Archives du mot-clé Attentat à la mosquée

Une Journée nationale contre l’islamisme? Ça existe déjà!

Éric Duhaime est contre la proposition de faire une Journée nationale contre l’islamophobie. C’est sans surprise puisque nous avons souvent démontré que Duhaime est un islamophobe de haut vol.

Ainsi, Duhaime ne peut pas être plus heureux de pouvoir brandir l’appui d’une victime du terrorisme islamiste, Camille Carrier, dont des membres de la famille sont morts suite à un attentat à Ouagadougou.

Madame Carrier conclue en revendiquant plutôt une « journée pour commémorer l’ensemble des victimes de l’islamisme ».

Le hic c’est que ça existe déjà…

Le 20 octobre 2016, l’Assemblée nationale désignait officiellement le 15 janvier en tant que Journée nationale du vivre-ensemble afin notamment de commémorer les victimes d’attentats, comme ceux qui avaient eu lieu à Saint-Jean-sur-Richelieu, à Ottawa, à Jakarta et à Ouagadougou, et de souligner l’importance de travailler ensemble à lutter contre la radicalisation menant à la violence. Cette journée vise donc à susciter la création de conditions propices à une plus grande acceptation de la différence et de la diversité, au Québec comme à l’étranger, dans un esprit d’ouverture à l’autre.

newswire.ca, 15 janvier 2017.

En résumé, il s’agit encore d’une fake news visant à attiser l’islamophobie ambiante. Duhaime instrumentalise plus ou moins habilement une vraie victime du terrorisme islamiste pour justifier son agenda islamophobe.

C’est encore plus odieux sachant que Duhaime sort cette histoire bidon lors d’une entrevue particulièrement hargneuse avec le porte-parole de la grande mosquée, Boufeldja Benabdallah.

Dans le contexte de la commémoration de l’attentat contre la communauté musulmane le 29 janvier, c’est encore plus dégueulasse.

Ce sont des propos erronnés, des fake news. Ne restons pas indifférent. Portons plainte au CCNR ou au CPQ, et écrivons une lettre aux annonceurs.

Attentat à la grande mosquée: Il y a un an, la radio-poubelle était au banc des accusés

L’an dernier, dans les jours suivant l’attentat à la grande mosquée de Québec, une immense vague d’indignation, plus grande que toutes les autres, menaçait la radio-poubelle. Un tsunami aux proportions gigantesques, aux reflets menaçants. Un moment, on aurait pu croire qu’elle emporterait toute la décharge de déchets toxiques.

Au bout du compte, il ne s’est rien passé. La tornade est tout simplement disparue.

L’an dernier, la radio-poubelle était critiquée de toutes parts pour avoir joué un rôle dans l’attentat. Celui d’avoir nourri, durant des années, un climat raciste dans la ville.

La communauté musulmane, des politiciens, des artistes, des fonctionnaires, des intellectuels, des relationnistes et même un animateur de radio, Stéphane Gasse, ont blâmé la radio.

Nous avons identifié plus de 60 articles faisant des liens entre l’attentat et la radio-poubelle. Beaucoup d’articles de la presse locale et internationale: The Sydney Morning Herald (Australie), RTS (Suisse), France 24, Euro news, Le Monde, TV5 monde, L’Express (France), DailyMail (Angleterre), The New York Times, CNN, Washington Post (États-Unis).

Nous avons compilé toutes les accusations indignées publiées dans les médias ici. Plus de 60 personnes ont jugé que la radio-poubelle avait sa part de responsabilité dans la tragédie.

La vaste majorité des témoignages vont dans le même sens: la radio n’a pas appuyé sur la gâchette. Par contre, elle entretient, depuis longtemps, un terreau fertile en racisme permettant de faire émerger les tueurs comme Bissonnette. Les accusations visent aussi des politiciens, des partis politiques et d’autres médias.

Que Bissonnette écoutait la radio ou pas n’y change rien. Il a vécu 27 ans à Québec. C’est impossible de vivre ici sans avoir subi, d’une façon ou d’une autre, l’influence de la radio-poubelle.

Québec possède des porte-voix pour les racistes. Après l’attentat, c’est avec désespoir qu’il faut admettre que cette radio poursuit toujours son œuvre en toute impunité.

Dans l’attente de la commémoration du 29 janvier, voici un tour d’horizon de la critique qui, il y a un an, ne laissait aucun doute sur la responsabilité de la radio-poubelle. Pour que ces mots ne soient pas déjà oubliés. Pour se souvenir.

Ces mots importants il faut les relire. Même si c’est douloureux. Même si c’est souffrant. Par simple respect pour les survivants.

Dans l’espoir que la radio-poubelle ne s’en tire pas aussi facilement, encore une fois.

La communauté musulmane

« « Quelques médias » ont pour « mission d’augmenter le niveau de haine envers les musulmans » »

-Mohamed Yangi, président du Centre culturel islamique de Québec, L’Express, 1 février 2017.

« Nous, nos membres ne se sentaient déjà plus en sécurité. […] Et ici, je fais appel aux gens, les actionnaires de ces sociétés privées et à leur C. A., je fais appel à leur citoyenneté humaine et morale pour qu’ils cessent ces messages de haine et d’intolérance. »

-Mohamed El-Hafid, responsable de la Mosquée de la capitale, le Soleil, 5 février 2017.

« L’intellectuel réserve ses commentaires les plus durs au contexte médiatique qui prévaut à Québec depuis plusieurs années. La force et l’influence des radios d’opinion et les déclarations dégradantes à l’égard de sa communauté l’ont souvent mis en colère. »

-Rachid Raffa, analyste au ministère des Transports et ex-président du Centre culturel islamique de Québec Radio-Canada, 3 février 2017.

« La radio privée de Québec avait minimisé la signification de ces gestes. Une tête de porc devant la mosquée, une bannière hostile au-dessus d’une autoroute; depuis des années, le feu a continué de couver, semble-t-il. »

« Chaque fois que je monte dans l’autobus, le chauffeur écoute ces radios, j’entends des propos qui méprisent ma communauté. Comment voulez-vous que je me sente, cela me chagrine, me frustre. »

-Mohammed Ali Saidane, La Presse, 31 janvier 2017.

« Trash radio constantly wants to talk about Islam and it does us immense harm. We are a small community here and huge numbers of people listen to that radio. They see us, they don’t talk to us, they think we’re monsters. »

« If you want to show us your solidarity, stop listening to the radio. »

-Yassin Boulnemour, ami d’une des victimes, The Globe and mail, 31 janvier 2017.

« Ce sont les radios poubelles qui pompent les gens à bloc contre les immigrants et qui poussent les gens à nous voir comme des personnes différentes. »

-Toufik, chauffeur de taxi et ami d’une victime, la Presse, 1 février 2017.

« On est venus dans ce pays pour bien vivre, mais les médias sont toujours en train de généraliser (…) Une femme voilée, ça peut exploser n’importe quand. Un homme avec une petite barbe, parce que c’est un musulman, il peut faire des tragédies. »

-Fadwa Achmaoui, une résidente de Québec qui se recueillait près de la mosquée, RTS, 1 février 2017.

« En revanche, Abdel Faidi avoue éprouver «un problème avec certaines radios» de la capitale qui font des amalgames avec l’islam et l’islamisme. «On tape sur les musulmans (…) Ces radios font «leur fonds de commerce» de la crainte des musulmans. »

-Abdel Faidi, client de l’épicerie d’Azzedine Soufiane, leSoleil, 2 février 2017.

« You can’t listen to it (…) They don’t have information about real Muslims. They don’t ask Muslims about the real Islam. »

-Mohamed Bouharras, fidèle du CCIQ, CBC, 3 février 2017.

« The problem here in Quebec is the trash radio. I think they are accomplices (…) For me they are extremists on the other side. »

-Mounir Laffet, fidèle du CCIQ, The Star, 3 février 2017.

« 6 amazing mens that have lost their life because of this hate speech, this stream, that has been in the media for years. »

-Ahmed El Refai, fidèle de la mosquée, CNN, 9 février 2017.

« Puisque c’était l’État lui-même qui lançait ce débat identitaire, la parole raciste s’est défoulée sans limite. Avez-vous écouté les “radios poubelles” ?»

-Ndeye Marie Fall, fidèle de la mosquée, le Monde, 11 février 2017.

« Les facteurs qui mènent à la tragédie sont multiples et complexes : discours de radios, discours d’imams, discours d’élus et de la société en général. »

-Abdelwahed Mekki-Berrada, professeur à l’Université Laval en anthropologie, le Soleil, 24 février 2017.

« Les médias sont plus dommageables qu’une arme (…) Ils animent la colère» et ont des «partis pris»; les journalistes ont des «préjugés personnels… montrent de l’ignorance, de la peur et de la méconnaissance des autres cultures. »

-Kenza Elazzouzzi, le Soleil, 25 février 2017.

« La presse a fait un « travail excitatif ». »

-Boufeldja Benabdallah, du CCIQ, le Soleil, 25 février 2017.

Des politiciens

« Il y aura un moment donné où il faudra interpeler les dirigeants, les propriétaires, les familles propriétaires et surtout les actionnaires des entreprises qui créent et vendent des produits haineux. (…) Espérons peut-être qu’une des conséquences, ce sera de rejeter ceux et celles qui s’enrichissent avec la haine. »

-Régis Labeaume, maire de Québec, LaPresse, 1 février 2017.

« It’s high time those behind these messages — whether they are politicians, radio or TV hosts or other public personalities — realise the harm their words can cause. »

-Justin Trudeau, premier-ministre du Canada, Euronews, 15 février 2017.

« Il [M. Deltell] est un invité régulier des émissions parlées de la radio de Québec. A-t-il réfléchi aux mots qu’il a employés ces dernières années? A-t-il accepté une part de responsabilité pour le type de rhétorique qu’on entendait là? »

-Omar Alghabra, député libéral, Journal de Montréal, Radio-Canada, 16 février 2017.

« Y’a pas que les radios de Québec qui ostracisent… »

-Gérard Deltell, député conservateur, Deux hommes en or à 25:05, 10 mars 2017.

« Climat malsain à Québec avec les radios poubelles qui propagent des messages de haine, de division et de violence. Ce n’est certainement pas étranger à l’attaque de la mosquée de Sainte-Foy par un jeune homme qui répandait sur sa page Facebook des messages haineux que certains animateurs de radio encouragent à Québec depuis assez longtemps. »

-Michèle Dumas-Paradis, ex-candidate de Démocratie Québec, Journal de Québec, 3 octobre 2017.

Des artistes

Après le mouvement #NotInMyName lancé par des musulmans dénonçant l’État Islamique, voici #NotMyFault, le mouvement des populistes de droite se dédouanant lâchement de leurs propos islamophobes!

-Alex Fatta, #NotMyFault, la série.

J’ai les mains propres

-Kay Kersplebedeb, la série.

« Quand on tient pour responsables la radio-poubelle et les chroniqueurs islamophobes, on ne joue pas les smartass atterrés qui se cherchent absolument un coupable de dernière minute. No-non. Le « coupable », on le prévient depuis des mois, des années. On savait depuis longtemps. Chaque appel à la résistance anti-islamisation nous faisait appréhender le pire. Dès qu’on a pu lire côte à côte les mots TIREUR et MOSQUÉE, des noms nous sont venus spontanément en tête. Tout le monde. On a serré les poings. »

-Murphy Cooper, Nightlife, 31 janvier 2017.

« Du sang sur les mains, c’est rough. Trop, répond-il. En même temps, je ne suis pas prêt à désengager ces animateurs de radio de leurs responsabilités. »

-Webster, La Presse, Radio-Canada, 1 février 2017.

Des intellectuels

« Il n’est pas démontré qu’il y a un lien de causalité entre ce qui s’est passé hier soir et les radios de Québec, mais on ne peut malheureusement pas non plus dire avec certitude que ça n’a rien à voir (…) Il y a un amalgame entre les musulmans qui sont tous des islamistes, qui sont tous des terroristes. C’est ce qu’on entend sur les radios de Québec. »

-Marc-François Bernier, professeur au département des communications à l’Université d’Ottawa, Projet J, 30 janvier 2017.

« The real danger of this kind of radio is that they play with the line between news, opinion and demagoguery. »

-Louis-Philippe Lampron, enseignant en droits humains à l’Université Laval, Washington Post, 31 janvier 2017.

« Aujourd’hui, toutefois, devant cet acte de barbarie depuis trop longtemps anticipé, j’accuse! J’accuse ceux et celles des commentateurs, journalistes et autres «faiseurs d’opinions» qui ont profité de leurs tribunes à la radio, à la télévision ou dans les journaux pour alimenter l’image du «musulman terroriste. »

« Les radios-poubelles de Québec qui ont déversé leur fiel pendant 15 ans contre des personnes qu’ils ne connaissent qu’à travers leurs préjugés, leur ignorance et leurs peurs irrationnelles. »

-Paul-Étienne Rainville, doctorant en histoire des droits de la personne à l’Université du Québec à Trois-Rivières, le Nouvelliste, 1 février 2017.

« À Québec, cette droite tient le micro chaque jour sur les ondes d’obscures stations de radio inondant son auditoire des pires préjugés et de propos haineux destinés à polariser les opinions et à cristalliser les réflexes de rejet. Elle s’incarne dans des tribuns sans envergure, néanmoins habiles à nourrir la hargne et à canaliser celle-ci vers les mêmes cibles héréditaires qui tiennent lieu de véritables lubies (le pauvre, l’étranger, le musulman, l’homosexuel et l’intellectuel). »

-Stéphane Chalifour et Judith Trudeau, professeurs au Département de sciences humaines du collège Lionel-Groulx, le Devoir, 1 février 2017.

« Ces radios « contribuent à légitimer un discours de plus en plus accusatoire face aux minorités en général, aux musulmans en particulier (…) Leurs propos se résument à « du suprémacisme blanc, de la victimologie blanche, et répètent combien la société québécoise est en danger. »

-Stéphane Léman-Langlois, criminologue à l’Université Laval, L’Express, 1 février 2017.

« À Québec, il y a un contexte qu’on ne peut pas nier qui est entre autres entretenu par les médias que certains appellent les radios-poubelles. Je ne suis pas en train de dire que c’est ce qui propulse ces groupes-là [d’extrême-droite], mais, quelque part, ça aide aussi à les banaliser. »

-Aurélie Campana, de la Chaire de recherche sur les conflits et le terrorisme à l’Université Laval, le Devoir, 2 février 2017.

« on peut souhaiter, à tout le moins, une prise de conscience sur l’effet de nos propos. Dans de très rares cas, ces effets peuvent mener à des gestes tragiques, aux conséquences irréversibles. »

-David Crête, Professeur de marketing à l’École de gestion de l’UQTR, le Soleil, 5 février 2017.

« Il faut quand même faire la part des choses : les animateurs n’ont pas tiré. Ils n’ont pas non plus dit de tirer. Il n’y a pas de lien direct. Cependant, on peut parler d’un lien indirect très fort en raison de la propagation du discours haineux et de sa banalisation dans la population. »

-Diane Vincent, ex-professeure en linguistique à l’Université Laval, le Soleil, 5 février 2017.

«Le lien entre l’attentat et la radio est presque impossible à faire (…) Cependant il y a des propos qui sont carrément anti-immigration, islamophobe (…) Lors de l’épisode Occupons Québec, un des animateurs a dit « Est-ce que ça va nous prendre un feu pour se débarrasser de ces crottés-là? (…) Et dans la demie-heure, il y a un feu qui s’est déclenché sur les lieux.»

-Dominique Payette, professeure au département Information et Communication à l’Université Laval, TV5 Monde, 3 février 2017.

« Le cliché veut que l’originalité du Québec vienne en partie du fait qu’il se trouve au carrefour de l’Europe et des États-Unis. C’est vrai, mais cela nous donne aussi une combinaison explosive de radio-poubelle et de l’extrême droite aux tendances fascisantes présentes en Europe. »

-Jocelyn Maclure et Charles Taylor, professeurs de philosophie à l’université Laval et à l’université MCGill, la Presse, 8 février 2017

« Mme Helly distribue les blâmes à la ronde : aux radios-poubelles – dont le discours haineux devrait à son avis être mis à mal par le CRTC – et à presque toute l’élite politique, «qui est soit hypocrite, soit inconsciente. »

« C’est pas des mesures symboliques uniquement qui vont suffire. Il faut des mesures aussi et il va falloir certainement qu’au niveau législatif il se passe quelque chose pour contrôler les radios-poubelles (…) C’est tout un arsenal de répression qu’il faut mettre en place. »

-Denise Helley, professeure à l’INRS et spécialiste entre autres des questions de crime haineux, de discrimination et de pluralisme culturel, La Presse, Radio-Canada, 2 mars 2017.

« There’s this strong discourse [against] people who they see as wanting to change society, who are asking for special rights,” Brin told The Canadian Press following the massacre. “There’s the fear of Islamic terrorism and the generalization that the Muslims’ Islamic faith in general is the problem. »

-Colette Brin, Professeure au Département d’information et de communication, Université Laval et directrice du Centre d’études sur les médias, J-Source, 31 juillet.

« Comme d’autres, il montre du doigt les radios de Québec, qui entretiennent le brasier. »

-Sébastien Bouchard, instigateur de la grande vigile de solidarité qui a attiré 15 000 personnes au lendemain de l’attentat, Radio-Canada, 8 septembre 2017.

Des journalistes

« La haine, que chaque jour les radios-poubelles de cette ville, contre les musulmans, les amalgames qu’ils font et tous les stéréotypes qu’ils [entretiennent] dans leur radio ou dans certains journaux. Il faut que ça arrête. Il y a des vies humaines derrière cela. »

-Stéphane Gasse, animateur de radio, lisant un témoignage à BLVD, Journal Métro, 30 janvier 2017.

Lise Ravary« Some Quebec City “celebrity (radio) hosts are obsessed with immigration. »

-Lise Ravary, chroniqueuse,

National Post, 1 février 2017.

 

« Et au final, quand on façonne pour son profit les demi-vérités, les débats vaseux, les attaques personnelles et les surnoms méprisants, et qu’on distribue au citoyen en colère sa petite dose quotidienne de haine de l’autre afin qu’il évite de se considérer comme le possible responsable de son malheur, on finit par créer des monstres. »

-David Desjardins, chroniqueur, L’Actualité, 30 janvier 2017.

« Je ne sais pas s’il écoute les radios-poubelles de Québec ; s’il apprécie le discours antiprogressiste de Jeff Fillion et de ses valets (…) »

« Ce que je sais, en revanche, c’est que les discours d’intolérance désinhibée, de xénophobie socialement acceptable, d’amalgame grossier entre musulmans et extrémistes, nourri et relayé non seulement par des trolls anonymes mais par trop de figures médiatiques, ici comme ailleurs, participe à un climat délétère. Et que ce terreau fertile à la haine, à une islamophobie qui – n’en déplaise à certains commentateurs – existe bel et bien, est indissociable du drame de Sainte-Foy. »

-Marc Cassivi, chroniqueur, La Presse, 31 janvier 2017.

« Ne devrait-il pas y avoir certains animateurs de radio et chroniqueurs avec lui afin de répondre de leur complaisance, voire de leurs propos abjects? Ces gens-là ont du sang sur les mains, tout comme les antisémites du 19e siècle et de la première partie du 20e ont une responsabilité dans la Shoah. »

-Pascal Cyr, historien, Huffington Post, 31 janvier 2017.

« The radio stations Radio X and FM93 are among those cited as giving voice to anti-Muslim activists. »

-Craig S. Smith et Dan Levin, journalistes, New York Times, 31 janvier 2017.

« Des journalistes en partie responsable, une thèse qui ne cesse de gagner du terrain. »

-Pierre Millet, journaliste, RTS, 1 février 2017.

« Dans la fébrilité du direct, dimanche, Pierre Jobin, de TVA, avait évoqué la responsabilité de la radio privée de Québec dans la montée de l’intolérance.»

-Pierre Jobin, journaliste et présentateur de TVA, citation d’une vidéo de TVA reprise dans La Presse, 29 janvier 2017.

« Il sera nécessaire, en effet, de changer de ton pour parler de laïcité et d’accommodements raisonnables. Pour cela, pas besoin de réduire la liberté d’expression, comme le proposait le malheureux projet de loi libéral abandonné l’année dernière. »

-Paul Journet, éditorialiste, La Presse, 1 février 2017.

« Le moment (est) particulièrement bien choisi pour les médias de repenser leur façon de traiter des communautés en général et des musulmans en particulier. »

Projet J, 30 janvier 2017.

« Bref, cette semaine, on fait leur procès. Comme si on se réveillait, collectivement, que ce genre de discours crée un fond sombre, crée un climat lourd. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’ils ont du sang sur les mains, je dirais toutefois qu’ils sont un engrais à tout un discours de merde. Comme le chante Mononc’ Serge, «Si les fachos partagent tes posts, Pose-toi des questions. »

-Mickael Bergeron, chroniqueur, Voir, 2 février 2017.

« Extreme right-wing views seem to be especially common in Quebec, Canada’s French-speaking province. Radio poubelle (“rubbish-bin radio”), as Quebeckers call shock radio, spreads the notion that the province is overrun with Muslims. »

The Economist, 4 février 2017.

« When a racist hears that other people share the same views as them, they feel they are more supported and justified in their beliefs. Such radio stations provide a sense of validation for terrorists like Alexandre Bissonnette, and give them support to murder minorities. The stakes are high for the existence of a radio station like Radio Poubelle. »

As an insult to Canada and its communities, Radio Poubelle needs to be shut down.

-Nicki Siamaki, chroniqueur, McGill review, 13 février 2017.

« Certains animateurs de radio multiplient allègrement des formules-chocs racistes qui, il n’y a pas si longtemps, leur auraient valu au bas mot des remontrances de leurs patrons. »

-Jean-François Cliche, éditorialiste, le Soleil, 31 août 2017.

« Le fameux mystère de Québec dont on a si souvent parlé en politique, montre tout de même un milieu plus conservateur qu’ailleurs, et un public favorable à des radios et à des commentateurs dont le plus grand mérite n’a jamais été la tolérance. »

-Gilbert Lavoie, chroniqueur, le Soleil, 30 août 2017.

Des experts

« Certains animateurs de la radio de Québec ont « du sang sur les mains (…) Je n’ai pas dit qu’un commentateur a commandé cette tuerie, mais quelque part, on a la responsabilité commune de faire attention à nos critiques. »

« On ne parle plus d’animateurs mais bien d’agitateurs. Ils ne favorisent pas un débat d’analyse, ils entretiennent une « opinion » de la haine, de l’insécurité et de la médisance. »

-Michel Juneau-Katsuya, ex-agent du SCRS, La Presse, 30 janvier 2017, La Presse, 3 mars 2017.

M. Deparice-Okomba pointe, lui, les discours populistes et démagogiques qui abondent sur certaines radios privées de Québec et les groupes d’extrême droite y gagnent en visibilité dans la capitale québécoise.

-Herman Deparice-Okomba, directeur au Centre québécois de prévention de la radicalisation menant à la violence, Le Monde, 4 février 2017.

Des gens du milieu des communications

« Puis, on a appris que le suspect principal est, entre autres, une personne qui a une haine des musulmans et des féministes et qu’il utilise l’expression « féminazie », rendue populaire par certains animateurs de radio-poubelle, reprise par des vlogueurs et maintenant abondante sur les médias sociaux. »

-Michelle Blanc, consultante conférencière et auteure stratégies Web, Huffington Post, 1 février 2017.

« Une question me turlupine depuis quelques jours: sommes-nous les bailleurs de fonds de la haine? Qu’avons-nous fait et que faisons-nous face à la montée des radio-poubelles? Face à la radicalisation de certains chroniqueurs? »

-Chris Bergeron, directrice chez la firme de communications, Cossette, Infopresse, 31 janvier 2017.

Des quidams

« @jefffillion tu as ta part de responsabilité là dedans. Donc ta fausse compassion garde-la pour toi.

@jefffillion Tout ça, c’est un peu à cause de toi, de ta haine et de tes préjugés. Tu as leur sang sur les mains.

Ceux qui soufflent sur les braises on leur part de responsabilité. La haine attise la haine. »

ProjetJ, 30 janvier 2017.

« La xénophobie et le racisme qui ont lieu à Québec ne sortent pas de nulle part et ne jaillissent pas du néant »

« Leurs propos visent à banaliser des discours racistes qui, au fur et à mesure, deviennent de plus en plus normaux. Ces gens-là ne se cachent plus et se [revendiquent] fièrement de ces idéologies-là. »

-André-Philippe Doré et Roxanne Lachance, organisateurs de la manifestation, Radio-Canada, 11 février 2017.

« It’s completely stupid and easy. They don’t give you facts. They just give you opinions that provoke people. »

-Guillaume Verret, client d’un Starbuck de Ste-Foy, Washington Post, 31 janvier 2017.

« Ce ton intimidateur, ces faits déformés, cette logique argumentaire déficiente, cette haine des autres… N’envoie-t-on pas nos enfants à l’école justement pour les équiper contre ces grossièretés ? »

-Bruno Fortin, le Devoir, 10 février 2017.

Est-ce que tout ce beau monde avait tort?

« Les Duhaime, Fillion, Martineau et autres ont une responsabilité dans les meurtres d’Abdelkrim, Aboubaker, Khaled, Azzedine, Mamadou et Ibrahim.

Jusque là, vous étiez juste racistes, xénophobes et sexistes, vous êtes désormais complices d’un assassin. »

-La Coalition sortons les radios-poubelles, Radio-poubelles complices!, 31 janvier 2017.

En toute solidarité avec la communauté musulmane, nous vous invitons à la commémoration de l’attentat qui aura lieu le 29 janvier, à 18h30, au 820, rue du Chanoine-Martin.

Rétrospective 2017: les musulmans endeuillés, les gais et les demandeurs d’asile piétinés de concert avec l’extrême droite

La radio-poubelle a débuté difficilement l’année 2017. Blâmée d’entretenir le climat toxique ayant conduit à l’attentat à la mosquée en janvier, elle se retrouve aujourd’hui tout à fait normalisée.

L’islamophobie y a fait une pause de 48 heures. Ça fait longtemps que tout est revenu business as usual.

Voici un résumé des faits saillants de la radio-poubelle en 2017.

Janvier – Attentat à la mosquée: la radio est pointée du doigt

Le 29 janvier 2017, un ultranationaliste xénophobe, Alexandre Bissonnette, entre dans une mosquée à Sainte-Foy et ouvre le feu sur les fidèles assemblés. Résultat du carnage: 6 morts et 8 blessés, dont un très grave.

Cet acte est le point culminant d’années d’islamophobie savamment alimentée par des politiciens en manque de votes, et par des journalistes en manque d’auditoire, tout ça mijotant dans un contexte de morosité économique et sociale.

Très rapidement, la radio-poubelle se retrouve au banc des accusés.

Plusieurs membres de la communauté musulmane dénoncent l’impact toxique de la radio-poubelle. Des professeurs d’université, des artistes, des chroniqueurs et des journalistes aussi.

Dans les 3 semaines suivant l’attentat, nous avons répertorié 61 articles mentionnant le rôle de la radio-poubelle dans l’attentat (1, 2, 3). C’est l’avis de la presse locale et internationale.

Le maire de Québec brisera timidement l’omerta en affirmant qu’ « Il y a des choses qui ne pourront plus être dites », après l’attentat. Un ancien agent des services secrets, Michel Juneau-Katsuya, ajoutera que la radio « a du sang sur les mains ».

Une manifestation aura même lieu devant les bureaux de Radio X. Une bannière indiquant « Radio X au service des riches et des racistes », a été fabriquée pour l’occasion.

Mais les forces du statu quo reprennent vite le dessus. Le député Éric Caire et le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, tous deux des habitués de Radio X, se porteront à la défense de la radio-poubelle, neuf jours après l’attentat.

Et depuis? Plus rien ou presque. L’islamophobie a repris de plus belle, encore plus décomplexée et banalisée qu’avant.

Février – L’extrême-droite catholique et l’extrême-droite économique s’unissent pour protéger un crucifix

Un patient de l’hôpital Saint-Sacrement demande que soit retiré un crucifix se trouvant sur un mur apparent, entre deux ascenseurs. La direction acquiesce, se basant sur le principe de neutralité religieuse de l’État dicté par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

Voilà l’occasion idéale qu’espérait l’extrême-droite pour faire une énorme crise du bacon victimaire que nous avons nommé le Crucifixgate.

Le FM93 (Sylvain Bouchard, Bernard le-père-de-la-charte-des-valeurs Drainville et Éric Duhaime) font la promotion du crucifix tout en relayant une pétition islamophobe anonyme dénonçant un grave recul de notre identité dû aux «religions qui s’établissent au Québec ». Elle récolte 14,000 signatures en quelques jours. Le média d’extrême-droite The Rebel, où Duhaime est collaborateur, relaie aussi sa propre pétition.

La période des sondages Numéris a commencé. Tous les coups sont permis.

À la même antenne, François Blais, ministre responsable de la Capitale, dénonce le retrait du crucifix. Des menaces sont envoyées à la direction de l’hôpital qui doit faire appel à la police.

Mettant de l’huile sur le feu, le mouvement Tradition Québec (MTQ), un groupe catholique d’extrême-droite, va installer un autre crucifix.

Mais face à ce déferlement haineux monté en épingle par nos agitateurs politiques, la direction recule et annonce la remise en place du crucifix.

En résumé, ceux-là même qui déchirent leur chemise à la moindre vue d’un voile sous prétexte de «laïcité de l’espace public» sont les mêmes qui réclament le maintien d’un crucifix dans un hôpital public.

Le petit Jésus doit se retourner dans sa tombe.

Mars – Bernard Drainville applaudit la Meute

Le parti libéral du Canada souhaite adopter la motion M103 contre l’islamophobie. Pour s’y opposer, l’extrême-droite se mobilise à travers le Canada. Au Québec, ils marchent à Montréal, Québec, Saguenay, Sherbrooke et Drummondville, entre autres.

La radio-poubelle prend le parti des islamophobes contre les antiracistes. Mais ce qui détonne ici, c’est la personne se portant à leur défense: nul autre que le promoteur de la Charte des valeurs et ex-ministre péquiste, Bernard Drainville.

Suivant sa pensée, si des racistes défilent calmement, leur message est plus acceptable que celui des antiracistes.

Commentant cette mobilisation sans précédent de l’extrême-droite raciste, Bernard Drainville aura entre autres ce commentaire:

« [Les antiracistes] Eux autres, ils sont pour l’inclusion. Ils sont contre l’intolérance, mais quand il arrive des manifestations comme celles-là, ils sont parmi les plus violents et les plus intolérants qui soient. La gauche violente. La gauche cagoulée (…) »

Et Duhaime de répliquer

«La Meute (…) En fin de semaine, on peut leur lever notre chapeau.»

Avril – Arthur propose de frapper des cyclistes

C’est à la table de l’ex-vice première ministre, Nathalie Normandeau, qu’André Arthur s’exprime fin mars en ces termes:

« Moi, ma définition d’un idiot, c’est quelqu’un qui fait du bicycle en hiver (…) Aujourd’hui, quelqu’un en bicycle, frappez-le, soulagez-le, faites quelque chose. »

Et Normandeau de répondre par un gloussement de plaisir.

Mais, pour une fois, la communauté indignée se mobilise. Les survivants endeuillés d’une tragédie cycliste répondent à André Arthur. Ciblé par un chauffard, l’homme d’affaires Louis Garneau dénonce l’effet d’entrainement causé par les propos d’André Arthur. Le propriétaire de l’École du vélo, Sylvain Potvin, dépose une plainte à la police pour « incitation à la haine ». Aussi, le conseiller municipal Paul Shoiry dénoncera les propos « dégueulasses » d’André Arthur.

En retour, André Arthur n’a offert que de méprisables excuses, rejetant notamment la faute sur la Coalition sortons les radios-poubelles. Et la station qui l’emploie, BLVD, s’en est tout simplement lavé les mains.

Aux dernières nouvelles Arthur est toujours à la radio. Il se porte très bien. Plus tard, il saluera l’impact positif de la prise de position de Louis Garneau sur ses cotes d’écoute.

Mai – La radio-poubelle unie contre le SRB

À l’initiative de Gilles Parent du FM93 et en période de sondages, la radio-poubelle s’unit dans une nouvelle campagne contre le Système Rapide par Bus (SRB). Radio X, le FM93, BLVD et NRJ s’unissent contre ce projet de transport en commun.

Le site d’extrême-droite The Rebel lance une pétition sur nonausrb.com. Nathalie Normandeau, qui encensait le transport en commun lorsqu’elle était ministre, enregistre une vidéo de mobilisation et réclame la sainte alliance.

Normandeau, consciente de son influence, projette d’«ébranler l’hôtel de Ville de Québec» et d’«ébranler le gouvernement du Québec» pour «faire en sorte que le SRB ne se réalise pas».

Mission accomplie.

Juin – Radio X fait du journalisme et le Devoir, c’est de la merde

Débat sur le financement public des quotidiens, Denis Gravel fait cette surprenante déclaration:

«Moi je trouve que le Devoir, c’est de la merde. Je trouve qu’on fait du journalisme».

Une raison de plus d’être d’accord avec les subventions aux quotidiens.

Août – Duhaime appuie un groupe néo-nazi et fait des lignes ouvertes racistes

L’arrivée de centaines de demandeurs d’asile haïtiens devient une nouvelle occasion pour la droite de surfer sur le climat xénophobe ambiant.

Curieusement, ceux qui rejettent l’étiquette de raciste « parce que l’Islam c’est pas une race », sont les mêmes qui s’opposent à l’arrivée de bons Haïtiens catholiques, francophones…. mais noirs.

Éric Duhaime en profite pour faire des lignes ouvertes sur ce sujet chaque jour pendant une semaine. La technique est la suivante: Duhaime chauffe son auditoire en utilisant des formules chocs comme « C’est une invasion! », « Le multiculturalisme à la Trudeau! », « On s’occupe pas de nos vieux et on devrait s’occuper des autres! », « Il y a-tu des criminels dans la gang! », et ainsi de suite.

Les auditeurs font le reste en répétant les mêmes affaires que leur gourou, mais souvent avec un peu plus de sauce. On peut ainsi entendre:

« pourquoi tant d’Haïtiens? On sait comment ils sont tellement travaillants! (…) Ils s’en viennent ici se faire vivre pour rien »

« c’est une forme d’invasion »

« si ça continue, ça va être 10,000, et si on continue ça va être 100,000! Ça finira jamais là  »

« Pourquoi on prend pas tous ces immigrés-là illégaux, on les embarque (…) et on les retourne tous dans leur pays? »

Puis, un groupe néo-nazi ultra-violent, Atalante, suspend une bannière au-dessus d’une autoroute sur laquelle il est inscrit « Remigration », ce qui signifie déporter les immigrants et leurs descendants.

Il va sans dire qu’Éric Duhaime et sa coanimatrice, Myriam Ségal, sont bien d’accord avec ça. Éric Duhaime dira:

« Je suis en partie d’accord avec ce que ces gens-là n’entrent pas. Fait que j’ai de la misère à voir quelque chose de haineux (…) De là à dire que c’est des slogans haineux, je trouve que c’est charrié, pas à peu près. »

Et Ségal de seconder son collègue en parlant du suprémaciste blanc ayant foncé dans la foule à Charlottesville:

«on ne peut pas dire parce qu’il y a un crackpot d’un mouvement suprémaciste blanc qui fait une connerie que tout le mouvement est condamnable (…) Ces gens-là ont le droit de s’exprimer dans le cadre de la légalité.»

Septembre – La voiture du président du CCIQ brûle

Comme on a pu le voir, l’attentat à la mosquée en janvier n’a pas refréné les ardeurs haineuses de la radio-poubelle, bien au contraire. Mais l’un de ceux qui s’est le plus démarqué à ce chapitre est nul autre qu’André Arthur.

Celui-ci s’acharnera sans trêve contre les victimes de l’attentat, le CCIQ et ses membres. Lorsque la voiture du président Mohamed Labidi est incendiée, André Arthur reprendra la thèse conspirationniste la plus débile: c’est lui-même qui aurait mis le feu « pour avoir l’air sympathique »!

Il ajoutera que le CCIQ est « identifié aux Frères musulmans » un groupe « extrémiste » et qualifiera M. Labidi de « manipulateur ».

On parle bien du représentant d’une communauté endeuillée et souffrant de stress post-traumatique. Mais André Arthur n’en a cure.

Bien entendu, aucune sanction d’aucune sorte n’a été émise à l’encontre de ce déversement haineux, mensonger et raciste. D’ailleurs, personne n’en a parlé.

Octobre – Les femmes violées par Weinstein sont suspectes

Des femmes prennent leur courage à deux mains et dénoncent leur agresseur sexuel: Harvey Weinstein, riche producteur de films d’Hollywood.

Jeff Fillion, père de deux jeunes filles, dénonce alors les victimes. Elles étaient « consentantes », ça « faisait leur affaire », « elles n’ont pas de valeurs » et elles sont « toutes fuckées ».

Après s’être attaqué aux victimes, il ne reste même plus assez de bile à cracher contre l’agresseur.

Novembre – Radio X devient l’opposition officielle à Québec

Forte de l’expérience de ses nombreuses campagnes politiques, Radio X présente son parti aux élections municipales: Québec 21. Il ne présente qu’une idée: plus de place pour les chars-qui-vont-écouter-Radio-X. Ça implique forcément un troisième lien à l’est.

Jeff Fillion tire les ficelles du pantin, Jeff Gosselin, chef de Québec 21. La manœuvre est un grand succès puisque le parti est aujourd’hui l’opposition officielle.

Nous avons publié un bilan détaillé de cette campagne qui aurait normalement due être largement dénoncée comme un flagrant exemple de propagande et de manipulation de masse. Il n’y a malheureusement que la Coalition qui en parle.

Décembre – Les personnes transgenres et gaies sont anormales

L’élection d’une personne trans à la tête de la Fédération des femmes du Québec devient une autre occasion pour les homophobes de déchirer leur chemise.

Denise Bombardier mène la charge en disant que toutes les personnes trans sont dans une « situation psychologique et physique catastrophique ».

Mais c’est Richard Martineau et Jonathan Trudeau qui, encouragés dans leurs préjugés, vont plus loin en qualifiant les gais « d’anormaux ».

L’année se termine sur Fillion qui, bouclant la boucle de toutes ses déclarations précédentes au sujet de la réduction du nombre d’élus, de l’interdiction des syndicats dans la fonction publique et de son anticommunisme virulent, en vient à réclamer un dictateur sanglant comme Duterte. Rendu la, il ne reste plus personne pour s’en indigner.

De toute façon, apparemment, tout le monde s’en tape.

Faisons quelques constats

En rétrospective, on est en mesure de faire certains constats. La radio-poubelle…

  • est islamophobe, raciste et homophobe. Elle applaudit les néo-nazis et est partisane d’une érosion démocratique.
  • instrumentalise la situation dramatique de personnes vulnérables pour augmenter ses cotes d’écoute. Elle s’attaque aux victimes (notamment les femmes victimes de viol) et protège les agresseurs.
  • est influente. Radio X est devenue l’opposition officielle au niveau municipal et des élus (Éric Caire et le ministre Sébastien Proulx notamment) se sont portés à sa défense, malgré l’attentat à la mosquée.
  • banalise l’extrême-droite et la rend acceptable dans l’espace public. Elle n’a aucun scrupule à s’allier avec elle au besoin.
  • est au service de l’élite. Les politiciens « respectables » étant passés à la radio-poubelle (Drainville, Normandeau) ne démontrent pas de divergence idéologique significative avec les animateurs populistes. Même sur les sujets les plus controversés. Et c’est très inquiétant.
  • peut attiser la violence contre des groupes identifiables sans conséquences.
  • voit son rôle central dans l’attentat déjà oublié.

Et pour changer les choses, on l’a vu, il ne suffit pas de s’indigner. Il faut aussi passer aux actes. Et ça implique une mobilisation large de tous les secteurs de la société et impliquant toutes les armes à notre disposition. Une riposte d’une ampleur qui n’a jamais été égalée. On y reviendra un jour.

La date de péremption est échue depuis longtemps, Il est grand temps de sortir les poubelles.

*****

La Coalition est apparue en 2012 et poursuit son observation de la haine ordinaire, du sexisme, du racisme, de l’islamophobie et de l’homophobie.

Voir la rétrospective de 2016.

André Arthur répond à une plainte du CCIQ par le mépris

André Arthur fait encore de la désinformation sur le Centre Communautaire Islamique de Québec (CCIQ). Il dit que les femmes de la communauté sont forcées d’entrer par la porte arrière, avec les ordures.

André Arthur est un habitué de la désinformation et s’acharne depuis plusieurs semaines envers le CCIQ.

Cette fois-ci par contre le Centre Communautaire Islamique de Québec (CCIQ) réplique en faisant une plainte à la station.

André Arthur répond en lisant et en ridiculisant la plainte, en ondes.

On rappelle qu’il y a eu 6 morts, 8 blessés et plusieurs orphelins au CCIQ il n’y a même pas un an et que les membres de la communauté musulmane ne peuvent toujours pas bénéficier de la paix qu’ils méritent à cause de gens comme Arthur qui trouvent un bénéfice à piétiner leur quiétude et leur deuil.

Dans l’extrait audio, Arthur se dit terriblement surpris que des gens puissent attaquer des membres de la communauté musulmane suite à ses propos. Ce genre de chose est pourtant déjà arrivé, Pensez juste à la maison de Jean-François Jacob qui a été vandalisé après avoir critiqué Radio X.

Puis Arthur cite des communautés (Hongrois, Dukhobors, Italiens, Français, Belges, Slovaques) qu’il juge qui se sont bien intégrés. Surprise ce sont tous des blancs mais ça doit être un pur hasard.

Pour Arthur, un bon immigrant ne doit « se distinguer d’aucune façon et qui ne fait aucun effort pour se distinguer » d’un autre canadien. Voilà qui a le mérite d’être clair: un bon immigrant ne doit faire aucun truc d’immigrant.

Et les victimes de l’attentat de la mosquée « c’est vous et moi » (mais surtout moi), selon Arthur.

Encore un bel exemple d' »excusez-moi mais mangez de la marde » typique de la radio-poubelle.

Dernière chose: Ne jamais attendre ni hésiter pour faire une plainte au CCNR.

BLVD : Arthur se moque d’une plainte du CCIQ

15 novembre 2017, André Arthur (00:13:05)

12h: AA- « On est bien ici. C’est un message qu’on entend rarement de la communauté musulmane arabe (…) Je suis scandalisé de l’approche de la grande mosquée (…) il y a eu la en janvier une tragédie épouvantable et on a essayé de mettre le tort de cette affaire sur vous et moi et les autres on avait visiblement affaire à un désaxé qui n’écoutait même pas la radio (…) Je suis toujours scandalisé de voir une porte marqué « entrée des hommes » les femmes qui fréquentent la mosquée doivent passer par une autre porte et j’ai fait à quelques reprises une caricature en disant ok par en arrière c’est l’entrée des vidanges. Comme dans un restaurant (…)  »

Puis André Arthur lit la lettre en commentant et en dénigrant chaque phrase. Le CCIQ y soulève que les propos d’Arthur sont de la mésinformation et peuvent « mettre en danger l’intégrité physique des responsables du Centre culturel islamique de Québec ».

AA- « Wooh! Excusez-moi les boys, je la trouve un peu difficile celle la mais ils ont droit à leur opinion (…) Je vais vous avouer candidement que je ne l’avais pas vu celle la (…) C’est la première fois de ma vie que je reçois une demande de correction avec copie à la police. C’est la première fois que je me fais accuser par écrit d’avoir dit quelque chose qui pourrait provoquer une attaque physique… t’sais c’est les gens qui ont subi l’attaque du 26 janvier… C’est sérieux la… 29 janvier? Merci. Euh. Je suis un peu shaké. Et c’est la première fois aussi qu’on me dit si vous nous donnez pas satisfaction, nous allons faire une plainte au CRTC (…) »

AA- « C’est évident pour n’importe qui qui m’a écouté que quand je parlais de la porte d’en arrière à côté des vidanges je faisais une caricature (…) Ma caricature est triste parce qu’elle est incomprise (…) Jamais j’aurais cru qu’en parlant de ça avec un sourire je provoquerais des attaques physiques, des agressions criminelles, contre les responsables de la mosquée de Québec. Je sais pas combien les amis vous vous sentez victime, mais moi je vous voyais pas comme des victimes et je ne vous considère pas comme des victimes et je ne vous attaquait pas et je ne demandais à personne de vous attaquer. Je faisais une critique, comme c’est le droit de tout commentateurs (…)  »

15Novembre2017-Blvd-AndrArthurRepondALaPlainteDuCciq.mp3

Le centre culturel islamique de Québec change les propos haineux en dons

Le centre culturel islamique de Québec a mis de l’avant une initiative particulière pour amasser des fonds pour financer ses activités. La campagne #jedonnecontrelahaine est lancée.

Se disant constamment victime d’attaques, de propos haineux et de fausses nouvelles véhiculés par certaines stations de radio de la capitale, le CCIQ lance un appel aux dons.

Journaldequebec.com