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Propos sur les autochtones laides et les beaux policiers: Le CCNR inflige un blâme d’une rare sévérité

Jeff Fillion

En novembre 2016, le Québec est en émoi suite à un reportage de Radio-Canada dévoilant des témoignages troublants de femmes autochtones affirmant avoir été agressées par des policiers.

Fillion fait alors ce qu’il fait de mieux, c’est-à-dire protéger le fort contre le faible. Dans ses propos, il affirme que les policiers ne peuvent pas avoir violé personne parce qu’ils sont trop beaux et que les femmes autochtones sont trop « déboitées ».

Le CCNR conclut que ces propos sont:

  • discriminatoires quant à la race ou l’origine
  • des stéréotypes indûment négatifs
  • stigmatisants envers des groupes
  • dégradants

Radio X est tenu de diffuser l’audio de cette décision deux fois sur des heures de grande écoute, à l’heure normalement réservée à l’émission de Fillion.

Rappelons qu’un grand nombre de décisions de ce genre peuvemt entrainer une révision de la licence.

Pour une rare fois, on va féliciter cette décision éclairée du CCNR. Elle est basée sur l’ensemble du contexte, sur des discussions dans deux émissions séparées et sur plusieurs articles de deux différents codes (la déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) et le Code sur la représentation équitable).

Le comité décideur du CCNR a fait une belle job. Nous avons d’ailleurs remarqué que le comité a fait le plein de nouveaux membres.

Le processus compliqué et flou du CCNR continue toutefois de faire son œuvre, alors que sur 31 plaignants, un seul s’est rendu jusqu’au bout.

Si cette personne avait abandonné comme les 30 autres, Fillion n’aurait jamais été puni.

Vous pouvez réécouter les propos de Fillion en novembre 2016.

Martineau blâmé pour « manque de rigueur de raisonnement »

Martineau est blâmé pour « manque de rigueur de raisonnement » par le Conseil de presse. C’est suite à une chronique dans le Journal de Montréal portant sur Omar Khadr, l’ex enfant-soldat sur lequel les populistes font de l’acharnement.

Martineau y affirme deux choses douteuses: de un, que Khadr n’était pas si « enfant-soldat » que ça, puisqu’il avait 15 ans et de deux, qu’il « pratiquait le terrorisme par choix ».

Le CPQ est de l’avis du plaignant qu’on est enfant-soldat jusqu’à 18 ans et qu’il est difficile de faire des choix éclairés quand on est mineur.

Le grief de manque de rigueur de raisonnement est retenu à la majorité, 2 membres sur 6 ayant exprimé leur dissidence.

conseildepresse.qc.ca

Fillion blâmé pour des amalgames islamophobes

Jeff Fillion

Le Conseil de presse vient de rendre public un blame à Jean-François Fillion pour des « propos discriminatoires ».

Sa tirade islamophobe remonte à janvier 2017 au moment d’une entrevue avec le rappeur antiraciste Webster au sujet du Festival contre le racisme.

Faire des propos racistes pendant qu’on parle de festivités antiracistes… Ça ne s’invente pas.

Les propos de Fillion sont:

« Leur technique [aux musulmans] est de s’intégrer pis de vivre comme nous pis de se rapprocher de nous, pis à un moment opportun de frapper »

Et la décision du Conseil de presse:

Après analyse, la majorité des membres (4/5) du comité jugent que les propos visés par la plainte sont discriminatoires sur la base de la religion et tendent à entretenir des préjugés envers les musulmans puisque l’animateur, même s’il s’en défend, fait des amalgames entre les islamistes radicaux et les musulmans. De plus, il encourage la « méfiance » envers ceux qui tentent de s’intégrer au Québec  puisque, selon lui, « leur technique est de s’intégrer pis de vivre comme nous pis de se rapprocher de nous, pis à un moment opportun de frapper ». Selon le Conseil, ce genre de commentaires contribue à entretenir les préjugés envers les musulmans.

conseildepresse.qc.ca – d2017-01-014

Les propos sont discriminatoires « même s’il s’en défend ». Fillion vient encore de rater sa tentative de se dédouaner comme un peureux. LOL.

Rappelons qu’en août 2017, Fillion est blamé pour propos racistes, sexistes, dégradants, haineux, préjugés et atteinte à la dignité.

Menacer de tuer des protestataires est conforme à la déontologie, selon le CPQ

Le Conseil de presse juge que menacer de tuer des protestataires est parfaitement correct et conforme au code de déontologie. L’origine de la discussion est une manifestation opposée à la brutalité policière à Montréal.

Dans l’extrait du 16 mars 2017, Fillion prend comme exemple les conducteurs de train chinois qui « n’arrêtent pas » lorsque des protestataires tibétains s’assoient sur la voie ferrée. Il déplore qu’au Québec, « on est trop molasse ». Vous pouvez écouter l’extrait ici.

Selon l’administration centrale tibétaine, la Chine a causé la mort de 1.2 million de tibétains depuis 1950.

Dans la même émission, Dominic Maurais prend comme exemple l’époque où les policiers frappaient les détenus avec un annuaire. Et Fillion d’ajouter que, s’il était policier, « [il] leur montrerai[t] c’est quoi pour une fois de la brutalité policière. [il] le ferai[t] rien qu’une fois ».

En un mot, Fillion, Maurais et Ouellet font l’apologie de la violence policière. Il déplore que les méthodes violentes de jadis ne sont plus employées et invite les corps policiers à s’inspirer de dictatures violentes comme celle de la Chine.

Et le Conseil de presse n’y voit aucun problème.

Lire la décision sur Conseildepresse.qc.ca.

Justifier le viol c’est correct, selon le CCNR

Il n’y a pas de problème à justifier le viol, mais il faut condamner le langage vulgaire. C’est ainsi qu’il faut interpréter une nouvelle décision révoltante du Conseil canadien des normes de la radiotélévision, le CCNR.

La décision concerne un segment de l’émission de Pierre « Doc » Mailloux, alors en compagnie de Josey Arsenault, datant d’octobre 2016. Il y a plus d’un an et demi!

On peut résumer ces paroles, dont nous vous invitons à écouter l’audio, en ces termes:

  • Une fois bandé, un homme perd le contrôle de lui-même, comme un animal. Il peut même être violent. C’est à la femme de prendre les moyens pour ne pas être violée.
  • Depuis 35 ans, les féministes tentent en vain d’expliquer que « sans oui c’est non ».  Il ne sert à rien de conscientiser les hommes.

Après longue analyse, le CCNR n’y voit aucune infraction à son « Code sur la représentation équitable » ni à son « Code de déontologie ».

La décision a été rendue par un comité composé à majorité de femmes (3/5).

Il est fascinant de constater les tactiques dilatoires employées par le CCNR dans le traitement de la plainte

  • Les énormes délais et le processus compliqué.
  • Les citations de Mailloux absentes de la décision, ce qui est inhabituel.
  • L’amalgame de 3 plaintes différentes pour rédiger une seule décision, ça aussi c’est inhabituel.
  • L’affirmation que les féministes ça « n’équivaut pas à un groupe identifiable ».

Rappelons qu’à l’origine d’une relation sexuelle saine, il y a un consentement libre et éclairé. Une relation sexuelle sans consentement, selon la loi canadienne, c’est une agression sexuelle. Ça fait plus de 20 ans que c’est ce qui est communément admis. Nous vous invitons à consulter le site web de la campagne « Sans oui, c’est non ».

Pierre Mailloux a souvent justifié les viols par le passé. En mai 2017, il avait proposé que les problèmes conjugaux d’une auditrice c’était sa responsabilité puisqu’elle ne se laisserait pas suffisamment violer. En janvier 2017, il avait aussi affirmé que des femmes violentées au sein dune relation conjugale pouvaient en tirer profit. Mailloux a toujours pu dire ces horreurs sans aucune conséquence.

Avec de telles décisions, il n’est pas étonnant que la radio-poubelle s’en permette autant dans les propos haineux à l’endroit des femmes. Faut-il rappeler encore que la violence sexuelle et la violence conjugale font des victimes tous les jours? De plus, la haine sexiste en ligne fait de plus en plus d’adeptes dangereux, comme l’ont révélé les recherches autour des groupes INCELs après l’attentat de Toronto ayant fait de nombreuses victimes, dont une majorité de femmes. Banaliser ainsi les propos haineux à l’endroit des femmes et des féministes n’est plus du tout acceptable. Il est grand temps que la présidente du CCNR, Andrée Noël, laisse sa place à quelqu’un d’autre.

La décision du CCNR.