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Le Conseil de presse rejete une plainte de racisme contre Richard Martineau

Cette décision mérite d’être lue attentivement. Un membre de la Ligue des noirs, une organisation défendant les droits de la personne, accuse Martineau de racisme. Le CPQ préfère utiliser le terme prude de « discrimination » mais on a tous compris.

Ça fait référence à une chronique de Martineau affirmant que la Fédération des femmes du Québec, la Ligue des noirs et tous « les « associations formées sur la base du sexe ou de l’ethnie » forme « l’un des plus grands rackets de notre époque ».

L’un des plus grands rackets. Parle-t-il de l’entreprise Bombardier, renflouée à coups de milliards à même le trésor public? Parle-t-il des PDGs gagnants plus de 100 fois le salaire moyen de leurs employés?

Mais non. Ce sont des groupes de défenses de droits, représentant des minorités, disons le, pauvres et minorisées, qui seraient le plus gros rackets.

Le CPQ ne voit pas de discrimination la dedans. Même si tous les groupes mentionnés représentent, comme par hasard, des groupes dicriminées.

Mais ce n’est pas ça le pire.

Le plaignant affirme avoir été ciblé suite à cette chronique. Il aurait reçu des oeufs sur la porte de son domicile À CAUSE du texte de Martineau. Il va même jusqu’à craindre « le début d’une vague de violence ».

Mais c’est la réponse du CPQ qui est la plus incroyable.

« le Conseil considère que les réactions subséquentes à la parution d’un article, même si la preuve était faite qu’elles résultaient de la chronique, ne sont pas constitutives d’un manque d’équité et sont hors du contrôle du journaliste. »

Autrement dit, selon le CPQ, peu importe si une personne cause un crime suite à ce qu’il a lu dans un article, ce n’est pas la faute de l’auteur de l’article!

C’est tu assez irresponsable à votre gout? Les journalistes, pas responsables des conséquences de ce qu’ils écrivent, vraiment?

Si on prend un cas extrême aux États-Unis. Il y a quelques semaines le terroriste Cesar Sayoc envoyait des bombes par courrier aux boucs-émissaires quotidiens de Donald Trump. Fox News aurait contribué à sa radicalisation. Peut-on vraiment dissocier Fox News du crime?

Prenons un cas plus proche de nous: lorsque Fillion s’en prend à Pierre Jobin et le harcèle pendant 4 ans, entre 2003 et 2007, et que des quidams se mettent à lui téléphoner pour lui faire des menaces de mort, le juge va considèrer qu’il s’agit d’un facteur aggravant. Il condamnera Fillion en conséquence.

Bref le CPQ erre encore et doit se réveiller.

Le Conseil de presse blame Jeff Fillion pour des propos racistes envers des mexicains

Jeff Fillion

Le 24 mai 2019, Fillion tient des propos discriminatoires à l’endroit des mexicains.

« Le Conseil est d’avis qu’en suggérant d’aller chercher des Mexicains, des « gars […] de l’Amérique centrale » parce qu’ils ont « pas peur de l’ouvrage », que « ça va prendre un maudit bout avant qu’ils parlent français » et qu’ils « vous écoeureront pas avec des histoires de syndicat pis des patentes de même », l’animateur fait preuve de discrimination en véhiculant des préjugés selon lesquels les Mexicains et les latino-américains représentent une main-d’oeuvre qui n’apprendra jamais le français, qui est docile et peu revendicatrice en matière de droit du travail. »

conseildepresse.qc.ca, d2018-05-066

Ce qui est bizarre c’est qu’on ne retrouve par les paroles de Fillion sur les « mexicains rapaces » « proches de la mafia » dans la décision du CPQ. C’est pourtant dans le même segment.

Heureusement c’est sur notre site internet.
Vous pouvez réécouter l’audio intégral ici

Denis Gravel blamé pour « non-respect de la présomption d’innocence »

Le Conseil de Presse du Québec blame Denis Gravel pour « non-respect de la présomption d’innocence d’Audrey Gagnon ».

Madame Gagnon était alors soupçonnée du meurtre de sa fille de deux ans.

Le Conseil de presse du Québec retient la plainte (…) et blâme les mis en cause pour non-respect de la présomption d’innocence d’Audrey Gagnon. Le Conseil rejette le grief de non-respect de la présomption d’innocence dans le cas d’Alexandre Bissonnette, ainsi que les griefs de manque d’indépendance du média et de propos méprisants incitant à la violence. Le grief de propos heurtant la sensibilité du public est rejeté à la majorité (5/8 membres).

d2018-04-051

Carrés jaunes « guidounes » : Martin Everell blamé par le Conseil de presse

En mars 2018, des élèves d’une école secondaire de la région de Québec dénoncent le code vestimentaire strict de leur institution d’enseignement. Elles portent le carré jaune. Le mouvement fait parler dans toute la province.

C’est à l’antenne de BLVD que ça dégénère. Le journaliste déchu de TVA, Martin Everell, qui coanime avec l’ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau, qualifie une porte-parole du mouvement de « guidoune ».

Et il vient d’être blamé par le Conseil de presse pour avoir dit ça:

« Elle a rien qu’à s’habiller comme une guidoune après l’école, c’est tout. À l’école, qu’elle respecte le code vestimentaire. En dehors de l’école qu’elle s’habille en guidoune, c’est son problème […] Guidoune. Moi, j’appelle ça comme ça une petite fille avec une camisole pas de brassière pis de shorts très très courtes (sic), c’est une guidoune. »

En rétrospective les propos d’Everell frisent carrément la pédophilie. Particulièrement ceux-ci:

Nathalie Normandeau : Elle, ça y tente pas de porter de brassière. Elle déteste le fait que son école la force, l’oblige à porter sa brassière.

Martin Everell : Parce qu’elle a pas des gros seins.

[…]

Martin Everell : Quand t’as des gros seins… tu veux porter une brassière, je pense.

Selon le Conseil, « l’utilisation à répétition du terme « guidoune », un québécisme synonyme de prostituée, constitue un manque d’équité envers la jeune fille. »

Il juge aussi que « les commentaires du coanimateur sur la morphologie de la jeune fille sont insultants et dégradants d’autant plus qu’ils visent une mineure clairement identifiée par son nom. »

Pour réécouter ce moment dégradant de radio, c’est ici.

https://conseildepresse.qc.ca/decisions/d2018-04-035/