L’avortement est un meurtre, selon Jeff Fillion

Capture d’écran de Radiox.com

Fillion affirme que l’avortement est un meurtre après le premier trimestre. Il a dit ça hier, le 5 juin, en ondes.

Maurais est aussi allé discrètement dans cette voie-là, en disant, le 16 mai, préférer la législation de la Géorgie à celle de l’Alabama « avec la notion du heartbeat » [battement de cœur].

La radio-poubelle a toujours parlé d’avortement. Par exemple, en 2012, Sylvain Bouchard proposait « d’aider les femmes qui veulent garder leur enfant »; en 2013, il parlait de la « souffrance des fœtus » et en 2014, qu’être « pro-choix c’est pro-avortement », pour finalement fantasmer sur l’imposition de restrictions, en 2015. En 2013, Jérôme Landry proposait aussi des limites et Maurais disait que des « bébés sont tués en CLSC », tout en pleurnichant de ne pas pouvoir parler d’avortement. En 2016, Fillion suggérait qu’il y avait trop d’interruptions de grossesses.

Mais c’est la première fois, depuis la fondation de la Coalition en 2012, au moins, qu’on a un discours aussi long, clair et violent au sujet du droit à l’avortement.

Le contexte a changé puisqu’avec l’élection de Donald Trump aux États-Unis, la droite morale, religieuse et réactionnaire a repris de la vigueur. Et on en subit les contrecoups.

Il y a 10 ans, ces populistes disaient s’intéresser à l’économie et dénigraient la droite morale. Aujourd’hui, les mêmes populistes baissent leurs masques et qu’est-ce qu’on retrouve? La même droite morale d’antan, la bonne vieille droite raciste et sexiste de grand-papa.

Constatons aussi que la radio-poubelle, Maxime Bernier et les groupes d’extrême-droite se sont tous mis à parler de ce sujet en même temps.

N’en déplaise aux populistes masculinistes, l’avortement est un droit. Ceux qui en font un amalgame avec un crime sont du même côté patriarcal de la domination et de la répression des droits des femmes depuis des millénaires.

Radio X: l’avortement un meurtre

4 juin 2019, Fillion, avec Jean-François Fillion, Laurence Gagnon, Dominique Dumas (00:19:37)

12h20: JF- « Avec ce qui se passe en Alabama et en Géorgie et on essaie d’importer le débat ici pour mettre dans les câbles Maxime Bernier et les conservateurs qui sont tombés dans le piège (en fait c’est la droite qui remet la question sur le tapis et c’est une députée du Bloc québécois qui a fait une motion) et il va utiliser les médias qu’il subventionne comme armée pour faire sa propagande (…)

DD- « Pour avoir le vote féminin. »

JF- « Exact! »

(…)

DD- « C’est un dossier qui est émotif et qui est impossible de jaser calmement. »

LG- « Quand tu prend le temps de lire la position de Maxime Bernier sur l’avortement, tu vois que c’est pas un gars qui veut abolir (…) quand le bébé est rendu au troisième trimestre… »

JF- « Merci! »

LG- « C’est un être humain »

Puis Fillion déplore que lorsqu’une femme enceinte est assassinée, le tueur ne peut pas être accusé de deux meurtres #VivelEtat

JF- « On a une jeune fille, on lit entre les lignes c’est une très jeune fille (…) Elle décide tard de ne pas avoir d’enfant (…) Elle décide de mettre un terme à la grossesse (…) Je veux pas l’enlever le choix aux femmes, là. Quand c’est fait la 10e, la 11e, la 13e semaine (Ça c’est le premier trimestre en passant). Un moment donné, il y a une fenêtre on peut plus! D’ailleurs il y a des endroits, non ! non ! rendu là, faut que tu mettes à terme, (des endroits avec un gros gouvernemaman). On va le mettre en adoption. Mais là, tu as un enfant. Au Québec, on fait ce genre d’intervention là (…) »

JF- « Cette fille, une Canadienne (…) la procédure est la suivante, elle est rendue à la 24e semaine… »

DD- « À 24, sont viables »

JF- « À 23 semaines, sont viables »

LG- « À 24, tu les sens. Ça donne des coups de pied, ça bouge »

JF- « C’est autour d’une livre et quart, une livre et demie »

(…)

LG- « À 20 semaines, sont considérés viables (…) »

(…)

JF- « Ils donnent une pilule (…) c’est pour donner un arrêt cardiaque au bébé. »

LG- « Ah! Pour qu’ils l’accouchent mort »

JF- « Attends un peu, c’est pas fini. Elle est à l’hôtel. En soirée, elle a des saignements et des douleurs (…) La jeune femme accouche du bébé et là, elle se met à brailler et elle crie que là, elle veut garder le bébé. Et c’est pas possible à cause du médicament… »

LG- « Ils l’ont tué, c’est sûr qu’elle pouvait pas le garder »

(…)

JF- « De savoir qu’on a un système qui tue des enfants avec un arrêt cardiaque provoqué, moi excusez-moi, je débarque (…) Pour moi c’est un meurtre. »

(…)

DD- « La motion que le Bloc a voulu faire passer et on blâmait les conservateurs de pas avoir voté pour ça, c’était une motion qui disait que les femmes pouvaient se faire avorter peu importe la raison. »

JF- « Bien c’est ça, chez la gauche, eux autres ils veulent qu’on avorte le jour avant la date prévue de naissance. Faut pas oublier qu’avec les changements climatiques, ils disent qu’il ne faut pas faire d’enfants. C’est la même gang. Ils ont aucun respect pour la vie. Ils sont complètement crackpots, ce monde-là. Complètement malades (…) »

JF- « J’ai commencé à changer d’opinion quand quelqu’un m’a dit au centre des naissances ou je sais pas trop quoi (#TémoignageInventé), ça a un peu changé, ça s’est amélioré, c’était pas loin de 40,000 avortements sur 80,000 naissances. My god qu’est-ce qui se passe? Ouais, beaucoup de gens qui ne font pas attention. C’est rendu un moyen de contraception » (en 2003, on pratiquait 26 997 avortements au Québec, le chiffre le plus haut depuis 14 ans. Alors le chiffre de Fillion est farfelu…) »

(…)

JF- « C’est toujours bien une vie humaine, à 16, 17 semaines (…) »

une-femme-doit-pouvoir-choisir-mais-un-avortement-au-3e-trimestre-cest-un-meurtre_2019-06-04.mp3