Archives pour la catégorie islamophobie

Le Cégep de Sainte-Foy peut faire mieux contre l’islamophobie

Nous publions ce texte sous forme de lettre que nous vous invitons à faire suivre au service des communications du Cégep info@cegep-ste-foy.qc.ca; danielle.beaudet@cegep-ste-foy.qc.ca

Monsieur, Madame,

Votre administration a pris la décision de suspendre quatre étudiantes ayant réalisé une vidéo qui a suscité de vives réactions. Moins de deux ans après l’attentat à la mosquée de Sainte-Foy, aborder l’islamophobie de façon légère ou maladroite, c’est quelque chose qu’on ne peut plus accepter. Nous savons tous que le racisme tue.

Mais je constate que votre institution fait preuve de beaucoup moins de détermination quand c’est le temps de suspendre la publicité qu’elle achète à une certaine radio de la capitale, qu’on appelle radio-poubelle. Il s’agit pourtant d’un média exprimant des propos islamophobes et racistes avec une puissance, une vigueur et une fréquence qui surpassent de beaucoup la petite vidéo des quatre étudiantes suspendues.

Par exemple, en juin 2018, Jean-François (Jeff) Fillion a été condamné par le Conseil de presse du Québec pour les propos islamophobes suivants: « Leur technique [aux musulmans] est de s’intégrer pis de vivre comme nous pis de se rapprocher de nous, pis à un moment opportun de frapper ». Le CPQ juge que ces propos sont « discriminatoires sur la base de la religion et tendent à entretenir des préjugés envers les musulmans ».

La radio-poubelle a aussi été pointée du doigt pour son rôle dans l’attentat à la mosquée par des dizaines de personnes dans la communauté musulmane, des journalistes, des politiciens, des communicateurs, des artistes et des intellectuels.

Comment votre institution peut, à la fois, punir quatre étudiantes pour une vidéo malavisée, alors qu’elle contribue à payer le salaire d’animateurs islamophobes?

Votre institution vient de démontrer son admirable intransigeance dans la lutte contre le racisme. Elle se voudrait certes un modèle pour toutes les autres. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin?

En souhaitant que vous soyez cohérente et que vous preniez la décision qui s’impose. Une institution d’enseignement se doit, après tout, de donner l’exemple à la jeune génération; l’enjeu de l’opposition au racisme nous concerne tous et toutes.

Le tueur de la mosquée est un « prisonnier politique », selon Éric Duhaime

Le tueur de la Grande mosquée de Québec, est-il un prisonnier politique? C’est ce qu’affirme Éric Duhaime hier dans une longue explication étrange et confuse. C’est, en d’autres mots, ce qu’il avait déjà dit le 25 octobre.

Éric Duhaime est un communicateur habile. Il fait un long réquisitoire qui n’a rien à voir avec le sujet principal en espérant que sa logorrhée finisse par embrouiller complètement son auditoire. Écoutez l’extrait ci-joint et prenez des notes. Ceci est un cas d’école.

C’est la défense Chewbacca.

Éclaircissons les choses. Qu’est-ce qu’un prisonnier politique?

Si on en juge par le livre Les prisonniers politiques au Québec, de Jean-Philippe Warren, il s’agit de membres du FLQ en 1970, des Patriotes de 1837, des Métis de Louis Riel en 1885 et des anticonscriptionnistes en 1917.

Si on va a l’international et qu’on regarde la définition suggérée par Wikipédia,  »un prisonnier politique est une personne emprisonnée pour des motifs politiques, c’est-à-dire pour s’être opposé par des actions au pouvoir en place de son pays ». Amnistie internationale considère que les prisonniers d’opinion font partie des prisonniers politiques.

Si on regarde la liste des gens dans la catégorie prisonniers politiques sur Wikipédia, on trouve beaucoup de militants pour les droits humains, comme Jordi Sànchez, militant indépendantiste catalan. Ou Bassel Khartabil, développeur open-source palestinio-syrien.

Et si on jette un œil sur la Top 10 Political Prisoners du Times, on retrouve Nelson Mandela, Gandhi et Martin Luther King.

Voyez-vous la similitude entre ces prisonniers politiques et Alexandre Bissonnette le tueur de la mosquée de Sainte-Foy? Non?

C’est probablement parce qu’il n’y en a pas et qu’Éric Duhaime est un démagogue islamophobe fanatique, cherchant en réalité à glorifier une figure de la droite radicale pour faire plaisir à sa gang d’extrême-droite.

Éric Duhaime est un agitateur politique dangereux en mission pour des intérêts non-avoués. Il s’amuse à miner le climat social et à polariser la population. Il doit quitter les ondes.

Vous trouvez ces propos inacceptables? Vous pouvez porter plainte au CCNR, ou écrire une lettre aux annonceurs.

FM93: Alexandre Bissonnette est un prisonnier politique

31 octobre 2018, Le retour d’Éric Duhaime, avec Éric Duhaime (00:04:24)

14h50 ED- « (L’enseignante congédiée) au niveau de la terminologie avait raison (…) Bissonnette pour moi, même s’il a agi seul, c’est un attentat terroriste (…) Un prisonnier politique, c’est quelqu’un qui veut et qui a commis des crimes (…) En 94, au Canada, le ministre Allan Rock a adopté une législation contre les crimes haineux qui ciblaient des groupes minoritaires (…) pour dire que ça a un caractère encore pire parce que c’est pas juste la victime que tu tues, c’est toute une communauté que tu cibles, et tu as des motivations politiques ou religieuses quand tu fais ça »

(…)

« S’il y a des gens qui pensent que parce que j’ai dit ça je défendais Alexandre Bissonnette, faudrait que vous révisiez comment ça fonctionne au niveau judiciaire, parce que la définition même de ce que j’ai dit, c’est pas ça. Et pour avoir déjà travaillé dans des organisations internationales, c’est au secrétariat d’État américain que j’ai appris l’utilisation du mot prisonnier politique et la nuance entre prisonnier politique et prisonnier d’opinion. »

fm93-31oct2018-14h52-bissonnnette-prisonnier-politique.mp3

La part de Trump

« Quand certains acteurs de la radio de Québec disent et répètent que les musulmans sont «incompatibles» avec la culture occidentale et qu’aucun imam n’aurait jamais condamné le terrorisme jihadiste, ils contribuent à normaliser l’islamophobie.

(…)

C’est en ce sens, et pas à cause des liens (parfois ténus) qu’on leur trouve avec des terroristes, que ces gens-là ont «du sang sur les mains». »

Latribune.ca