Catherine Dorion et Safia Nolin ramassent la radio-poubelle

Un événement rare. Depuis la fondation de la Coalition Sortons les poubelles en 2012, ça n’est jamais arrivé. On avait perdu tout espoir que ça pouvait être possible, mais ça vient bel et bien de se produire.

Une élue critique ouvertement la radio-poubelle.

C’est la nouvelle députée de Taschereau, Catherine Dorion, qui s’y colle en entrevue avec l’autrice-compositrice-interprète Safia Nolin. Ça a été publié hier dans une vidéo de la série Nous ne sommes pas seuls.

Ça va très loin. Et pourtant, ça ressemble aussi beaucoup à ce que bien du monde dit à propos de la radio-poubelle, depuis des années. En fait il n’y a rien à redire, tout est là.

Que Fillion a un discours apocalyptique à la Alex Jones (inspirateur du tueur de la mosquée). Que c’est comme une secte qui rend les gens malades. Que c’est de la haine, de l’intimidation, que ça polarise. Que ça nuit à la liberté d’expression.

Que ça mobilise les gens racistes et homophobes.

La radio-poubelle a réagi aujourd’hui et fait planer des menaces de poursuites judiciaires contre Dorion. Avouez que ça serait amusant. Enfin, on aurait un débat de fond sur le pouvoir nocif de la radio-poubelle. Et ça tombe en pleine période de sondages Numéris.

On vous avait dit, il y a quelques jours, que la crise du bacon de Fillion contre la Coalition était un symptôme de la peur qu’il ressent face à une opposition grandissante. Vous en avez ici une nouvelle démonstration.

C’est d’autant plus surprenant que Catherine Dorion ne semblait pas s’enligner du tout vers ça, à ses débuts comme politicienne.

La peur serait-elle est en train de changer de camp?

Discussion sur l’intimidation entre Nolin et Dorion

À partir de 51 minutes

SN: « Avant on disait: Richard Martineau est pas cool. Maintenant il y a Sophie, Richard, Denise, Lise, il y a Jeff Fillion, tout le monde de Radio X, Éric Duhaime, Bock-Côté. Là, ils sont rendus 25.

CD: « Et ils ont tous des grosses tribunes »

(…)

CD: « C’est une droite qui, dans la culture ou la moralité, est super autoritaire. Soit de même. C’est l’inverse de la liberté. C’est comme de la religion. Sous des curés au Québec (…) »

SN: « C’est juste de la haine. Je ne comprends pas que les gens font ça. Je ne comprends pas qu’ils ont encore moyen de le faire (…) J’ai écouté un extrait de Jeff (L’extrait est ici) (…) L’autre jour, il y a un gai qui est allé faire son cours habillé en femme. Et là, il est fâché, et il parle d’un transgenre. C’est wrong sur plein de levels. Il dit pas son prénom, il l’appelle monsieur (…) Il dit que si c’est moi la culture au Québec, c’est la fin. Et que bientôt il va y avoir un mystère. C’est quasiment épeurant ce qu’il dit (…) Ça me fait penser à Alex Jones. La cour de Jeff Fillion, qui dit que dans pas long il va y avoir un restart. Safia Nolin c’est la culture au Québec. Ça s’en vient à la fin. Il va y avoir un restart. Ça me fait penser à Alex Jones (…) »

CD: « C’est dangereux »

SN: « On dirait, ‘’on est rendu au bout et il va y avoir une genre de guerre civile’’. On n’est pas sûr de ce qu’il veut dire. »

CD: « Un genre de preacher »

SN: « Un genre de preacher fou. Bref je l’haïs. Je comprends pas que c’est légal de dire ça. C’est de l’incitation à la haine. »

CD: « Clairement. Peut-être que c’est illégal, mais faut que quelqu’un poursuive. »

SN: « Mais je ne comprends pas, il a eu plein de poursuites, Jeff Fillion »

CD: « Mais le modèle fait que c’est décourageant d’en faire. Ça va me faire chier, ça va me couter cher (…) »

SN: « A chaque fois que je viens à Québec, je mets la radio à Radio X pour savoir qu’est-ce qu’ils disent (…) »

CD: « C’est comme des intimidateurs de l’école secondaire »

SN: « Ils intimident tout le Québec (…) »

CD: « Ils rendent du monde malade, aussi »

SN: « Calisse, ils rendent du monde xénophobes, homophobes, misogynes (…) »

CD: « Ces types de radio là, ils ont scrappé la vie de mon père à une certaine époque. Ils lui ont rentré dedans. Il a fallu qu’il déménage à Montréal à cause de ça. Il a changé de job (…) »

SN: « Je comprends la liberté d’expression, mais il y a toujours bien des limites. »

CD: « En fait ça enlève de la liberté. Ça atteint psychologiquement du monde qui, après, n’osent plus s’exprimer. »

SN: « C’est comme la gangrène (…) L’attentat à Québec, quand ça s’est passé, j’étais même pas surpris (…) Il y a quelque chose à Québec qui se passe et qui monte de plus en plus, je trouve. »

CD: « C’est l’occupation médiatique par du monde méchant qui encourage la division, la haine et tout ça, qui nous fait dire que le Québec c’est de la marde. Ça fait que, oui, ils vont radicaliser du monde. Comme du monde qui font des actes haineux et qui font des meurtres. Ils vont faire ça. Et c’est pour ça que je pense que c’est dangereux (…) »

SF: « J’ai réussi à me faire menacer de mort parce que j’étais Arabe à Québec (…) Il y a une switch chez les gens, et Radio X mettent la switch vers la mauvaise partie (…) C’est juste un baril d’huile géant qui fait juste essayer de grossir des feux partout dans la tête du monde (…) »

CD: « Je ne comprends pas ce qui motive à faire ça. »

SN: « L’argent, la haine (…) Ils font du cash beaucoup avec ça (…) »