Archives du mot-clé Richard Martineau

Les brutes hypersensibles et l’attaque-réplique-victimite

Ces derniers jours, on a pu observer un pattern répandu chez les populistes. Celle de l’attaque-réplique-victimite.

Cette stratégie vise à piétiner des personnes sans pouvoir avec violence, recevoir quelques critiques pour conclure en se repliant en position fœtale en pleurnichant d’être incompris et de n’être qu’une pauvre victime de la violente gauche.

Passer d’agresseur à victime en quelques secondes.

On l’a vu avec les panneaux publicitaires de Maxime Bernier, avec le texte homophobe de Martineau et avec la tentative de jumelage de Maurais au Centre Multiethnique de Québec. Mais il y a plein d’autres exemples (vous souvenez-vous que Jérémy Gabriel ait insulté Fillion sur Twitter #FillionRoiDesCaves ?)

Première étape: piétiner des gens incapables de se défendre

Le populiste débarque en trombe et montre ses gros poings. Maxime Bernier (le groupe True North Strong & Free) fait installer pour 60,000$ de panneaux publicitaires dans tout le Canada pour dire qu’on se fait envahir par l’immigration. Juste pour être certain que les immigrants d’ici ne se sentent pas vraiment libres.

Bernier n’a pas eu besoin de mettre un seul sou de sa poche, un brave homme d’affaires riche de l’industrie minière a tout payé!

Aussi, Martineau publie un texte dans le quotidien le plus lu au Québec affirmant que les personnes transgenres sont appréciées de la population parce que ce sont des « losers ». Et qu’une personne subissant plusieurs oppressions se retrouverait, comme par magie, privilégiée.

Piétiner les petits, c’est triompher sans péril.

Deuxième étape: subir quelques critiques

Alors des gens utilisent la liberté-d’expression-t’sais-celle-protégée-par-les-chartes pour critiquer la pub de Bernier. Certains téléphonent à la compagnie d’affichage pour se plaindre, à l’invitation de la compagnie elle-même. Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse émet aussi des doutes.

Dans le cas du texte de Martineau, une vingtaine de manifestants expriment leur dégout et leur colère en manifestant devant le Journal de Montréal. Ils brandissent des pancartes et prononcent des discours tout en restant sagement sur le trottoir.

Deux pétitions réclamant la démission de Martineau se mettent à circuler. Un pastiche humoristique de la chronique sort sur Facebook. Et une sympathique levée de fonds visant à envoyer en vacances le couple Martineau-Durocher est lancée. Si les deux chroniqueurs refusent, l’argent sera remis à l’organisme GRIS-Montréal.

Troisième étape: la crise de victimite

Peu importe l’intensité ou la force de la critique, le populiste doit maintenant crier aussi fort et aussi aigu que s’il se faisait arracher les ongles.

Après que la compagnie de pancartes ait décidé d’enlever ses publicités, Bernier blâme, sur toutes les tribunes, une « meute gauchiste totalitaire » et les « gauchistes autoritaires » voulant « étouffer les discussions sur l’immigration et le tenir à l’écart des débats électoraux ».

Spécial pour un gars qui considère la Chine « plus libre que le Canada ». Il a l’air d’aimer ça pourtant, les « gauchistes autoritaires », quand ils sont Chinois.

On vient de vérifier, le premier ministre de Nouvelle-Écosse est membre du parti libéral. À part la couleur rouge, ce parti n’a pas grand chose en commun avec « la gauche ».

Martineau, pour sa part, se fait réconforter par sa clique du Journal de Montréal. « Ce n’est pas en organisant une manifestation pour réclamer la censure d’un tel ou en vous ouvrant les veines d’indignation sur les réseaux sociaux que vous arriverez à vos fins », réplique Léolane Kemner, du même quotidien.

Dans le cas de Maurais contre le Centre Multiethnique il y a un extra-sauce. Dans sa retraite, il empoisonne les puits. En effet, Maurais dévoilera sur Facebook l’identité et le numéro de téléphone de ceux qu’il juge responsable du rejet de son offre de jumelage.

Bernier et Martineau sortent les couteaux, prêts à tuer, mais se recroquevillent aussitôt, apeurés. Pas devant une menace concrète, mais bien dans la vague perspective du début du commencement de l’intention d’une menace.

Entretemps, d’autres idiots utiles, qualifiés « de gauche » surviennent pour dire que de critiquer le populiste est contreproductif et brime la liberté d’expression.

Et lorsqu’une élue questionnera le grand patron de Québecor, Pierre-Karl Péladeau, sur sa façon de piétiner la liberté d’expression de ses employés, celui-ci ne trouvera rien d’autre que de… refuser de répondre.

Si vous n’êtes pas d’accord, faites donc le mort. Ravalez votre colère! C’est ça la liberté d’expression: « Laissez à ceux qui ont toute la place encore plus de place et taisez-vous. »

Le problème, c’est qu’on n’entendrait qu’un couinement sous la pile des sans voix et ce serait encore trop. Les populistes feraient quand même tout un cirque.

C’est la chose qu’il faut en comprendre: peu importe ce que les adversaires des populistes disent et font, ce sera toujours trop pour ceux qui vont nulle part.

Alors au diable les pseudos-défenseurs de la liberté d’expression. Ce n’est pas ça qu’ils défendent. C’est un écran de fumée, un prétexte. C’est beaucoup plus le confort ouaté du statu quo de ceux qui ont le pognon qu’ils protègent.

Toutes les méthodes sont bonnes pour stopper les racistes, les sexistes, les homophobes. Ceux qui piétinent la liberté des sans pouvoirs.

Le CMQ ne peut pas refuser une demande de parrainage mais il aurait de bonnes raisons de le faire

Dans sa chronique d’aujourd’hui, Richard Martineau prétend que la famille de Dominic Maurais, animateur à Radio X, s’est fait refuser une demande de parrainage d’une famille d’immigrants par le Centre multiethnique de Québec.

« Mais j’ai vu les larmes dans leurs yeux et je me suis rendu compte que c’était bel et bien vrai », raconte Martineau.

Martineau veut démontrer que Maurais aurait été injustement traité par les méchants « protecteurs du bien-être des immigrants » à cause de ses opinions. « Dom, lui, ne peut pas parrainer d’immigrants, car il chiale trop contre Greta Thunberg », raconte le larmoyant Martineau. « Parce qu’il travaille à Radio X », lui aurait-on dit.

Snif snif.

Sauf que c’est tout faux.

D’abord, si Maurais veut parrainer une famille pour vrai, il n’a qu’à remplir un formulaire du ministère de l’Immigration. C’est eux qui gèrent ça et le Centre Multiethnique de Québec n’a strictement rien à voir là-dedans.

Donc, l’histoire de Martineau est fausse. Le CMQ ne peut pas refuser une demande de parrainage à quiconque.

Ensuite, si Maurais veut être JUMELÉ à une famille, bénévolement, pour accueillir et accompagner une famille d’immigrants, c’est autre chose. Ce n’est pas ce qu’on appelle du « parrainage ».

Il y a une différence énorme entre parrainer et être jumelé. D’habitude, les vrais journalistes prennent soin d’utiliser les bons mots. Mais on est face à deux drôles d’oiseaux.

Donc, admettons que Martineau voulait bien parler de JUMELAGE.

Le CMQ accepte les demandes de bénévolat. Mais ce n’est pas tout le monde qui est accepté. Le CMQ vérifie les antécédents criminels des demandeurs par exemple.

Les CMQ a déjà refusé des offres de bénévolat. Une fois, il avait réalisé qu’une candidate avait déjà tenu des propos racistes dans les médias. C’est déjà arrivé.

Les accompagnants bénévoles ont un rôle de pouvoir sur les immigrants. Ces derniers sont vulnérables et peuvent être la cible de toutes sortes d’individus cherchant à les exploiter d’une façon ou d’une autre.

Étant donné ce rapport de force biaisé, et puisque les accompagnants ont un rapport d’autorité sur les immigrants, un minimum de critères doivent être remplis pour s’assurer que les immigrants ne tombent pas dans un guet-apens.

Maurais raciste?

Maintenant, le CMQ serait-il justifié de rejeter une demande de jumelage venant de Maurais? Est-ce que Maurais aurait, par hasard, déjà proféré des propos racistes?

Mets-en.

En mai, quand un individu s’approche de la mosquée, où il y a eu la tuerie en 2017, pour proférer des propos islamophobes, Maurais insiste pour dire que ce n’est pas du racisme et il insulte les journalistes osant poser des questions au premier ministre à ce sujet.

Lorsqu’en avril, des gens critiquent le projet de loi 21 dans une manifestation, Maurais leur réplique: « Si vous détestez le Québec à ce point-là, allez-vous en! ». Tant pis pour la liberté d’expression.

Encore en avril, Maurais et Ken Pereira déclarent que les « immigrants illégaux » sont en train d’envahir le Canada. Le jour précédent, Maurais tente de terroriser ses auditeurs avec un parti municipal belge nommé ISLAM qui serait en train « d’utiliser notre démocratie » pour, à terme, transformer la Belgique en « république islamiste ».

C’est quand même pas mal pour une « personne sensible » comme Maurais.

Maurais misogyne et homophobe?

Dans son article, Martineau souligne que Maurais « pourfend la misogynie et l’homophobie des fondamentalistes religieux ». Mais qu’en est-il de la misogynie et l’homophobie de la radio-poubelle?

Lorsque la présidente de la Fédération des Femmes, Gabrielle Bouchard, ironise en juin sur la « vasectomie obligatoire », Maurais dénonce les « féministes radicales », « féminazies », « folles », « anti-hommes » qui « détestent les hommes » et le « genre humain ».

Lorsqu’en mars, un article mentionne qu’il y a une augmentation des demandes de changement de sexe chez les mineurs, Maurais dit que les hommes qui se maquillent « ça n’existe pas », ça peut « fucker les enfants » et que c’est une « guerre culturelle » de la gauche.

Dom ne verse pas de larmes pour les survivantes de viol.

En janvier, lorsqu’elles prennent la rue avec une bannière Stop culture du viol, Maurais ne trouve rien de mieux à faire que de fustiger un « lobby féministe débridé et enragé qui crie » ajoutant que « La culture du viol au Québec, ça n’existe pas », mais que le matriarcat existe et que « c’est pas mal les femmes qui mènent »…

Tout en suggérant que les féministes sont sans aucun doute… droguées.

On pourrait continuer encore longtemps. Et tout ça a été dit en 2019. Si vous souhaitez en entendre encore plus, consultez notre section dédiée à Dominic Maurais.

En quoi cette misogynie et cette homophobie est-elle très différente de celle des « fondamentalistes religieux »? Adil Charkaoui serait parfaitement d’accord avec tout ce que dit Maurais sur les femmes et les personnes gaies et trans.

Tout cela est dommage parce que, comme d’habitude, tout ce qu’on a ici dans cette chronique partagée à ce nombreuses reprises par Richard Martineau est la version de Martineau et de Maurais. Version biaisée de deux vieux complices. Celle de la CMQ serait sans doute très intéressante mais c’est fort possible qu’on ne l’ait jamais.

D’autant plus dommage que Martineau démolit gratuitement la réputation d’un organisme qui travaille sans relâche à aider pour de vrai les immigrants de la capitale.

Pour finir, si Maurais et sa femme « trouvent qu’ils sont choyés par la vie et ils veulent donner au suivant » et qu’ils ont toujours le « cœur sur la main », qu’ils fassent une demande de parrainage en bonne et due forme au gouvernement fédéral.

Mais que Maurais ne vienne pas jouer à la brave victime persécutée pour ses opinions si la demande est refusée.

Le Conseil de presse rejete une plainte de racisme contre Richard Martineau

Cette décision mérite d’être lue attentivement. Un membre de la Ligue des noirs, une organisation défendant les droits de la personne, accuse Martineau de racisme. Le CPQ préfère utiliser le terme prude de « discrimination » mais on a tous compris.

Ça fait référence à une chronique de Martineau affirmant que la Fédération des femmes du Québec, la Ligue des noirs et tous « les « associations formées sur la base du sexe ou de l’ethnie » forme « l’un des plus grands rackets de notre époque ».

L’un des plus grands rackets. Parle-t-il de l’entreprise Bombardier, renflouée à coups de milliards à même le trésor public? Parle-t-il des PDGs gagnants plus de 100 fois le salaire moyen de leurs employés?

Mais non. Ce sont des groupes de défenses de droits, représentant des minorités, disons le, pauvres et minorisées, qui seraient le plus gros rackets.

Le CPQ ne voit pas de discrimination la dedans. Même si tous les groupes mentionnés représentent, comme par hasard, des groupes dicriminées.

Mais ce n’est pas ça le pire.

Le plaignant affirme avoir été ciblé suite à cette chronique. Il aurait reçu des oeufs sur la porte de son domicile À CAUSE du texte de Martineau. Il va même jusqu’à craindre « le début d’une vague de violence ».

Mais c’est la réponse du CPQ qui est la plus incroyable.

« le Conseil considère que les réactions subséquentes à la parution d’un article, même si la preuve était faite qu’elles résultaient de la chronique, ne sont pas constitutives d’un manque d’équité et sont hors du contrôle du journaliste. »

Autrement dit, selon le CPQ, peu importe si une personne cause un crime suite à ce qu’il a lu dans un article, ce n’est pas la faute de l’auteur de l’article!

C’est tu assez irresponsable à votre gout? Les journalistes, pas responsables des conséquences de ce qu’ils écrivent, vraiment?

Si on prend un cas extrême aux États-Unis. Il y a quelques semaines le terroriste Cesar Sayoc envoyait des bombes par courrier aux boucs-émissaires quotidiens de Donald Trump. Fox News aurait contribué à sa radicalisation. Peut-on vraiment dissocier Fox News du crime?

Prenons un cas plus proche de nous: lorsque Fillion s’en prend à Pierre Jobin et le harcèle pendant 4 ans, entre 2003 et 2007, et que des quidams se mettent à lui téléphoner pour lui faire des menaces de mort, le juge va considèrer qu’il s’agit d’un facteur aggravant. Il condamnera Fillion en conséquence.

Bref le CPQ erre encore et doit se réveiller.

Rétrospective 2018: les amis de l’extrême-droite, des violeurs et du tueur de la mosquée

Sauce beige, par Alex Fatta

Toujours aussi haineuse, raciste, sexiste et homophobe, la radio-poubelle vient de passer une nouvelle année riche en rebondissements. En voici un résumé décliné mois par mois.

Chaque exemple est accompagné d’hyperliens conduisant vers les fichiers audios.

Janvier – Condamné pour menaces de mort, était-il inspiré par Jeff Fillion?

Un fan de Métallica faisant des menaces de mort à la chroniqueuse du Journal de Québec, Karine Gagnon, et au maire Régis Labeaume, est déclaré coupable.

Comme par hasard, Jeff Fillion de Radio X s’attaquait aux mêmes personnalités à la radio, au même moment. Personne n’a relevé la « coincidence ».

Pourtant ce n’est pas la première fois que ce genre de choses arrive. Lorsque Jeff Fillion s’en prenait à Pierre Jobin de TVA, entre 2003 et 2007, des auditeurs téléphonaient à Jobin pour le menacer et l’intimider. De purs inconnus l’apostrophaient dans des lieux publics avec les mêmes propos de Fillion.

À part notre Coalition, personne n’a révélé les similitudes entre les deux situations.

Le 29 janvier, André Arthur perd son emploi chez BLVD.

Février – Radio X sous la loupe du CRTC pour sa propagande en faveur de Québec 21

Le CRTC s’intéresse à l’ingérence de Radio X dans la campagne électorale municipale. En effet, un parti municipal, Québec 21, a été créé par Radio X de A à Z. Sans surprise, la radio lui a offert un traitement largement favorable, au point où Québec 21 est devenu l’opposition officielle. Nous avons rédigé une étude très détaillée sur le sujet.

Le CRTC doit faire respecter la loi et le règlement de 1986 sur la radio stipulant que:

« Au cours d’une période électorale, le titulaire doit répartir équitablement entre les différents partis politiques accrédités et les candidats rivaux représentés à l’élection ou au référendum le temps consacré à la radiodiffusion d’émissions, d’annonces ou d’avis qui exposent la politique d’un parti ».

Après analyse, le CRTC est arrivé à la conclusion que tout était correct. Le CRTC, gangréné par des bureaucrates placés par le Parti Conservateur du Canada, ne semble plus intéressé à faire respecter son mandat.

Peu après, Radio X lance une nouvelle campagne de lobbying pour le 3e lien.

Mars – Une ado féministe plante une ex-vice première ministre en débat

Constance et Célestine Uhde, porte-parole des carrés jaunes

Martin Everell se révèle un macho de calibre olympique en déclarant qu’une ado sans soutien-gorge est une « guidoune ».

Everell et l’ancienne vice-première ministre déchue, Nathalie Normandeau, s’en prennent à Célestine Uhde, la porte-parole des carrés jaunes, une adolescente de 15 ans critiquant le code vestimentaire sexiste de son école.

Dans un argumentaire totalement inepte, le duo qualifie l’adolescente de frivole, insensée, gauchiste, féministe et plus encore.

Oui, oui, deux adultes gagnant des salaires dans les 6 chiffres insultent, diffament et intimident une ado de 15 ans dans une radio populaire, parce qu’elle pense différemment d’eux.

La bonne nouvelle c’est que ce sont les carrés jaunes qui ont gagné, au final.

Avril – À la défense du tueur de la mosquée

Ce sont les procédures entourant la divulgation de la preuve contre le tueur de la mosquée de Sainte-Foy. La radio-poubelle défend le tueur tout en continuant de propager le racisme et l’islamophobie.

Maurais utilise un parti politique municipal insignifiant en Belgique, ISLAM, pour tenter de démontrer que les islamistes « utilisent notre démocratie » pour nous « miner de l’intérieur« . Le lendemain, un nouveau chroniqueur, le syndicaliste conspirationniste Ken Pereira, fils d’immigrants, déclare que la vague de demandeurs d’asile est une « invasion ».

Puis, la radio-poubelle se met à défendre le tueur de la mosquée suite à la publication de l’enregistrement de son appel téléphonique au 911.

Éric Duhaime ouvre une ligne à plein d’auditeurs compatissants, tout en soulignant qu’il n’a entendu « aucuns propos islamophobes ». Richard Martineau et Jonathan Trudeau poursuivent dans le même sens et Trudeau qualifie le tueur de « pauvre faible dérangé ». De son côté, Pierre « Doc » Mailloux est catégorique: non seulement ce n’est pas un terroriste mais en plus il n’était pas raciste! Et finalement l’antipathique Fillion analyse que les propos du tueur ne contenaient « pas une once de haine« .

Rappelons que le tueur était un ultranationaliste d’extrême-droite raciste, terrorisé par l’immigration. Quelqu’un partageant de nombreux atomes crochus avec la radio-poubelle.

Mai – Intimidation de journalistes: l’extrême-droite a le droit d’exprimer sa liberté d’expression selon un faire-valoir de Jeff Fillion

Les brutes du groupe d’extrême-droite violent Atalante débarquent dans les bureaux d’un média montréalais, Vice, et intimident les journalistes présents. Comment réagit la radio-poubelle, selon vous?

Merci à Antagoniste.net pour les captures d’écran

Dominique Dumas, le faire-valoir de Jeff Fillion, affirme sur Twitter qu’Atalante a « usé de sa liberté d’expression », que ce n’est pas un groupe extrémiste et que le média Vice le méritait.

Dans une discussion sur le sujet, Myriam Ségal et Éric Duhaime réservent leurs critiques les plus dures pour l’extrême-gauche et… les journalistes!

Gardez ça en tête la prochaine fois qu’un animateur va prétendre se porter à la défense de la liberté d’expression.

C’est aussi en mai que Fillion affirme qu’on devrait « mettre une balle dans la tête » des protestataires anti-G7.

Juin – Doc Mailloux postule que certaines « races » sont supérieures à d’autres

Pierre « Doc » Mailloux affirme qu’il y a des « races » qui sont meilleures que d’autres génétiquement. Il ajoute que parmi les dites « races », certaines peuvent être dangereuses et radicales.

C’est du racisme scientifique, tel qu’il s’en pratiquait avant la Deuxième Guerre mondiale. Le monde a évolué depuis et il y a un consensus sur l’inexistence des races. Mais Mailloux, dont les connaissances proviennent de penseurs du 19e siècle, n’en a cure.

En 2017, Louis Audet, président de Cogeco, l’entreprise propriétaire du FM93 où travaille Mailloux, soulignait sa crainte du populisme. Coudonc, Cogeco, qu’est-ce que vous foutez?

Juillet – Radio X trompe ses auditeurs avec une publicité dissimulée en entrevue

Dominic Maurais fait une publicité déguisée en offrant une entrevue au docteur Marc Lacroix, un ami et client de longue date de Radio X. Lacroix est un pionnier des cliniques de santé privées.

C’est un évident conflit d’intérêt. Niveau respect de principes éthiques de base, c’est pas très bon pour Maurais et encore moins pour Lacroix. On souhaite que les médecins respectent les plus hauts standards déontologiques, non?

Notons qu’une partenaire de Lacroix avait déjà dénoncé l’entreprise, notamment sa «publicité trompeuse», en 2014.

C’est beau la santé privée!

Août – Mailloux accuse Pauline Marois de « génocide culturel »

Pierre « Doc » Mailloux accuse Pauline Marois d’être responsable d’un « génocide culturel ». Oui, oui, génocide culturel comme les congrégations religieuses gérant les pensionnats autochtones, responsables d’au moins 3200 morts. Mailloux blâme Marois pour avoir fondé les CPE.

Selon Mailloux, les CPE vont créer des problèmes sociaux d’envergure: drogue, délinquance, criminalité etc. Et Marois l’aurait fait en toute connaissance de cause, dans l’objectif machiavélique de nuire au « lien maternel mère-bébé ».

Septembre – Agressions sexuelles: la victime est aussi coupable, selon Mailloux

Un grand débat a lieu aux États-Unis autour de la candidature de Brett Kavanaugh, comme juge à la Cour suprême. Christine Blasey Ford l’accuse d’être un agresseur sexuel.

Pierre « Doc » Mailloux fait sa ligne ouverte sur ce thème et il est formel: chaque camp a ses torts. La victime et l’agresseur. On ne commencera pas à éduquer les hommes à respecter les femmes, il n’en est pas question, dit-il.

Le même mois, Mailloux révèle une de ses sources, un gourou sectaire, défenseur de l’Église de Scientologie, ami des islamistes, obsédé par les pédophiles et antisémite.

Aussi, le FM93 manœuvre pour réhabiliter le harceleur sexuel Gilles Parent, qui prépare son retour.

Octobre – Le tueur de la mosquée est un prisonnier politique, selon Duhaime

Dans un long monologue confus, Éric Duhaime déclare que le tueur de la moquée de Québec est un « prisonnier politique ». Oui oui, comme Nelson Mandela, Gandhi et Martin Luther King.

Ironiquement, quelques jours avant, son collègue Sylvain Bouchard déclarait qu’il était « mérité » de congédier quelqu’un disant une chose pareille.

Louis Audet devrait en prendre bonne note.

Novembre – Fillion se dit intimidé par Jérémy Gabriel et le menace en retour!

Après un tweet climatosceptique banal de Fillion, le chanteur Jeremy Gabriel réplique par le hashtag #FillionRoiDesCaves.

La brute hypersensible Jeff Fillion, pourtant condamné 3 fois pour avoir diffamé, harcelé et insulté des personnalités publiques, se plaint d’être intimidé et menace Gabriel de le poursuivre en justice pour 42,000$.

Si le ridicule tuait, les ondes seraient bien débarrassées depuis longtemps.

Peu après, un temple dédié à la gloire de Jeff Fillion, Codeboxx, présente sa première cohorte.

Décembre – L’islamophobe au jambon cite ses inspirateurs

Lors d’une entrevue à Radio X, le militant islamophobe pro-Trump, Richard Majeau, nomme ceux qui l’ont inspiré à mettre du bacon dans un comptoir halal: Éric Duhaime, Mario Dumont, Marc Lebuis, Djemila Benhabib, Nadia El-Mabrouk et André Sirois.

En mars, Maurais déplorait déjà sur Facebook la présence d’un comptoir halal dans un Costco avec le hashtag #unpasalafois. Maurais croit que les islamistes « utilisent notre démocratie pour nous miner de l’intérieur ».

Ce qui démontre que ceux qui prétendent défendre la démocratie en sont souvent les plus farouches adversaires. Car une des valeurs démocratiques importantes est celle de l’ouverture à la différence.

C’est à peu près ce qu’affirmait Philippe Couillard en quittant ses fonctions de premier ministre:

C’est aussi en décembre que Fillion affirme que les personnes gaies et transgenres annoncent la chute de la civilisation et que c’est important de se revendiquer homophobe.

*****

La Coalition est apparue en 2012 et poursuit son observation de la haine ordinaire, du sexisme, du racisme, de l’islamophobie, de l’homophobie et de la transphobie.

On vous invite à (re)lire la rétrospective de 2017 débutant en force avec l’attentat à la mosquée de Québec, dans laquelle la radio-poubelle a tenu un rôle central.

Vous vous souvenez des propos du maire Régis Labeaume, suite à l’attentat, affirmant : «Il y a des choses qui ne pourront plus être dites»? Ce n’est pas arrivé. Comme beaucoup de paroles de politiciens autour de ces tristes événements, c’est du pur blabla.

Pour vous remercier d’avoir lu jusqu’ici, voici une photo d’Éric Duhaime en sapin-de-Noêl-mais-surtout-pas-des-fêtes

Québecor poursuit le Conseil de presse

Si le CPQ est si inutile que ça, comme plusieurs le disent, pourquoi est-ce que Québecor leur fait une poursuite?

Voici la preuve par 1+1 qu’on a besoin du CPQ.

Et c’est drôle parce qu’à l’issue de ce procès, si Québecor va au bout du processus -ce qui serait surprenant-, le juge n’aura d’autre choix que de donner raison au CPQ.

Québecor reproche entre autre au CPQ d’avoir baclé l’évaluation d’une chronique de Martineau. Dans cette décision, le CPQ blame Martineau pour « manque de rigueur et de raisonnement ».

C’est curieux parce qu’à la lecture de la décision, on constate que le CPQ s’est au contraire appuyé sur plusieurs sources crédibles.

Dans cette décision précise, le CPQ est loin d’avoir baclé le travail.

Le CPQ a pris toutes sortes de décisions, dont plusieurs très mal avisées. Cependant, leur présence lève d’un centimètre l’impunité totale dont disposent les chroniqueurs poubelles. Il faut appuyer les journalistes dans cette cause.

Ajoutons que les populistes semblent penser que la liberté d’expression doit les priver de toutes critiques.C’est une vision très malhonnête de la chose. Et un juge n’aura pas d’autre choix que de le constater.

L’article de radio-canada.ca

La décision du conseildepresse.qc.ca