Archives pour la catégorie liberté d’expression

Maurais propose de mettre les manifestants en prison

Après Jeff Fillion proposant de leur mettre « une balle dans la tête », voici Maurais proposant sa solution anti-manifestants: mettre tout le monde en prison.

Dans quels pays approuve-t-on de telles pratiques? Ça ne serait pas dans « des pays de cul », par hasard?

Et la libârté d’expression?

Dégouté? Pourquoi ne pas écrire une lettre aux annonceurs pour vous défouler.

CHOI: Des peines de prison pour les manifestants

5 juin 2018, Maurais avec Dominic Maurais, Dany Gravel et Jean-Christophe Ouellet

6h50: DM- « On fait tout ça pour se protéger d’une bande de connards. Si on augmentait les peines de prison, si on mettait ça un peu plus salé dans le code criminel, j’haïrais pas ça, moi. Un petit extra, là. Manif illégale, tu fais 2 ans de prison. On comprend très bien qu’ils feront pas 2 ans de prison, là. T’es là, la police call la manif illégale pour la troisième fois, tu t’en vas en-dedans, casier judiciaire, 2 ans de prison. Il y en aurait peut-être moins. »

JC- « Moi juste le casier… moi j’irais avec des amendes, plus. »

DM- « Waf. C’est papa qui va payer (…) Je veux que ce soit plus musclé. C’est ça mon point. »

JC- « Tu pimpes les amendes à 10,000$ (…) »

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« Si on se donne les moyens d’essayer de repousser le plus loin possible l’intolérance et les discours haineux, bien on aura gagné quelque chose », dit le codirecteur de l’Observatoire sur la radicalisation

« Ce que vous dites sur les mots et sur une banalisation du discours (…) On oublie que les mots peuvent désigner des coupables. Les mots peuvent accuser des gens. Les mots peuvent stigmatiser, déshumaniser et effectivement les mots peuvent tuer.

Il n’y a pas de génocide qui n’a pas été précédé par des discours haineux, des discours violents. Quand on voit les discours auxquels on assiste à l’heure actuelle, on a trop tendance à banaliser ça et à faire comme si l’histoire n’allait pas se répéter, alors que l’histoire est un long continuum. Et souvent les mots, c’est la face émergée un peu de l’iceberg et je pense qu’il faut être plus attentifs au discours. »

(…)

« Je pense que ce qui est important et fondamental, c’est que l’extrémisme violent a toutes sortes de visages et qu’il faut arrêter de penser qu’il y a une idéologie extrémiste qui est plus acceptable parce qu’elle est chez nous, parce qu’on la côtoie ou qu’on la  »comprend » mieux entre guillemets. Je pense que toutes ces formes-là de discours haineux peuvent conduire quelques individus à passer à l’acte. Collectivement, on n’empêchera pas tous les attentats, c’est impossible, mais si on se donne les moyens d’essayer de repousser le plus loin possible l’intolérance et les discours haineux, bien on aura gagné quelque chose socialement parlant. »

-David Morin, Codirecteur de l’Observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent, Tout le monde en parle, 30 avril 2018,

Ça commence à 15 minutes.

Rétrospective 2017: les musulmans endeuillés, les gais et les demandeurs d’asile piétinés de concert avec l’extrême droite

La radio-poubelle a débuté difficilement l’année 2017. Blâmée d’entretenir le climat toxique ayant conduit à l’attentat à la mosquée en janvier, elle se retrouve aujourd’hui tout à fait normalisée.

L’islamophobie y a fait une pause de 48 heures. Ça fait longtemps que tout est revenu business as usual.

Voici un résumé des faits saillants de la radio-poubelle en 2017.

Janvier – Attentat à la mosquée: la radio est pointée du doigt

Le 29 janvier 2017, un ultranationaliste xénophobe, Alexandre Bissonnette, entre dans une mosquée à Sainte-Foy et ouvre le feu sur les fidèles assemblés. Résultat du carnage: 6 morts et 8 blessés, dont un très grave.

Cet acte est le point culminant d’années d’islamophobie savamment alimentée par des politiciens en manque de votes, et par des journalistes en manque d’auditoire, tout ça mijotant dans un contexte de morosité économique et sociale.

Très rapidement, la radio-poubelle se retrouve au banc des accusés.

Plusieurs membres de la communauté musulmane dénoncent l’impact toxique de la radio-poubelle. Des professeurs d’université, des artistes, des chroniqueurs et des journalistes aussi.

Dans les 3 semaines suivant l’attentat, nous avons répertorié 61 articles mentionnant le rôle de la radio-poubelle dans l’attentat (1, 2, 3). C’est l’avis de la presse locale et internationale.

Le maire de Québec brisera timidement l’omerta en affirmant qu’ « Il y a des choses qui ne pourront plus être dites », après l’attentat. Un ancien agent des services secrets, Michel Juneau-Katsuya, ajoutera que la radio « a du sang sur les mains ».

Une manifestation aura même lieu devant les bureaux de Radio X. Une bannière indiquant « Radio X au service des riches et des racistes », a été fabriquée pour l’occasion.

Mais les forces du statu quo reprennent vite le dessus. Le député Éric Caire et le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, tous deux des habitués de Radio X, se porteront à la défense de la radio-poubelle, neuf jours après l’attentat.

Et depuis? Plus rien ou presque. L’islamophobie a repris de plus belle, encore plus décomplexée et banalisée qu’avant.

Février – L’extrême-droite catholique et l’extrême-droite économique s’unissent pour protéger un crucifix

Un patient de l’hôpital Saint-Sacrement demande que soit retiré un crucifix se trouvant sur un mur apparent, entre deux ascenseurs. La direction acquiesce, se basant sur le principe de neutralité religieuse de l’État dicté par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

Voilà l’occasion idéale qu’espérait l’extrême-droite pour faire une énorme crise du bacon victimaire que nous avons nommé le Crucifixgate.

Le FM93 (Sylvain Bouchard, Bernard le-père-de-la-charte-des-valeurs Drainville et Éric Duhaime) font la promotion du crucifix tout en relayant une pétition islamophobe anonyme dénonçant un grave recul de notre identité dû aux «religions qui s’établissent au Québec ». Elle récolte 14,000 signatures en quelques jours. Le média d’extrême-droite The Rebel, où Duhaime est collaborateur, relaie aussi sa propre pétition.

La période des sondages Numéris a commencé. Tous les coups sont permis.

À la même antenne, François Blais, ministre responsable de la Capitale, dénonce le retrait du crucifix. Des menaces sont envoyées à la direction de l’hôpital qui doit faire appel à la police.

Mettant de l’huile sur le feu, le mouvement Tradition Québec (MTQ), un groupe catholique d’extrême-droite, va installer un autre crucifix.

Mais face à ce déferlement haineux monté en épingle par nos agitateurs politiques, la direction recule et annonce la remise en place du crucifix.

En résumé, ceux-là même qui déchirent leur chemise à la moindre vue d’un voile sous prétexte de «laïcité de l’espace public» sont les mêmes qui réclament le maintien d’un crucifix dans un hôpital public.

Le petit Jésus doit se retourner dans sa tombe.

Mars – Bernard Drainville applaudit la Meute

Le parti libéral du Canada souhaite adopter la motion M103 contre l’islamophobie. Pour s’y opposer, l’extrême-droite se mobilise à travers le Canada. Au Québec, ils marchent à Montréal, Québec, Saguenay, Sherbrooke et Drummondville, entre autres.

La radio-poubelle prend le parti des islamophobes contre les antiracistes. Mais ce qui détonne ici, c’est la personne se portant à leur défense: nul autre que le promoteur de la Charte des valeurs et ex-ministre péquiste, Bernard Drainville.

Suivant sa pensée, si des racistes défilent calmement, leur message est plus acceptable que celui des antiracistes.

Commentant cette mobilisation sans précédent de l’extrême-droite raciste, Bernard Drainville aura entre autres ce commentaire:

« [Les antiracistes] Eux autres, ils sont pour l’inclusion. Ils sont contre l’intolérance, mais quand il arrive des manifestations comme celles-là, ils sont parmi les plus violents et les plus intolérants qui soient. La gauche violente. La gauche cagoulée (…) »

Et Duhaime de répliquer

«La Meute (…) En fin de semaine, on peut leur lever notre chapeau.»

Avril – Arthur propose de frapper des cyclistes

C’est à la table de l’ex-vice première ministre, Nathalie Normandeau, qu’André Arthur s’exprime fin mars en ces termes:

« Moi, ma définition d’un idiot, c’est quelqu’un qui fait du bicycle en hiver (…) Aujourd’hui, quelqu’un en bicycle, frappez-le, soulagez-le, faites quelque chose. »

Et Normandeau de répondre par un gloussement de plaisir.

Mais, pour une fois, la communauté indignée se mobilise. Les survivants endeuillés d’une tragédie cycliste répondent à André Arthur. Ciblé par un chauffard, l’homme d’affaires Louis Garneau dénonce l’effet d’entrainement causé par les propos d’André Arthur. Le propriétaire de l’École du vélo, Sylvain Potvin, dépose une plainte à la police pour « incitation à la haine ». Aussi, le conseiller municipal Paul Shoiry dénoncera les propos « dégueulasses » d’André Arthur.

En retour, André Arthur n’a offert que de méprisables excuses, rejetant notamment la faute sur la Coalition sortons les radios-poubelles. Et la station qui l’emploie, BLVD, s’en est tout simplement lavé les mains.

Aux dernières nouvelles Arthur est toujours à la radio. Il se porte très bien. Plus tard, il saluera l’impact positif de la prise de position de Louis Garneau sur ses cotes d’écoute.

Mai – La radio-poubelle unie contre le SRB

À l’initiative de Gilles Parent du FM93 et en période de sondages, la radio-poubelle s’unit dans une nouvelle campagne contre le Système Rapide par Bus (SRB). Radio X, le FM93, BLVD et NRJ s’unissent contre ce projet de transport en commun.

Le site d’extrême-droite The Rebel lance une pétition sur nonausrb.com. Nathalie Normandeau, qui encensait le transport en commun lorsqu’elle était ministre, enregistre une vidéo de mobilisation et réclame la sainte alliance.

Normandeau, consciente de son influence, projette d’«ébranler l’hôtel de Ville de Québec» et d’«ébranler le gouvernement du Québec» pour «faire en sorte que le SRB ne se réalise pas».

Mission accomplie.

Juin – Radio X fait du journalisme et le Devoir, c’est de la merde

Débat sur le financement public des quotidiens, Denis Gravel fait cette surprenante déclaration:

«Moi je trouve que le Devoir, c’est de la merde. Je trouve qu’on fait du journalisme».

Une raison de plus d’être d’accord avec les subventions aux quotidiens.

Août – Duhaime appuie un groupe néo-nazi et fait des lignes ouvertes racistes

L’arrivée de centaines de demandeurs d’asile haïtiens devient une nouvelle occasion pour la droite de surfer sur le climat xénophobe ambiant.

Curieusement, ceux qui rejettent l’étiquette de raciste « parce que l’Islam c’est pas une race », sont les mêmes qui s’opposent à l’arrivée de bons Haïtiens catholiques, francophones…. mais noirs.

Éric Duhaime en profite pour faire des lignes ouvertes sur ce sujet chaque jour pendant une semaine. La technique est la suivante: Duhaime chauffe son auditoire en utilisant des formules chocs comme « C’est une invasion! », « Le multiculturalisme à la Trudeau! », « On s’occupe pas de nos vieux et on devrait s’occuper des autres! », « Il y a-tu des criminels dans la gang! », et ainsi de suite.

Les auditeurs font le reste en répétant les mêmes affaires que leur gourou, mais souvent avec un peu plus de sauce. On peut ainsi entendre:

« pourquoi tant d’Haïtiens? On sait comment ils sont tellement travaillants! (…) Ils s’en viennent ici se faire vivre pour rien »

« c’est une forme d’invasion »

« si ça continue, ça va être 10,000, et si on continue ça va être 100,000! Ça finira jamais là  »

« Pourquoi on prend pas tous ces immigrés-là illégaux, on les embarque (…) et on les retourne tous dans leur pays? »

Puis, un groupe néo-nazi ultra-violent, Atalante, suspend une bannière au-dessus d’une autoroute sur laquelle il est inscrit « Remigration », ce qui signifie déporter les immigrants et leurs descendants.

Il va sans dire qu’Éric Duhaime et sa coanimatrice, Myriam Ségal, sont bien d’accord avec ça. Éric Duhaime dira:

« Je suis en partie d’accord avec ce que ces gens-là n’entrent pas. Fait que j’ai de la misère à voir quelque chose de haineux (…) De là à dire que c’est des slogans haineux, je trouve que c’est charrié, pas à peu près. »

Et Ségal de seconder son collègue en parlant du suprémaciste blanc ayant foncé dans la foule à Charlottesville:

«on ne peut pas dire parce qu’il y a un crackpot d’un mouvement suprémaciste blanc qui fait une connerie que tout le mouvement est condamnable (…) Ces gens-là ont le droit de s’exprimer dans le cadre de la légalité.»

Septembre – La voiture du président du CCIQ brûle

Comme on a pu le voir, l’attentat à la mosquée en janvier n’a pas refréné les ardeurs haineuses de la radio-poubelle, bien au contraire. Mais l’un de ceux qui s’est le plus démarqué à ce chapitre est nul autre qu’André Arthur.

Celui-ci s’acharnera sans trêve contre les victimes de l’attentat, le CCIQ et ses membres. Lorsque la voiture du président Mohamed Labidi est incendiée, André Arthur reprendra la thèse conspirationniste la plus débile: c’est lui-même qui aurait mis le feu « pour avoir l’air sympathique »!

Il ajoutera que le CCIQ est « identifié aux Frères musulmans » un groupe « extrémiste » et qualifiera M. Labidi de « manipulateur ».

On parle bien du représentant d’une communauté endeuillée et souffrant de stress post-traumatique. Mais André Arthur n’en a cure.

Bien entendu, aucune sanction d’aucune sorte n’a été émise à l’encontre de ce déversement haineux, mensonger et raciste. D’ailleurs, personne n’en a parlé.

Octobre – Les femmes violées par Weinstein sont suspectes

Des femmes prennent leur courage à deux mains et dénoncent leur agresseur sexuel: Harvey Weinstein, riche producteur de films d’Hollywood.

Jeff Fillion, père de deux jeunes filles, dénonce alors les victimes. Elles étaient « consentantes », ça « faisait leur affaire », « elles n’ont pas de valeurs » et elles sont « toutes fuckées ».

Après s’être attaqué aux victimes, il ne reste même plus assez de bile à cracher contre l’agresseur.

Novembre – Radio X devient l’opposition officielle à Québec

Forte de l’expérience de ses nombreuses campagnes politiques, Radio X présente son parti aux élections municipales: Québec 21. Il ne présente qu’une idée: plus de place pour les chars-qui-vont-écouter-Radio-X. Ça implique forcément un troisième lien à l’est.

Jeff Fillion tire les ficelles du pantin, Jeff Gosselin, chef de Québec 21. La manœuvre est un grand succès puisque le parti est aujourd’hui l’opposition officielle.

Nous avons publié un bilan détaillé de cette campagne qui aurait normalement due être largement dénoncée comme un flagrant exemple de propagande et de manipulation de masse. Il n’y a malheureusement que la Coalition qui en parle.

Décembre – Les personnes transgenres et gaies sont anormales

L’élection d’une personne trans à la tête de la Fédération des femmes du Québec devient une autre occasion pour les homophobes de déchirer leur chemise.

Denise Bombardier mène la charge en disant que toutes les personnes trans sont dans une « situation psychologique et physique catastrophique ».

Mais c’est Richard Martineau et Jonathan Trudeau qui, encouragés dans leurs préjugés, vont plus loin en qualifiant les gais « d’anormaux ».

L’année se termine sur Fillion qui, bouclant la boucle de toutes ses déclarations précédentes au sujet de la réduction du nombre d’élus, de l’interdiction des syndicats dans la fonction publique et de son anticommunisme virulent, en vient à réclamer un dictateur sanglant comme Duterte. Rendu la, il ne reste plus personne pour s’en indigner.

De toute façon, apparemment, tout le monde s’en tape.

Faisons quelques constats

En rétrospective, on est en mesure de faire certains constats. La radio-poubelle…

  • est islamophobe, raciste et homophobe. Elle applaudit les néo-nazis et est partisane d’une érosion démocratique.
  • instrumentalise la situation dramatique de personnes vulnérables pour augmenter ses cotes d’écoute. Elle s’attaque aux victimes (notamment les femmes victimes de viol) et protège les agresseurs.
  • est influente. Radio X est devenue l’opposition officielle au niveau municipal et des élus (Éric Caire et le ministre Sébastien Proulx notamment) se sont portés à sa défense, malgré l’attentat à la mosquée.
  • banalise l’extrême-droite et la rend acceptable dans l’espace public. Elle n’a aucun scrupule à s’allier avec elle au besoin.
  • est au service de l’élite. Les politiciens « respectables » étant passés à la radio-poubelle (Drainville, Normandeau) ne démontrent pas de divergence idéologique significative avec les animateurs populistes. Même sur les sujets les plus controversés. Et c’est très inquiétant.
  • peut attiser la violence contre des groupes identifiables sans conséquences.
  • voit son rôle central dans l’attentat déjà oublié.

Et pour changer les choses, on l’a vu, il ne suffit pas de s’indigner. Il faut aussi passer aux actes. Et ça implique une mobilisation large de tous les secteurs de la société et impliquant toutes les armes à notre disposition. Une riposte d’une ampleur qui n’a jamais été égalée. On y reviendra un jour.

La date de péremption est échue depuis longtemps, Il est grand temps de sortir les poubelles.

*****

La Coalition est apparue en 2012 et poursuit son observation de la haine ordinaire, du sexisme, du racisme, de l’islamophobie et de l’homophobie.

Voir la rétrospective de 2016.

Duterte? « Ça nous prendrait un gars de même », selon Jeff Fillion

Entre l’élection de Duterte, en juin 2016, et août 2017, on estime que 7000 Philippins ont été exécutés sommairement. Duterte a décidé de déclarer la guerre aux drogués présumés alors qu’une guérilla islamique a lieu dans le sud du pays.

Jeff Fillion est à l’aise avec ça et il considère le régime comme un modèle. Parce que le pays se porte bien économiquement.

C’est ce qu’on appelle de l’autoritarisme proche du fascisme: compter sur un homme providentiel, un militaire, pour mater tous ceux qui ne pensent pas comme nous.

Radio X: Ça nous prendrait Duterte

13 décembre 2017, Fillion, avec Jean-François Fillion et Gerry (00:02:14)

13h15: JF- « Toi, t’aimerais ça une dictature? Douce? Le gars aux Philippines, ça va bien son affaire. »

G- « Duterte? »

JF- « Il est bon en criff! C’est rendu l’un des pays les plus performants! Ça nous prendrait un gars de même. »

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Et si ce n’était pas assez clair…

Radio X: Moi la démocratie, j’en ai zéro besoin

13 décembre 2017, Fillion, avec Jean-François Fillion et Gerry (00:00:32)

14h15: JF- « Moi, quand j’ai su comment MTY était géré, moi, les élections, j’en n’ai pas besoin. Moi la démocratie j’en ai zéro besoin. Tu donnes ça à MTY et il gère les villes, il gère le gouvernement, m’a te dire de quoi: ça va rouler et ça ne coutera pas cher. »

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Le duo Duhaime-Ségal en appui à l’extrême-droite

Hier soir un groupe néonazi de Québec, Atalante, profite de l’épisode des demandeurs d’asile pour mousser son agenda raciste.

Ils ont donc posé quelques bannières à travers la ville indiquant « Remigration ». Selon Wikipédia:

« La remigration, désigne le retour dans un pays de personnes ayant précédemment émigré ou de leurs descendants (…) »

C’est un terme populaire chez les identitaires français, par l’extrême-droite donc.

Dans l’audio suivant, le duo Éric Duhaime et Myriam Ségal donne son appréciation de l’événement.

Aussi ils en profitent pour revenir sur Charlottesville, où des suprémacistes blancs se sont rassemblés avant-hier. L’un d’entre eux a tué une contre-manifestante.

Pour résumer la longue discussion Ségal-Duhaime:

  • L’extrême-droite a le droit de s’exprimer question de liberté d’expression.
  • Le problème selon Duhaime c’est que les banderoles [bannières] peuvent « nuire à la sécurité ».
  • Pour Ségal le problème c’est que les membres d’Atalante étaient masqués et cela « l’horripile ».
  • Le tueur de Charlottesville est « un cave », mais ça leur prend 30 minutes et un courriel de critique pour ajouter simplement que c’est un suprémaciste blanc.
  • Les racistes et les antiracistes sont aussi mauvais l’un que l’autre, comme disait Donald Trump il y a 3 jours avant de se raviser.
  • Ils ne trouvent rien de raciste à vouloir déporter les non-blancs à l’extérieur du pays.
  • Duhaime fait un parallèle entre le déboulonnage de la statue du général sudiste Robert E Lee avec la statue de René Lévesque à l’Assemblée Nationale.

Et lorsque le duo critique la bannière « Bash the fash, solidarity means violence« , parce que c’est méchant, posons-nous la question, oseraient-ils en discuter avec un vétéran de la Seconde Guerre mondiale? Ces cheerleaders de l’armée canadienne ont-ils oublié ceux qui combattaient l’extrême-droite européenne l’arme au poing en 39-45?

Il s’agit donc de propos inacceptables et racistes. Vous pouvez donc porter plainte au CCNR ou au CPQ, et écrire une lettre aux annonceurs.

FM93: en appui à Atalante

15 août 2017, Ségal-Duhaime, avec Éric Duhaime et Myriam Ségal

11h13: ED- « En terminant, on veut parler de ces banderoles qui ont beaucoup fait jaser à Québec (…)

MS- « Et qui sont présentées par les médias bien-pensants (…) comme des affiches haineuses »

ED- « C’est marqué remigration (…) »

MS- « Actuellement [les demandeurs d’asile] ils n’ont pas été chassés des États-Unis. Ce ne sont pas des gens qui demain matin vont se retrouver en prison. »

ED- « Je suis en partie d’accord avec ce que ces gens-là n’entrent pas. Fait que j’ai de la misère à voir quelque chose de haineux (…) De là à dire que c’est des slogans haineux, je trouve que c’est charrié, pas à peu près. »

MS- « À LCN tantôt, on parlait des affiches haineuses et on donnait en exemple deux images du site internet de la Meute dont une qui dit : supportons la GRC. »

ED- « Bien là, supportons l’autorité, nos policiers, notre justice, j’espère que c’est pas haineux! (…) »

MS- « En quoi est-ce que c’est haineux de dire qu’on soutient la GRC? (…) Par contre, les journalistes hier ont assisté à une manifestation de solidarité envers les victimes de Charlottesville. »

ED- « Ça, on n’en a pas parlé, mais il y a une manifestation qui a dégénéré de suprémacistes blancs et d’antifas, la gauche radicale. »

MS- « Y a un cinglé qui a foncé dans la foule et qui a tué une jeune avocate (…)

ED- « C’est un cave! Et tout le monde doit dénoncer ça (…) c’est un fou. Par contre, ceux qui répliquent, qui prônent la non-violence, c’est là que c’est bizarre.  »

MS- « Hier à Montréal, les affiches c’est  »bash the fash, solidarity means revenge » (…) »

ED- « Est-ce que c’est haineux ça? C’est pas mal plus haineux que dire remigration! Hier, tu as vu la manifestation à Charlottesville, ce qui ont fait? Ils ont pris une statue des confédérés et ils l’ont sacrée à terre. Ils ont abimé un bien public, comme des sauvages, au nom de dénoncer la violence! (…)  »

MS- « Il y a un mouvement aux États-Unis au sujet des statues des sudistes célèbres. Les mouvements qualifiés de droite disent : ça fait partie de notre patrimoine.

ED- « Ça fait partie de l’histoire, qu’on l’aime ou pas, il y a des fédéralistes qui aiment pas la statue de René Lévesque devant le parlement (…)

MS- « J’aime pas plus les gens masqués du côté gauche que du côté droit. »

Puis, le duo revient plus tard suite à un courriel critiquant cette discussion.

11h42: MS- « C’est vrai que cet homme-là est un nazi crackpot qui fait partie d’un mouvement (…) » [ouf ça a été difficile] « Mais ce n’est pas une organisation qui l’a envoyé faire ça. Les fils se sont touchés. »

ED- « Il ne fait pas partie d’une organisation terroriste (…) Il n’a pas été manipulé par des imams sur internet. »

MS- « De la même manière quand un islamiste intégriste fait une connerie, on ne peut pas dire que tous les islamistes sont comme ça [Pourtant ils le disent souvent], de la même manière on ne peut pas dire parce qu’il y a un crackpot d’un mouvement suprémaciste blanc qui fait une connerie que tout le mouvement est condamnable (…) »

MS- « Ces gens-là ont le droit de s’exprimer dans le cadre de la légalité. »

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