Quand René Lévesque qualifiait André Arthur de termite sociale

Succès souvenir de 1984. Après la fusillade à l’Assemblée Nationale par le caporal Denis Lortie, le premier ministre Lévesque va mener une charge a fond de train contre le polémiste André Arthur.

Voici quelques extraits

Le Soleil, juin 1984

« Le premier ministre René Lévesque souhaite que la population de Québec boycotte l’émission radiophonique de l’animateur André Arthur qu’il qualifie « d’appel constant à la bêtise et à l’esprit de la jungle »

« Ce genre d’influence-là, dans une société qui se respecte, a-t-il confié dernièrement dans une entrevue à la Presse canadienne, il me semble que ça devrait être boycotté. Simplement boycotté.

(…)

“Alors, sous forme de pétition ou de boycottage au besoin, précise-t-il, on pourrait faire pression sur les gens qui profitent de cette tribune de bêtise hurlante pour annoncer leurs produits. Il n’y a pas beaucoup de produits annoncés à la radio qui n’ont pas de substituts. »

« S’il y avait un certain nombre de gens, poursuit-il, simplement pour la dignité même de Québec et de sa région, qui commençaient à dire: si vous
continuez à annoncer dans cette emmanchure-là, on va en trouver d’autres et les pointer… C’est très démocratiquement légitime de boycotter quelque chose qui est malsain. »

Termite sociale

“Il y a eu le mccarthyisme aux Etats-Unis. A un moment donné, de dire le premier ministre, les Etats-Unis étaient littéralement balayés par une vague d’abêtissement collectif. Ça peut arriver régionalement ou localement, chez nous comme ailleurs.

“Et moi. je considère que c’est quelque chose de ce genre là que représente M. Arthur. Je ne lui enlève pas son talent. C’est ce que veut dire l’influence qu’il exerce et qu’il essaie systématiquement d’exercer, qui est une influence de termite sociale et politique. »

Le premier ministre ajoute “qu’en conscience” il croit que ce genre d’influence est “un poison vif pour une société. “Mois je dirais, a-t-il poursuivi, que c’est avilissant pour un public, en l’occurence celui de la région de Québec, de tolérer cet espèce d’appel constant à la bêtise et d’une certaine façon à l’esprit de la jungle.”

M. Lévesque a admis qu’il a lu plusieurs transcriptions des émissions de M. Arthur. A certains moments, il se demandait s’il ne devait pas intenter contre lui des poursuites en justice.

Mais, a-t-il dit, “ il y a un bon vieux proverbe qui dit que le roues de la justice sont lentes et incertaines. Ce qui veut dire que d’une certaine façon, plus il se fait poursuivre, je suppose, plus ça le monte en épingle pour son troupeau. Mais je trouve ça effrayant comme poison. »

Un « climat de vomissement complet »

Québec rock juin 1984
Le Soleil, 11 mai 1984
La Presse, 9 mai 1984