Radiovores: parlera-t-on de radio-poubelle?

La Coalition Sortons les radio-poubelles vous souhaite une excellente année et une meilleure radio… à Québec.

Nous avons regardé les émissions de fin d’année, nous aussi et nous n’avons pas été très étonné⸱e⸱s de voir des sujets comme le troisième lien (dans Infoman) ou le rejet des mesures sanitaires (dans le Bye Bye) tournés en dérision, ou même être critiqués par la moquerie. 

L’éléphant ignoré dans la pièce

Mais il y avait dans le cas du 3e lien, comme dans celui de Dan Marino et son Dégât Gym, un énorme éléphant dans la pièce : une station de radio-poubelle qui n’a pas été même légèrement évoquée. Comme si elle n’avait jamais existé et n’avait qu’une infime part de responsabilité dans ces affaires. 

Qui a peur de la radio-poubelle au point que son évocation est presque un tabou? 

C’est un terme qu’on utilise couramment pour désigner un interdit porté sur l’évocation d’un fait. Comme si c’était sacré, et que seulement de dire le mot, il allait tomber les feux du ciel.

Parlant d’éléphant dans la pièce, ou plutôt dans le groupe, nous saluons ici la création d’un groupe Facebook qui a été portée à notre attention, les Radiovores.

Nous étions au courant qu’il existait un groupe de défense de la radio poubelle depuis des années déjà, nommé : Les fans de la radio de Québec se manifestent ici !!!, devenu avec le temps, un groupe de défense du FM 93, puis plus récemment strictement de Radio X, le type de radio dite radio-poubelle s’étant retranchée dans cette seule station. 

Nous avons reçu des captures d’écran montrant que ce groupe est devenu surtout un repaire des défenseurs de Jeff Fillion et de Radio X. Or, voilà qu’à la fin décembre, un animateur de radio du FM93, un gars sympathique mais loin de représenter le militantisme de gauche a eu l’idée de créer un groupe pour les personnes qui font de la radio et leurs aficionados.

Radiovores, succès instantané

C’est un succès instantané! Plus de 2022 membres en 2 jours. 

Nombre de commentaires qu’on peut y lire portent sur la différence d’avec le 1er groupe où il y a de la chicane, des attaques, etc.

Dans ce groupe Radiovores vous pouvez y lire des anecdotes, des présentations de gens qui travaillent (ou ont travaillé) dans des stations partout au Québec -surtout- du communautaire ou des radios étudiantes, aux stations privées ou à Radio-Canada, des photos d’archives ou actuelles, etc. L’engouement est véritable, la radio a une longue histoire passionnante. Il peut se publier des offres d’emploi, des discussions sur tout, même sur les salaires des animateurs de radio, les disparités entre hommes et femmes, entre régions, entre vedettes et débutant⸱e⸱s. C’est très intéressant. 

De nombreux commentaires et quelques statuts glissent des mots, font des allusions, des clins d’œil au sujet tabou, c’est-à-dire la radio-poubelle dont on ne parle jamais. Il y a des modératrices et modérateurs qui ont été choisis et tout se passe bien, jusqu’à maintenant. Des membres ont travaillé ou travaillent à Radio X, des fans de radio parlent du passé quand leurs parents écoutaient André Arthur. C’est un groupe pour la radio de partout, pas seulement de Québec, le sujet est plus facile à éviter dirons-nous… Il reste que la radio-poubelle (le type de radio – pas une station ou une autre) entache tout le domaine de la radio ainsi que les personnes qui y œuvrent, qui y font un excellent boulot, qui y consacrent parfois leur vie.

On comprend l’idée derrière la création d’un groupe sur la radio en le définissant comme « sans politique ». C’est comme les repas familiaux des fêtes où on interdit à tous les convives de parler de politique en espérant qu’il y aura moins de disputes… Il reste que la politique et la radio sont étroitement mêlés au Québec. Combien de politicien⸱ne⸱s au Québec (on va s’en tenir au Québec) sont passés de la radio à la politique – tous les paliers – et vice-versa? Régis Labeaume, Nathalie Normandeau, André Arthur, Bernard Drainville, Martin Coiteux, Éric Caire, Éric Duhaime etc…

Radio et politique

On peut se faire croire que la politique est un domaine complètement détaché de l’univers médiatique en général, et de celui de la radio en particulier, mais c’est un leurre. À Québec, en particulier, même si le nouveau maire dit que « l’argent public ne peut pas devenir de l’argent politique», pour justifier ses choix de publicités, c’est très politique. La politique municipale à Québec est intrinsèquement liée à la radio, depuis l’époque où la radio-poubelle attaquait la mairie en ondes et jurait de la faire tomber; puis choisissait un candidat contre une candidate et mettait toutes ses forces pour le faire élire. De même, la radio-poubelle peut créer un parti municipal et en faire le parti d’opposition. Ou faire élire des candidats caquistes et conservateurs dans la région.

La radio-poubelle, plusieurs stations à l’époque, pouvait imposer une campagne d’opinion municipale et en faire un enjeu politique désastreux à l’échelle du pays : le 3e lien. C’est sans doute une bonne blague pour la soirée de fin d’année, ha ha ha! Mais c’est loin d’être drôle.

Radiovores a été créé par l’animateur Jean-Simon Bui il n’y a que quelques jours. On voit en lisant les commentaires et interventions que ça existe de la bonne radio, même à Québec. De toutes les sortes, même de la radio parlée. On peut le constater en parcourant les publications.

C’est une excellente idée d’avoir réuni tous ces gens et ces informations. Mais Bui s’est très vite fait attaquer personnellement dans l’ancien groupe où les membres se distinguent par leurs connaissances politiques médiocres. Marquant les uns et les autres d’étiquettes loufoques: propagande pour Radio-Canada, terroristes pour Sortons les radios-poubelles et gauche radicale pour Bui. Il y a des administrateurs, mais leur statut semble ne servir qu’à donner leur opinion et non à modérer les attaques des membres. 

Pour comparer, vous pouvez aller voir le groupe public Radiovores. Mais pour le groupe privé de défense de la radio-poubelle, voici des captures édifiantes. 

D’abord, on vous présente l’administrateur, il se cherche des gars pour l’aider dans sa job:

Qu’est-ce qui se dit sur les autres radios et animateurs dans ce groupe ? Un gars publie le statut de Jean-Simon Bui qui présente son nouveau groupe sur son propre mur :

« C’est fou comment 13 millions d’argent en commandite change le monde Donc Si est pour Trump et tu remet en question les mesures tu est un tata  ? Incroyable comment ses gens peuvent avoir le monopole de la vérité et respecte pas les commentaire des gens » (sic) 

La radio-poubelle et le salissage

C’est sur ce ton de salissage et d’opinions non fondées, de frustrations et d’« on se lâche lousse », que ce groupe Les fans de la radio de Québec… semble fonctionner. À l’image de la radio-poubelle, au final.

Après qu’une personne ait publié ses goûts dans le groupe Radiovores, un membre a pris une capture et s’en est servi dans le groupe Les fans de la radio de Québec… pour conclure que Radiovores était un groupe de fans du FM 93. Logique? #not. Ce à quoi un membre a rétorqué que ce groupe-là était une page de Radio X et qu’il leur disait bye bye.

Mais les commentaires ne se sont pas arrêtés là! Tout ce qu’on peut y dire sur Jean-Simon Bui et sur le nouveau groupe: « salissage, opinions non fondées, frustrations et on se lâche lousse ».

C’est comique de lire des accusations de « division » et de « pensée unique » de la part des adeptes d’une station qui n’accepte aucune critique, même en blague. 

Les fans de radio-poubelle n’acceptent pas la critique

Que ce soit ou non une page de fans de Radio X, on a pu voir de fortes réactions en tout cas, après la publication de l’article d’Isabelle Hachey au sujet du gestionnaire Brosseau de RNC, qui possède Radio X.

Quand un membre du groupe Les fans de la radio de Québec…. partage la nouvelle de la mort du cinéaste Jean-Marc Vallée, c’est la machine paranoïaque qui s’emballe. Les adeptes de CHOI soupçonnent même une autre station d’avoir des « agents » avec des faux comptes pour aller faire des publications dans divers groupes Facebook. Autrement dit, ils croient que les autres font ce que les pirates font depuis des années.

Il faut parler de la radio-poubelle. La radio-poubelle parle contre tout le monde

Ne nous trompons pas! Ces attaques contre les autres animateurs et autres médias n’ont pas commencé il y a quelques jours parce que Jean-Simon Bui a eu la bonne intuition de créer un groupe qui réunit les gens ayant la passion de la radio… Leur paranoïa non plus. 

Voici une capture remontant à octobre 2020. Un animateur de CHOI s’en prend à un membre du groupe qui critique son comportement envers un auditeur la veille en ondes: « Il a déjà entendu l’auditeur parler contre lui dans l’émission Fabi la nuit ». On n’aime guère la concurrence et on voit des complots partout. 

Ensuite, il demande au membre d’où vient cette haine qu’il a envers lui… 

Cette façon de faire de la radio, de transformer des auditeurs en adeptes sectaires, de laisser faire de la propagande haineuse et complotiste à ses émissions parce que la provocation « ça rapporte », c’est inacceptable.

De la radio parlée, c’est une chose, de la radio d’opinion, ça va toujours. C’est autre chose de la faire et d’entretenir de la radio-poubelle.

Les artisans et les gens passionnés par la radio ne peuvent éternellement ignorer l’éléphant dans la pièce et faire comme si la radio-poubelle, à Québec, n’existait plus, ou n’avait jamais existé. Même si ce type de radio s’est retranché dans une seule station, à Radio X, elle continue. Il faut en finir avec le tabou.

RNC Media a lancé il y a six mois une injonction contre notre coalition pour tâcher de nous intimider, en voulant nous forcer à nous identifier et donc nous faire taire à tout jamais. Depuis près de 10 ans, nous sommes la seule organisation à avoir sans relâche dénoncé les dommages à la démocratie que fait la radio-poubelle dans la région. 

La radio-poubelle fait des poursuites, émet des injonctions, insulte et intimide des gens en ondes et sur les réseaux sociaux. Nous savons tout ça. Il ne faut quand même pas faire semblant que ça n’existe pas.