme plusieurs le disent, pourquoi est-ce que Québecor leur fait une poursuite?

Voici la preuve par 1+1 qu’on a besoin du CPQ.

Et c’est drôle parce qu’à l’issue de ce procès, si Québecor va au bout du processus -ce qui serait surprenant-, le juge n’aura d’autre choix que de donner raison au CPQ.

Québecor reproche entre autre au CPQ d’avoir baclé l’évaluation d’une chronique de Martineau. Dans cette décision, le CPQ blame Martineau pour « manque de rigueur et de raisonnement ».

C’est curieux parce qu’à la lecture de la décision, on constate que le CPQ s’est au contraire appuyé sur plusieurs sources crédibles.

Dans cette décision précise, le CPQ est loin d’avoir baclé le travail.

Le CPQ a pris toutes sortes de décisions, dont plusieurs très mal avisées. Cependant, leur présence lève d’un centimètre l’impunité totale dont disposent les chroniqueurs poubelles. Il faut appuyer les journalistes dans cette cause.

Ajoutons que les populistes semblent penser que la liberté d’expression doit les priver de toutes critiques.C’est une vision très malhonnête de la chose. Et un juge n’aura pas d’autre choix que de le constater.

L’article de radio-canada.ca

La décision du conseildepresse.qc.ca

Propos sur les autochtones laides et les beaux policiers: Le CCNR inflige un blâme d’une rare sévérité

Jeff Fillion

En novembre 2016, le Québec est en émoi suite à un reportage de Radio-Canada dévoilant des témoignages troublants de femmes autochtones affirmant avoir été agressées par des policiers.

Fillion fait alors ce qu’il fait de mieux, c’est-à-dire protéger le fort contre le faible. Dans ses propos, il affirme que les policiers ne peuvent pas avoir violé personne parce qu’ils sont trop beaux et que les femmes autochtones sont trop « déboitées ».

Le CCNR conclut que ces propos sont:

  • discriminatoires quant à la race ou l’origine
  • des stéréotypes indûment négatifs
  • stigmatisants envers des groupes
  • dégradants

Radio X est tenu de diffuser l’audio de cette décision deux fois sur des heures de grande écoute, à l’heure normalement réservée à l’émission de Fillion.

Rappelons qu’un grand nombre de décisions de ce genre peuvemt entrainer une révision de la licence.

Pour une rare fois, on va féliciter cette décision éclairée du CCNR. Elle est basée sur l’ensemble du contexte, sur des discussions dans deux émissions séparées et sur plusieurs articles de deux différents codes (la déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) et le Code sur la représentation équitable).

Le comité décideur du CCNR a fait une belle job. Nous avons d’ailleurs remarqué que le comité a fait le plein de nouveaux membres.

Le processus compliqué et flou du CCNR continue toutefois de faire son œuvre, alors que sur 31 plaignants, un seul s’est rendu jusqu’au bout.

Si cette personne avait abandonné comme les 30 autres, Fillion n’aurait jamais été puni.

Vous pouvez réécouter les propos de Fillion en novembre 2016.