Justifier le viol c’est correct, selon le CCNR

Il n’y a pas de problème à justifier le viol, mais il faut condamner le langage vulgaire. C’est ainsi qu’il faut interpréter une nouvelle décision révoltante du Conseil canadien des normes de la radiotélévision, le CCNR.

La décision concerne un segment de l’émission de Pierre « Doc » Mailloux, alors en compagnie de Josey Arsenault, datant d’octobre 2016. Il y a plus d’un an et demi!

On peut résumer ces paroles, dont nous vous invitons à écouter l’audio, en ces termes:

  • Une fois bandé, un homme perd le contrôle de lui-même, comme un animal. Il peut même être violent. C’est à la femme de prendre les moyens pour ne pas être violée.
  • Depuis 35 ans, les féministes tentent en vain d’expliquer que « sans oui c’est non ».  Il ne sert à rien de conscientiser les hommes.

Après longue analyse, le CCNR n’y voit aucune infraction à son « Code sur la représentation équitable » ni à son « Code de déontologie ».

La décision a été rendue par un comité composé à majorité de femmes (3/5).

Il est fascinant de constater les tactiques dilatoires employées par le CCNR dans le traitement de la plainte

  • Les énormes délais et le processus compliqué.
  • Les citations de Mailloux absentes de la décision, ce qui est inhabituel.
  • L’amalgame de 3 plaintes différentes pour rédiger une seule décision, ça aussi c’est inhabituel.
  • L’affirmation que les féministes ça « n’équivaut pas à un groupe identifiable ».

Rappelons qu’à l’origine d’une relation sexuelle saine, il y a un consentement libre et éclairé. Une relation sexuelle sans consentement, selon la loi canadienne, c’est une agression sexuelle. Ça fait plus de 20 ans que c’est ce qui est communément admis. Nous vous invitons à consulter le site web de la campagne « Sans oui, c’est non ».

Pierre Mailloux a souvent justifié les viols par le passé. En mai 2017, il avait proposé que les problèmes conjugaux d’une auditrice c’était sa responsabilité puisqu’elle ne se laisserait pas suffisamment violer. En janvier 2017, il avait aussi affirmé que des femmes violentées au sein dune relation conjugale pouvaient en tirer profit. Mailloux a toujours pu dire ces horreurs sans aucune conséquence.

Avec de telles décisions, il n’est pas étonnant que la radio-poubelle s’en permette autant dans les propos haineux à l’endroit des femmes. Faut-il rappeler encore que la violence sexuelle et la violence conjugale font des victimes tous les jours? De plus, la haine sexiste en ligne fait de plus en plus d’adeptes dangereux, comme l’ont révélé les recherches autour des groupes INCELs après l’attentat de Toronto ayant fait de nombreuses victimes, dont une majorité de femmes. Banaliser ainsi les propos haineux à l’endroit des femmes et des féministes n’est plus du tout acceptable. Il est grand temps que la présidente du CCNR, Andrée Noël, laisse sa place à quelqu’un d’autre.

La décision du CCNR.

« Si on se donne les moyens d’essayer de repousser le plus loin possible l’intolérance et les discours haineux, bien on aura gagné quelque chose », dit le codirecteur de l’Observatoire sur la radicalisation

« Ce que vous dites sur les mots et sur une banalisation du discours (…) On oublie que les mots peuvent désigner des coupables. Les mots peuvent accuser des gens. Les mots peuvent stigmatiser, déshumaniser et effectivement les mots peuvent tuer.

Il n’y a pas de génocide qui n’a pas été précédé par des discours haineux, des discours violents. Quand on voit les discours auxquels on assiste à l’heure actuelle, on a trop tendance à banaliser ça et à faire comme si l’histoire n’allait pas se répéter, alors que l’histoire est un long continuum. Et souvent les mots, c’est la face émergée un peu de l’iceberg et je pense qu’il faut être plus attentifs au discours. »

(…)

« Je pense que ce qui est important et fondamental, c’est que l’extrémisme violent a toutes sortes de visages et qu’il faut arrêter de penser qu’il y a une idéologie extrémiste qui est plus acceptable parce qu’elle est chez nous, parce qu’on la côtoie ou qu’on la  »comprend » mieux entre guillemets. Je pense que toutes ces formes-là de discours haineux peuvent conduire quelques individus à passer à l’acte. Collectivement, on n’empêchera pas tous les attentats, c’est impossible, mais si on se donne les moyens d’essayer de repousser le plus loin possible l’intolérance et les discours haineux, bien on aura gagné quelque chose socialement parlant. »

-David Morin, Codirecteur de l’Observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent, Tout le monde en parle, 30 avril 2018,

Ça commence à 15 minutes.

Québec 21 recrute un ex-journaliste

Claude-Olivier Fagnant traverse la clôture pour se joindre à l’équipe de Jean-François Gosselin, chef de l’opposition officielle à l’hôtel de ville de Québec.

L’ex-journaliste et recherchiste était coanimateur de Jérôme Landry à la station de radio Énergie avant d’être remercié en janvier.

-Le Soleil