Archives pour la catégorie femme

« On va s’autodétruire comme être humain si on peut plus s’affirmer comme hétérosexuel », selon Jérôme Landry

Le Pharmachien va sortir un livre pour enfants intitulé « Le petit garçon qui pose trop de questions ». Il y aurait une « controverse sur les réseaux sociaux », les gens se plaignant qu’ils auraient préféré une fille comme personnage principal.

Il n’en faut plus pour que Jérôme Landry pète une crise du bacon, affirmant qu’être ambigu sur la question du genre, de déroger d’une vision stéréotypée de l’homme de la femme, conduirait l’espèce humaine à l’autodestruction.

Et son discours dérape complètement alors qu’il affirme que l’objectif des féministes est d’éliminer le désir et les rapports sexuels.

C’est pourtant l’inverse. Les féministes ont toujours revendiqué une plus grande liberté sexuelle. Landry est malhonnête en détournant complètement les propos de gens qui ne pensent pas comme lui. Il fait son gros sexiste alors qu’aujourd’hui même il disait trouver « admirable » les hommes qui se déguisent en femmes pour jouer.

Dur à suivre, le Landry.

« Un retour moderne » dit l’autopromo. lol.

NRJ: on va s’autodétruire comme être humain si on peut plus s’affirmer comme hétérosexuel

15 juin 2018, Jérôme Landry au retour, avec Katherine Guillemette et Jérôme Landry (00:09:04)

JL- « Est-ce qu’on a encore le droit d’exister en tant que gars hétérosexuel? (…) Savez-vous où ça va mener ça? Ça va mener à l’autodestruction de l’humanité, si ça continue (…) »

JL- « Ultimement, on va s’autodétruire comme être humain si on peut plus s’affirmer comme hétérosexuel. Si on peut plus trouver une femme belle parce qu’elle a un décolleté. Ça veut pas dire de jouer au gros colon, mais là, on dirait qu’on voit plus la différence entre être un maudit gros colon qui va fixer pendant une demie-heure le décolleté d’une femme et quelqu’un qui va peut-être juste jeter un regard sur une fille qui est belle et qui, oui, a une poitrine intéressante. On veut tellement se dénaturer, que ça va nous mener à quoi? ça va nous mener à plus de relations sexuelles, ou quoi? Si on peut plus être allumé et attiré sexuellement par le corps de la femme? Faut tout rabrouer. Ça va être quoi, l’humanité? (…) »

JL- « Un jour, ça va arriver, les gars les filles vont s’habiller exactement de la même façon. Ils vont avoir les cheveux coupés tous exactement de la même façon. Ça va arriver, mais il va arriver quoi avec l’espèce humaine quand ça va être comme ça? Sérieusement, là? On es-tu en train de s’auto-éliminer? (…) »

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Justifier le viol c’est correct, selon le CCNR

Il n’y a pas de problème à justifier le viol, mais il faut condamner le langage vulgaire. C’est ainsi qu’il faut interpréter une nouvelle décision révoltante du Conseil canadien des normes de la radiotélévision, le CCNR.

La décision concerne un segment de l’émission de Pierre « Doc » Mailloux, alors en compagnie de Josey Arsenault, datant d’octobre 2016. Il y a plus d’un an et demi!

On peut résumer ces paroles, dont nous vous invitons à écouter l’audio, en ces termes:

  • Une fois bandé, un homme perd le contrôle de lui-même, comme un animal. Il peut même être violent. C’est à la femme de prendre les moyens pour ne pas être violée.
  • Depuis 35 ans, les féministes tentent en vain d’expliquer que « sans oui c’est non ».  Il ne sert à rien de conscientiser les hommes.

Après longue analyse, le CCNR n’y voit aucune infraction à son « Code sur la représentation équitable » ni à son « Code de déontologie ».

La décision a été rendue par un comité composé à majorité de femmes (3/5).

Il est fascinant de constater les tactiques dilatoires employées par le CCNR dans le traitement de la plainte

  • Les énormes délais et le processus compliqué.
  • Les citations de Mailloux absentes de la décision, ce qui est inhabituel.
  • L’amalgame de 3 plaintes différentes pour rédiger une seule décision, ça aussi c’est inhabituel.
  • L’affirmation que les féministes ça « n’équivaut pas à un groupe identifiable ».

Rappelons qu’à l’origine d’une relation sexuelle saine, il y a un consentement libre et éclairé. Une relation sexuelle sans consentement, selon la loi canadienne, c’est une agression sexuelle. Ça fait plus de 20 ans que c’est ce qui est communément admis. Nous vous invitons à consulter le site web de la campagne « Sans oui, c’est non ».

Pierre Mailloux a souvent justifié les viols par le passé. En mai 2017, il avait proposé que les problèmes conjugaux d’une auditrice c’était sa responsabilité puisqu’elle ne se laisserait pas suffisamment violer. En janvier 2017, il avait aussi affirmé que des femmes violentées au sein dune relation conjugale pouvaient en tirer profit. Mailloux a toujours pu dire ces horreurs sans aucune conséquence.

Avec de telles décisions, il n’est pas étonnant que la radio-poubelle s’en permette autant dans les propos haineux à l’endroit des femmes. Faut-il rappeler encore que la violence sexuelle et la violence conjugale font des victimes tous les jours? De plus, la haine sexiste en ligne fait de plus en plus d’adeptes dangereux, comme l’ont révélé les recherches autour des groupes INCELs après l’attentat de Toronto ayant fait de nombreuses victimes, dont une majorité de femmes. Banaliser ainsi les propos haineux à l’endroit des femmes et des féministes n’est plus du tout acceptable. Il est grand temps que la présidente du CCNR, Andrée Noël, laisse sa place à quelqu’un d’autre.

La décision du CCNR.

Carrés jaunes: Une ado sans soutien-gorge est une « guidoune », selon Martin Everell

L’extrait audio suivant est surréaliste. On a ici deux adultes influents, faisant un salaire dans les 6 chiffres, dénigrant et insultant une jeune de 15 ans. Il s’agit de Nathalie Normandeau et Martin Everell s’attaquant à la porte-parole des carrés jaunes, Célestine Uhde.

Et niveau argumentation, vous serez à même de constater dans l’audio qu’une jeune fille de 15 ans peut battre haut la main une ancienne vice-première-ministre.

Les carrés jaunes souhaitent alléger le code vestimentaire de leur école secondaire. Elles disent qu’il est sexiste et qu’il brime leur liberté.

Que l’on soit d’accord ou non, ça ne change rien au fait que ce sont encore des mineures méritant un minimum de respect. On peut aussi avoir de l’admiration pour des gens qui s’engagent dans une cause pour améliorer la société. On aime les jeunes allumés, intéressés aux affaires politiques et sensibles aux enjeux de société, n’est-ce pas?

Nathalie Normandeau et Martin Everell, des adultes en position d’autorité, sensés montrer l’exemple, rappelons-le, s’en donnent à cœur joie pour démolir l’ado dans une des radios les plus écoutées en ville.

Les « arguments » de Nathalie Normandeau sont:

  • T’sais, là, wo
  • Les arguments des carrés jaunes sont frivoles, insensés, gauchistes et féministes
  • Célestine devrait être plus à droite comme moi
  • Au travail, il y a des codes vestimentaires, alors à l’école c’est pareil, ça fait partie de la vie en société
  • Les carrés jaunes sont peu nombreux et veulent imposer leur volonté à la majorité (?!?!)
  • Plusieurs insultes paternalistes

Une belle collection de sophismes. C’est incroyable sachant, rappelons-le une 46e fois, que Nathalie Normandeau est une ancienne vice-première-ministre dont l’emploi consistait précisément à développer un argumentaire pour débattre à l’Assemblée nationale.

La question est pourtant simple: pourquoi serait-ce important d’interdire les bretelles spaghetti? Il doit bien y avoir au moins une bonne raison! Mais Nathalie est incapable d’en fournir une seule!

Bien entendu ce genre d’insulte gratuite n’est pas permis selon la déontologie, c’est pourquoi nous vous invitons à porter plainte au CCNR ou au CPQ, et à écrire une lettre aux annonceurs.

BLVD: les carrés jaunes, t’sais, là, wo

27 mars 2018, 100% Normandeau, avec Nathalie Normandeau et Martin Everell

16h: NN: « Bon! Elle a 15 ans, elle a décidé de prendre ça en main, la petite (…) »

ME: « Regarde, elle a rien qu’à s’habiller comme une guedoune après l’école (…) Une guedoune, j’appelle ça comme ça, une petite fille avec une camisole pas de brassière, avec des shorts très courtes. C’est une guidoune (…) »

NN: « Oui, tu as raison de parler de dérape, je comprends, que la petite veut s’exprimer. Elle est peut-être en manque d’attention. On va-tu se pâmer devant une jeune fille qui se drape dans un discours féministo-gauchisant politically correct? On va-tu s’écraser devant ce discours? (…) C’est comme… hey! Tu vas à l’école, ma belle. À l’école, il y a des règles (…) Un moment donné t’sais. Ça va s’arrêter où, ce discours-là, qui est loin de représenter la majorité des jeunes femmes? Cette femme-là parle pour une très très très petite minorité. Est-ce qu’on va jouer à faire de l’aplaventrisme? (…) J’espère que l’école [la direction] va se tenir debout et l’école va dire: wo, un instant. Moi, j’en reviens pas, le code vestimentaire obéit à la logique de la femme à cacher. Hey! On dit juste qu’une camisole à bretelles spaghetti ça se porte pas dans la classe (…) C’est du grand n’importe quoi, ça! (…)

Puis Normandeau revient sur l’utilisation du terme « guidoune » par Martin.

NN: « Plutôt qu’utiliser ton expression que tu as utilisée tantôt, j’utiliserais les filles légèrement couvertes. »

ME: « J’assume. »

NN: « Il faut faire attention à ce qu’on dit au micro, on a une responsabilité » [Remarquons que Normandeau vient de dire de quoi d’intelligent ça vaut la peine de le souligner]

NN: « On est dans cette mouvance-là. On remplace mère, père, par parent. On fait des toilettes non genrées. Si je peux pas m’habiller comme je veux à l’école, c’est qu’on brime mes droits, avez-vous remarqué qu’ils revendiquent juste des droits? Comme s’il n’y avait pas d’obligations. Et toi, le reste de la société, tais-toi, et tu es mieux de te rendre à mes arguments parce que moi, j’ai décidé de t’imposer de nouveaux standards pour vivre dans notre société. »

ME: « Il n’y a plus de paramètres (…) »

NN: « Fait qu’un moment donné, on peut-tu se calmer le pompon? Mais cette petite, selon moi, aurait besoin d’un petit recentrage sur le plan idéologique et qu’on aurait besoin de lui expliquer les vraies choses de la vie (…) »

NN: « Ce genre de discours, ça me brule, vous avez pas idée. Ça vient me chercher. (…) Sa famille est politisée. Probablement qu’ils votent Québec Solidaire, remarque, j’ai rien contre ça. Un moment donné c’est comme. Et la petite est incapable de faire un lien dans les concepts. Elle associe la culture du viol au fait d’être brimée parce qu’elle peut pas porter sa camisole avec des bretelles spaghetti. Wo. »

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Les féminazies veulent interdire les enfants, selon Maurais

Pour la Journée internationale des droits des femmes, quoi de mieux que de dénigrer les féministes. Et c’est ce que fait avec beaucoup de haine et de mauvaise foi Dominic Maurais dans l’audio suivant.

Nous avons souvent démontré à quel point Maurais méprise les féministes, même les survivantes de viol, alors qu’il a lui même raconté avoir été agressé sexuellement dans son enfance. Cette fois-ci Maurais s’attaque à #MeToo et aux inégalités salariales.

Maurais voit dans les revendications pour l’égalité ni plus ni moins qu’un agenda caché des féministes pour… abolir les enfants.

Rappelons que nous sommes en période de sondage Numéris et que tout scandale est bon à prendre.

Ça justifie une plainte. Maurais fait porter de faux arguments aux féministes et aussi pour les insultes. Porte plainte au CCNR ou au CPQ, et écrit une lettre aux annonceurs.

Radio X : les féminazies contre les enfants

9 mars 2018Maurais live, avec Dominic Maurais et Jean-Christophe Ouellet (00:08:17)

8h: DM- « C’est rendu totalement débile. Tout ce mouvement là. #MeToo. Ouais, là, je suis une victime parce que j’ai couché avec mon boss, puis j’ai eu un gros chèque, puis un moment donné ça a mal viré. Ah, puis moi aussi je suis victime, moi aussi je veux être dans la photo! »

(…)

DM- « Tout ça c’est tout en train de délirer de manière monumentale. Et là hier, une autre dérape à Rad-canne, bien oui les femmes sont moins payées. Moi j’ai jamais vu ça. »

Puis, Maurais prend exemple sur des boites syndiquées, ce qui est assez ironique, compte tenu de l’antisyndicalisme du monsieur.

DM- « J’ai pas vécu ça moi. C’est-à-dire, pour la même même job payée 25,000$ de plus, c’était comme ça avant, mais aujourd’hui sincèrement là. Fait le tour. Allez à RDS, allez à News world, allez à TVA dans les salles de nouvelles. Les femmes peuvent tout faire. »

(…)

DM- « Et l’autre affaire aussi c’est que les  »ah ouais les femmes un moment donné dans leur vie ils font moins d’argent parce qu’ils font des enfants ». Yark. Il y a une twist dans le mouvement féministe, c’est ça (…) Une femme c’est elle qui porte les enfants (…) »

JCO – « Qu’est-ce qu’on attend pour interdire les enfants? »

DM- « On en est là! Toute cette gang là, les ultraféministes, ce que j’appelle les féminazis et les gauchistes verdoyants, on n’ose pas le dire parce que ça se dit pas encore, mais l’enfant est très problématique là. »

JCO – « Tu viens d’ouvrir une belle porte là. Parce que les enfants, ça pollue beaucoup là. »

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Rétrospective 2017: les musulmans endeuillés, les gais et les demandeurs d’asile piétinés de concert avec l’extrême droite

La radio-poubelle a débuté difficilement l’année 2017. Blâmée d’entretenir le climat toxique ayant conduit à l’attentat à la mosquée en janvier, elle se retrouve aujourd’hui tout à fait normalisée.

L’islamophobie y a fait une pause de 48 heures. Ça fait longtemps que tout est revenu business as usual.

Voici un résumé des faits saillants de la radio-poubelle en 2017.

Janvier – Attentat à la mosquée: la radio est pointée du doigt

Le 29 janvier 2017, un ultranationaliste xénophobe, Alexandre Bissonnette, entre dans une mosquée à Sainte-Foy et ouvre le feu sur les fidèles assemblés. Résultat du carnage: 6 morts et 8 blessés, dont un très grave.

Cet acte est le point culminant d’années d’islamophobie savamment alimentée par des politiciens en manque de votes, et par des journalistes en manque d’auditoire, tout ça mijotant dans un contexte de morosité économique et sociale.

Très rapidement, la radio-poubelle se retrouve au banc des accusés.

Plusieurs membres de la communauté musulmane dénoncent l’impact toxique de la radio-poubelle. Des professeurs d’université, des artistes, des chroniqueurs et des journalistes aussi.

Dans les 3 semaines suivant l’attentat, nous avons répertorié 61 articles mentionnant le rôle de la radio-poubelle dans l’attentat (1, 2, 3). C’est l’avis de la presse locale et internationale.

Le maire de Québec brisera timidement l’omerta en affirmant qu’ « Il y a des choses qui ne pourront plus être dites », après l’attentat. Un ancien agent des services secrets, Michel Juneau-Katsuya, ajoutera que la radio « a du sang sur les mains ».

Une manifestation aura même lieu devant les bureaux de Radio X. Une bannière indiquant « Radio X au service des riches et des racistes », a été fabriquée pour l’occasion.

Mais les forces du statu quo reprennent vite le dessus. Le député Éric Caire et le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, tous deux des habitués de Radio X, se porteront à la défense de la radio-poubelle, neuf jours après l’attentat.

Et depuis? Plus rien ou presque. L’islamophobie a repris de plus belle, encore plus décomplexée et banalisée qu’avant.

Février – L’extrême-droite catholique et l’extrême-droite économique s’unissent pour protéger un crucifix

Un patient de l’hôpital Saint-Sacrement demande que soit retiré un crucifix se trouvant sur un mur apparent, entre deux ascenseurs. La direction acquiesce, se basant sur le principe de neutralité religieuse de l’État dicté par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

Voilà l’occasion idéale qu’espérait l’extrême-droite pour faire une énorme crise du bacon victimaire que nous avons nommé le Crucifixgate.

Le FM93 (Sylvain Bouchard, Bernard le-père-de-la-charte-des-valeurs Drainville et Éric Duhaime) font la promotion du crucifix tout en relayant une pétition islamophobe anonyme dénonçant un grave recul de notre identité dû aux «religions qui s’établissent au Québec ». Elle récolte 14,000 signatures en quelques jours. Le média d’extrême-droite The Rebel, où Duhaime est collaborateur, relaie aussi sa propre pétition.

La période des sondages Numéris a commencé. Tous les coups sont permis.

À la même antenne, François Blais, ministre responsable de la Capitale, dénonce le retrait du crucifix. Des menaces sont envoyées à la direction de l’hôpital qui doit faire appel à la police.

Mettant de l’huile sur le feu, le mouvement Tradition Québec (MTQ), un groupe catholique d’extrême-droite, va installer un autre crucifix.

Mais face à ce déferlement haineux monté en épingle par nos agitateurs politiques, la direction recule et annonce la remise en place du crucifix.

En résumé, ceux-là même qui déchirent leur chemise à la moindre vue d’un voile sous prétexte de «laïcité de l’espace public» sont les mêmes qui réclament le maintien d’un crucifix dans un hôpital public.

Le petit Jésus doit se retourner dans sa tombe.

Mars – Bernard Drainville applaudit la Meute

Le parti libéral du Canada souhaite adopter la motion M103 contre l’islamophobie. Pour s’y opposer, l’extrême-droite se mobilise à travers le Canada. Au Québec, ils marchent à Montréal, Québec, Saguenay, Sherbrooke et Drummondville, entre autres.

La radio-poubelle prend le parti des islamophobes contre les antiracistes. Mais ce qui détonne ici, c’est la personne se portant à leur défense: nul autre que le promoteur de la Charte des valeurs et ex-ministre péquiste, Bernard Drainville.

Suivant sa pensée, si des racistes défilent calmement, leur message est plus acceptable que celui des antiracistes.

Commentant cette mobilisation sans précédent de l’extrême-droite raciste, Bernard Drainville aura entre autres ce commentaire:

« [Les antiracistes] Eux autres, ils sont pour l’inclusion. Ils sont contre l’intolérance, mais quand il arrive des manifestations comme celles-là, ils sont parmi les plus violents et les plus intolérants qui soient. La gauche violente. La gauche cagoulée (…) »

Et Duhaime de répliquer

«La Meute (…) En fin de semaine, on peut leur lever notre chapeau.»

Avril – Arthur propose de frapper des cyclistes

C’est à la table de l’ex-vice première ministre, Nathalie Normandeau, qu’André Arthur s’exprime fin mars en ces termes:

« Moi, ma définition d’un idiot, c’est quelqu’un qui fait du bicycle en hiver (…) Aujourd’hui, quelqu’un en bicycle, frappez-le, soulagez-le, faites quelque chose. »

Et Normandeau de répondre par un gloussement de plaisir.

Mais, pour une fois, la communauté indignée se mobilise. Les survivants endeuillés d’une tragédie cycliste répondent à André Arthur. Ciblé par un chauffard, l’homme d’affaires Louis Garneau dénonce l’effet d’entrainement causé par les propos d’André Arthur. Le propriétaire de l’École du vélo, Sylvain Potvin, dépose une plainte à la police pour « incitation à la haine ». Aussi, le conseiller municipal Paul Shoiry dénoncera les propos « dégueulasses » d’André Arthur.

En retour, André Arthur n’a offert que de méprisables excuses, rejetant notamment la faute sur la Coalition sortons les radios-poubelles. Et la station qui l’emploie, BLVD, s’en est tout simplement lavé les mains.

Aux dernières nouvelles Arthur est toujours à la radio. Il se porte très bien. Plus tard, il saluera l’impact positif de la prise de position de Louis Garneau sur ses cotes d’écoute.

Mai – La radio-poubelle unie contre le SRB

À l’initiative de Gilles Parent du FM93 et en période de sondages, la radio-poubelle s’unit dans une nouvelle campagne contre le Système Rapide par Bus (SRB). Radio X, le FM93, BLVD et NRJ s’unissent contre ce projet de transport en commun.

Le site d’extrême-droite The Rebel lance une pétition sur nonausrb.com. Nathalie Normandeau, qui encensait le transport en commun lorsqu’elle était ministre, enregistre une vidéo de mobilisation et réclame la sainte alliance.

Normandeau, consciente de son influence, projette d’«ébranler l’hôtel de Ville de Québec» et d’«ébranler le gouvernement du Québec» pour «faire en sorte que le SRB ne se réalise pas».

Mission accomplie.

Juin – Radio X fait du journalisme et le Devoir, c’est de la merde

Débat sur le financement public des quotidiens, Denis Gravel fait cette surprenante déclaration:

«Moi je trouve que le Devoir, c’est de la merde. Je trouve qu’on fait du journalisme».

Une raison de plus d’être d’accord avec les subventions aux quotidiens.

Août – Duhaime appuie un groupe néo-nazi et fait des lignes ouvertes racistes

L’arrivée de centaines de demandeurs d’asile haïtiens devient une nouvelle occasion pour la droite de surfer sur le climat xénophobe ambiant.

Curieusement, ceux qui rejettent l’étiquette de raciste « parce que l’Islam c’est pas une race », sont les mêmes qui s’opposent à l’arrivée de bons Haïtiens catholiques, francophones…. mais noirs.

Éric Duhaime en profite pour faire des lignes ouvertes sur ce sujet chaque jour pendant une semaine. La technique est la suivante: Duhaime chauffe son auditoire en utilisant des formules chocs comme « C’est une invasion! », « Le multiculturalisme à la Trudeau! », « On s’occupe pas de nos vieux et on devrait s’occuper des autres! », « Il y a-tu des criminels dans la gang! », et ainsi de suite.

Les auditeurs font le reste en répétant les mêmes affaires que leur gourou, mais souvent avec un peu plus de sauce. On peut ainsi entendre:

« pourquoi tant d’Haïtiens? On sait comment ils sont tellement travaillants! (…) Ils s’en viennent ici se faire vivre pour rien »

« c’est une forme d’invasion »

« si ça continue, ça va être 10,000, et si on continue ça va être 100,000! Ça finira jamais là  »

« Pourquoi on prend pas tous ces immigrés-là illégaux, on les embarque (…) et on les retourne tous dans leur pays? »

Puis, un groupe néo-nazi ultra-violent, Atalante, suspend une bannière au-dessus d’une autoroute sur laquelle il est inscrit « Remigration », ce qui signifie déporter les immigrants et leurs descendants.

Il va sans dire qu’Éric Duhaime et sa coanimatrice, Myriam Ségal, sont bien d’accord avec ça. Éric Duhaime dira:

« Je suis en partie d’accord avec ce que ces gens-là n’entrent pas. Fait que j’ai de la misère à voir quelque chose de haineux (…) De là à dire que c’est des slogans haineux, je trouve que c’est charrié, pas à peu près. »

Et Ségal de seconder son collègue en parlant du suprémaciste blanc ayant foncé dans la foule à Charlottesville:

«on ne peut pas dire parce qu’il y a un crackpot d’un mouvement suprémaciste blanc qui fait une connerie que tout le mouvement est condamnable (…) Ces gens-là ont le droit de s’exprimer dans le cadre de la légalité.»

Septembre – La voiture du président du CCIQ brûle

Comme on a pu le voir, l’attentat à la mosquée en janvier n’a pas refréné les ardeurs haineuses de la radio-poubelle, bien au contraire. Mais l’un de ceux qui s’est le plus démarqué à ce chapitre est nul autre qu’André Arthur.

Celui-ci s’acharnera sans trêve contre les victimes de l’attentat, le CCIQ et ses membres. Lorsque la voiture du président Mohamed Labidi est incendiée, André Arthur reprendra la thèse conspirationniste la plus débile: c’est lui-même qui aurait mis le feu « pour avoir l’air sympathique »!

Il ajoutera que le CCIQ est « identifié aux Frères musulmans » un groupe « extrémiste » et qualifiera M. Labidi de « manipulateur ».

On parle bien du représentant d’une communauté endeuillée et souffrant de stress post-traumatique. Mais André Arthur n’en a cure.

Bien entendu, aucune sanction d’aucune sorte n’a été émise à l’encontre de ce déversement haineux, mensonger et raciste. D’ailleurs, personne n’en a parlé.

Octobre – Les femmes violées par Weinstein sont suspectes

Des femmes prennent leur courage à deux mains et dénoncent leur agresseur sexuel: Harvey Weinstein, riche producteur de films d’Hollywood.

Jeff Fillion, père de deux jeunes filles, dénonce alors les victimes. Elles étaient « consentantes », ça « faisait leur affaire », « elles n’ont pas de valeurs » et elles sont « toutes fuckées ».

Après s’être attaqué aux victimes, il ne reste même plus assez de bile à cracher contre l’agresseur.

Novembre – Radio X devient l’opposition officielle à Québec

Forte de l’expérience de ses nombreuses campagnes politiques, Radio X présente son parti aux élections municipales: Québec 21. Il ne présente qu’une idée: plus de place pour les chars-qui-vont-écouter-Radio-X. Ça implique forcément un troisième lien à l’est.

Jeff Fillion tire les ficelles du pantin, Jeff Gosselin, chef de Québec 21. La manœuvre est un grand succès puisque le parti est aujourd’hui l’opposition officielle.

Nous avons publié un bilan détaillé de cette campagne qui aurait normalement due être largement dénoncée comme un flagrant exemple de propagande et de manipulation de masse. Il n’y a malheureusement que la Coalition qui en parle.

Décembre – Les personnes transgenres et gaies sont anormales

L’élection d’une personne trans à la tête de la Fédération des femmes du Québec devient une autre occasion pour les homophobes de déchirer leur chemise.

Denise Bombardier mène la charge en disant que toutes les personnes trans sont dans une « situation psychologique et physique catastrophique ».

Mais c’est Richard Martineau et Jonathan Trudeau qui, encouragés dans leurs préjugés, vont plus loin en qualifiant les gais « d’anormaux ».

L’année se termine sur Fillion qui, bouclant la boucle de toutes ses déclarations précédentes au sujet de la réduction du nombre d’élus, de l’interdiction des syndicats dans la fonction publique et de son anticommunisme virulent, en vient à réclamer un dictateur sanglant comme Duterte. Rendu la, il ne reste plus personne pour s’en indigner.

De toute façon, apparemment, tout le monde s’en tape.

Faisons quelques constats

En rétrospective, on est en mesure de faire certains constats. La radio-poubelle…

  • est islamophobe, raciste et homophobe. Elle applaudit les néo-nazis et est partisane d’une érosion démocratique.
  • instrumentalise la situation dramatique de personnes vulnérables pour augmenter ses cotes d’écoute. Elle s’attaque aux victimes (notamment les femmes victimes de viol) et protège les agresseurs.
  • est influente. Radio X est devenue l’opposition officielle au niveau municipal et des élus (Éric Caire et le ministre Sébastien Proulx notamment) se sont portés à sa défense, malgré l’attentat à la mosquée.
  • banalise l’extrême-droite et la rend acceptable dans l’espace public. Elle n’a aucun scrupule à s’allier avec elle au besoin.
  • est au service de l’élite. Les politiciens « respectables » étant passés à la radio-poubelle (Drainville, Normandeau) ne démontrent pas de divergence idéologique significative avec les animateurs populistes. Même sur les sujets les plus controversés. Et c’est très inquiétant.
  • peut attiser la violence contre des groupes identifiables sans conséquences.
  • voit son rôle central dans l’attentat déjà oublié.

Et pour changer les choses, on l’a vu, il ne suffit pas de s’indigner. Il faut aussi passer aux actes. Et ça implique une mobilisation large de tous les secteurs de la société et impliquant toutes les armes à notre disposition. Une riposte d’une ampleur qui n’a jamais été égalée. On y reviendra un jour.

La date de péremption est échue depuis longtemps, Il est grand temps de sortir les poubelles.

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La Coalition est apparue en 2012 et poursuit son observation de la haine ordinaire, du sexisme, du racisme, de l’islamophobie et de l’homophobie.

Voir la rétrospective de 2016.