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Les brutes hypersensibles et l’attaque-réplique-victimite

Ces derniers jours, on a pu observer un pattern répandu chez les populistes. Celle de l’attaque-réplique-victimite.

Cette stratégie vise à piétiner des personnes sans pouvoir avec violence, recevoir quelques critiques pour conclure en se repliant en position fœtale en pleurnichant d’être incompris et de n’être qu’une pauvre victime de la violente gauche.

Passer d’agresseur à victime en quelques secondes.

On l’a vu avec les panneaux publicitaires de Maxime Bernier, avec le texte homophobe de Martineau et avec la tentative de jumelage de Maurais au Centre Multiethnique de Québec. Mais il y a plein d’autres exemples (vous souvenez-vous que Jérémy Gabriel ait insulté Fillion sur Twitter #FillionRoiDesCaves ?)

Première étape: piétiner des gens incapables de se défendre

Le populiste débarque en trombe et montre ses gros poings. Maxime Bernier (le groupe True North Strong & Free) fait installer pour 60,000$ de panneaux publicitaires dans tout le Canada pour dire qu’on se fait envahir par l’immigration. Juste pour être certain que les immigrants d’ici ne se sentent pas vraiment libres.

Bernier n’a pas eu besoin de mettre un seul sou de sa poche, un brave homme d’affaires riche de l’industrie minière a tout payé!

Aussi, Martineau publie un texte dans le quotidien le plus lu au Québec affirmant que les personnes transgenres sont appréciées de la population parce que ce sont des « losers ». Et qu’une personne subissant plusieurs oppressions se retrouverait, comme par magie, privilégiée.

Piétiner les petits, c’est triompher sans péril.

Deuxième étape: subir quelques critiques

Alors des gens utilisent la liberté-d’expression-t’sais-celle-protégée-par-les-chartes pour critiquer la pub de Bernier. Certains téléphonent à la compagnie d’affichage pour se plaindre, à l’invitation de la compagnie elle-même. Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse émet aussi des doutes.

Dans le cas du texte de Martineau, une vingtaine de manifestants expriment leur dégout et leur colère en manifestant devant le Journal de Montréal. Ils brandissent des pancartes et prononcent des discours tout en restant sagement sur le trottoir.

Deux pétitions réclamant la démission de Martineau se mettent à circuler. Un pastiche humoristique de la chronique sort sur Facebook. Et une sympathique levée de fonds visant à envoyer en vacances le couple Martineau-Durocher est lancée. Si les deux chroniqueurs refusent, l’argent sera remis à l’organisme GRIS-Montréal.

Troisième étape: la crise de victimite

Peu importe l’intensité ou la force de la critique, le populiste doit maintenant crier aussi fort et aussi aigu que s’il se faisait arracher les ongles.

Après que la compagnie de pancartes ait décidé d’enlever ses publicités, Bernier blâme, sur toutes les tribunes, une « meute gauchiste totalitaire » et les « gauchistes autoritaires » voulant « étouffer les discussions sur l’immigration et le tenir à l’écart des débats électoraux ».

Spécial pour un gars qui considère la Chine « plus libre que le Canada ». Il a l’air d’aimer ça pourtant, les « gauchistes autoritaires », quand ils sont Chinois.

On vient de vérifier, le premier ministre de Nouvelle-Écosse est membre du parti libéral. À part la couleur rouge, ce parti n’a pas grand chose en commun avec « la gauche ».

Martineau, pour sa part, se fait réconforter par sa clique du Journal de Montréal. « Ce n’est pas en organisant une manifestation pour réclamer la censure d’un tel ou en vous ouvrant les veines d’indignation sur les réseaux sociaux que vous arriverez à vos fins », réplique Léolane Kemner, du même quotidien.

Dans le cas de Maurais contre le Centre Multiethnique il y a un extra-sauce. Dans sa retraite, il empoisonne les puits. En effet, Maurais dévoilera sur Facebook l’identité et le numéro de téléphone de ceux qu’il juge responsable du rejet de son offre de jumelage.

Bernier et Martineau sortent les couteaux, prêts à tuer, mais se recroquevillent aussitôt, apeurés. Pas devant une menace concrète, mais bien dans la vague perspective du début du commencement de l’intention d’une menace.

Entretemps, d’autres idiots utiles, qualifiés « de gauche » surviennent pour dire que de critiquer le populiste est contreproductif et brime la liberté d’expression.

Et lorsqu’une élue questionnera le grand patron de Québecor, Pierre-Karl Péladeau, sur sa façon de piétiner la liberté d’expression de ses employés, celui-ci ne trouvera rien d’autre que de… refuser de répondre.

Si vous n’êtes pas d’accord, faites donc le mort. Ravalez votre colère! C’est ça la liberté d’expression: « Laissez à ceux qui ont toute la place encore plus de place et taisez-vous. »

Le problème, c’est qu’on n’entendrait qu’un couinement sous la pile des sans voix et ce serait encore trop. Les populistes feraient quand même tout un cirque.

C’est la chose qu’il faut en comprendre: peu importe ce que les adversaires des populistes disent et font, ce sera toujours trop pour ceux qui vont nulle part.

Alors au diable les pseudos-défenseurs de la liberté d’expression. Ce n’est pas ça qu’ils défendent. C’est un écran de fumée, un prétexte. C’est beaucoup plus le confort ouaté du statu quo de ceux qui ont le pognon qu’ils protègent.

Toutes les méthodes sont bonnes pour stopper les racistes, les sexistes, les homophobes. Ceux qui piétinent la liberté des sans pouvoirs.

Adrien Pouliot pense qu’on devrait empêcher Guy A. Lepage de parler

Jeff Fillion

Le politicien conservateur Maxime Bernier critique Radio-Canada, et Guy A. Lepage réplique en le traitant de zouf sur Twitter. Adrien Pouliot, chef du Parti conservateur du Québec, en parle avec Jean-François Fillion.

Il y a beaucoup de surprises dans l’extrait audio suivant. Pour résumer, il y a un libertarien, Adrien Pouliot, demandant l’aide du gouvernement pour brimer la liberté d’expression de quelqu’un. Il affirme aussi qu’on peut censurer les gens tant que c’est écrit dans un contrat. Finalement, il ajoute à Radio X, devant Jeff Fillion, qu’on peut émettre toutes sortes d’opinions, tant que c’est respectueux.

Notre détecteur de contradictions surchauffe.

Pouliot prétend ne plus vouloir de gouvernement dans ses pattes… sauf pour les infrastructures routières, pour les prisons et maintenant pour gérer le droit de parole à Radio-Canada. Ça commence à faire beaucoup de gouvernement.

Pouliot fait aussi référence à la loi sur la radiodiffusion qui, selon lui, oblige Radio-Canada à être neutre. Peut-être se base-t-il, entre autres, sur l’article 3 (1) (i) (iv) stipulant que la programmation du système canadien de radiodiffusion devrait :

dans la mesure du possible, offrir au public l’occasion de prendre connaissance d’opinions divergentes sur des sujets qui l’intéressent,

Sauf que cette loi s’applique à TOUS les médias canadiens. Pas seulement à Radio-Canada. En fait, il n’y a rien dans la loi sur la radiodiffusion obligeant Radio-Canada à être plus neutre que les autres.

Il y a d’autres aspects intéressants dans cette loi: L’obligation de représenter les communautés culturelles, d’être neutre en période d’élections, d’offrir une information de haute qualité, etc.

Donc, bien d’accord avec Adrien Pouliot, appliquons la loi sur la radiodiffusion. On verra qui, entre Radio-Canada et la radio-poubelle, enfreint le plus la loi.

Et avant de féliciter Jean-François Fillion qui aurait défendu son ennemi juré Guy A Lepage, attendons un peu. Fillion, c’est le gars qui souhaite une dictature comme à Singapour, qui couvre la Chine de louanges, qui souhaite empêcher la venue du militant José Bové, et qui applaudit les coups de fouets contre le héros de la liberté d’expression Raïf Badawi, entre autres.

C’est mal connaitre Fillion que de penser qu’il peut être fidèle à une règle éthique. Fillion ne s’intéresse qu’à son propre nombril. En défendant Guy A Lepage, Fillion défend son propre droit d’insulter les gens en tweetant. Vous croyez que l’affaire Taillefer ne lui a pas laissé de cicatrices?

CHOI: Interdire Guy A Lepage de parler

25 novembre 2016, Fillion, avec Jean-François Fillion et Adrien Pouliot (00:15:07)

12h20 : AP- « Il y a une relation contractuelle que toi tu as avec ton employeur qui limite jusqu’à un certain point ton droit à la liberté d’expression (…) Est-ce que Guy A Lepage a, ou devrait avoir, une obligation de ne pas faire de commentaires à l’extérieur de son émission qui puisse ternir l’image de Radio-Canada? (…) Radio-Canada, c’est supposé être neutre. C’est ça que ça dit la loi sur la radiodiffusion (…) Je trouve ça intéressant que tu aies émis cette opinion là ce matin (Jeff appuie le droit de Guy d’insulter Maxime Bernier), ça montre que tu es quelqu’un qui croit vraiment à une opinion différente. Moi, oui, j’y crois, mais il faut que ça se fasse dans un certain respect. »

Et Fillion continue avec du chialage sur la pauvre droite discriminée par les médias. Ça se poursuit avec une partie islamophobe en prime. Selon Fillion, « on » serait incompatible avec les musulmans.

Fillion_2016-11-25-EntrevueAvecAdrienPouliotGuyA.mp3