Conseil de presse: Qui sont les membres du public au conseil d’administration?

Le Conseil de presse est un tribunal d’honneur de la presse québécoise. Il est notamment chargé de recueillir les plaintes du public sur des publications médiatiques.

Son conseil d’administration est composé de 22 membres: “huit, dont le président, venant du public, sept des entreprises de presse et sept sont des journalistes”. Ce sont les mêmes personnes qui traitent les plaintes.

En théorie, n’importe quelle personne habitant au Québec peut se joindre au CA, après avoir vu sa candidature acceptée. Huit membres sont censés représenter le public, c’est fort bien, mais regardons de plus près qui ils sont:

  • Richard NARDOZZA, «consultant», ex enquêteur de police (Terrebonne)
  • François AIRD, entrepreneur, milieu financier et technique de l’information (Montréal)
  • Olivier GIRARDEAU, avocat, analyste expert, Autorité des marchés financiers (Montréal)
  • Suzanne LEGAULT, avocate, ex commissaire à l’information (Montréal)
  • Charles-Éric LAVERY, directeur du développement et de l’impact social à L’Itinéraire (Montréal)
  • Mathieu MONTÉGIANI, conseiller en marché public, Secrétariat du Conseil du Trésor (Québec)
  • Renée LAMONTAGNE, professeure associée à l’ENAP, ex sous-ministre à la Santé (Québec)

Cinq hommes et deux femmes, cinq de Montréal et environs, deux de Québec.

Un provient du milieu communautaire, mais comme directeur. Sinon, ce sont des gens qui gouvernent déjà la société. Il y a même un flic! 

…Marché financier …technologie de l’information, quand on y rajoute les sept entreprises médiatiques qui sont sur le CA, c’est fait! Le « public » est très largement minoritaire, pour ne pas dire inexistant au CA du CPQ. 

En 2019, la moitié de la population gagnait moins de 56 000$. Où sont les ménagères, les étudiantes et étudiants, les infirmières à la retraite, les fonctionnaires, les syndicalistes, les personnes rendues inaptes au travail et vivant de l’aide sociale etc.? 

Où se trouvent les personnes représentant la classe populaire?

Il parait que le Conseil a reçu plus d’une centaine de candidatures en 2021. Mais ça ne sert à rien de postuler si tu habites loin de Montréal, que tu n’as pas de voiture pour voyager, si tu n’as pas de diplôme universitaire, si tu n’as jamais eu de poste de direction. Oublie ça. On ne va pas retenir ton CV comme bénévole au CA du Conseil de presse du Québec.

Il est raisonnable de penser que l’origine sociale des membres du CA du Conseil de presse a un impact sur la façon dont les plaintes sont traitées.

Pour ce qui est des  plaintes qui passent déjà la première étape. Parce qu’avant d’être examinées, évaluées, par le Comité des plaintes, tripartite, il y a d’abord un tri de fait par le Comité de recevabilité.

« Ce comité dispose de la recevabilité d’une plainte. Il est composé de trois membres du conseil d’administration, dont un journaliste, un représentant des entreprises de presse et un membre du public qui en assure la présidence.  » 

C’est sûr que ce tri doit être fait, que toutes les plaintes ne sont pas fondées, que certaines sont farfelues, ne répondent pas aux exigences, etc., mais on ne peut pas savoir exactement combien de plaintes sont reçues, combien sont rejetées et pour quelles raisons. 

À ce sujet, il n’y a pas de transparence. 

Tout ce qu’on constate, nous, c’est que la teneur des décisions a changé depuis une dizaine d’années quand on consulte rapidement le site du CPQ. On se demande pourquoi… et ce sera le sujet du texte à venir…