Comment gagner contre la radio-poubelle?

Et si on pouvait gagner contre la radio-poubelle?

Voici un cocktail de solutions individuelles et collectives visant à mettre à mal l’outrageante domination de la radio-poubelle sur la ville.

C’est une proposition en trois volets: Je dénonce, je coalise et je brise l’omerta.

Il s’agit d’un combat antiraciste, féministe, pro-lgbt et pro-journalisme. Le but n’est pas d’agir par vengeance personnelle, mais pour défendre les droits et libertés des personnes discriminées.

Ça fait plus de 20 ans que la radio-poubelle fait reculer la région de Québec. Plusieurs oppositions se sont dressés contre elle: la Coalition contre la discrimination au début des années 2000 avec Mirlande Demers. Sophie Chiasson aussi, avec sa poursuite en diffamation. L’épisode de la révocation de la licence par le CRTC. Ou encore la signature, par 83 groupes, de la “Déclaration pour des ondes radiophoniques saines” en 2015.

Mais aucune de ces initiatives n’a mis fin à la radio-poubelle.

Certaines initiatives ont été désastreuses. L’éboueur Jean-François Jacob a perdu son emploi, a été menacé chez lui et a dû quitter la ville. On vient d’apprendre que c’est aussi arrivé à Louis Dorion, le père de Catherine Dorion. La publication de l’histoire du golf érotique en 2003 a failli coûter la vie du journaliste Pierre Jobin.

C’est un dossier devant être traité avec des pincettes, au même titre que des déchets nucléaires.

C’est pour ça qu’il est important de s’organiser sérieusement si on veut mettre fin à la radio-poubelle.

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Je dénonce

Indignation permanente

Il ne se passe pas une semaine sans que la radio-poubelle ne fasse des déclarations racistes, sexistes ou contre la diversité sexuelle. La majeure partie d’entre elles ne provoquent aucune réaction, si ce n’est 2-3 likes ou partages des messages de la Coalition Sortons les radio-poubelles sur Twitter

Ces déclarations doivent être portées en pleine lumière.

L’idée étant d’avoir une démonstration du danger représenté par la radio-poubelle concrète, précise, démontrable et donc qui soit inattaquable.

L’affirmation « La radio stimule la haine » est floue et donc facile à contester.

Tandis que :

« À 13h45 hier, Éric Duhaime a dit que de protéger le crucifix est une façon d’empêcher un islam jugé menaçant de progresser dans la société. Un peu comme le curé chassant les vampires dans les vieux films d’horreurs. Ça signifie que, contrairement à ce que prétend la pétition, l’idée n’est pas de protéger le patrimoine mais de combattre l’islam. » = Une affirmation solide et démontrable grâce aux extraits audio à l’appui.

En résumé: Je dénonce, je m’insurge, je fais des critiques précises et je pointe du doigt.

Averse de plaintes

C’est quelque chose qu’on peut tous faire, dans le confort de la maison, peu importe l’heure et le jour. Un excellent moyen de combler ses heures d’insomnies.

Au CPQ et au CCNR

Le Conseil de presse (CPQ) et le CCNR récoltent les plaintes. Peu de gens savent à quel point c’est facile de le faire, via un formulaire en ligne.

Il faut développer un automatisme: toute déclaration toxique ou mensongère doit être suivie d’une plainte. Un grand nombre de ces initiatives peuvent avoir un impact sur la décision de renouveler, ou non, la licence d’une radio.

Voir la section Portez plainte.

Aux annonceurs

Les commanditaires (aussi appelés annonceurs, partenaires et clients) sont responsables de nourrir la bête. La Coalition met à votre disposition une liste récente de courriels d’annonceurs à qui vous pouvez écrire pour vous plaindre.

Certains d’entre eux sont des institutions d’enseignement, de santé et de recherche. En raison de leur mission, ne devraient-elles pas être interpellées pour les encourager à adopter une approche plus éthique en publicité? N’y a-t-il pas une contradiction entre, d’un côté, promouvoir la recherche de la vérité et la science et, d’un autre côté, financer des médias climatosceptiques qui propagent de fausses nouvelles?

Les commerces peuvent aussi être interpellés sur d’autres réseaux sociaux (Google maps, Twitter, Facebook, Instagram, etc). Les avis et commentaires sur les pages et sites web sont assez efficaces pour faire savoir les mécontentements de la clientèle.

Voir la section Contactez les annonceurs.

Les propriétaires

RNC (Radio X), Cogeco (FM93), Leclerc communications (BLVD, WKND) sont imputables des propos émis sur les ondes des radios qui sont leur propriété. Ces patrons, invisibles, se lavant les mains de tout, doivent être nommés et interpellés. Leur rôle doit être mis en lumière.

En résumé: je fais des plaintes au CPQ et au CCNR et contre des clients et des propriétaires.

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Je coalise

Individuellement, on a moins d’impact. Mais bien organisé et mobilisé, en groupe et en coalition, on peut déplacer des montagnes.

Anciens adversaires & personnalités publiques

La radio-poubelle existe depuis plus de 20 ans. Ils en ont accumulé des adversaires! Plusieurs seraient d’accord de rejoindre des initiatives structurées contre la radio-poubelle.

Historiquement, les groupes les plus mobilisés contre les radios sont du milieu communautaire, les groupes de femmes, les associations étudiantes et certains syndicats.

Aussi, toutes les personnalités publiques ayant été ciblées dans le passé. Elles n’ont pas toutes fait les manchettes et n’ont pas toutes poursuivi des animateurs pour diffamation, mais leur notoriété peut être d’une grande aide.

Journalistes alliés

Il existe des animateurs et animatrices de radio, dans toutes les stations, ayant un minimum de respect pour les principes déontologiques de base. Il y en a qui font de la radio honnête sans avoir besoin de s’acharner contre les plus démunis.

C’est préférable de les identifier, de les reconnaître et de développer une relation de confiance avec eux plutôt que d’aller à la radio-poubelle.  

On doit faire le vide autour des animateurs qui se foutent de la déontologie journalistique. Prenons-les au mot, eux-mêmes rejettent le titre de journaliste. Alors à quoi bon faire une entrevue avec un vendeur de hamburgers

En résumé: j’identifie et mobilise des alliés, je boycotte la radio-poubelle.

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Je brise l’omerta

Dominique Payette dit qu’il faut cesser d’avoir peur. Prenons-la au mot.

J’interpelle mon organisation

Membre d’un syndicat, d’une association étudiante, d’un club politique, d’un groupe de défense des droits des gais ou des femmes, je demande à mon organisation de se positionner sur l’enjeu des radios-poubelles.

J’exige des comptes aux institutions chargées de me protéger

Le CCNR est une organisation qui reçoit 100 plaintes et n’en traite qu’une seule. Leur processus est volontairement dilatoire et vise à court-circuiter les plaintes. Puisque c’est une création du CRTC, une organisation de régulation fédérale, il est nécessaire de lui demander des comptes.

Le Conseil de presse (CPQ) est une association indépendante de journalistes qui doivent faire respecter la déontologie. Il peut critiquer le travail d’un journaliste sans avoir un autre impact que de blesser son ego. C’est une organisation inoffensive. Malgré tout, elle se fait poursuivre par Québecor pour diffamation.

Le CPQ est une organisation devant être soutenue et ses pouvoirs doivent être augmentés.

La lutte contre la radio-poubelle est liée au soutien d’une presse de qualité, indépendante et libre. C’est la meilleure arme contre les fake news, les conspirationnistes et les agitateurs politiques. En ce moment le gouvernement réfléchit à l’opportunité d’offrir des subventions aux médias. C’est un pas dans le bon sens.

Dans le même esprit, on doit exiger du gouvernement, des sociétés d’état et des organisations municipales de cesser de financer les radios-poubelles en leur retirant les lucratives publicités.

En résumé: j’invite mon organisation à se mobiliser et je soutiens les contre-pouvoirs.