Crise du logement: Duhaime et Fillion revendiquent plus de répression contre les locataires

Duhaime et les pauvres

L’enjeu de la crise du logement s’impose avec son cortège de familles à la rue, chassées de leur foyer car incapables de payer le loyer.

Éric Duhaime est un politicien, alors il aborde l’enjeu avec Jeff Fillion à Radio X, le 29 avril dernier. Précisons d’avance, parce qu’ils ne le font pas, que Jeff Fillion est un ex-propriétaire d’immeubles locatifs au Canada et aux États-Unis et qu’Éric Duhaime est non seulement toujours propriétaire immobilier mais aussi un locateur Airbnb voyou. Et millionnaire à part ça. Alors sa prétention d’être sensible aux locataires du HLM dans la caricature ci-haut, c’est grotesque.

Leur approche de la question est très simple: trouver des façons d’évincer les «mauvais payeurs» le plus vite possible. Et au diable le droit au logement.

Pour quelqu’un comme Duhaime qui déchire sa chemise sur ses précieux droits bafoués, il démontre une nouvelle fois qu’il se fout des vrais droits et libertés, ceux inscrits dans les Chartes.

Fidèle à son habitude, Duhaime échoue à proposer ne serait-ce qu’une seule solution viable au 39 % de ménages locataires au Québec.

Le duo affirme aussi des grosses bêtises, par exemple que le Tribunal administratif du logement (anciennement la Régie du logement) encadre les hausses de loyer. En réalité un propriétaire peut augmenter le prix à sa guise, à moins qu’elle ça ne soit contesté par le locataire, ce qui arrive rarement. Moins de 0,5% des logements du Québec ont un loyer fixé par ledit Tribunal. Cette histoire de contrôle des loyers est de la pure fantaisie.

Pour le dépôt de garantie, qui est une pratique permise en France, et qui est illégal ici, le problème, pour les locataires, est de récupérer le montant à la fin de la location. Ce n’est pas automatique.

Et pour ce qui est des complications liées au non-paiement de loyer… la réalité est que ce sont les causes entendues le plus rapidement par le Tribunal.

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Correction de la caricature pour Duhaime

CHOI: plus de répression contre les locataires

29 avril 2021, Fillion avec Jeff Fillion et Éric Duhaime, 00:04:08

ED: « On va enfin pouvoir avoir un vrai débat sur le prix du logement. La réglementation fait qu’il n’y a pas beaucoup d’incitatif à investir dans le logement au Québec, parce qu’on a eu une Régie du logement qui a longtemps été déséquilibrée en faveur des locataires et contre les propriétaires (…) Tu vas aux États-Unis et même au Canada, quelqu’un peut exiger un mois ou deux d’avance. »

JF: « Écoute, moi j’ai été propriétaire dans les deux. J’ai eu des locations ici, propriétaire, et j’en ai eu ailleurs aux États-Unis. Une autre game complètement. Premier, dernier mois, plus un dépôt de sécurité, et quand tu ne me paies pas après 2 mois je m’en vais voir un juge, le juge m’entend, j’expose les faits, le juge donne un jugement sur le banc, la police est là demain, donc envoie une note au locataire. Si demain t’es pas sorti, ton char dans la cour, tes meubles, tout ce qu’il y a dans la maison on part avec, tu es dehors. »

ED: « Si quelqu’un qui part en laissant son logement dans des conditions épouvantables (…)

JF: « J’en ai eu, Éric! (…) »

ED: « Ou si tu as un locataire qui ne t’a pas payé et ça fait des mois. Essaie de le sortir! Tsé, on a toutes sortes de règlements! C’est correct, c’était bien intentionné que le propriétaire soit protégé, je ne dis pas qu’il faut abuser des locataires, au contraire, mais à force d’avoir eu un déséquilibre dans la loi, on a dévalué l’investissement dans ce domaine là, puis on va payer le prix de ça (…) »

ED: « Il y a un point positif quand ils prennent un logement, ils les splittent, et il te les vendent, je l’ai déjà fait, tu fais aussi passer des fois un locataire à propriétaire (…) »

rx-2021.04.29-25-Duhaime-Fillion-plan-logement.mp3