Transphobie: Fillion prend modèle sur la Hongrie populiste

Jeff Fillion

Dans l’extrait suivant, Fillion affirme

  1. Que de questionner l’identité de genre devrait être interdit
  2. Qu’on n’a pas le droit de dire ce qu’il vient juste de dire

Ouf!

Par quoi commencer? Fillion est bien excité parce que la Hongrie veut inscrire dans sa constitution que « la mère est une femme, le père est un homme » et que le sexe est celui attribué à la naissance et that’s it.

La Hongrie est dirigée par Viktor Orbán, un populiste opposé à l’immigration et considérant George Soros comme son ennemi juré. Ça fait 14 ans qu’Orban est au pouvoir.

Une ONG hongroise de défense des droits LGBTQ+ indique que ces changements «augmenteraient la stigmatisation des personnes trans et rendraient les programmes de sensibilisation LGBTQ+ à l’école impossibles».

N’en déplaise à Fillion, s’interroger sur son identité sexuelle ou de genre n’est pas un crime. Et ça ne fait de mal à personne.

Quant à l’allégation qu’une personne «ne peut pas dire ça», Fillion est la preuve vivante que c’est faux. Il le dit, et redit, depuis des années sans aucune conséquence.

Rappelons qu’en 2018, Fillion avait affirmé que: Les transgenres et les homosexuels lancent le signal de la fin de la société.

À moins que la liberté d’expression, telle que défendue par Fillion, implique que l’opinion ne doit pas être contredite? Dans ce cas, ce n’est pas de la liberté d’expression, c’est même exactement l’inverse.

CHOI: Pénis, pas pénis

11 novembre 2020, Fillion, avec Jean-François Fillion et Jean-Christophe Ouellet

12h05: JF- « Juste pour donner un petit coup dans le derrière de notre premier ministre Justin Trudeau: La Hongrie va inscrire dans la constitution du pays que la mère est une femme, le père est un homme, et ils vont également définir le sexe d’une personne comme étant celui à la naissance. »

JCO- « C’est pas 2020 ça! »

JF- « D’après moi, on aurait parlé de ça il y a 6 ans et on aurait dit: c’est bien normal. Mais aujourd’hui, ça a l’air que tu fais une affaire de même, tu passes pour un méchant pays d’arriérés (…) On peut-tu embarquer la Russie là-dedans? Y en a qui veulent mettre ça clair! (…) Est-ce que quelqu’un a le droit de dire qu’il trouve ça bon? (…)

JF- « Comment elle s’appelle la belle top modèle, fume des cigarettes en masse par exemple, d’après moi, elle est cokée un peu, mais la fille, là, Rigia Weshshcenski, là. Sur Instagram, c’est une des plus suivies, là (…) Est belle, est belle. C’est une belle femme. Je pense qu’elle est un peu folle. Je pense qu’elle est un peu cinglée (…) Elle est tombée enceinte. Là, elle dit: «moi, mon enfant n’aura pas de sexe jusqu’à ses 18 ans (…) Mon enfant va décider à 18 ans de quel sexe il est.» »

JCO- « Je trouve ça moins pire ça, que d’écouter un enfant de 4 ans qui dit: je veux être une fille et dire à tout le monde j’t’une fille. Ça, pour moi, c’est le summum. »

JF- « Ça, tu trouves ça saucé, tu trouves que c’est poussé par papa maman? (…) »

JF- « La fille… Émilie, d’après moi, si elle a un gars il va jouer avec des Tonkas. Ça va être assez clair que ça en est un. D’après moi, elle va se rendre compte rapidement que c’est un gars. Parce que c’est pas elle qui va décider ça, à moins que a joue dans tête du petit gars ou de la petite fille. Ça, ça se peut (…) »

JF- « Il y a un vox populi « sur le changement de constitution en Hongrie. » À la naissance le sexe est déterminé en fonction de pénis, pas pénis. Ok? Et quelqu’un dit, très bien c’est normal. D’après moi, ça passe pas. D’après moi, c’est la panique dans la salle de nouvelles (…) Mon feeling c’est qu’on peut même plus s’exprimer pour dire que, ouais, pour mes valeurs, c’est exactement ce que moi je sens que ça devrait être. Parce que c’est pas vrai. Aujourd’hui, le premier ministre a dit que lui c’était la liberté d’expression au maximum (avec l’histoire de La Petite Vie) (…) La liberté d’expression c’est une des plus grandes supercheries. On ne peut pas dire ce qu’on veut. Parce que si quelqu’un dit en direct à la télé qu’il veut comme la Hongrie, il est banni pour l’éternité. »

Puis, Fillion donne l’exemple d’un employé d’une société automobile qui a refusé de remorquer une voiture aux États-Unis parce que le client avait un autocollant pro-Joe Biden. Cet employé a été mis à pied. Et Fillion utilise cette histoire pour démontrer que les gens sont contre la liberté d’expression. Ouf. Étourdissant.

rx-2020.11.11-fillion-12h05-la-hongrie-comme-modele-transphobie.mp3