« Si on se donne les moyens d’essayer de repousser le plus loin possible l’intolérance et les discours haineux, bien on aura gagné quelque chose », dit le codirecteur de l’Observatoire sur la radicalisation

« Ce que vous dites sur les mots et sur une banalisation du discours (…) On oublie que les mots peuvent désigner des coupables. Les mots peuvent accuser des gens. Les mots peuvent stigmatiser, déshumaniser et effectivement les mots peuvent tuer.

Il n’y a pas de génocide qui n’a pas été précédé par des discours haineux, des discours violents. Quand on voit les discours auxquels on assiste à l’heure actuelle, on a trop tendance à banaliser ça et à faire comme si l’histoire n’allait pas se répéter, alors que l’histoire est un long continuum. Et souvent les mots, c’est la face émergée un peu de l’iceberg et je pense qu’il faut être plus attentifs au discours. »

(…)

« Je pense que ce qui est important et fondamental, c’est que l’extrémisme violent a toutes sortes de visages et qu’il faut arrêter de penser qu’il y a une idéologie extrémiste qui est plus acceptable parce qu’elle est chez nous, parce qu’on la côtoie ou qu’on la  »comprend » mieux entre guillemets. Je pense que toutes ces formes-là de discours haineux peuvent conduire quelques individus à passer à l’acte. Collectivement, on n’empêchera pas tous les attentats, c’est impossible, mais si on se donne les moyens d’essayer de repousser le plus loin possible l’intolérance et les discours haineux, bien on aura gagné quelque chose socialement parlant. »

-David Morin, Codirecteur de l’Observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent, Tout le monde en parle, 30 avril 2018,

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