Les trous noirs dans l’histoire de Gilles Proulx

On parle histoire, racisme, colonialisme et esclavage, cette fois avec le polémiste et sommité poussiéreuse du monde des médias, Gilles Proulx.

Dans cette chronique avec Dominic Maurais le 16 juin, Proulx démontre, soit une ignorance abyssale, soit une mauvaise foi gigantesque soit une vision périmée de l’histoire. Tout ça épicé de masculinisme et de nationalisme crasse.

Allons-y dans l’ordre. Il est d’abord question, dans la foulée des manifestations de Black Lives Matter, des destructions de statues de Churchill et de Christophe Colomb. Proulx trouve que ces derniers étaient des petits poulets sans défense et qu’on a tort de les critiquer.

Il est ensuite question d’esclavage. Proulx semble dire qu’on exagère l’importance de ce sujet.

Et ça finit avec la mairesse de Montréal qu’il qualifie de « conasse ».

Affirmation 1: Churchill admirait Mussolini à cause de la gymnastique obligatoire

Proulx affirme, de façon simpliste, qu’alors qu’il était ministre de l’économie britannique, Winston Churchill, admirait Mussolini parce qu’il « redressait son peuple puis il l’amenait vers la fierté et la gymnastique obligatoire ».

C’est ironique parce que c’est une version teintée par le fascisme. Comment ça « redresser son peuple? » Ça veut dire quoi concrètement? C’est de la pure foutaise inventée par la propagande fasciste!

La réalité est que Churchill l’appréciait parce qu’il partageait des affinités avec lui. Son amour de l’autorité. Son plan économique. Et son anticommunisme.

Affirmation 2: Christophe Colomb était un ange

Proulx semble affirmer que Christophe Colomb n’a commis aucun crime contre les autochtones des Amériques. Il dit que ce sont plutôt ces derniers qui l’ont maltraité!

Encore une fois, de la bouillie pour les chats. Dès sa première expédition en 1492, Colomb est obsédé par l’or. À Hispaniola (Haïti et République dominicaine), il fit de nombreux prisonniers chez les Arawaks parce que ceux-ci possédaient des petits bijoux en or. Lors de leur retour en Espagne, tous les captifs décédèrent. Il fit un rapport délirant au roi, ajoutant qu’il lui rapporterait « autant d’or qu’ils en auront besoin (…) Et autant d’esclaves qu’ils en exigeront ».

Lors de sa seconde expédition, il enferma 1500 Arawaks et en sélectionna 500 pour les ramener en Espagne. 200 moururent en chemin.

Et ainsi de suite. Chaque expédition de Colomb laisse quantité de morts, de pillages, destructions et viols dans son sillage. Il y en eu 4 de ces expéditions.

Le roi d’Espagne était tellement indigné par la violence de Colomb à Hispaniola qu’il l’a condamné à la prison en 1500.

Affirmation 3: on exagère avec l’esclavage

Ce que Proulx dit est tellement confus qu’il est difficile d’en tirer quelque chose. Grosso-modo il semble dire qu’on a tort d’insister sur l’esclavage au Canada.

Pourtant ce n’est pas un sujet très connu ni discuté.

L’historien Webster vient de faire paraitre un petit livret sur le sujet intitulé L’esclavage au Canada. C’est disponible gratuitement ici.

En gros il y eu des milliers d’esclaves au Canada, même Gilles Proulx le reconnait. Les 2/3 étaient autochtones et le 1/3 restant était composé de personnes africaines ou afro-descendantes.

Puisque Proulx propage beaucoup de faussetés, vous pouvez porter plainte au CCNR ou au CPQ. Vous pouvez aussi écrire une lettre aux annonceurs.

CHOI : Christophe Colomb n’a rien à se reprocher selon Gilles Proulx

16 juin 2020, Maurais live, avec Dominic Maurais et Gilles Proulx

Au sujet du déboulonnement de statues de racistes

9h07: DM- « Oui on doit questionner l’histoire mais doit-on éradiquer des pans complets de l’histoire? (…) Il y a une offensive très agressive des talibans de l’extrême-gauche qui veulent démolir à coup de masse des statues… quelle est ta réaction toi qui est un amoureux de l’histoire? »

GP- « Churchill avait une admiration pour Mussolini. Parce que, bon, il redressait son peuple puis il l’amenait vers la fierté et la gymnastique obligatoire, il a eu des relents d’admiration. Ça a duré le temps que ça a pu (…) »

GP- « J’en ai marre qu’on dise que Christophe Colomb était un raciste (…) Est-ce que c’est de sa faute parce que ses anticorps étaient plus forts que ceux qui l’accueillaient. Qui l’accueillaient pas tellement tant que ça parce que les Caraïbes étaient des Autochtones très durs. Donc plusieurs vont finir dans la bouilloire avec ses explorateurs. Alors est-ce que c’était de sa faute? »

Au sujet de l’esclavage (?)

GP- « Plus tard, c’est sûr, l’Espagne va profiter de la découverte pour encourager l’expédition de noirs (?) (…) La France va y aller aussi dans les villes… mais pas au Canada, quelques milliers près, des boys, des servantes, alors on a exagéré encore une fois! La France était ici 200 ans de temps, c’est grâce à ses alliances avec ses Indiens. Donc, il n’y a pas de racisme là-dedans! (…) Est-ce qu’on doit blâmer tout ça, Christophe Colomb, l’origine de la première arrivée en Amérique du Nord? Non (…) »

GP- « La solution à ce maudit problème-là, parce que là, c’est la minorité qui vont mener la majorité, mais la solution, c’est simplement la connaissance de l’autre #RegardeQuiParle. Si on avait plus de culture et d’éducation dans l’enseignement (…) »

GP- « La gauche a noyauté tous les groupes ethniques (…) »

DM- « Valérie Plante, elle s’excuse beaucoup (…) À la prochaine séance du conseil municipal, elle va mettre son genou à terre (…)

GP- « C’est une connasse! (…) Elle est manipulée… d’abord, de donner un nom de rue aux Iroquois (…) Pourquoi honorer un Iroquois? Elle aurait pu honorer un Algonquin, c’était nos alliés, un Huron, Membemtou (…) Elle préfère faire croire aux Mohawks, il y a un vote anglais là-dedans très fort, que Montréal a été volé, que ça leur appartenait alors qu’on sait qu’ils n’étaient pas ici entre Jacques Cartier et Champlain, ils avaient été chassés (…)

GP- « Elle continue à japper ses maudites âneries. Le problème c’est que ce qu’elle dit, c’est une femme, puis c’est bien, c’est l’affirmation d’une femme frêle, qui représente enfin une force montante puis nous autres, les blancs, les conquistadors, les durs de durs, des racistes, des Africains du sud (?) on doit se taire (…) »

À propos de Defund the police, un mouvement pour réduire les budgets ou abolir la police:

GP- « On est à l’avant-gardisme de la bêtise quand il y a un mouvement bête et stupide et facile, pourquoi pas désarmer la police. Sauf que là, on l’a déjà fait, mais on a été obligé de se réarmer (?) devant la montée de la multitude de ces anciennes colonies, avec des cultures et des agressivités différentes (…) C’est la victoire du sud qui monte vers le nord, mais ne s’adapte pas au continent nord et qui exige au nord de se conformer à la mentalité du sud.

rx-2020.06.16-maurais-live-gilles-proulx-debloque-colonialisme.mp3