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On a comparé les discours d’Elvis Gratton avec ceux de Jeff Fillion, et vous ne croirez jamais à ce qu’on a trouvé

Pierre Falardeau s’est-il inspiré de Jeff Fillion pour son personnage d’Elvis Gratton?

Ça serait surprenant. Le film est sorti en 1985 et Fillion a commencé la radio vers 1996.

Pourtant, tout ce contre quoi Falardeau chialait, on le retrouve chez Jeff Fillion.

Comme Fillion, Elvis Gratton est un entrepreneur, admirateur des États-Unis et un farouche adversaire du mouvement indépendantiste québécois. Il déteste la gauche, les personnes gaies, les syndicats, l’avortement, les pauvres etc.

Ce que le personnage d’Elvis Gratton cherche à démontrer, c’est le larbinisme d’une élite vulgaire de petits boss, de gérants de caisse populaire, de journalistes et d’échevins. Leur aplaventrisme face aux États-Unis et au Canada. Leur mépris des gens ordinaires.

Ça dénonçait les parvenus qui méprisent le peuple. Qui mettent la culture étatsunienne au-dessus de celle du Québec. Falardeau ajoutait que Gratton est le “colonisé adoptant les mœurs du dominant”.

Le seul problème c’est que le film Elvis Gratton est sorti en 1985… et que Jeff Fillion a le même discours en 2019. Gratton est un personnage, une caricature, alors que Fillion est une vraie personne.

Ça veut dire que ça fait au moins 34 ans que ce discours a dépassé la date de péremption.

On a pris tous les éléments du script du film d’Elvis Gratton (et même plus) exprimant ses opinions et on a tenté de trouver un équivalent chez Fillion. Le résultat est sidérant.

ElvisFillion
“C’est fini ça, les séparatisses. Va falloir les mettre au pas. Eux autres pis les unions, pis les professeurs qui endoctrinent nos jeunes dans nos écoles.”
Elvis Gratton, la séance photo
« Le premier geste que je pose demain (…) question de sécurité nationale, c’est de mettre au plus sacrant dans les CPE, dans les secondaires et les universités, des caméras, tout de suite (…) Les enfants sont charmés par le discours communiste »
Radio X, 1 octobre 2018
“Faut absolument qu’il passe [Groleau] à la convention pour se débarrasser de c’te gang de barbus et de socialistes”
Elvis Gratton, la séance photo
« Faut qu’il y ait une loi qui empêche le secteur public d’avoir un syndicat (…) Moi je pense qu’on va voir un combat énorme entre le monde ordinaire et l’establishment, ça inclut les syndicats. »
Le caporal Fillion recommande d’interdire les syndicats et de réduire le nombre d’élus
“C’est fini ça, l’avortement”
Elvis Gratton, la séance photo
L’avortement « Ça peut pas devenir un moyen de contraception »
Il y a trop d’avortements, selon Jeff Fillion
“Le bien-être social, on va mettre un stop à ça”
Elvis Gratton, la séance photo
« BS, faut plus que ce soit à vie, il faut couper ça »
Jeff Fillion, 1 février 2019
“Puis la loi 101, christ. C’est pas eux autres qui vont venir me runner dans mon magasin. Et c’est pas eux qui vont m’empêcher d’envoyer mes enfants à l’école de langue anglaise si je veux.”
Elvis Gratton, la séance photo
“Mes filles vont dans une école Vision”
“S’ils en veulent des jobs, va falloir arrêter de cracher sur les Américains qui veulent venir investir ici. C’est nous autres, l’entreprise privée, qui fait vivre le pays.”
Elvis Gratton, la séance photo
“Btw, y’a très peu de subventions pour le lait [Aux EU]. La gestion de l’offre représente BEAUCOUP plus.
Même avec des subventions comme aux États-Unis, on serait mieux.”
Dominique Dumas, 4 novembre 2018
“S’ils sont pas contents, qu’ils aillent donc vivre à Cuba”
Elvis Gratton, la séance photo
« Le Venezuela c’est le pays modèle d’Amir Khadir et de Québec Solidaire »
Radio X, 18 février 2016
“Avec Groleau, on va mettre de l’ordre là-dedans, c’est ça qu’il manque aujourd’hui, l’ordre”
Elvis Gratton, la séance photo
« Faut mettre des caméras dans tous les autobus et donner le pouvoir aux chauffeurs d’imposer le respect et la discipline »
Radio X, 29 octobre 2018
“Les révolutionnaires, on va leur mettre un peu de plomb dans la tête”
Elvis Gratton, la séance photo
“On vous donne la chance de manifester pacifiquement. La minute que quelqu’un fait du grabuge, il a une balle entre les deux yeux. Il n’y en aura pas de grabuge”
G7: Fillion propose « une balle entre les deux yeux » aux protestataires
“L’indépendance, c’est des folleries!”
Elvis Gratton, la séance photo
Le Venezuela « Un Québec indépendant, dans 20 ans, c’est ça »
Radio X, 18 février 2016
“Avec Groleau à l’hôtel de Ville, m’a l’avoir mon permis d’bière!”
Elvis Gratton, la séance photo
“Le CRTC a pour sa part demandé à RNC Media de fournir des preuves que tous les candidats ont eu droit à une plateforme leur donnant la chance d’exposer leurs idées, que le public a été adéquatement informé des positions de tous les candidats et partis, et que la chaîne a donné une chance égale à tous les partis”
Une radio de Québec accusée de propagande en faveur d’un candidat à la mairie
“T’aurais pas le goût de faire un petit 20 vite? Aweille don’, j’te ferai pas mal.”
Elvis Gratton, la scène du truck

« La prostitution sous toutes ses formes, c’est pas si grave que ça. »
Augusto Ricochet: “S’t’un homme de même que ça nous prendrait. On moins on saurait où est-ce qu’on s’en va.”
Elvis Gratton, en vacance
Duterte? « Il est bon en criff! C’est rendu l’un des pays les plus performants! Ça nous prendrait un gars de même. »
Duterte? « Ça nous prendrait un gars de même », selon Jeff Fillion
“Avez-vous lu l’article d’Yvan Lamarde? Ça va nous donner un coup de pouce pour les élections!” -Gratton
“Les journalistes, si tu veux qu’ils mangent dans ta main, il faut en prendre soin” -Groleau
Elvis Gratton, le buffet hawaiien
« Les journalistes qui disent qu’il y a eu austérité au Québec devraient être mis en prison. C’est des gens qui désinforment.»
Fillion mettrait les journalistes qui pensent différemment en prison
“Les jeunes là, aujourd’hui, ils pensent que tout leur est dû. Ils veulent plus travailler, ils veulent plus étudier, et ils ont plus aucun respect pour les hommes d’affaires”
Elvis Gratton, le buffet hawaiien
L’alcool c’est beau, mais « les jeunes sont tournés vers les pelules »
Radio X, 11 octobre 2016
“C’est ça les Canadiens-français. Aussitôt qu’il y en a un qui réussit, paf, tous les autres essaient de le caler »
Elvis Gratton, la scène du spagat
“Tiens! À SRC, c’est une fois que movember est un succès qu’on dit qu’on devrait répartir l’argent à d’autres cancers.”

Dôme Dumas, 30 novembre 2011
“Un Chinois, un autre qui s’en vient voler nos jobs”
Elvis Gratton, la scène du spagat
“Le Mexique c’est sûr qu’il faut faire attention, il y a de la rapace, là. Mais, j’veux dire, la majorité sont une bonne main-d’œuvre (…) Faut juste s’assurer qu’ils ont pas les deux mains proches de la mafia”
« Le Mexique, c’est sûr qu’il faut faire attention, il y a de la rapace, là », selon Fillion
“Ton frère Méo, il l’a jamais pris que je me parte en business, jamais”
Elvis Gratton, la scène du spagat
“Les gens sérieux qui font business en affaire ne quêtent pas de subventions”
Radio X, 23 mars 2017
“Si c’était rien que de moi, je m’en irais vivre aux States. Je vendrais tout ici. Je m’achèterais un beau condom minium. J’serais ben là-bas.”
Elvis Gratton, la scène du spagat
“Si j’étais plus jeune, je sacrerais mon camp aux États-Unis”
Et il a son beau château en Floride!
“Ils l’ont tu l’affaire les Amaricains. R’garde, Elvis, lui il l’avait.”
Elvis Gratton, la scène du spagat
« Donald Trump est le plus grand président des États-Unis, encore meilleur que Ronald Reagan »
Radio X, 12 juin 2018

“Faut que le gouvernement ce soit runné comme une business. Faut fermer les écoles. Les foyers de vieux. Et tout le reste, il faut privatiser.”
Elvis Gratton 2, la scène de l’aéroport
« On peut pas construire un système scolaire pour tout le monde »
Radio X, 10 janvier 2017
“La décoration, je trouve ça un peu fif”
Elvis Gratton 2, la scène avec son agent
“J’suis pas homophobe, j’suis pas anti-gai, mais tabarnaque, les enfants écoutent la télé! Non, non, non! On n’a pas à fucker nos enfants.’’
Pas homophobe mais…

On est aujourd’hui en mesure de constater le génie de Falardeau faisant ressusciter Elvis Gratton à la fin du film, parce que comme le dit Julien Poulin “La bêtise ne meurt jamais”.

“Gratton il peut pas mourir. C’est pour ça qu’on l’avait fait ressusciter dans le premier. Des Elvis Gratton il y en a mur à mur au Québec et dans le monde. Aussitôt qu’il y en a un qui meurt il y en a 1000 pour prendre sa place” -Falardeau

Sur ce point il n’y a aucun doute, Falardeau et Poulin avaient raison.

T’es toxique Éric

Éric s’est retrouvé dans les manchettes, hier, pour sa collaboration à un site de merde qui surfe sur la haine de l’Autre, j’ai nommé The Rebel, un site canadien qui n’a apparemment jamais rencontré de crackpot assez fou pour ne pas collaborer avec lui…

Lapresse.ca

Se défendre contre Richard Martineau

martineau

Par Graisseux Beurk Beauté

Ce texte est un détournement de celui de Mathieu Bock-Côté : À la défense de Richard Martineau

Dans le milieu des mononcs d’extrême-droite, il y a un manque d’éducation politique qui fait des dégâts. Ces mononcs apprécient Richard Martineau. Ils lui font des éloges quand celui-ci déverse ses préjugés à l’égard des victimes d’une société inégalitaire et, tant qu’à lui dresser un autel, on y ajoute le portrait de sa femme pour les prier et les remercier en paire de libérer la parole raciste et misogyne. La caricature est la suivante : Martineau serait le champion de la liberté d’expression du paysage québécois. Mais il fait fortune dans la rumeur. D’ailleurs, on notera que chez les gens de gauche, dénoncer la démagogie de Martineau est devenu une pénible corvée. Combien de fois a-t-on vu des écrivains, journalistes ou militants de gauche perdre de leur précieux temps à démentir une à une les innombrables contre-vérités que déverse Martineau sur ses multiples tribunes ? Écrire son nom est déjà une saloperie dont on se passerait. On n’est pas résistant à peu de frais. « Oh la ! Martineau a encore vomi une chronique démagogique », dira le premier antifasciste. « Tu m’étonnes », dira le second, écœuré et découragé de ce flot continu d’imbécilités.  Fuck Martineau !

Qu’on me permette pourtant de dire mon mépris de ce démagogue bien rémunéré, parce que la rumeur médiatique, qui aime se fabriquer des monstres, nous impose ce Martineau qui jouit des coups qu’il donne aux minorités et des crachats que l’on doit constamment essuyer, la chose étant objectivement pénible pour peu que l’on prenne la peine de l’imaginer. Car Martineau, qui se fait passer pour un tribun depuis des années, représente les intérêts des classes dirigeantes dans un paysage médiatique qui fonctionne au consensus bourgeois obligatoire. Alors que l’homme ordinaire est généralement méprisé et manipulé par Martineau (et ses amis populistes de droite), ce dernier le transforme en petit être frustré, raciste et sexiste (et ce petit homme, on est obligé de le corriger en permanence pour qu’il refoule ces pulsions phobiques, ce discours haineux, vulgaire et décomplexé par la lecture de ses chroniques), Martineau se porte ensuite à la défense de sa création : cet homme radicalisé à droite.

On veut nous faire croire à un conservatisme spontané des classes populaires. C’est qu’un mélange d’éducation à la servilité dans les écoles et de démagogie dans les journaux aux ordres des puissants leur est asséné depuis l’enfance jusqu’à la tombe. Bien intégrée, cette ignorance programmée est le pilier de la domination bourgeoise, elle permet aux propriétaires du capital de détourner les masses de leur intérêt général au profit de ceux qui les exploitent. Au vingtième siècle, l’Église fit place aux médias dans ce rôle de manipulation des foules. Évidemment, bien utilisé, ce conservatisme a mené les classes populaires au fascisme. Ça, les populistes de droite, tel Martineau, Durocher, Bock-Côté, Ravary, Duhaime et Jeff Fillion, le savent, mais le nient, en voulant nous faire croire, par exemple, que Marine Le Pen est de gauche.  Pour peu qu’on le lise sérieusement, Richard Martineau est celui qui tient le premier rôle, dans la vie publique, pour la dédiabolisation des idées d’extrême-droite et pour la décomplexion du racisme et de l’islamophobie. Ses sentiments sont sans noblesse aucune.

[Passons le paragraphe sur Les Franc-tireurs, je n’ai pas toute la journée pour parodier un texte aussi débile]

Selon une formule qui mériterait d’être « convenue », on ne peut pas aimer ce que Martineau veut faire passer pour des idées. Le mépris qu’il mérite et qu’on ne lui démontre pas assez souvent a quelque chose de libérateur. Il témoigne d’une pulsion vitale d’une certaine intelligentsia qui en a fait sa tête de turc dans un esprit satirique, inquiète qu’elle est de lire les commentaires haineux et racistes de ceux qui se reconnaissent en lui. Ceux qui s’amusent à s’essuyer les pieds sur lui s’honorent en le remettant à la place de paillasson qui lui revient. Si un plus grand nombre de personnes sensées prenaient la peine de le lire quotidiennement elles seraient plus révoltées que surprises : elles découvriraient un locuteur sans qualité qui accumule des textes toujours semblables, mal écrits, simplificateurs et démagogiques avec qui il serait inutile et même indigne de vouloir débattre. Ils entendraient aussi la voix de bien des gens qui répètent les idées de Martineau, mais sans la retenue hypocrite de ce dernier, cette prudence étant, depuis des années, la seule chose qui lui permette de développer ce discours criminel tout en évitant d’être traduit en justice pour appels à la haine.